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llomoptères

Les llomoptères (de ôy.ôç, semblable) ont en général les ailes supérieures membraneuses et semblables aux ailes inférieures; ([uelquefois cependant elles sont coriaces, mais elles ne présentent jamais la forme de demi-élytres. Le bec naît de la partie inférieure de la tète. Les femelles sont ordinairement munies d’un oviscapte, à l’aide duquel elles entaillent les végétaux, pour y déposer leurs œufs; souvent elles sont aptères.

Trois grandes familles principales composent ce groupe : les Coccidés, les Aphididés et les Cicadidés.

Les CocciDÉs ou Cochenilles ont des femelles aptères qui, au moment de la ponte, se fixent sur les végétaux en y enfonçant leur rostre, elles sont alors immobiles et déposent au-dessous d’elles leurs œufs que leur corps, en se desséchant, recouvre ensuite d’une sorte de coque protectrice. Dans cet état, elles ont l’aspect de petites galles, d’où le nom de Gallinsectes qui leur a été donné par Réaumur, et, après lui, par d’autres entomologistes. Les mâles, plus petits que les femelles, acquièrent des ailes, et, par exception à ce

ANNELÉS OU ENTOMOZOAI UES. — AUTIIP^OPODES. Izoologie

qui se passe chez les autres néiuiplères, suhisseut une uiélainor-

phose complète; leurs larves s’entourent d’un cocon et se transforment en pupes; les adultes n’ont qu’un bec rudimentaire et ne prennent pas de nourriture.

Certaines espèces présentent un intérêt particulier, à cause des

en Algérie. C’est d’elle qu’on tire la magnifique couleur rouge, connue sous le nom de carmin.

et de quelques autres arbres des Indes, à la suite des piqûres que font les femelles du Coccus lacca.

Il y a un grand noml)re d’espèces de cette famille qui sont nui-

par exemple, celles (jui vivent sur les pêchers {Cher mes persicw)\ les poiriers {Ch. pyri)‘, les orangers {Ch . Ifesperidam)', les figuiers {Ch. Cciricæ) (fig. 410); les oliviers {Ch. okae), etc....

Le Kermès, animal employé pour la teinture rouge qu’il fournit, et qui entre dans certaines préparations pharmaceutiques, est une espèce qui se trouve, dans le midi de l’Europe, sur le chêne vert {Quercus iVicis).

Les Apuiüidés ou Pucerons se nourrissent du suc des végétaux sur lesquels ils vivent; ils sont remarquables par leur polymorpbismeetleur reproduction pafthénogéiiélique. On sait que c’est sur une de leurs espèces, le Puceron du plantain, (pie Ponnet constata pour la première fois ce mode de génération (voy. p. 7:2). Les

montrent en automne, en même temps que les males qui sont ailés.

matières colorantes qu’elles fournissent à rinduslrie. Ainsi, la Cochenille ordinaire se compose de petits grains d’un brun rougeâtre, i(ui ne sont autre chose que les corps des femelles desséchés du Coccus cac-

Fig. 408. — Cochenille. (Coccus cacti) (nuMe). Fig. 400. — Cochenille (femelle).

ti (fig. 408, 409), originaire du Mexique où il vit sur divers Opuntias. Cette Cochenille a été importée dans différents pays , aux Antilles, en Espagne,

DESCRIPTIVE. 1 INSECTES. — HEiMIl‘TÉKES.

Les œufs pondus par elles traversent l’iiiver, éclosent an printemps, et donnent naissance à des individus vivipares qui se reproduisent parlhénogénétiqnement iiendant tout l’été, et qui ditïèrent par leurs caractères des femelles sexuées ovipares. Chez certaines espèces, ces phénomènes se compliquent de diverses manières, et le nombre

des formes qui se succèdent dans nn cycle évolutif devient parfois plus considérable. C’est ce qui a lien chez les Phylloxéras dont l’histoire est aujourd’hui connue, grâce surtout aux travaux de Balhiani.

L’espèce qui ravage nos vignobles, et que nous donnerons comme exemple, à cause ne l’intérêt spécial qu’elle présente, \g Phylloxéra

ANNELÉS OU ENTOMOZOAÎRES. — ARTHUOPOUES.

vastatrix (fig. il 1), fut observée pour la première fois, en 18G8, par IMancliou, de Montpellier.

Pendant toute la belle saison, des individus aptères vivent en nombre iinmense sur les racines des vignes malades qu’ils épuisent; ce sont des femelles agames qui, au lieu d’être vivipares, comme dans le cas précédent, sont ovipares. Les œufs qu’elles pondent éclosent au bout de quelques jours, en donnant naissance à des larves qui subissent plusieurs mues. Environ huit générations se succèdent ainsi pendant l’été, par voie de parthénogénèse. Quand

Fig. ill. — Phylloxéra vastatrix. — 1, œuf de femelle agame ; 2, larve; 3, femelle agame, aptère, vue en dessous; 4, femelle agame, aptère, vue en dessus; 5, nymphe avec des rudiments d’ailes; G, femelle ailée; 7, œuf mâle; 8, œuf femelle; 9, individu sexué mâle; 10, individu sexué femelle.

arrivent les froids, les mères meurent, mais les larves en grand nombre hivernent sur les racines; au printemps suivant, elles reprennent une vie active, et se transforment en mères pondeuses, (^es femelles aptères et sédentaires ne sont pas les seules qu’on observe; il y en a d’autres, agames comme les premières, mais ailées, et pouvant se transporter à de grandes distances; c’est par elles que l’espèce se propage au loin. Elles proviennent de larves qui, à la troisième mue, se jirésentent sous forme de nyirqdies portant des fourreaux d’ailes, et deviennent ailées à la quatrième. Ces femelles migratrices déposent des œufs, en petit nombre, sur les bourgeons et les jeunes feuilles des vignes où elles se sont abattues. Ces œufs sont de deux sortes, et dilîèrent par la grosseur; ils donnent à l’éclosion des individus aptères, mais sexués; les plus

IlNSECTKS. — llÉMII'TEnES.

t)ESCim>TIVE.|

gros produisent des lemelles, et les autres des mâles. Sous cette Ibrme sexuée, les Phylloxéras sont uniquement voués à leur rôle de reproilucteurs; ils ont un rostre rudimentaire et ne prennent aucune nourriture. La femelle fécondée pond un œuf unique et ne tarde pas à mourir. Cet œuf fixé sur le cep par un petit pédicelle passe ainsi la mauvaise saison, d’où le nom d’œuf dliiver qui lui a été donné. Au printemps, il éclôt et il en sort un individu aptère, qui produit par agamie des descendants dont les uns se fixent sous les feuilles de vigne, où leur présence développe des galles, tandis que les autres émigrent sur les racines, où ils renouvellent les colonies souterraines. On comprend par ce qui précède l’importance qu i! y aurait à détruire l’œuf d’hiver, puisque c’est là le point de départ des générations qui vivent sur les racines, et qui disparaîtraient nécessairement, si l’on pouvait rompre ainsi le cycle biologique qui assure la perpétuité de l’espèce.

Le nombre des Pucerons est considérable, et il n’est guère de végétaux qui n’en nourrissent une ou plusieurs espèces. Beaucoup d’entre eux, comme le Puceron du rosier (Aphis rosæ), ontl’abdomen muni de deux longs tubes, qui laissent suinter un liquide sucré dont les Fourmis se montrent très avides.

Les CiCADiDÉs (Cicadaires de Latreille) ont pour type la Cigale qui habite les contrées méridionales, et qu’on ne rencontre pas dans le nord de l’Europe où l’on donne improprement ce nom à une Sauterelle, la grande Sauterelle verte, qui appartient à l’ordre des Orthoptères.

Les Cigales étaient célèbres dans l’antiquité, et renommées pour leur chant f|ui a donné lieu à de poétiques légendes ; les Egyptiens en faisaient le symbole de la musique, et, pourlant, ce chant aigu et strident n’a rien d’harmonieux. Il est produit seulement par les males, car les femelles sont muettes, et c’est aux heures les plus chaudes du jour qu’il se fait entendre avec le plus d’intensité.

11 a été, de la part des naturalistes, etde Béaumur en particulier, l’objet d’observations qui ont été complétées en dernier lieu par l’étude spéciale qu’en a faite Carlet (1). Voici la description que donne cet auteur de l’appareil musical de la Cigale :

«Cet appareil (fig. 414), situé à labase de l’abdomen, est entouré de deux paires d’organes protecteurs : les volets et les cavernes, he?, volets o\\ opercules sont deux écailles demi-circulaires situées sous le ventre. Les cavernes sont deux cavités latérales dont on voit l’entrée dès qu’on a soulevé les volets. Sur la paroi interne de la caverne se trouve une membrane convexe (timbale), qui est

(1) Carlet, Mémoire sur l'appareil musical de la Cigale {Annales des sciences naturelles, 6' série, t. T, 1877).

AN.NELÉS OU ENTOMOZOAIRKS. — ARTHROPODES. [zoOLOr.iE

l’organe producteur du sou. Les deux timbales forment les peaux d’uii véritable tambour dont la caisse est constituée par une énorme cavité thoraco-abdominale. Celle-ci commiinique directement avec l’extérieur par une paire de gros stigmates situés un peu eu avant

des timbales. Les parois de la caisse sont formées par le squelette

Fig. 412. — Appareil musical de la Cigale. — lcr, 1'^'^ anneau de l’abdomen; 2n, 2® anneau del’abdomen ; entogastre; ?ni, miroir; ?npC membrane plissce ; P, patte de la troisième paire; st, st' , st" , stigmates; t, timbale; v, volet droit; le gauche a été enlevé pour faire voir les parties qu’il recouvre; ap, apophyse de la membrane plissée; c, clieville de Réaumur, ou troclianlin de la troisième patte; C, caverne.

tégumeutaire, sauf à la partie ventrale, où elles sont constituées par deux jiaires de membranes délicates {membranes plissées, mi)‘oirs), que l’on découvre en enlevant les opercules. Ces membranes son! séparées par une bande ebitineuse (entogastre). La timbale est mise en mouvement par un muscle {muscle de la timbale) qui s’implante à sa face interne par un fort tendon.

» L’appareil musical de îa Cigale est, en somme, un tambour à deux peaux sèches et convexes {timbales) dont l’Insecte joue en contractant simultanément deux muscles qui vont du centre del’instrument à chacune des peaux, celles-ci revenant sur elles-mêmes par leur élaslicité ( 1 ). »

lies Cigales femelles sont pourvues d’un oviscaiite, à l’aide duquel elles })ratiquent sur les arbres des entailles où elles pondent leurs œufs. De ces œufs naissent de petiles larves ({ui descendent le long du tronc, et s’enfoncent en terre pour y sucer les racines. Elles ac({uicrent des rudiments d’ailes, et après avoir passé l’hiver dans un état d’engourdissement, reviennent au jour, remontent sur les arhres, et se dépouillent de leur peau pour compléter leur développement.

Les espèces de Cigales sont nombreuses; celles qu’on rencontre dans le midi de la France sont : la Cigale plébéienne {Cicada plebeia), sur les frênes et les oliviers; la Cigale de l’Orne {Cicada Orni) (h g. il 3).

Auprès des Cigales et formant autant de familles distinctes, se rangent : lesCicadellesou Cicadellidks; les fuLGORiDES, a la lête renflée et

(1) Carlct, Précis de Zoologie médicale j). T-S, Paris, i

INSECTES. — LEEIDOI-TÈUES.

DESCIIII'TIVE.

pliospliorcsccüle, dont la plus belle espece est le célèbre F ulgore porte- \im[on\e{Fiilgora 2

lantenuirin), qui vil il la Guyane et au Grésil ; les Memuraciués, remarquables par la bizarrerie de leurs formes et

habitant l’Améri- 1 3

que, sauf le Ceutrote cornu ou Felit-diable ( Centrotus coniutus) qui se trouve dans nos pays.

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