‹ Elements de zoologieChapitre 153 sur 312 · ORDRE VII. — HYMÉNOPTÈRES · texte numérisé non relu

ORDRE VII. — HYMÉNOPTÈRES

Parmi les Insectes, les Hyménoptères sont sans contredit ceux qui occupent le premier rang par le développement de leur intelligence. A cet ordre appartiennent, en ellel, ces espèces sociales, comme les Fourmis, si remarquables par leurs mœurs, leur industrie, leur activité psychique, et dont l’iiistoire est toute pleine de détails vraiment merveilleux.

Les Hyménoptères (de ûyriv, membrane , Trreoov, aile) sont munis de quatre ailes membraneuses, transparentes, })résentant un petit nombre de nervures. Ces ailes sont horizontales pendant le repos, et croisées au-dessus du corps; pendant le vol, celles du même côté s’unissent entre elles, au moyen d’un certain nombre de petits crochets [Itamuli), qui garnissent le bord antérieur des secondes et accrochent le bord postérieur des premières. Ici, comme dans les autres groujies, ou rencontre des formes aptères.

La tète est mobile et porte de grands yeux à facettes, indépendamment desquels il existe en général trois ocelles sur le front. Les antennes sont très variées de forme. Les pièces de la bouche olfrent une disposition intermédiaire à celles des Insectes broyeurs et des Insectes suceurs; elles constituent un appareil propre à lécher, et les Hyménoptères sont des Insectes lécheurs. La lèvre supérieure et les mandibules sont à peu près conformées de même que chez les Coléoptères et les Orthoptères, mais les mâchoires et la lèvre inférieure sont plus ou moins allongées, et les premières forment une sorte de gaine qui renferme plusieurs appendices déliés dépendant de la lèvre inférieure, et constituant la trompe. De ces apjiendices le plus important, impair et médian, représente la languette ; les antres sont, de chaque côté, le lohe externe de la languette qu’on appelle paraglosse et le palpe labial. Les mâchoires portent chacune un palpe maxillaire plus on moins développé, souvent riidimentaire (Abeille). Fabricius avait donné aces Insectes le nom de Piezata (de Tîte'Cw, je comprime) à cause de la forme aplatie des mâchoires.

Le prothorax est soudé au mésothorax ; celui-ci présente le plus

i38 ANNKLÉS OU UNTOMOZOAIUKS. — AliTllUOUODUS. Izooi.OCiR

souvent, ù la base decbaciiiie des deux ailes antérieures, une jjelile pièce écailleuse, iioimuée épaulette (J*térigode deLatreille).

L’abdomen est généralement pédiculé, c’est-à-dire qu’il est uni au thorax par une portion rétrécie, comme on le voit dans les (luêpes et les Abeilles. Chez les femelles, il est terminé par une tarière ou par un aiguillon venimeux. Cet appareil varie dans sa forme, mais ne change }>as dans sa composition organique (Lacaze- ÜLitliiers) (1). 11 est constitué par un fourreau formé de deux valves très allongées, et contenant des organes perforants ou poinçons,

Fig. — A|iparcil vcnimoiix du I'AIm'iIIu. — A, e.\ln.‘iiiité do l’abdomen avec l’aiguillon rétracté :a, aiguillon dans son foiiiTean; h, sa base comitoséo de pièces solides el do muscles. — B, appareil développé : n, glandes .à venin; b, réservoir du venin; c, son canal excréteur ; d d, racines des dards c3mi)osant l’aignillon ; e, les deux dards appliqués l’un contre l’antre;/', gurgeret;', valves; /i/t, pièces solides cliitincuses ; î i, muscles ; A-, extrémité denlolée d’un dard, très grossie.

au nombre de deux,(iui glissent dansla rainure triine pièce impaire, creusée en gouttière, (ju’on appelle (jorgcrel. Quand des instruments de ce geni’e sont en rajqmrt avec des glandes à venin, ils constituent un appareil vulnérant comme le dard de la Guêpe ou de l’Abeille (tig. 451)).

Les Insectes de cet ordre sont en général bien doués pour le vol ;

ils [iossèdent des trachées vésiculeuses développées. Chez eux, les métamorphoses sont complètes ; les larves ne vivent ;i 1 air libre

(Ij Lncazc-Dulliicrs, Recherches sur l'armure génilale femelle (hs Insectes. Thèse (te Bai is, 1853.

INSECTKS. — HYMÉNOPTÈRES.

DESClUPTlVE.j

que dans un petit nombre de cas : elles sont munies alors, outre les pattes ccaillenses, de six ou huit paires de pattes abdominales, et sont désignées sous le nom de fausses clieuilles; mais, le plus souvent, elles sont apodes, vermiformes, parfois parasites, et sont renfermées soit dans le corps d’autres Insectes, soit dans les tissus de certains végétaux, soit dans des chambres ou cellules iiicuba- Irices spécialement construites pour les recevoir. Les conditions dans lesquelles elles vivent sont donc fort diverses, mais toutes dénotent de la part des femelles une admirable prévoyance pour assurer le développement de leur progéniture, et, chez les espèces sociales, les soins dont les jeunes sont entourés constituent un des traits les plus remarquables de leurs mœurs. C’est cette éducation des larves, eu elTet, qui forme la base fondamentale de ces sociétés dont rorganisalion atteint chez les Fourmis son plus haut degré de perfection. Dans ces sociétés, outre les individus sexués, on trouve un nombre considérable de neutres ou iV ouvrières, qui ne sont que des femelles incomplètement développées et qui, par une sorte de division du travail, sont chargées des travaux de construction ou autres, et, en particulier, de l’élevage des jeunes.

En général les larves, pour se transformer en nymphes, s’entourent d’une coque soyeuse. Chez les Fourmis, ce sont ces petites coques de forme ovale, contenant des nymphes que le vulgaire prend pour des œufs et qu’on désigne communément sous le nom èCœufs de fourmis.

On divise les Hyménoptères en deux sous-ordres, suivant que les femelles sont pourvues d’une tarière, ou munies d'un aiguillon; les premiers sont appelés Térébrants, les seconds Porte-aiguillons

Page 1