‹ Elements de zoologieChapitre 14 sur 312 · ANIMAL · texte numérisé non relu

ANIMAL

Absence de la clilorophylle.

Prédominance de la désassimilation sur l’assimilation.

Absorption d’oxygène.

Élimination d’eau, d’acide carbonique et d’ammoniaque (urée).

Dégagement intense de forces vives (mouvement, chaleur, innervation).

Transformation de forces de tension en forces vives.

Locomotion volontaire.

Sensibilité.

Organisation plus complexe.

Tendance à l’individualisation.

Accroissement s’arrêtant à un moment donné.

Variabilité plus fail)le.

Subdivision de réhide des animaux. — Nous venons de définir autant qu’il est possible de le faire ce qu’on entend par animal et

(1) Voy. llaeckcl, Generelle Morphologie der Organismen, t. I, p. 191, et Histoire de la création, trad. par Létourneau, p. 371.

(•2) Beaunis, Nouveaux éléments de phgsiologie humaine, Paris 1881, p. 25.

(3) L’animal, sauf le cas où il est représenté par une seule cellule, n’est autre chose qu’une réunion, une société d’organismes élémentaires; seulement la solidarité plus ou moins grande qui lie ces organismes de façon à rendre la vie de chacun d’eux ou d’un groupe particulier, dépendante de la vie sociale dans son ensemble, et qui fait de la société un tout complet physiologiquement et morphologiquement, constitue ce qu’ou appelle l’individualité. On donne le nom de Polgzoisme à la réunion en colonies d’un certain nombre d’individus.

INTRODUCTION

nous avons ainsi marqué les limites du domaine que la Zoologie a le droit de revendiquer. Ce domaine est immense, car on sait combien sont nombreuses et variées les lormes qui appartiennent a ranimalité; mais l’étude même de ces rormes pour être comi)léte doit être laite à des points de vue divers, lesipiels constituent autant de brandies ditlérentes de la Zoologie. Parmi ces branches, il en est dont rimportance est telle qu’elles Ibrment aujourd’bui des sciences distinctes et en (piebjne sorte indépendantes. A mesure, en eiïet, que ce champ si vaste a été mien.v connu, mieux exploré, il a fallu lesubdiviser pour rendre })lus faciles et pluslécondes les recherches des travailleurs.

La description des animaux a dû tout d abord fixer 1 attention de ceux qui se sont occupés de leur étude; la connaissance de leurs formes extérieures, l’histoire de leurs habitudes, de leurs mœurs .. ont fait l’objet de la Zoologie descrtplire. Cette branche de la science est regardée par le vulgaire comme la Zoologie tout entière, mais elle ne correspond en réalité qn’à un des points de vue qu’elle comporte.

Le nombre des formes animales étant considérable, il a lalln dès le principe les ranger suivant un ordre déterminé qui permît de les reconnaître en simplifiant pour l’esprit la connaissance des innombrables détails dont se compose l’bistoire de chacune d’elles; c’est là le but des classifications, et la partie de la Zoologie (jui leur est consacrée porte le nom de Zoologie systématique ou taxionomique . Elle se confond le plus souvent avec la précédente dont elle n’est que l’exposé méthodique.

L’élude qui s’occupe de la conformation du corps des animaux et des parties qui le constituent est appelée Anatomie zoologique on Zootomie, et lorsqu’elle compare entre eux les faits observés pour en déduire les rapports qui unissent les formes diverses d’un même organe, on la nomme Analomie comparée. On donne pins spécialement le nom D’Anatomie philosophique à l’exiiosé des lois qui régissent les faits morphologiques et qui découlent de la comparaison de ces faits ; on voit donc que cette anatomie est l’ex})ression la plus élevée des résultats fournis par l’xVnatomie comparée, et })ar conséquent ne doit pas être séparée de celle-ci, comme on le fait généralement.

Mais l’Anatomie comprend encore d’autres subdivisions : ainsi, V Anatomie générale, fondée par l’illustre |jicbat,qui s’occupe de la recherche des parties similaires entrant dans la composition des dilférenls organes; V ILislologie, branche elle-même de l’Anatomie générale-, et qui a pour objet la connaissance des éléments anatomiques formant par leur réunion les divers tissus orgàniijues.

lu

INTRODUCTION

La science ne se borne pas à ctndier les animaux qui sont coinplèlenienl formés ; elle les suit dans les diverses phases de leur évolulion. La recherche des transformations successives que préseulent les oi’ganismes en voie de dévelojipement fait l’ohjet de y Embrjjologie. Ouehjuelbis des causes, le plus souvent inconnues, inlerviennent au cours de ce développement pour en modifier ta marche, et il en résulte des déviations du type normal qui conslituenl ce qu’on appelle des vices de conformation ou des monstruosités. L’observation de ces faits anormaux est d’un grand secours pour la connaissance des lois qui régissent la formation des organismes ; de là riutérêt qui s’attache à cette hranche de l’Anatomie (|ue l’on désigne sons le nom de Tératologie et qui est née des travaux d’Et. GeolTroy Saint-llilaire.

La Zoologie étend ses recherches non seulement aux animaux <pii vivent actuellement, mais encore à ceux qui, vivantà des époques antérieures, ont au jourd’hui disparu de la surface delà terre et dont l’existence est révélée par les débris qui sont restés enfouis dans les couches géologiques. La reconstruction de ces formes éteintes, au moyen des vestiges qui en ont été conservés, constitue l’un des plus beaux litres de gloire de Cuvier et fait l’objet de cette partie spéciale delà science (ju’on appelle la Paléontologie, partie dont les applications à la Géologie sont si importantes par les données (pi’elle fournit sur l’àge relatif des terrains de sédiment. De plus, l’étude de ces animaux fossiles se relie étroitement à celle des animaux existants, car on peut les regarder comme représentant la série des transformations par lesquelles sont passées les es[)èces actuelles depuis que la vie est apparue sur notre globe. Envisagée de cette laçon, la Paléontologie peut être définie ; l'iiistoire du développement des espèces d’animaux (IMiylogénie de Ilaeckel) et prend place à côté de l’Embryologie qui n’est autre chose ([ue l’histoire du déveiojipement des animaux en tant qu’individus .

Les parties de la Zoologie que nous venons d’indiquer sont consacrées à l’élude des animaux considérés au point de vue statique. Elles constituent par leui* eusemhle cette partie de la science qui se propose la connaissance des Eormes ou la Morphologie ; mais ce n’est là qu’une moitié de l’histoire des animaux (pii, pour être complète, doit comprendre aussi leur élude au point de vue dgnain ique, et celle-ci, qui ii’est pas moins importante que la première, porte le nom de Physiologie. Elle peut êire divisée en deux hrauches pidncipales : l’uue qu’on a appelée Physiologie de conservation et à laquelle appartiennent tous les phénomènes de nutrition ipii ont pour effet soit la conservation de l’individu, soit la conservation de l’espèce (Physiologie de la reproduction). Ces fonctions de nutrition

INTRODUCTION

étant roimmmes à la fois aux animaux et aux végétaux sont désignées aussi sous le nom de Fonctions de la vie végétative ou organique (Bicliat) (1). L’autre branche de la physiologie s’occupe des rajjports des organismes vivants avec le monde extérieur et par consé(iuent des fonctions dites de relation (sensibilité, motricité), qui, regardées comme l’attribut exclusif des animaux, constituent la r/c animale de Bicliât: c’est la Physiologie de relation. L’histoire des mœurs, des instincts des animaux fait partie de cette branche de la physiologie, bien (|iie dans le plus grand nombre des ouvrages elle soit ti-aitée concurremment avec leur description, formant ainsi ce qu’on entend vulgairement par Histoire naturelle des animaux.

Les fonctions sont loin de s’accomplir de la môme manière chez les différents animaux ; elles présentent au contraire d’infinies variétés et leur étude pour une espèce en particulier donne lieu à une Physiologie spéciale, comme la IMiysiologie de l’IIomme, par exemple; mais la connaissance des manifestations de l'activité vitale poursuivie dans ce ({u’elles ont d’essentiel et de commun malgré leurs modalités phénoménales si diverses, constitue la Physiologie générale. Or, comme tout corps vivant n’est, en définitive, qu’un assemblage de cellules qui diversement modifiées forment les élé ^ ments anatomiques des tissus, c’est dans les propriétés de ces éléments qu’il faut rechercher la raison d’être des phénomènes vitaux. Aussi, Claude Bernard définit-il la Physiologie générale : « Uétude des propriétés des éléments anatomiques, de leurs manifestations isolées et des manifestations complexes qui naissent de leur arrangement en organismes plus ou moins élevés (:2). »

Nous venons d’énumérer les diverses branches dont se compose la Zoologie considérée comme rensemhle des connaissances qui ont pour objet la vie animale sous tontes ses formes et dans toutes ses manifestations dilférentes. Il nous reste à indiquer quel([ues dénominations qui répondent à des points de vue particuliers. C’est ainsi (jiie certaines d’entre elles s’appliquent à l’étude spéciale de tel ou tel groupe : V Anthropologie, quand il s’agit de l’Homme; la Mammalogie, quand il s’agit des Mammifères; VOrnithologie, quand il s’agit des Oiseaux, etc. D’autres sont tirées du but prati(jue ((u’on se propose dans l’étude des animaux; elles ont trait aux applications de la Zoologie; ainsi, \q. Zootechnie, qui est la science de l’exploitation des animaux domestiques; la Zoologie inédicale, qui fait connaître les ressources (pie la médecine tire de la connaissance des animaux.

(t) Bicliat, lieclierclies physiol . sur la vie el la morl, édit. Cerise, p. 2.

(2) Claude Bernard, Cours de jyJiijsiol. (jén. {Revue sc., 2® série, 5® année, p. 448). Voy. aussi CI. Bernard, De la physiologie générale, p. 193 et 323.

INTRODUCTION

On voit par l’exposé qui précède combien est immense l’éteiulne (In domaine zoolog'i(pie, et l’on comprend la nécessité des subdivisions (|ni y ont été introduites, cliacnne d’elles correspondant à une science en quebjiie sorte particulière. Quels sont donc les points de ce vaste champ (jiie nous devons parcourir dans ces Êlénients de Zoologie? Dans quelles limites devrons-nous nous renfermer pour répondre au titre de l’ouvrage? Nous appartient-il d’exposer les principes de ces deux divisions primordiales de la Zoologie que nous avons indiquées, la Morphologie et la Physiologie? Nous ne l’avons pas pensé. Ces diverses branches de la science des animaux. Anatomie, Embryologie, etc., ont trop d’importance pour qu’elles puissent utilement se résumer dans quelques pages. Pienvoyant donc le lecteur aux ouvrages spéciaux qui leur ont été consacrés, nous nous bornerons à mettre à profit les lumières qu’elles fournissent à cette partie de la science qu’on est convenu de considérer comme la Zoologie proprement dite et qui a pour objet la classitication méthodique des animaux d’après les caractères de leur organisation. Nous verrons plus loin quel sens on doit attacher à cette classification et comment on peut la regarder comme l’expression abrégée de nos connaissances sur les différentes formes animales; mais nous croyons d’abord nécessaire d’exposer quelques notions générales relatives au mode de constitution et de développement des organismes. Ces notions préliminaires indispensables feront le sujet de notre première partie intitulée : Zoologie générale. La seconde partie sera consacrée à l’étude successive des divers groupes entre lesquels on a partagé le règne animal, c’est-à-dire à la Zoologie taxionomigue.

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