‹ Elements de zoologieChapitre 134 sur 312 · Itrachycèrcs · texte numérisé non relu

Itrachycèrcs

Les Lracbycôres (de court; xc'oa; , corne), nommés

aussi Cliétocères (xMac(ioart), sont caractérisés par la forme de leurs antennes courtes, composées de trois articles et terminées par une soie grêle. Le type de ce grou})e nous est fourni par les Moucbes. Le corps est large, épais ; la tête grosse, avec des yeux très développés. La bouche en forme de trompe renferme un nombre variable de soies, deux, quatre ou six ; aussi xMacquart a-t-il divisé ces Insectes en IJichœtes, Tétracliœtes ci llexachœtes.

Les ailes ne manquent jamais; elles sontovalaires et recouvrantes. Les larves vivent dans la terre ou dans l’eau ; le plus souvent dans des matières en décomposition ; parfois elles sont parasites ; ou leur donne vulgairement le nom d'asticots.

Les Bracliycères se divisent en plusieurs familles, parmi lesquelles nous mentionnerons les Muscidés, les Æstridés, les Syrpltidés,

les Asilidés et les Tabariidés, comme les plus importantes.

Les Muscidés ou Moucbes proprement dites renferment de nombreuses espèces dont la j)lus connue est la Moucbe domestique (Musca dowcstica), commune (bins l’intérieur des maisons, et dont les larves vivent dans le fumier.

La Moucbe à viande ou Moucbe bleue {Caliiphora vomitoria) (fig. 3U3), la Moucbe vei-te {LucaIiü cœsar), la Moucbe vivipare {SarcopJiaga carnaria) se développent dans les chairs en putréfaction, et leurs larves dévorent les cadavres. Elles [)ullulent au point (pie « Linné a pu dire sans trop d’hyperbole (jue trois Moucbes consomment le cadavre d’un Cbeval aussi vite (}ue le fait un Lion » (Mac(juart).

lies larves de ces Moucbes peuveid parfois se rencontrer accidentellement sur l’homme, dans des plaies ou dans certaines cavités naturelles, comme la bouche, les narines, et de nombreux faits de ce genre sont relatés dans les ouvrages spéciaux. On a même donné

Eig. 393. — Caliiphora vomiloria.

INSECTES. — Dll'TÈKES.

DESCRIPTIVE

mi nom particulier, celui de mijasis, à la présence de ces larves dans le corps de rilomine ou des animaux. Une espece de la Guyane, (pie le docteur Co(]uerel a fait connaître, la Mouche liominivore (fAicr lialiomi}iivorax),d6.\}osc ses œufs dans les fosses nasales de rHonmie) et ses larves occasionnent souvent des accidents mortels (1).

Dans le centre de l’Afrique, il existe une Mouche, la Tsé-tsé {Glossina morsitans), dont la piipire, d’après les récits des voyageurs, notamment de Livingstone, est mortelle pour certains animaux domestiques ; Bœuf, Cheval, Mouton et Chien; elle serait, au contraire, sans danger pour l’IIomme, mais elle n’en crée pas moins une dilTiculté des plus sérieuses pour l’exploration de cette contrée, en attaquant les animaux qui servent au transport et à l’alimentation des voyageurs.

Les larves de certaines Mouches vivent en parasites sur d’autres Insectes, en particulier sur les chenilles des Lépidoptères qu’elles détruisent en grand nombre; ce sont les Tachinaires {Tachina larvariini, etc.) et quelques autres formes que pour ce motif l’on désigne parfois sous le nom d’Entomobies. Enhn, il y a une foule de petites Mouches dont les larves attaquent les végétaux et sont nuisibles à l’agriculture; ainsi, celle du Dacus oleœ qui dévore l’intérieur de l’olive; celle du Chlorops lineata (]ui ronge les tiges du jeune blé.

Les Œstridés sont voisins des Mouches, mais leur trompe est rudimentaire, et à l’état adulte, ils ne prennent aucune nourriture. Leurs larves vivent en parasites sur différents Mammifères, soit dans l’épaisseur des téguments,

soit dans le tube digestif, soit ric. 39d.

dans certaines cavités naturelles, comme les fosses nasales, ce qui a fait diviser parfois ces animaux en Cuticoles,

Gastricoles et Cavicoles.

Les Ilypodermes {Ihjpoderma bovis, etc...) déposent leurs ceufs sur divers Buminants, et leurs larves en pénétrant dans le tissu cellulaire sous-cntané

y déterminent des tumeurs où elles se développent. Il existe dans l’Amérique du Sud, une espèce (Cuterebra ou Dermalobiü noxialis) (hg. 31M-395) qui accidentellement attaipie rilomme, et les habitants du pays sont souvent alTectés de tumeurs provo(|uées

1) Coqucrcl, Notes sur les larves... (Ann. Soc. enlom. de France, 3® série, l. VI, 1858, p. 171),

l'To. 39i.

9 c/vm A- ûjj aW i/i^K

Fig. 391, 395.— Cuterebra noxialis cl sa larve (d’après J. Goudot).

'm ANNELÉS OU ENTOMOZOAIRËS. — ARTHROPODES. [zoologie

parla présence de ses larves, auxquelles ils donnent le nom de Vers macaques.

Les Œsl res, dont le plus commun est l’Q^stre du Cheval (Œstrus equi) (Gastrophilus) (fig. 390), appartiennent à la catégorie des Gastricolos. La femelle dépose sur le corps de ces animaux, aux endroits ({u’ils ont l’habitude de lécher, des œufs qui adhèrent aux poils. De ces œufs sortent des larves que le Cheval, en se léchant, introduit dans son tube digestif ; là ces larves se fixent à la mu-

Fig. 390. — Gastrophilus equi. — a, insecte parfait; b, œuf attaclié à un poil; c, larve; d, la même dans une première phase de développement; e, nymphe.

queuse stomacale au moyen de leurs mandibules en forme de crochets; de plus les anneaux de leur corps sont garnis de pointes aiguës (|ui servent aussi à les retenir. Elles subissent plusieurs mues, puis, à uu moment donné, elles se détachent et sont entraînées au dehors avec les excréments. Elles se changent alors en pupes et subissent leur dernière transformation.

La Céphalémyie du Mouton {Cephalemyia ovis) vit à l’état de larve dans les cornets olfactifs et les sinus frontaux des Moutons; c’est donc un Œslridé cavicole; les œufs sont pondus par la femelle dans les narines de ces animaux.

Les Syrphidés comprennent un grand nombre d’espèces aux couleurs variées, dont la jiériode larvaire se passe dans des conditions d’existence très diverses. Ouelques-unes de ces larves sont aquatiques; par exemple, celles de l’Eristale qu’on trouve dans les mares peu profondes, et dont le corps se termine par un long tulie respiratoire. A cette famille appartiennent les Volucelles, qui déposent leurs œufs dans les nids de certains Hyménoptères, tels que les Bourdons, les Guêpes, auquels elles ressemblent par leur coloration ; leurs larves dévorent celles de ces Insectes.

DESCKii-rivE.] INSECTES. - DIPTÈUES. 383

Les Asilidés sont d’assez grande taille, pourvus d’uii suçoir a (juatre soies (Tétrachœles, de Macqiiart) et géiiéraleiueut carnassiers. L’une des espèces les plus communes dans nos pays est l’Asile crabronilbrme {Asilus crabroniformis). Il lait sa proie d’autres Insectes dont il suce le sang, mais parfois il pique les gros animaux et l’homme lui-même.

Les Tauanidés renferment les pins gros et les plus robustes des Diptères. Ils ont un suçoir armé de six soies chez la femelle, de quatre seulement chez le mâle (Ilexacliœtes de Macquart.) Ils volent en bourdonnant et tourmen-* tent les ({uadrupèdes, comme les Bœufs, les Chevaux, qu’ils piquent jusqu’au sang. Le Taon des Bœufs (Tabanus bovinus) (fig. 397) est connu de tout le monde. Les larves vermiformes vivent dans la terre et paraissent se nourrir des matières végétales.

Page 1