Némocères
Les Némocères (de vŸïpia, ül, xioa;, corne) ont des antennes filiformes composées de plus de six articles, parfois plumeuses chez les mâles. Ils se distinguent en outre par leur corps frêle et délicat, par leui’s pattes longues et grêles. Ils se partagent en deux grandes l'amilles : les Culicidés et les Tipulidés.
Les Culicidés ont pour type le Cousin {Ciilexpipiens) (\ui abonde dans les endroils marécageux, et dont chacun connaît l’avidité poulie sang de l’homme ainsi que l’insupportable bourdonnement. C’est aux femelles que sont dues les piqûres douloureuses causées par ces Insectes; leur armature buccale (fig. 399) se compose de cinq stylets représentant le labre, les mandibules et les mâchoires, renfermés dans une gaine lormée par la lèvre inférieure. Le mécanisme de la piqûre a été observé par Béaumur qui le décrit ainsi : « Après que le Cousin s’est posé sur le lieu oû il doit piquer, on voit qu’il fait sortir du bout libre de sa trompe une pointe très tine; ([ii’il tâte successivement la peau en quatre ou cinq endroits avec le bout de cette pointe, probablement afin de choisir le lieu oû se trouve un vaisseau dans lequel lesangpuisse êtrepuiséà souhait. Quandil afait son choix, on en est averti par la petite douleur que la piqûre cause sur-le-champ. La pointe de l’aiguillon composé s’introduit dans la peau ; elle y pénètre. L’étui quoique solide a une sorte de flexibilité, il
Fio. 3J7. — Tabanus bovinus.
Taon des Bceufs.
AMNEI.KS OU KNTüMOZOAinuS. — AUTllUOUODES.
[ZOOLOGIK
se courbe à mesure que l’aiguillou pénètre dans les chairs, il devient d abord un arc dont raiguülon ou les ciu(| blets réunis forment la corde. L extrémité libre et rcullée resie toujours sur le bord du Irou pour maintenir etemj)ècher de vaciller cet instrumentdélicat et si laible. C’est par un expédient semblable que les ouvriers, lorsqu’ils ont a percer de trèspelitstrous dans des corps ti*ès durs, savent
Fia. 308.
Fia. 390.
Fio. 398. — A, Cousin, ol l>, sa larve.
Fia. 399. — Appareil luiocal <ln Coii.«in. — A, Iroinpo: a, lèvre intérieure servant de gaine;
b, niàclioii es et inandilniles, en forme de soie', lainnies ensemble; c, levre supérieure formant une ciufiiiiènie sine; dd, yeux; e, tète; f f, palpes maxillaires; B, soies i'Olèes : a, une dos deux soies dimtées en scie; b, une des deux soies terminées par une lancette;
c, lèvre supèneure.
maintenir la pointe déliée du foret. Au fur et à mesure que raiguilloujiéuctre, l’étui se courbe de plus en plus; il s’y fait même nu angle d’abord obtus, (pii le devient de moins en moins et qui finit par se plier tout à fait en deux sur sa longueur, quand la lôte du Cousin est prête à toucher la peau (1). »
Les femelles déposent à la surface des eaux leurs œufs agglutinés les uns aux autres et formant une sorte de petitradeau. De ces œufs, sortent des larves aipiaticpies, pourvues à leur extrémité abdominale d’une couronne de cils nalaleurs, et d’iiii tube respiratoire jiorté par l’av.aiit-dernier aiiueau (bg.d08, IL). Ces larves subissent plusieurs mues, puis se trausformeut en nympbes doiil rabdomeii se termine par deux lamelles (pii coiistilutent des organes de nalalion, et dont le thorax élargi cl gonllé d’air porle deux tubes qui servent ;i la respiration. Ouaud vient le moment de l’apparition de rinsecte parfait, la nymphe botte à la surface de l’eau, sa peau se fend dans la région dorsale exposée à l’air et forme une esjièce de nacelle, d’où se dégage le Cousin, qui, au bout d’iiu instant, peut déployer ses
(I) Uéaumur, }fémoires..., I. IV, p. 030.
INSKCTES. — IIÉMIETEUES.
descriptive. 1
ailes el prendre son vol ; mais si eu ce moment le vent souffle un peu trop fort, l’embarcatiou chavire et le Cousin péril dans le naufrage.
On appelle Maringoxiins, Mousiiquexi, des espèces de Cousins qui, dans certaines contrées, constituent un véritable fléau souvent décrit dans les récits des voyageurs.
Les Tipulidés ont en général beaucoup de ressemblance avec les Cousins, mais leur trompe est trop faible pour qu’ils puissent piquer les animaux, et ils se nourrissent de sucs végétaux. Leurs larves ont des habitats très différents. Les unes sont aquatiques, les autres terrestres; il y en a qui vivent dans des champignons, d’autres dans des galles ; aussi a-t-on divisé ces Insectes en plusieurs groupes, sous les noms de Caliciformes, Terricoles, Fungicoles et Gallicoles. C’est aux Gallicoles qu’appartiennent les Cécidomyies qui ont la faculté de se reproduire à l’état larvaire {Miastor). Plusieurs espèces attaquent les céréales; l’une d’elles {Cecidomyia destructor) ravage les blés aux Etats-Unis, où elle a reçu le nom de Mouche de Hesse.
Il est quelques Tipulidés assez semblables à des Mouches, et que pour ce motif on appelle xnuscif ormes. Un de leurs genres, le G. Siniulia, fait exception parmi les Tipulidés en ce que les femelles ont, comme celles des Cousins, l’habitude de piquer les animaux pour sucer leur sang.