I. — TIIÉOniE CELLULAIRE
11 esl aujourd’hui démonlré, grâce aux travaux des liistologisles, ([ue les organismes animaux comme les organismes végétaux ont pour élément primordial constitutif une petite masse de substance homogène alhumineuse que Dujardin appelait Savcode et qu’on désigne ordinairement sous le nom de Protoplasma. C’est sous l’aspect
Fig. 1. — Datliybhis Ilaeckdii.
Fig. 2. — Monère. — Protamœba .
de petites niasses de substance amorphe, comme dans le Bathybius Haeckelii (fig. 1), ou sous forme de globules protoplasmatiques que se présentent les organismes à leur plus grand état de simplicité; telles sont les Monères dont l’hisloire a été faite par Ilaeckel(l) et
(1) llaeckcl, Studien über Moneren und andcre Protisten, Leipzig, 1870.
C0?sSTITUT10N DES A>!IMAUX.
[ZOOLOGIK
dont l’une est représentée par la figure Ür, les organismes les j)lns coinpli(inés sont Ibrinés jnir la réunion fie ces élémenls modifiés (fi associés fie diverses manières.
Le petit corps qui consisle en une masse homogène de protoplasma représente le degré le pins simple de l’élément }»rimordial; autour de ce petit corps peut apparaître })ar une modification de sa couche superficielle une enveloppe de consistance plus grande et formant ainsi une membrane protectrice, llaeckel a donné le nom d(> (Jylodes ii ces deux formes de l’élément primitif: il a appelé la première Gymnocytode et la seconde Lépocytode; celle-ci est spécialement végétale. Lorsque les éléments laissent voir au sein du protoplasma un corps dilîérencié circonscrit, le nucléus ou noyau, il les nomme Cellules et il distingue les cellules nues sans enveloppe {Gyumocyta) des cellules pourvues d’une membrane (Lepocyta). Enfin, il réunit ces diverses formes des éléments constitutifs sous la dénomination commune de Plastides (1).
Dans le langage courant on emploie le mot cellule pour désigner d’une manière générale l’élément primordial dont se composent les organismes, car la forme sous laquelle on a d’abord connu cet élément était celle d’une cavité limitée par une paroi et renfermant un contenu, d’oii le nom de cellule qui lui fut donné par de Michel en 1808. De là vient qiics circonscrivant les va- que la tliéorie i)réparée par les travaux de
à l’utricuie primordiale. Turpiu, de Dutrocliet et définitivement fondét*
par Sclileitlen et Scbwann, théorie d'après laquelle tout organisme est une collectivité qui résulte de runion de ces éléments, a été nommée Théorie cellulaire. i\lais les cellules, quoique groupées et associées pour constituer les organismes, n’en conservent pas moins dans une certaine mesure leur autonomie et leur activité propre; ce sont donc en réalité des organismes élémentaires, suivant l’expression de Brücke, et les êtres formés par leur assemblage représentent des sociétés dont les manifestations vitales ne sont autre chose (|ue la résultante de la vie individuelle de chacun des éléments constituants (:2).
Tout être vivant, quel que soit le degré de complexité auquel il doive atteindre, se développe j)ar multiplication et par ditTérenciation
Fig. 3. — Cellule végétale. — up, ulriculc primordiale; ?i, nucléus; ch, clilorophylle ; Ip, trabécules prôtoplasmi-
(t) Voy. liacckcl, Théorie des Plaslules. {Generelle Morphologie der Organismen, t. I, p. et llisloire de la créalion, cd. française, p. 306).
C2) Voy. Claude Bernard, I(ev. scient., 2“ série, 5® année, p. 150.