CLASSE. — INSECTES
Pendant longtemps, à l’exemple de Linné, on a désigné sous le nom d’ Insectes tous les animaux qui composent aujourd’hui la grande division des Articulés ou Condylopodes. Ce terme. Insecte, est tiré du latin insectum, contracté de inler-secturn, entrecoupé, par allusion au caractère commun à tous ces animaux d’avoir le corps divisé en segments ou anneaux. Successivement les Crustacés, les Arachnides et les Myriapodes ont été séparés du groupe primitif, de sorte que le nom d’insectes ne s’est })lus appliqué qu’à ceux des Articulés (lui, respirant par des trachées, ont une tête, un thorax et un abdomen distincts, et qui, en outre, ne portent que trois paires
de pattes. Cette classe a donc été fort restreinte dans ses limites, mais elle n’en est pas moins restée une des plus importantes par le nombre des formes vivaides (|ui eu font partie, comme aussi par l’intérêt que présentent celles-ci, au point de vue de leur organisation, de leurs mœurs et de leur rôle dans la nature.
Ou })eut définir les Insectes comme étant des animaux ipii respirent par des trachées (Trachcafes), qui ont le corps divisé en trois jiaiMies, tête, thorax et abdomen (fig. 31)11), dont la tête est munie
composn lo corps tl’im Cohioplèrc. — c, trie; th\ |irüinicr oiineiiu (lii tliorax (prolliorax) ; tk". deuxicMiic anneau du thorax (mésolliorax) ; th"', Iroi-
sicinc aiiuoau du tliorax (inclalliorax); a, abdomen.
trois anneaux portant chacun une paire de pattes { Hexapodes) , (}ui sont ordinairement pourvus d’une ou deux paires d’ailes insérées sur les deux deiaiiers anneaux du thorax, qui sont dioïtjues, et subisseid le plus souvent des métamorphoses. 1 ndépendamment de ces traits généraux, l’organisation des Insectes nous olfre de nombreuses parliculai*ités.
Lesipielette éi)i(iermi({ue a une consistance variable, par suite de
DESCRIPTIVE
INSECTES
la formation d’une couche plus ou moins épaisse de chitine. On y observe des prolongements cuticulaires , tels que soies, poils, écailles (fig. 370) qui sont parfois en connexion avec des terminaisons nerveuses, et constituent des organes sensitifs. Souvent il existe dans les téguments des glandes dermiques qui sont, pour la plupart, unicellulaires, et dont les canaux excréteurs s’ouvrent à la surface de la cuticule par des canaux poreux.
I’Tg. 370. — Poils et écailles ilc tliirérents Insectes.
La tête est formée d’un seul tronçon qui porte les yeux et les antennes. On peut la considérer comme composée de quatre métamères, car, outre les antennes, elle est munie de trois paires d’appendices qui constituent l’armature buccale. On y distingue différentes parties dont la supérieure, ou épicrdne, formant la calotte crânienne, se divise en régions qu’on a nommées front, rertex, occiput, joues, tempes, toutes dénominations empruntées par analogie à l’anatomie des Vertébrés. On appelle épistome ou chaperon (clypeus) la portion inférieure du front, dont le bord s’articule avec une lame transversale qui constitue une lèvre supérieure ou labre. La partie inférieure du crâne se compose de deux pièces
ANNELÉS OU ENTOMOZOAIIIES. — AUTHllOUODES.
[ZOOLOGIK
l’une dite basilaire, et l’autre prébasilaire, souvent fort peu distincte de la première, et située au-devant d’elle.
Les antennes représentant la première paire de membres sont composées d’un nombre variable d’articles, et affectent des formes extrêmement diverses (fig. 371). Elles servent au toucher, et sont regardées'comme étant aussi le siège de l’odoral.
l-’iG. 371. — Diverses formes d’aiUennes. — 1, aiileiinc de Nécro|iliore ; 2, aiUenne do Machaon ; 3, antenne de Sphinx; 4, antenne d’Atlacns; 5, antenne de Hanneton; 0, antenne d’Éristalis ; 7, antenne de Volucelle.
Le thorax est formé de trois anneaux à chacun desquels ou a donné un nom particulier, d’après la position qu’il occupe. Le premier est appelé prothorax, celui du milieu mésothorax et le troisième inétathorax . Tous trois portent des pattes, et d’ordinaire les deux derniers portent aussi des ailes, mais le prothorax en esl toujours dépourvu. Leur portion dorsale ou tenfum comprend, d’avant en arrière, (juatre paires de pièces sdérodermitjues, connues sous les noms de proscutum, scutum, scutelium et postscutellum, t(ui sont généralement soudées entre elles. L’arcean ventral ou pectus est formé par une pièce médiane ou sternum, en dedans de laquelle il existe souvent une lame verticale nommée entothorax ; sur les côtés ou trouve un(‘ paire de pièces épisternales (épisternums ), une paire d’épimères, et quelquefois une paire de pièces accessoires appelées paraptères.
lies pattes sont toujours articulées sur l’arceau sternal; chacune d’elles se divise en (juatre parties qui sont : la portion coxale comprenantdeux articles, l’article basilaire on hanche, trochanter : la cuisse ou /’enmr ; la jambe ou tibia, et le tarse, composé de deux a cinq articles dont le dernier est terminé par des crochets ouongles inohih'S. Ces pattes présentent du reste une très grande variété
INSECTES
Üi:SCRf['TIVE.|
ro5
de conrorinatioii (fig. 372). Cliez les Insectes nageurs, comme les Dytiques, elles prennent la forme de rames ciliées; chez les Insectes sauteurs, comme les Sauterelles, les Grillons, les postérieures sont beaucoup plus longues que les autres ; chez ceux de ces animaux qui creusent la terre, comme la Courtilière, les pattes antérieures, courtes et massives, sont transformées en organes propres à fouir ; enfin quelquefois ces mêmes pattes sont rudimentaires, et paraissent faire défaut, comme on le voit chez certains Papillons.
l'ic. 37:2. — Diverses formes de pattes. — A, patte sauteuse de la grande Sauterelle verte. — ■ D, patte ambulatoire du Carabe : a, hanche; b, trochanter; c, fémur; d, tibia; e, tarse. ^ — C, anneau thoracique du Dytique, portant une patte natatoire ciliée. — D, patte fouisseuse de la Courtilière: a, hanclie; b, trochanter portant un prolongement c en forme de dent; d, fémur; e, tibia; t, 2, 3, articles du tarse. — E, patte ravisseuse de la Mante religieuse: a, hanche; 6, trochanter; c, fémur; d, tibia; e, tarse. — F, la même avec la jambe repliée contre la cuisse.
On sait que la plupart des Insectes, à l’état adulte, portent des ailes au nombre de deux paires, insérées sur les deuxième et troisième segments thoraciques. Les premières sont appelées ailes antérieures o\\ su/périeures^Xes secondes ailes postérieures ou infé^ rieures. Ces appendices varient dans leur forme et dans leur structure. Ce sont, d’une manière générale, des expansions membraneuses formées de deux lames soudées entre elles, et parcourues par des lignes saillantes de consistance cornée, auxquelles on donne le nom de nervures. Celles-ci partent de la hase de l’aile et se dirigent vers son sommet; elles émettent des ramifications qui forment un réseau plus ou moins compliqué, et circonscrivent des espaces
35G ANNKLÉS OU ENTOMOZOAIU KS. — AUTll UOPODES. [zoologie
(|u’on appelle aréoles ou cellales. Leur mode d’aiTaiigement varie dans les dillereiils groupes, et fournit des caractères utilisés dans la classification. Elles sont constituées par des espèces de tubes • chitineux, dans rintérieur desquels se répand le lluide nourricier, et où se distribuent les nerfs et les trachées appartenant à Faile.
Souvent les quatre ailes sont membraneuses, comme chez les Papillons, par exemple, mais j)arfois celles de la première paire se modifient dans leur consistance, deviennent cornées et se transforment en boucliers plus ou moins solides qui recouvrent les ailes
l'Ao. 373. — SystOiie nerveux de l'Abeille (Apis mellifica). — A, système nerveux de la larve; B, système nerveux de l’Insecte adulte (d’après Blancliard).
inférieures, ainsi qu’on le voit en particulier chez les Coléoptères; on leur donne alors le nom iVélytres. Dans certains cas, une portion seulement de l’aile est ainsi transformée du côté de la base, tandis (jue la portion terminale reste membraneuse, et on a alors affaire à des demi-élytres ou hémeUjtres (Hémiptères). A l’état de repos, les ailes inférieures, pour se cacher sous les élytres, se replient tantôt longitudinalement ( Orthoptères) , et tantôt transversalement (Coléoptères).
Les ailes ne sont pas toujours au nombre de quatie. chez les Mouches et les autres Diptères, on n’en trouve que deux qui appaitiennent au mésolborax. Celles du metalliorax sont lejuésentées pai deux petits appendices, renflés a l’extrémité, et connus sous le nom de balanciers. Au contraire, dans le petit groupe des Strepsiptères,
LNSLCTEï-'.
DESCltll'TlVE.]
les ailes poslérieuees sont graïules et bien développées, tandis (lue les ailes antérieures sont rndinientaires. Kntin, dans tons les ordres d’insecles, on rencontre des formes aptères, c’est-à-dire complètement privées d'ailes.
L’abdomen est distinct du thorax, chez les animaux: adultes, et S(‘ compose de dix anneaux dont le squelette tégumentaire est moins développé que dans le tronçon thoracique. Dans chacun de ces anneaux, l’arceau dorsal et l’arceau ventral, formés par une seule pièce cornée, sont presque toujours séparés sur les cotés par un espace membraneux où se trouvent les stigmates. Cette région est dépourvue de pattes chez l’adulte, mais chez la larve elle porte parfois des appendices courts dont l’existence est transitoire et (pi’on désigne sous le nom de fausses pattes ; le nombre en est variable, mais il est généralement de ciiKi paires. Sur les anneaux postérieurs il existe souvent des appendices qui jouent un laMe dans les fonctions de reproduction, et sont transformés en organes copulateurs chez les mâles, en oviscaptes ou tarières chez les femelles.
Le système nerveux (tig. 373-37-i) est constitué chez les Insectes suivant le type général qui appartient aux Articulés, mais la coalescence, (jui se produit à divers degrés entre les ganglions dont se compose la cliaîiu' ventrale, entraîne de nombreuses modifications secondaires dans la disposition de cet appareil. C’est principalement dans les larves qu’on voit cette chaîne formée par une série uniforme de ganglions, correspondant chacun à nu segment du corps (fig. 373, A). Le ganglion céphalique placé au-dessus de Lœsophage est ordinairement bilobé, et donne naissance aux lU'rfs des sens, ])armi lesquels les nerfs oplicpies se font remarquer par leur volume considérahle. Le système nerveux stomatogastrique est représenté par un nert impair placé sur la face supéritmre du tube digestif, et uni au cerveau par d(mx filets en forme de crosses; on trouve sui le trajet de ce nerf plusieurs renllementsganglionnaires, les ganglions Irontal, n-sophagien et gastrique. De plus, il existe latéralement
Fig. 374. — Systeuie nerveux du Verà-soie du Mûrier (Sericaria Mori) i\ l’àge adulte (d’après Élanchard).
:]58 ANNELÉS OU ENTÜMOZOAIRES. — AUTIIHOPODES. jzooLOGiE ’
(leux nerfs syniélricjues reliés au précédent et au cerveau par des lilets anastoiiioti(iues, et présentant deux paires de ganglions qui envoient des branches au vaisseau dorsal et aux trachées (ganglions angéens et trachéens). Enfin, à la face supérieure de la chaîne ventrale, on a décrit une série de petits ganglions rattachés par des filaments aux nerfs latéraux qui émanent de cette chaîne, et fournissant en particulier des rameaux aux muscles de l’appareil respiratoire {nerfs respiratoires, ou nerfs surajoutés de Newport).
Les Insectes ont des sens développés. Le toucher s’exerce principalement par les antennes et les appendices buccaux; chez les iMuscidés, la trompe constitue un organe tactile délicat. L’odorat esl parfois d’une très grande finesse ; il a son siège dans les antennes.
Il est certain que l’ouïe existe chez un très grand nombre de ces animaux, maison ne sait que peu de chose relativement aux organes au moyen desquels elle s’exerce; nous avons déjcà eu l’occasion d’indiquer en quoi consiste l’appareil qui a été décrit chez les Criquets, les Sauterelles et les Grillons, comme servant à l’audition (p. 50).
La vision s’opère chez les Insectes au moyen d’yeux réticulés, à facettes, remarquables d’ordinaire par leur grosseur, et au moyen de stemmates ou ocelles. Ceux-ci se trouvent surtout chez les larves, mais on les rencontre aussi chez beaucoup d’insectes qui ont des yeux composés; ils sont alors au nombre de trois, et situés entre ces derniers sur la région frontale. Les yeux réticulés, dont nous avons déjà fait connaître la structure, se composent en général d’nn nombre immense de bâtonnets optiques, correspondant à autant de facettes oculaires. Ce nombre, très variable du reste, s’élève parfois à plusieurs milliers, et atteindrait le cbitfre énorme de 25000 environ chez les Coléoptères du genre Mordelle.
D’une manière générale, les fonctions de la vie de relation acquièrent chez les Insectes un haut degré de perfection, et (juel(|uesuns d’entre eux possèdent la faculté de produire des sons. On en' distingue de plusieurs sortes. Sous le nom de stridulation, on désigne ceux qui résultent du frottement de certaines parties du squelette les unes contre les antres, ainsi qu’on l’observe chez beaucoup de Coléoptères et d’Orlhoptères, tels cpie les Grillons, les Criquets. On appelle bourdonnement un bruit particulier et connu de tout le .monde, que font entendre en volant les Mouches, les Doiirdons, les Abeilles; il est diï aux vibrations des ailes et des muscles du thorax, les unes produisant un son grave et les autres un son aigu, à l’octave du premier (.lousset de Dellesme). Enfin, il existe chez la Cigale, dont le chant a une si grande intensité, un appareil musical complexe, dans le(juel on trouve des membranes (jni produisent le son (timbales), et des organes qui le renforcent.
DKSClilITIVK.I
INSKCTES.
Le tube digestif vai ie dans sa coiiformalioii, selon le régime alimentaire de l’Insecte auquel il appartient. Les appendices buccaux, en particulier, présentent des formes très dilférentes, suivant que ces animaux se nourrissent de matières solides, ou de matières liquides; mais, quelle (|iie soit leur apparente diversité, ces organes n’en sont pas moins composés des mêmes parties fondamenlales ; seulement celles-ci sont modifiées par adaptation à des genres de vie différents. C’est à Savigny que revient riionneur d’avoir établi cette analogie entre les diverses pièces constitutives de l’appareil buccal des Insectes.
Chez les Insectes broyeurs ou masticateurs (fig. 375), on trouve ; au-devant de la bouche, une pièce médiane impaire qui con^itue la lèvre supérieure ou labre; au-dessous du labre, une paire de mandibu les ; derrière celles-ci, une paire de mâchoires, et enfin une lèvre inférieure.
Le labre s’articule sur le bord inférieur de l’épistoine; c’est une lamelle ordinairement mobile, de forme et de consistance variables. Les mandibules situées sur les côtés de la bouche, et opposées l’une à l’autre, sont des parties dures, cbéliformes, propres à diviser les aliments, et olTrent sur leur bord interne des saillies qu’on a comparées aux dents des Mammifères. Les mâchoires ont une structure plus compliquée et se composent de plusieurs pièces. On y trouve une portion basilaire, ou corps, formée de deux articles, dont le second, appelé tige, se termine par deux lobes de dimensions fort inégales, et porte extérieurement un appendice filiforme ([ui constitue un palpe (palpe maxillaire). Le lobe externe varie beaucoup dans sa forme; parfois il se présente comme un palpe accessoire (palpe maxillaire interne); parfois il s’élargit et ressemble à une sorte de casque ou galea (chez les Orlboptères). Le lobe interne a généralement son bord garni d’une rangée de soies ou de dents aiguës. La lèvre inférieure est produite par la soudure de deux organes appendiculaires analogues aux mâchoires. On donne le nom de menton â la pièce impaire formée par la réunion des deux parties basilaires de ces mâchoires postérieures. Oette pièce porte latéralement une paire de palpes, nommés jmipes labiaux, et les parties situées entre ceux-ci, correspondant â Litige des mâchoires, constituent ce qu’on appelle la languette. Cette
Fig. 375. — .\pparcil inaslicalciir d’uii Coléoptère. — Is, lèvre supérieure ou labre ; md, iiiauilibulcs; mx, inàcboires avec les palpes maxillaires ; H, lèvre iulerieure portant les palpes labiaux.
iîGd ANNELÉS UU ENTOMOZOAIUES. — AKTUR01*0l)ES. (zoologie
pièce subit de nombreuses modifications, et porte souvent à sa base deux petits appendices membraneux, connus sous le nom de para- (jlosses.
A cet ensemble de pièces qui composent l’appareil buccal des Insectes broyeurs, il faut ajouter des parties saillantes qui existent d’ordinaire dans l’intérieur de la bouche, et qu’on appelle épipharynx ou hypopltanynx, selon qu’elles sont situées à la face supérieure ou inférieure de cette cavité.
Les modifications au moyen desquelles les appendices buccaux se transforment en organes de succion donnent lieu à des formes et à des dispositions variées, dont nous ne ferons connaître que les plus importantes.
Fig. 3T0. Fig. 37 i.
Fig. 376. — Bouche d’un Hyaienoplère. — b, languelle; c c, palpes labiaux; d, mandibules; e, mâchoires ; lobe interne; o, lèvre supérieure ou labre.
Fig. 377. — Bouche de Lcpidoi)lèrc et d'Hémiplcrc. — \, labre et mandibules rudimentaires de la Zy(jxna scabiosœ, Lépid ; a, spirilrompe (moitié) ou mrtchoire modifiée du mémo Insecte avec son pal()e; 3, lèvre inférieure, très grossie, avec ses palpes, l’un dénudé; i, tète, vue en dessous, du Ctmea: nûjricornis (llémipt,), avec le rostre droit et articule ; 5, détails du rostre précédent; labre, à la base, deux paires de soies ou filets séparés au sommet, représentant les mandibules et les mâchoires; (i, mêmes filets écartés.
Chez les Hyménoptères ou Insectes léviieurs, comme l’Abeille (lig. 371)), la lèvre supérieure et les mandibules présentent à peu [très les mômes caractères que chez les Insectes masticateurs, mais la languette s’allonge considéi’ablement, de même que les mâchoires, (|ui ont pris une forme tubulaire et engaiuent la [iremière.
On sait que les Lépidoptères puisent dans les corolles des Heurs les liquides dont ils se nourrissent, par l’intermédiaire d’une trompe longue et llexible qui se roide en spirale pendant le repos (fig. 377,2). Cette trompe est fermée [lar les mâchoires dont les palpes sont rudimentaires, et dont les lobes internes, très allongés et creusés en gouttière, s’unissent par leurs bords. Le labre et les mandibules sont atrophiés, et représentés par de petites pièces semblables.à des
DESCiUPTivE.I INSECTES. 361
écailles; la lèvre iiilérieure est aussi très réduite, mais porte sur les côtés deux palpes labiaux bien développés (lig. 377, 3).
Chez les Hémiptères (lig. 377, 4), c’est la lèvre iiilérieure qui lormeun tube dans lequel sont renfermés quatre stylets ou aiguillons très déliés, à l’aide desquels ces Insectes perforent les tissus animaux ou végétaux dont ils aspirent les sucs. Les stylets représentent les mandibules et les mâchoires, et le labre complète en dessus, dans sa partie basilaire, le tube formé par la lèvre inférieure (fig. i77,5). ChezlesDiptères enfin, l’appareil de succion est également ' composé d’une gaine et d’un certain nombre de stylets, mais il offre de grandes variations.
Chez les Cousins, par exemple, où il est très compliqué, il est formé d’un faisceau d’aiguilles logées dans un demi-étui qui appartient à la lèvre inférieure.
La bouche est suivie d’un œsophage qui, le plus souvent, est dilaté dans sa partie inférieure de façon à constituer \u\ jabot. Parfois même cette poche se présente comme un organe appendiculaire du tube digestif et fonctionne comme
appareil de succion, ce qui gr
lui fait donner le nom d'estomac siicci/r (Diptères, eic.) (fig. 378, d). Chez les Insectes broyeurs, on rencontre un second renflement à parois mnscnlaires épaisses, et garni à l’intérieur de saillies chitineuses; ceslle fjésier ou estomac triturant (fig. 371), f/), qui est surtout développé chez les Orthoptères et un certain nombre de Coléoptères, tels ([lie les Cicindèles, les Carabes, les Dytiipies, etc., dont la nourriture se com|)ose de matières dures et solides, tandis qu’il manque ou ne se rencontre ([u’à l’état rudimentaire chez les Insectes dont les ali- , ments sont liquides, comine les IIyméno[)tères, les Lépidoptères,
Ere. 378. — Appareil digestif de VAscalaphus meridionalis. — a, tête et antennes étalées ; h, glandes salivaires; c, œsophage ; il, estomac suceur; e, gésier; f, ventricule chyliliipie ; g g, tubes de Malpighi ; h, intestin;?, rectum; dernier segment abdominal (d’après Léon Itufour).
ANNELÉS Ülî ENTOMOZOAir.ES. — AUTHROPODES. [zoologie
La portion du lobe intestinal qui
Fio. 379. — A|)parcil di'joslil' de la nialle. — œ, œsophage; j, jabot; a, gésier; e, estomac; i, intestin; r, rectum; r/s, glandes salivaires; rs, réservoir des glandes salivaires; cgi cæcums ou glandes gastriques; tm, tubes de Malpigbi (d’après Léon Dufour).
(les tubes de Les
constitue l’estomac ou le ventricule chylifique est très variable sous le rapport du volume et de la forme, mais c’est celle qui a le plus d’importance au point de vue des phénomènes digestifs, car elle renferme les glandes'gastriquesqui tantôt sont logées dans l’épaisseur des parois, et tantôt ont l’apparence de villosités, faisant saillie à la surface externe de cet organe ; ces villosités se trouvent chez la plupart des Coléoptères. Souvent aussi l’estomac donne naissance à des prolongements ou cæcums gastriques,(\om observe principalement chez les Orthoptères, et qui [>araissent être de simples diverticules sans aucun rôle spécial (lig. 371), cg).
L’intestin qui fait suite à l’estomac n’en est pas toujours séparé par une ligne de démarcation bien nette, mais la limite en est assez exactement indiquée par l’insertion des tubes de Malpiglii. Cette portion intestinale du tube digestif se divise en intestin grêle, gros intestin et rectum, et se termine à l’ouverture anale située sur le dernier segment de l’abdomen.
Les organes glandulaires annexés au canal digestif sont: des glaiides salivaires.
Malpigbi et des glandes anales, glandes salivaires manquent parfois ; dans ce cas, les utricules
DESCHII'TIVE.I
INSECTES
sécréteurs sont logés dans les parois (le l’œsophage. Quand elles existent, elles sont au nombre d’une paire on deux, rarement trois, et varient beaucoup dans leur conformation ; tantôt ce sont des tubes simples ou ramifiés, et tantôt des glandes en grappe, lobulées(fig. 379, gs).
Les canaux ou tubes de Malpighi sont toujours longs, grêles et contournés sur eux-mêmes, mais ils présentent une très grande variété dans leur nombre et leur disposition. On les a longtemps considérés comme des organes producteurs de la bile, et on les désignait sous le nom de vaisseaux biliaires; mais la présence d’acide uricjue dans leur intérieui' les fait regarder aujourd’bui comme des organes d’excrétion analogues aux reins. Cependant certains observateurs, et Leydig en particulier, pensent (|ue ces canaux ne sont pas exclusivement affectés à l’une ou à l’autre de ces fonctions ; cbacune d’elles appartiendrait soit à des tubes de 3Ialpigbi différents, soit à des portions différentes d’un même tube (1).
Les glandes anales ne font pas partie, à proprement parler, de l’appareil digestif, bien qu’elles déboucbent dans la portion terminale de l’intestin, au voisinage de l’anus.
Elles sécrètent une bumeur âcre et infecte qui sert à l’animal comme moyen de défense. Gegenbaur les range dans la catégorie des glandes dermiipies.
La circulation a été longtemps niée chez les Insectes et n’a été démontrée que par l’observation directe du courant sanguin,» faite par Carus en 18“27, sur les larves transparentes de l’Épliémêre. L’appareil circulatoire est à la vérité f'‘«-380.—VaisseuudorsalduHanne-
. ton. — ao, sa i)ortion aortique; cc,
loi t réduit chez ces animaux et cliambrcs ou vcnlriculites; vg, orifices
consiste uniquement en un vais- ^‘xpansions musculaires
* , 'ou ailes du cœur.
seau 'dorsal situé sur • la lio-ne
médiane du dos (fig. 380). Ce vaisseau est fixé à la paroi du corps par des expansions musculaires auxiiuelles on donne le nom d'ailes du cœur ; les ailes ne s’insèrent jias directement sur cet organe et
(I) Leydig, Histologie comparée, édit, française. Paris, 1866, p. .'331 et suiv.
364 ANÎSELÉS OU ENTOMOZOAIRES. — AIH UROPODES. [zoologii:
circonscrivent autour de lui un sinus péricardique, dans lequel le sang arrive, avant de pénétrer dans le cœur. Celui-ci présente une
série d’étranglements qui le divisent en un certain nombre de chambres ou V e n tr ie U ii tes , o rd i n a i re ment au nombre de huit.
Chacune de ces chambres est munie d’une paire d’orifices latéraux, par lesquels le sang passe du vestibule péricardique dans le cœur, où il est poussé d’arrière en avant par la contraction successive des divers ventriculites; le reflux du liquide en arrière est empêché par des replis valvulaires (|ui entourent le bord des orifices latéraux et qui» au moment de la svstole, 1erment à la fois ces orifices et le détroit interventriculaire postérieur. Du cœur, le sang est conduit par 1(‘ prolongement de 'i\ chambre antérieure, ou portion aortique du vaisseau dorsal, dans un système lacunaire; là il lorme des courants (lig. d81) réguliers, ([ui le ramènent .en définitive au cœur, après qu’il a parcouru les difierentes régions du corps, lœ liquide sanguin est ' üénéralemenl incolore,
381. — Circulation de l’Éphémère.— ab, le cœur ou vaisseau dorsal ; hc, sa portion céphalique ; dd , courants sanguins ccplialiques décrivant deux anses •i la base des antennes; e, point où les couranis, après s’etre recourbes sur eux-mêmes, se réunissent pour retourner vers l’abdomen ; f, le plus petit et le plus externe des lieux conranls de retour; il décrit ordinairement dans les banebes de courtes anses fJdOt qui, parfois s’étendent jusqu’en h", i, le plus gros des deux courants de l’Ctour, le plus interne et le plus rapprocbi' du côté ven- Iral, avec lequel l’externe f SC réunit en partie par des brancbcs transversales lili et qui, probablement, ensuite, reçoit les petits courants des soies caudales en l; ce courant interne i aboutit enfin au cœur avec le courant externe (d’après Carus).
([iielqiierois ctqicndaut do couleiic jaunâtre ou verdâtre; il renferme de petits globules doués de mouvements amiboïdes.
[j’appareil trachéen des Insectes fut décoiuerl par Malpiglii eu
INSECTKS.
DESCKIPTIVE.]
1060. Il consiste en un système de tubes ramifiés et pleins d’air, qui communiquent avec l’exlérieur par une double série d’orifices ou stigmates situés sur les parties latérales du corps. Ils sont placés symétriquement sur la membrane qui unit la portion supérieure et la portion inlérieure de chaque anneau dans la région abdominale, et entre les anneaux ou plus rarement sur les anneaux mêmes, dans la région thoracique. Il n’y en a qu’une paire pour chaque anneau, et la tête, ainsi que la partie postérieure de l’abdomen, en sont dépourvus. Chez la plupart des Insectes, on en compte neuf paires, quelquefois dix , par exemple dans les Orthoptères , mais leur nombre peut être moindre. Il est réduit à huit paires chez les Cousins (Diptères), chez les Termites (Névroptères) ; il n’est que de sept paires chez les Guêpes (Hyménoptères) et chez la plupart des Hémiptères; il descend à six et à cinq'paires chez certains Diptères, et à deux chez la plupart des Mouches, qui sont aussi des Diptères, chez les Libellules et les Éphémères (Névroptères); enfin, on n’en trouve plus qu’une paire chez les Hémiptères des genres Nèpe et Hanatre.
Les stigmates consistent parfois en une simple fente en forme de boutonnière, par exemple les stigmates thoraciques des Carabes (fig. 38:2); le plus souvent ils sont pourvus d’une sorte de cadre nommé péritrème. Dans les stigmates simples, les bords de ce cadre sont nus ou garnis simplement de poils ; dans certains cas le péritrème porte deux rej)lis membraneux que Héaumur nommait des paupières, et qui sont garnis de cils ou j)résentent des digitations sur les bords. D’autres fois, la membrane encadrée par le péritrème est perforée d’une ouverture centrale qu’entourent des zones colorées.
Fig. 382. — Stigmate thoracique du Carabe doré.
OU bien elle est criblée de petits trous. Enfin, chez quelques Orthoptères, les stigmates sont garnis d’une ou deux petitê^s pièces cornées, qui ont la forme de hattants de volet; Marcel de Serres leur donne alors le nom de trémaères.
Les trachées sont des tubes cylindroïdes, destinés à porter dans toutes les parties du corps l’air nécessaire à la respiration. Elles doivent à la présence de ce gaz dans leur intérieur, l’aspect blanc argenté qui les caractérise. Sur certains points de leur trajet, on remarque des dilatations dont l’existence a fait donner aux trachées qui les portent le nom de trachées vésiculeuses, tandis qu’on appelle trachées tubulaires, celles qui en sont dépourvues. Les trachées tubulaires ont la forme de cylindres creux, et leur paroi est formée de deux membranes entre lesquelles on voit un fil contourné en spi-
ANNELÉS OU ENTOMOZOAIHES. — ARTHHOUODES. Izoologik
iijij^~Jiyi -
r^^anr^ir'TV-.r *■
raie (fig. 383). La timique interne semble n’ètre qu’un prolongement de la membrane épidermique qui couvre le corps, ce qui explique comment, dans le phénomène de la mue, elle se détache en
même temps que la couche épidermique cutanée. Newport a constaté que cette des(juamation se fait dans toute l’étendue de l’appareil trachéen. Le fd spiral paraît n’être que le résultat d’un épaississement partiel de cette membrane interne de laquelle, en effet, on ne peut l’isoler. La membrane externe est formée d’un tissu de substance conjonctive.
Dans les trachées vésiculeuses, le fd spiral disparaît; quelquefois cependant on voit un petit nombre de lignes irrégulières qui en sont comme les vestiges.
Les larves des Insectes n’ont jamais que des trachées tubulaires, et les trachées vésiculaires n’existent pas chez tous les Insectes parfaits; il paraît y avoir une certaine relation entre leur développement et la persistance du vol; ainsi, elles font défaut chez ceux de ces animaux qui ont une vie sédentaire, tels que la plupart des Coléoptères et des Orthoptères; elles sont, au contraire, très développées chez les Sauterelles, les Abeilles, les Papillons, les Mouches, qui sont organisés pour le vol.
Nous devons examiner maintenant quelles sont les formes du système trachéen et quel est son mode de distribution.
On nomme trachées (rorigine les troncs qui naissent de chacun des stigmates, et on appelle trachées de distribution les diverses branches qid en partent. fmrs(|ue ces branches Vont se distribuer directement au milieu des organes, et (jue chaque trachée d’origine donne naissance à un système qui reste pour ainsi dire indépendant, on a une forme qui se trouve réalisée chez quelques Hémiptères, les Scutellaires, par exemple; mais, le plus souvent les trachées d’origine d’un même côté s’anastomosent entre elles par des canaux
Fig. 383. — Tracliée du Grillon domestique, prise près d’un stigmate thoracique. — A, tronc principal, à structure réticulée, duquel part une branche dont la tunique interne se montre avec scs épaississements spiroides( fil spiral) ; B, partie de la tunique interne du tronc à structure réticulée, grossie; c, petit fragment de cette même partie, grossissement plus fort (d’après l’aul Bert).
DE.SCKIPTIVB.j
INSKCTES.
importants ou trachées de comniiinicalioii, dont rensend)le l'orme deux gros troues latéraux. C’est à eux que Lyoïiuet donnait le nom de trachée-artère. Leur volume est souvent plus considérable que celui des trachées d’origine, ainsi qu’on le voit dans l’IIydrophile, [»ar exemple, et, chez la larve de cet Insecte, ils ne communiquent avec l’extérieur que par les deux stigmates placés à l’arrière de l’abdomen. Chez la Nèpe (fig. 3Hi), on trouve de chaque côté un long canal qui unit toutes les trachées d’origine, mais de celles-ci les deux postérieures seulement aboutissent à des stigmates, tandis ([ue les autres sont en rapport avec des points stigmatiques impert'orés : elles n’ont donc plus d’utilité, mais elles montrent d’une façon évidente le mode de tormation de ces canaux latéraux.
Outre ces anastomoses longitudinales, on trouve des anastomoses transversales qui mettent eu communication les deux moitiés latérales du système trachéen. Ainsi, chez la Nèpe, on voit un tronc transversal qui relie dans chaque anneau les trachées d’origine, et cette disposition se rencontre chez la plupart des Insectes.
Ces rameaux anastomoticjues peuvent se multiplier soit en travers, soit en long, et présenter divers degrés de complication. Chez la Mante religieuse, par exemple, dont le système respiratoire a été figuré par Marcel de' Serres, il y a quatre paires de troncs longitudinaux reliés par des anastomoses transversales (lig. 55, p. f)()).
Les fines ramifications des tubes secondaires qui vont aux organes ne s’y terminent pas, mais les traversent et leur servent ainsi de ligaments suspenseurs. Toutes les parties de l’Insecte en sont pourvues : les pattes, les antennes et même les yeux.
La disposition des vésicules trachéennes présente des dilférences nombreuses suivant les espèces. Quelquefois elles sont extrêmement multipliées, mais le volume de chacune d’elles n’est pas considérable, et elles se développent sur presque tous les points du système respiratoire, notamment sur les rameaux de distribution; c’est ce qu’on voit chez le Hanneton, par exemple. Ces vésicules peuvent exister sur les branches anastomotiques transversales qui unissent entre elles les trachées d’origine, et elles forment alors dans la région dorsale une série de poches ou réservoirs aériens ((u’oii observe chez les Orthoptères des genres (Edipode et Truxale. D’autres fois, ce sont les canaux longitudinaux qui donnent naissance à ces vésicules, et même qui se transforment en deux grandes poches à air placées de chaque côté de l’abdomen. Chez le Bourdon et l’Abeille, où l’on peut voir ces sacs pneumati(|ues, ils ont la forme d’une poire, dont la grosse extrémité serait en avant. Enfin, chez divers Diptères, c’est seulement la portion antérieure de ces canaux qui se dilate et constitue ainsi deux grandes poches que Léon
Fig. ;J84. — Appareil respiratoire très grossi de la Nèpe cendrée {Nepa cinerœa). — aaa, I les faux stigmates vus par leur face interne, avec le tronc trachéen qui s'y insère; 6, stigmate caudal ou du siphon respiratoire, auquel aboutit, de chaque côté, le tronc priiicipal” des Iracln’es; ccc, insertions borgnes des troncs trachéens correspondant aux l*', 2® et 6® segments ventraux; ddd, deux trachées naissant de chacun des troncs ginc, l’une destinée aux organes, l’antre foimanl une arcade de communication; eghij, vésicules trachéennes ; f, trois trachées destinées aux ailes cl aux élylres, aux pattes intermédiaires et postérieures; fc, sinus trachéen formé par la connueiice de quatre trachées , l, trachée destinée aux pattes antérieures; vi, faisceau de trachées destinées à la tète, n, portion de la tête; o, portion de la patte antérieure; p, portion d liémeKlrc; q, poilion des pattes intermédiaire et postérieure (d’après L. Dufour).
INSECTES
OE.SCniPTlVF..|
Diifüur a {‘oinparées à dos ballons. Cos exi)aiisions vésiculeusos qui servent de réservoirs pneuniati(jiies aux tnsecles dont le \ol est rapide et prolongé, j)euvent être comparées aux sacs aériens que l’on trouve chez les Oiseaux.
La plupart des Insectes vivent dans l’air, mais il y en a (juehiuesuns qui sont aijualiques et dont l’appareil respiratoire présente alors des particularités en rapport avec ce nouveau genre de vie. Ceux qui, à l’état [larl'ait, vivent dans l’eau sont en très petit nombre; ils respirent comme les espèces terrestres, au moyen d’un système de trachées s’ouvrant au dehors par des stigmates, et ils sont obligés, de venir à la surface de l’eau prendre l’air (jui leur est nécessaire. Les Punaises aquatiques des genres Nèpe et llanatre sont pourvues à cet elfet de deux longs appendices placés à l’extrémité de l’abdomen. Chacun de ces appendices est creusé d’un ilemi-canal , et ils forment par leur réunion un tube respirateur qui conduit Pair aux deux stigmates placés eu arrière, dans une sorte de chambre aérienne. Les Hydrophiles ont la surface abdominale garnie de poils nombreux et enduits de matière grasse, qui retiennent ainsi au voisinage tles stigmates une couche d’air. CQtte provision est entretenue, pour ainsi dire, par les antennes garnies également de poils, et qui viennent à la surface de l’eau se charger de bulles d’air qu’elles portent ensuite sous le thorax. Les Dytiques, pour respirer, relèvent l’extrémité abdominale du corps à la surface de l’eau, et, soulevant leurs élytres,ils emprisonnent au-dessous une petite quantité d’air.
Chez les larves a(|uali(|ues de quelques Diptères, la respiration s’elTectue par un mécanisme analogue à celui que nous avons vu chez les iNèpes et les Uanatres ; leur abdomen se termine par un tube rétractile plus ou moins long, formé d’anneaux (jui amènent l’air aux deux stigmates placés à. la partie postérieure du corps. Mais chez la plupart des larves a({uati(jues le séjour dans l’eau détermine une moditication plus profonde des organes respiratoires transformés en branchies trachéennes (fig. d<Sr)). A la place des stigmates on trouve alors sur plusieurs segments des apjiendices foliacés, liliformes ou ramiliés, parcourus par de fines divisions d’un ou de plusieiu's tubes trachéens (IMiryganides, Ephémérides). En ce cas le renouvellement de l’air dans le système trachéen s’etfectue indirectement par l’intermédiaire de l’eau, et l’on a affaire ici à de véritables organes de respiration aquatique. Les branchies trachéennes présentent une grande diversité de forme et de position. Elles sont foliacées ou fasciculées et placées à la face dorsale de l’abdomen chez les larves des Éphémérides; elles sont filiformes chez les larves des Phryganides et portées sur les (juatre premiers segments
ANNELILS ou ENTOMOZOAIUES. — ARTHROPODES.
Fig. 385. — Larve»
d’Eplicmcre portant des branchies tracliécnncs.
aluioiiiinaiLK; citez les Sialides, les seioneiits postérieurs eu sont pourvus. Chez les larves de Ti[)ules, les branchies trachéennesmanquent et la respiration s’ellectue par toute la surface du corps. (Juelquefois enhn, c’est par la surface intérieure de riutestin, mise eu contact avec l’eau, que se fait l’échant^e des gaz, comme on le voit, chez les larves d’Æshnes et de Libellules. Leur intestin volumineux, à parois musculaires, se dilate et se contracte alternativement, agissant à la manière d’une pompe, et exécute une sorte de mouvement respiratoire régulier. De plus, il se présente à l’intérieur de nombreux re[)lis qui renferment une infinité de ramifications trachéennes, disposition essentiellement favorable à la respiration.
Chez les Insectes, on trouve sous la peau et entre les viscères des amas de grosses cellules luisantes, colorées et remplies de matières graisseuses, qui forment ce qu’on appelle le corps adipeux. Ces cellules abondent principalement chez les larves, où elles constiluent une réserve de substances nutritives, destinée à fournir les éléments nécessaires au développement de l’Insecte. Le grand nombre de ramifications trachéennes qui s’y distribuent, indique que les échanges respiratoires y sont très actifs. On remarque une grande analogie de structure entre le corps adipeux et les organes lumineux des Lamjiyres el des Élatéridés, qui sont également très riches en trachées, et dont les propriétés phosphorescentes sont, d’après Kolliker, en relation intime avec les phénomènes respiratoires.
Nous avons vu, à propos des organes annexés au canal digestif, que la fonction urinaire avait son siège dans les tubes de Malpighi, ou du moins dans une partie de ces tubes. Ceux-ci sont longs, grêles, cylindriques, plus ou moins contournés sur eux-mêmes; ils s’ouvrent dans le canal digestif au voisinage du pylore, taulôt isolémenl, taidô^ de chaque coté par uu canal excréteur commun, ou même par un canal unique (Gryllidés). Leur nombre varie dans les différents groupes; ainsi, il n’y en a souvent ((ue deux paires; parfois on en trouve trois ou ([iiatre paires (fig- enfin dans certains cas,
ils sont très nombreux (fig. tni)). Le liquide sécrété par ces organes contenant de l’acide urique, ils constituent bien un appareil urinaire, mais est-ce là leur unique fonction? La question n’est pas résolue.
Il nous reste encore à signaler certaines sécrétions spéciales qu’on observe chez les Insectes, et qui ont des usages fort divers. De ce nombre est celle (jui fournit le fd de soie au moyeu duquel beau-
INSECTES
DESCRIPTIVE
coup de larves tissent une envelop[)e protectrice ou cocon, dans lequel elles s’enferment pour accomplir leur im'îtamorpliose. Les "landes productrices de la soie ou glandes séricigères consistent en deux tubes allongés s’ouvrant près de la bouche, et qu’on regarde généralement comme, des glandes salivaires modifiées. On appelle glandes cirières celles qui, chez certains Insectes, sécrètent la matière grasse connue sons le nom de cire. Parfois ce sont simplement des glandes nnicellulaires réunies par groupes sous la peau et produisant des filaments de cire très ténus, qui recouvrent le corps comme d’un fin duvet (Pucerons, Cochenilles). Chez les Abeilles, il existe de chaque côté de la ligne médiane, sur les anneaux de l’abdomen, des espèces de cupules à fond plat, tapissées d’une membrane, nommée pellicule civière, où débouchent les cellules glandulaires qui sécrètent cette substance qu’on voit se solidifier sous forme de minces lamelles.
Les Abeilles, les Guêpes et quelques autres Hyménoptères, sont pourvus d’un appareil venimeux. Cet appareil situé tà l’extrémité postérieure du corps est constitué par deux glandes en tube qui aboutissent à un canal commun, renflé de façon à former un réservoir, et en relation avec un aiguillon destiné à inoculer le venin. Enfin, on rencontre parfois des glandes dites odori fèves comme celle qui, chez les Punaises, est logée dans le métathorax, et qui sécrète un liquide d’une odeur repoussante.
La reproduction est presque toujours sexuelle chez les Insectes ; il n’y a d’exception que dans les cas de parthénogenèse. Les sexes sont séparés, et souvent il existe entre le mâle et la femelle des différences très marquées, soit dans la coloration, soit dans la forme de diverses parties du corps. Eu général, les mâles ont des couleurs plus brillantes ; ils sont plus petits de taille, plus sveltes, plus agiles que les femelles ; parfois celles-ci sont aptères tandis que les mâles sont ailés, et le dimorphisme peut être poussé si loin qu’on a pris pour des représentants d’espèces différentes le mâle et la femelle d’une même espèce. Quelquefois à coté des individus sexués on rencontre neutres, ainsi nommés parce qu’ils sont stériles, mais qui ne sont autre chose que des individus sexués frappés d’arrêt de développement, et dont les organes génitaux sont restés rudimentaires; telles sont les ouvrières chez les Abeilles et les Fourmis. L’accouplement se fait parfois dans des conditions assez singulières; ainsi, chez quel([ues espèces, lesx\beilles par exemple, il a lieu pendant le vol. La femelle ne s’accouple jamais qu’une fois, et d’ordinaire le mâle meurt bientôt après la copulation. L’appareil génital se compose chez le mâle (lig. 38G) de deux testicules constitués chacun soit par un faisceau de petits tubes en cæcum ou de
SIC.\R1>, 'it ^
372 ANNELÉS OU ENTOMOZOAIRES. — ARTHROPODES. [zoologie
capsules spermifiques, soit par im long tube pelotonné sur lui-même. Les canaux délérents (pii y font suite sont plus ou moins sinueux et se réunissent en un tronc commun, ou canal éjaculateur, de longueur variable. 11 existe généralement une paire de vésicules séminales formées par une portion dilatée des canaux déférents, mais parfois il n’y a qu’une vésicule simple constituée par un renflement du canal terminal commun. Des glandes accessoires sont souvent annexées à ces conduits évacuateurs et y versent une matière qui sert à la formation dos spermatopbores dont on a reconnu l’existence chez certains Insectes. Ce sont quelquefois des corps de struc-
Fig. 387.
Fig. 386.
Fig. 380.— Appareil génital mâle de ÏAphrophora spumnvia. — II, testicules; df, canaux défércnls dilatés inférieurement en forme de vésicule séminale; dj, canal éjaculateur; g a, glandes accessoires.
Fig. 387. — Spermatopliore'du Grillon champêtre, vu de protil. — a, vésicule; b, papille postérieure; c, lamelle avec scs crochets e cl f -, d, (ilet corné (d’après G. Lespès),
liire assez complexe, comme, par exemple, ceux du Grillon décrits par Lespès et représentés dans la figure 387. L’extrémité du canal (ijaculateur constitue un jiénis tnlmleux, protractile et entouré d’ordinaire par un certain nombre de pièces solides formant ce qu’on nomme Varmure copulatrice.
L’appareil génital femelle (tig. 388) montre une répétition exacte des parties dont se compose l’ajipareil mâle. Il existe deux ovaires ({ui correspondent aux testicules et sont situés de même dans l’abdomen. Ces organes, rarement simples, sont ordinairement composés de plusieurs tubes ou vésicules dans lesquels se dévelojijient les œufs. Ces capsules ovigères, de forme variable, débouchent de
i)i:scniPTivE.|
INSEC l'ES.
chaque côté dans iiu canal excréteur ou trompe, et les deux trompes se réunissent en un ovidiicte coimuun, dont la ))ortion terminale appelée vagin, s’ouvre sur le dernier segment de l’abdomen. On y trouve annexés des organes i;landulaires (lu’on désigne d’une manière générale sous le nom de glandes sébi figues ; de plus, l’oviducte est pourvu d’ordinaire d’une poche copulatrice et d’un réceptacle séminal. Enfin des pièces analogues à celles qui composent l’armure copulalrice du mâle sont en connexion avec l’orifice génital ; elles sont Iransforméeii en instruments qui servent à la poide des œufs (oviscaptes) et qui parfois sont propres à percer des Irons dans les corps où ceux-ci sont déposés (tarières).
Dans certains cas, elles constituent des organes de défense en rapport avec des glandes à venin, et connus sons le nom iV aiguillons , chez les Abeilles par exemple.
Les œufs développés dans les tubes ovariens s’entourent d’une enveloppe résistante ou coque. Ils sont de formes très diverses et présentent souvent à leur surface des saillies ([ui donnent lieu à des dessins variés. La coque est percée d’uu et parfois de plusieurs orifices ou micropgles, généralement situés au pôle antérieur de l’œuf, qui permettent aux spermatozoïdes de pénétrer à l’intérieur pour opérer la fécondation. Celle-ci se fait au moment où l’œuf passe dans l’oviducte, au niveau de l’orifice du réceptacle séminal, qui y verse alors un peu de son contenu, et on comprend ainsi que la femelle, après un seul accouplement, puisse produire un grand nombre d'œufs féconds. Mais il y a dés Insectes chez lesijuels le développement des œufs s’elfectue bien qn’il n’y ait pas eu fécondation, et on sait que celte reproduction parthénogénétique peut se poursuivre pendant plusieurs générations, comme on l’a observé chez les Ibicerons. (’œs phénomènes de parfbénogénèse se montrent chez certaines espèces d’nne façon régulière, par exemple chez les Apliides qu’on voit se reproduire ainsi pendant tout l’été, et chez plusieurs Cynips dont les mâles soid inconnus: chez d’autres, comme le papillon du Ver à soie, ce moue de génération n'apparaît (|ue d’une manière accidentelle. Parfois les œufs non fécondés ne donnent naissance qu’à des mâles (Abeilles) ; parfois au contraire ils ne pro-
Eic. 388. — Appareil géiiilal femelle du Dorthcsia urticæ. — ov, ovaires; o d, ovidiicte dans lequel ou voit im œuf, par transparence; r s, réceptacle séminal.
ANNELÉS OU ENTO-MOZOAIRES. — ARTIlUOUODES. [zoologie
diiiseiil que des femelles (Gynips). Enfin, il y a quelques Insectes qui se multiplient non seulement à l’âge adulte, mais encore à l’état larvaire; N. Wagner a constaté, en effet, que certaines larves de Diptères du groupe des Cécidomyies, sont susceptibles de se reproduire sous cette forme et donnent naissance à des larves semhlahles à elles-mêmes, qui se développent dans l’intérieur de leur corps.
La plupart des Insectes sont ovipares* et quelques-uns senlement vivipares. D’une manière générale, l’embryon, au sortir de l’œuf, est dans un état de développement peu avancé de sorte qu’il doit subir avant d’atteindre la forme adulte une série de transformations ou de métamorphoses. Celles-ci comportent des changements plus ou moins profonds qui les ont fait distinguer en métamorphoses complètes et métamorphoses incomplètes. Dans le premier cas, le jeune passe successivement par les états de larve et de nymphe^ avant d’arriver à l’étal d’insecte parfait (fig. 889).
Fig. 380. — Mélaniorplioscs de l’Abeille. — a, larve de grandeur naturelle; b, grossie; c, nymphe de grandeur naturelle vue en dessus; d, nymphe grossie vue en dessous; e, adulte.
Les larves ont le corps composé d’anneaux semblables entre eux et présentent plus ou moins l’apparence de A ers, ce qui les fait souvent désigner sous ce nom. Les unes sont entièrement dépourvues de pattes, tandis que d’aufres portent des appendices parmi lesquels on en distingue de deux sortes : ceux qui sont articulés et insérés sur les anneaux thoraci(|ues, et ceux (|ui sont inarticulés et insérés sur les anneaux de l’abdomen. On appelle les pvounevs pattes écailleuses ou vraies palJes, et les seconds pattes membraneuses ou fausses paftes. il y a beaucoup de larves, jiar exemple celles des Coléoptères, qui ne possèdent que des pattes écailleuses; les larves qui sont en outre munies de fausses pattes appartiennent essentiellement aux Lépidoptères, et sont connues sous le nom de chenilles. Pendant la période larvaire, l’Insecte prend un accroissement considérable et subit un certain nombre de mues, c’est-à-dire qu il renouvelle plusieurs fois la couche cuticulaire dont il est revêtu. 11 passe ensuite à l’état de nymphe; alors il s’isole, se renferme dans une
INSKCTES.
DESCIUPTIVE.
enveloppe protectrice, où il reste plongé dans rimmohilité sans prendre aucune nourriture.
On ilislingue, d’après leur rornie, [)lusieurs espèces de nymplies. On appelle momies ou simplement nympliescelles dont les dilïerentes l)arties apparaissent nettement sous nne pellicule transparente; telles sont les nymphes des Coléoptères et des Hyménoptères. On nomme chriisalides celles dont le corps est recouvert d’une membrane cliitineuse durcie qui en laisse néanmoins reconnaître les traits; cette forme est propre aux Lépidoptères. Enlin, on donne le nom de papes à celles qui sont renfermées dans la dernière membrane larvaire formant autour d’elles une enveloppe épaisse qui ne permet pas d’en distinguer les parties ; c’est ainsi (|ue se présentent les nymphes des Diptères. Dans certains cas, la métamorphose se compli({ue, et le nombre de phases que traverse Tlnsecte dans son développement se imdtiplie; c’est ce qu’on observe chez les Méloïdes où cette Iiijpennétamorpliose , selon l’expression employée par lui, a été reconnue par Fahre, d’Avignon, en 1857.
Les Disectes à métamorphoses incomplètes sont ceux dont les larves, moins éloignées ([ue les précédentes de la forme adulte, parcourent néanmoins des phases de développement marquées par des mues, mais sans passer par l’état de nymphes, car elles sont toujours actives et continuent à prendre de la nourriture. Les Ilémiplères, les Orthoptères et certains Névroptères (Libellules, Ephémères) ont des métamorphoses incomplètes. 11 y a enfin quelques Insectes qui, au sortir de l’œuf, présentent déjà les caractères de l’animal adulte et ne subissent pas de métamorphose; ce sont des formes aptères, dégradées et, pour la plupart, parasites, comme les Doux, les Piicins.
Les Insectes forment une des classes zoologiques les plus importantes, non seulement par le nombre immense d’animaux qu’elle renferme, mais par la diversité de leurs mœurs, par la puissance de leur instinct et de leur intelligence, par le rôle considérable qu’ils jouent dans la nature. Parmi eux on trouve des espèces sociales (Fourmis, Abeilles, etc. ) et on sait (juel vaste chami) d’observations s’ouvre j)our le naturaliste qui étudie l’organisation de ces sociétés, et la j)art que prend à la vie commune chacun des membres ([ui les composent, llien n’est plus fait pour exciter à la fois l’étonnement cl l’admiration que l’industrie dé|doyéc |>ai‘ certains Insectes dans l’édification des nids, dans les soins (lu’exige l’élevage des jeunes, et c’est là sans contredit un des cotés les j)ius attrayants de leur étude, mais nous ne saurions y insister ici.
Les Insectes sont répaîuius dans toutes les régions du globe, depuis les pôles jusqu’à l’équateur, et l’immense variété de leurs formes est en rapport avec la diversité des contrées qu’ils habitent.
ANiNELKS OU ENTOMOZOAIO ES. — AUÏIl U01*0DES. |zoülo('.ie
Dans les âges géologiques, ou les voit apparaître à l’époque dévouieuue; ils ont laissé des déhi’is dans les terrains carbonifères el jurassiques el se luontrent fort nombreux dans les terrains terliaires.
■ On s’est servi j)onr la classilication des Insecles de trois ordres de caractères : ceux (}ui sont tirés de la mélamorpbose, de la conformation des ailes et de la structure des organes buccaux. La considération des mélamorj)boses dans la classification fut introduite par Swammerdam, et elle permet, en elfet, de diviser les Insectes en grandes catégories, suivant qu’ils oïd des métamoi‘i)boses complètes {Insecta metabola), des métamorphoses incomplètes ( Insecta Itemimelabola) on qu’ils n’ont pas de métamorj»bose(//usec/u, ametabolü) \ mais ces divisions ne cadrent pas exactement avec les groupés naturels établis d’après les caractères de l’adulte. Ainsi, les Insecles sans mélamorpbose ne se séparent pas nettement des Insecles à métamorphoses incom|)lètes, et, parmi ceux-ci, il en est (ju’on réunil communément dans le même groupe avec des Insecles à métamorphoses com})lètes (iNévroptères). C’est en se fondant sur les parlicularités présentées par les ailes que Linné distribua les Insectes en un certain nombre d’ordres dont les noms sont encore aujourd’hui en usage. U a\nil a\^\n4é Coléoptères ceux dont les ailes supérieures sont Iranslbrniées en élvtres et recouvrent les ailes inférieures; Hémiptè)‘es ceux dont les ailes supérieures ont la forme de demiélylres ; Léjridoptères, ceux dont les ailes sont recouvertes d’écailles; I\évroptèi‘CS, ceux dont les ailes présentent des nervures nombreuses; Hyménoptères, ceux (|ui ont des ailes membraneuses ; et Diptères, ceux qui ii’ont que deux ailes. A ces ordres, Linné ajoutait celui des Aptères, dans lequel il faisait rentrer, avec les véritables Insecles privés d’ailes, tous les Articulés (jui sont également (léj)ourvusde ces organes, et dont on a formé depuis les classes des Myriapodes, des Araclinides et des (iruslacés.
A la lin du siècle dernier, Fabricius, lu’ofesseur à Kiel, eut recours pour classer les Insectes aux caractères fournis par la conformation de la bouche. Il étaljlil ainsi des groupes ([ui, pour la plupart, correspondent aux ordres iinnéens, mais il leur appliqua des dénomiualions (|ui u’ont pas prévalu. Parmi ces groupes, il en est un, celui des IHonata, (jui renferme des Insectes appartenant aux Coléoptères de Linné et caractérisés par le développement du lobe externe des mâchoires, en forme de casque ou Galea. De son côté, Olivier créait en i71)0, pour ces mêmes Insectes, un ordre particulier el leur donnait le nom {V()rUioplè)‘es (jui leur est resté.
Depuis, d(' nouvelles subdivisions ont été proposées, el certains entomologistes ont élevé au rang d’ordres quelques groupes secondaires (jue l’on s’accorde plus généralement à rattacher aux grands
INSECTES — DII'TEKES.
ItKSCUIl'TlVK.]
Til
ordres linnéciis. D’autre part, ou a reconnu (pie les Aptères reiiteiniaienl des formes qui, par la disposilioii des organes buccaux; et (pielqiies autres caractères, se rap|)rociiaieiit de certains groupe^ ailés auxquels ou les a réunis. Eu effet, l’absence des ailes ne constitue qu’un caractère sans valeur au point de vue taxioiiomi([ue, puisque ces organes maïupient parfois chez la femelle, tandis que le mâle en est pourvu, comme on te voit chez le Ver luisant par exemple. Cet ordre a donc été abandonné. En définitive, la classification des Insectes, ainsi comprise, peut se résumer dans le tableau suivant :
Cl \
Léclieiirs. Quatre aites membraneuses transparentes... lJij)néno]>lères.
; Quatre ailes, les sup(3rieures en Corme d’ély- ]
très, les inCérieures pliées transversale- [ Coléopleres.
,, , ment j
llroyeurs. \ ...... j
Quatre ailes, les supérieures parcheminées, i ,
, . . .. î ürdiopleres
les inteneures phees en éventail t
Quatre ailes membraneuses et réticulées. .. . Névropléres.
! recouvertes (l’écailles colorées. Lépidoplèreit.
I Quatre ailes < les supérieures souvent en \
I Corme de dcim-élytrcs, les in- J Hémiptères. Siuccurs. } \ Cérieurcs membraneuses )
Deux ailes : les inCérieures transCormées en ,
, , . Dipleres.
balanciers S ‘
ont) UE l. — DIPTÈRES.
Les Diptères, comme l’indiipie leur nom (de deux, tttîpov, aile), [lossèdent seulement deux ailes : ce sont les antérieures, d’apparence membraneuse, tandis que les postérieures u’exisleiit , qu’à l’étal rudimentaire et sont représentées par les balanciers. Souvent ceux-ci sont munis à leur base de deux petites écailles, concaves en dessous et convexes en dessus, (pi’on nomme caillerons ou ailerons. La tête est petite, arrondie et unie au thorax par un pédoncule court et grêle; elle porte des yeux à facettes de grande (limension et en général trois ocelles. La forme des antennes varie : tantôt elles sont courtes et terminées par une pointe séliforme ; tantôt elles sont longues, filiformes, (jueb[uefois plumeuses. Ce caractère a été utilisé dans la classification.
Les pièces de la bouche forment un suçoir, d’où le nom de Antliata donné par Eabricius à ces Insectes (de àvT/r/, canal).
378 ANNELÉS OU KNTOMOZOAIUES. - AHT1II10P0I)P:S. [zoologie
D’ordinaire, en elï‘et,la lèvre inférieure constitue une trompe renfermant des soies cornées ou stylets qui représentent les mandibules et les mâchoires ; parfois cette trompe est molle et terminée par deux lèvres charnues, comme on le voit dans les Mouches. Le tube digestif est pourvu d’un estomac suceur longuement pédonculé.
Les anneaux du thorax sont soudés, excepté chez les Duces; on y remarque au voisinage des ailes deux pièces latérales nommées épaulettes. Les pattes sont généralement longues, grêles et munies à leur extrémité de manchons ou pelotes qui permettent à ces animaux de se fixer sur les corps les plus lisses, d’adhérer aux surfaces les mieux polies. L’abdomen est souvent pédiculé et ordinairement les derniers anneaux constituent nn pondoirou oviscapte rétractile.
Les Diptères subissent des métamorphoses complètes. Leurs larves sont dépourvues de pattes; beaucoup d’entre elles vivent en parasites ou sur des corps en putréfaction (asticots) ; ({uelques-unes sont aquatiques. La plupart se transforment en pupes, et restent enveloppées dans leur dernière peau ; il en est qui, sous forme de nymphes, sont mobiles, et nagent librement dans l’eau, par exemple celles des Cousins.
On divise les Diptères en quatre groupes ou sous-ordres : Aphamptèresow Puces, PupipareSy Chétocères e\ Asémocèves.