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ANGELES OU ENTOMOZOAIRES. — ARTHROPODES

IZOOLOGIE

a. — Plicipennes.

On leur donne aussi parfois le nom de Trichoplères (Blanchard), parce que leurs ailes portent de petits poils très fins, analogues aux écailles des Papillons, disposition qui établit un lien entre ces deux ordres d’insectes. Ils constituent la grande famille des Phrygani- DÉs qui renferme de nombreuses espèces, intéressantes par les particularités de leur genre de vie.

Les larves sont aquatiques et s’abritent dans des étuis ou fourreaux, qu’elles construisent avec divers matériaux, tels que brins

Fig. 424. — Plivyçianea gra7idis. — 1, Insecte parfait; 2, larve avec son fourreau; 3, fourreau appartenant à une autre espèce et contenant l’Insecte à l’état de nymphe; 4, son couvercle treillissé, grossi.

d’iierbe, morceaux de bois, fragments de pierre, petites cotiuilles réunies ensemble par de la soie (tig. ; c’est pourquoi Piéaumur les appelait des Teignes arjuatiqiies. En général, elles traînent avec elles leur fourreau, dont elles font sortir seulement la partie antérieure de leur corps, et dans lequel elles se renferment au moindre danger; quelques-unes demeurent ilaiis des abris fixes {IJijdropsgchés).

La respiration de ces larves se fait au moyen de branchies trachéennes, en forme de tilamenis, situées sur les segments abdominaux; chez certaines d’entre elles, rabdomen porte à. son extrémité deux tubes respiratoires. Les nymphes habitent dans les lourreaux construits par les larves, mais elles les abandonnent pour se transformer, hors de l’eau, en Insectes parfaits. Ceux-ci ressemblent par leur aspect à certains Papillons nocturnes aux couleurs grisâtres ; à

INSliCTES. — NÉVUOI'TÈRES.

DESCRll'TlVE.I

cet état, ils ne prennent ancnne noniTilure, et les pièces de la boiiclie sont rudimentaires, impropres à la mastication.

Les Pliryganes sont très répandues et se trouvent dans les lieux marécageux, au bord des eaux. Le type de ces Névroptères nous est donné par la Grande Plirygane (Phryganea grandis) (tig. P24, l).

h. — IManipenncs.

Chez ceux-ci les ailes ne se replient pas et les adultes ont les pièces de la bouche bien conformées pour la mastication. Ils se distribuent en plusieurs familles :

Les Semblidés (G. Seinblis), représentés dans nos pays par le Semblide de la boue {S. liitaria) ; les larves, au moment de la métamorphose, sortent de l’eau et se creusent dans la terre humide une loge, où elles se transforment en nymphes ;

Les Paxorpidés (G. Paiiorpa), autrefois appelés Mouches- Scorpions parce que, chez le male, l’abdomen est terminé par une sorte de pince qui présente quelque ressemblance avec l’appendice caudal des Scorpions ;

Les IlÉMÉROBiDÉs (G. Ilemerobius), ou Demoiselles terrestres, dont les larves dévorent les Pucerons auxquels elles font une chasse continuelle, ce qui les a fait nommer par Réaumur les Lions des Pucerons ;

Fig. 4:25. — Mynneleo fonnicarius. — a, insecte parfait; b, larve; c, la même, grossie

(l, cocon; c, piège en forme d’entonnoir.

Les Myrméléoxidés (G. Mynneleo) , particulièrement intéressants à cause des mœurs des larves qfii chassent les Fourmis, d’où leur nom (fxùpfxî^, fourmi ; /ewv, lion). Le Fourmilion, que tout le monde connaît, ressemble à une Libellule sons sa forme ailée

A^îsELÉS OL' ENT0310Z0A1KES. — AI'.TllUOEODES. [zoologie

(Hg. i25,«). Sa larve a une têle large munie de grosses maiidil)ules perl'orées el propres à la succion. Elle recherche les terrains sablonneux on elle se creuse nn Iron en l’ornie d’entonnoir, Pour cela, elle décrit à reculons une série de tours, dont le diamètre va graduellement en décroissant, et lance an dehors avec la tôle comme avecnne pelle, le sable (jui doit être reje é. Puis elle se cache an fond de cet entonnoir (pii lui sert d’allùt, et si une Fourmi, venant à s’aventurer sur les bords dn trou,. roule le long de sa paroi, c’est en vain qu’elle cherche à se cramponner, car la larve qui la guette précipite sa chiite en faisant tomber sur elle une pluie de sable.

Il y a des espèces voisines dont les larves ont des mœurs analogues, mais chassent à découvert ; ce sont : les Palpares dont fait partie le Myrméléon lihellnloide, grande et belle espèce qui se trouve dans le midi de la France; les Ascalaphes {Ascalaphusjy qui habitent l’Europe méridionale.

Pseudo-Névroptères,

Les Insectes (pii com[)osent ce sous-ordre ne présentent ((iie des métamorphoses incomplètes, et [dnsienrs autenrs , à l’exemple d’Ei-ichson, se fondant sur ce caractère, les réunissent aux Orthoptères, dont ils forment alors, sons ce même nom de Psendo- Névroplères, une section distincte. Mais ce changement est-il bien nécessaire ? Coniine tons les groupes de transition, celui-ci occupe une position inlermédiaire entre les premiers et les seconds, el peut être rattaché par consécpient soit aux uns, soit aux antres; aussi nous semhle-t-il préférable de conserver k l’ordre des Névroptères son ancienne délimilation. Les Psendo-Névroptères se partagent en Amphibioliqnes et Corrodants^ selon ipi’ils ont des larves aipialiipies on des lai'ves terrestres.

a. — Ampliihioliques.

Ils forment trois familles : \cs J^erlidés, les Éphéméridés Q[ les lAbellulidês.

Les Peueidks renferment les Perles {Perla) el les Némonres {Neniarai, (pi’on renconti-e commnnément an bord des eaux.

Les ÉiMiiiM-'Uiimiis (G. Ephemera) doivent ce nom à la brièveté de leur vie sons la forme adulte ; mais si l’on considère leur existence entière, on voit (jiie la durée en est relativement longue, car ils vivent an moins nn an à l’él it de larves. Ces larves sont aijuatiqiies et respirent an moyen *de branchies trachéennes (lig. 4:2(>,;2) portées sur les segments abdominaux, mais variées de tonne.

Une des particularités les jilns intéressantes présentées par ces

DESCRIPTIVK.]

LNSECTKS. — Nf;VllOI>TÈHES.

Insectes, c’est que ranimai jiarvemi à sa forme ailée, subit encore une dernière mue. Kn elfet, il se dépouille bientôt d’une peau mince qui recouvrait tout le corps, y compris les aiies. On donne à

la forme ailée pendant la période qui précède la mue le nom de Subimago, celui d'imago des anciens auteurs correspondant à l’état parfait qui la suit, A l’àge adulte, ces Insectes ne prennent aucune nourriture et ont les pièces buccales atrophiées.

Parfois les Éphémères apparaissent en nombre consitbérable. Iléaumur donne dans ses Mémoires un curieux récit de ce phénomène observé par lui sur les bords de la Marne. « La quantité d’Épbémères, dit-il, qui remplissait l’air au-dessus de tout le courant dn bras de rivière, et surtout auprès du bord où j’étais, u’esl ni exprinialjle, ni concevable ; mais c’était principalement autour de moi et de ceux qui m’avaient accompagné, qn’elle était plus prodigieuse. Lorsque la neige tombe à pins gros llocons et plus pressés les uns contre les autres, l’air u’en est pas si rempli qim celui qui nous environnait l’était d’Lpbémères. A peine eus-je resté quelques minutes dans la même place, que la mai’cbe sur laquelle mes pieds portaient fut tonte couverte d’une coiicbe d’Lpbémères (|iii u’nvait pas moins de deux ou trois [toiices d’épaisseur, et qui en certains endroits en avait plus de quatre, l’rès de la dernière marche, une étendue de la surface de l’eau de cijiq à six pieds au moins, en tous sens, était entièrement cachée par une couche d’Lpbémères; ce que te courant, plus lent là qu’aillein's, en emportait, était j)lus que remplacé par celles qui tombaient continuellement dans cet endroit. Plusieurs fois je fus obligé d’abandonner ma place et de remonter au haut de l’escalier, ne pouvant plus soutenir cette pluie d’Éphémères (jui, ne tombant pas, ou aussi perpendiculairement qu’une pluie, ou avec une obliquité aussi constante, frappait sans discontinuation et d’une manière très incommode, toutes les parties de

Fig. 427. — Demoiselle fiancée {Lestes sponsa).

il2 ANNELÉS OU EMOMOZOAIH ES. - AKTHllODODES. |zoologie

mou visage ; des Ephémères entraient dans mes yeux, dans ma houclie, dans mon nez... (I) »

Les Libellulidés (lig. 1^7) sont de beaux Insectes, aux formes élégantes, que l’on voit voltiger dans le voisinage des eaux, et que

l’on appelle vulgairement des [,J)e moi selles. Ce sont des animaux carnassiers, au vol rapide, aux mâchoires cornées et dentées {Üdo~ nata). Chez eux l’accouplemeut a lieu suivant un mode tout particulier. « Lorsque le rapprochement sexuel va avoir lieu, dit Milue Edwards, le mâle saisit par le cou la femelle au moyen d’une pince dont l’extrémité de son abdomen est armée, et les deux individus placés ainsi presque bout â bout, volent ensemble pendant plus ou moins longtemps; entin, ils se posent sur cpielque feuille et, lors(}ue la femelle est disposée au coït, elle se recourbe eu avant, en arc, de façon â amener l’extrémité postérieure de son corps contre la face iiderieure de la base de l’abdomen du mâle, où se trouve un organe préhenseur très complexe ({u’au premier abord on avait supposé être un appareil fécondateur, mais (jui n’a pas de connexions organiques avec les parties essentielles de l’appareil de la génération , et qui i-emplit seulement les fonctions d’un instrument excitateur, ou peut-être d’un spermalopbore. Lienlôt le mâle, â l'aide des crochets ou des autres pièces mobiles dont cel organe est garni, saisit le bout lie l’abdomen de sa compagne ([ui s’y est présenté de la sorte, et l’y maïulieut pendant très longtemps enfoncé dans la dépression médiane, dont la ])artie est creuse. Ce ra|)procbement sexuel dure souvent jtrès d’une demi-heure, l't il est })rohable (|ue la femelle puise dans l’appareil où sa vulve se trouve ainsi engagée, du spenne déposé j)réalahlem(‘nt iliiiis cette partie par l’orilice éjaciilateur situé, comme je l’ai déjà dit, près de l’anus (:2). »

I.es larves vivent dans l’eau et sont, comme les adultes, très carnassières. Elles sont munies d’uii appareil préhensile spécial , nommé tnasque, constitué pai* la lèvre inférieure. Celle-ci, compo-

(1) Réaumur, Mémoires, 1713, t. VI, p. -483.

{'i) Milnc Edwards, Leçons sur la Pliijsiolo(jie, clc., t. IX, p. 17U.

üESClUPTiVE.l IXSKr-TKS. - OKTIIÜPTÈUES. 413

sée lie trois articles, est extrêmement développée et susceptible do se replier en dessous ; elle est terminée par deux pièces en forme de crochets qui représentent ses lobes externes. Pour s’emparer d’iine proie qui passe à sa portée, la larve projette vivement sa lèvre en avant et saisit avec ses pinces la victime qui est ensuite portée à la bouche par le retrait de ce singulier organe.

Ces larves offrent aussi de l’intérêt par la façon dont la respiration s’effectue chez elles. Quelques-unes ont des branchies trachéennes visibles à l’extérieur et situées à l’extrémité de l’abdomen, mais la plupart ont une respiration intestinale. De nombreuses lamelles membraneuses et parcourues par des trachées occupent la surface du gros intestin dont les parois musculaires se dilatent etse contractent alterirntivement, agissant irla manière d’une pompe qui aspire et expulse l’eau par un mouvement régulier, à travers l’orifice anal. De plus, le liquide rejeté de l’intestin a pour effet de pousser l’animal en avant, et sert ainsi à la locomotion.

Le nombre des espèces de Libellules est considérable ; elles se groupent autour de trois types principaux : les Agrions {Agi'ion pueUcf, Lestes sponsa...) (lig. 427); les Æsclmes {Æschna grandis...) et les Libellules {LibeUula depressa, quadrimaculata...).

h. — Corrodants.

Laprincipale famille appartenantà ce groupe est celle desTermites. Les Termitidés, Termites ou Fourmis blanches, ont depuis longtemps fixé Taltention des voyageurs et des naturalistes, à cause de leurs mœurs fort curieuses, et des ravages qu’ils occasionnent parfois, mais la plupart sont exotiques et habitent les pays tropicaux, aussi les observations faites à leursujet ne sont-elles pas complètes. Heureusement, il y en a deux espèces appartenant à l’Europe méridionale, qui sont mieux connues, grâce surtout aux travaux de Lespès sur l’une d’elles, le Termite lucifuge {Ternies lucifiigiis) (1).

Ces Insectes vivent en sociétés nombreuses dans des habitations qui tantôt sont établies dans des troncs d’arbres, tantôt sont construites avec delà terre à la surface du sol, et qu’on désigne sous le

nom de nids ou termitières. Ces sociétés sont composées de plusieurs sortes d’individus, les uns pourvus d’ailes et sexués, les autres sans ailes et neutres, par atrophie des organes sexuels males ou femelles. Les neutres se partagent en ouvriers et soldats (fig. 428). Ceux-ci se distinguent des premiers par les proportions })lus fortes de leur tête, de forme carrée, et par la puissance plus grande de leurs

(I) Lespès, Recherches sur l'organisation et les mœurs du Termite lucifuge (An. des sc. nat.,i’> série, t. V, 1856j.

ANNELÉS OU ENrO.MOZOAlUES.

AKTllROPODES. [zoOLoniE

mâchoires ; ils sont préposés à la défense dn nid, tandis que les ouvriers sont chargés des travaux domestiques.

Fig. 428. — ïennitc lucifugc. — f, femelle; n, ouvrier; w,

d’une espèce de Ceylan.

soldat; /■'femelle fécoudee

Lespès a reconnu que les larves semblables entre elles à un premier stade de développement présentent dans un second stade certaines dilférences , suivant ([u’elles devront devenir des individus neutres ou des individus sexués. Dans un troisième stade celles de la première forme ressemblent déjà aux ouvriers et aux soldats, tandis <|ue les autres montrent des rudiments d’ailes. Celles-ci se Iransforment en nymphes, qui elles-mêmes sontde deux sortes : les nymphes à longs fourreaux et les nymphes à fourreaux courts qui donnent naissance à des Insectes ailés différents par la taille ; des jiremières proviennent ceux (jue Lespès appelle petits rois et petites reines, paraissant vers le mois de mai, et des secondes ceux (ju’il nomme grands rois et grandes reines, ne paraissant qu’au mois d’août. On ignore dans quelles conditions se fait racconplement, mais bientôt ces Insectes perdent leurs ailes, et cha(|ue couple |)eut devenir le point de départ d’une colonie nouvelle. Les reines fécondées sont remar- ([uables par l’énorme développement de leur abdomen (fig. ii28, /').

fies dégàls(|ue causent les Termites en creusant des galeries dans les bois de charpente de certains édifices sont considérables, et ont été observés à La Uocbelle, à Uoebefort et dans (pielques autres villes de la même région, envahies par ces Insectes.

Danui les espèces exotiques, il en estime, le Termite belliqueux ou fatal {Tennes fatale), que les récits du voyageur anglais Smealbman ont rendue célèbre, et qui habite rAfri([ue tropicale. J1

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