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Porte-Aiguillons

Dans ce groupe les femelles possèdent un aiguillon rétractile, en communication avec des glandes à venin. L’abdomen de ces Insectes est toujours pédiculé ; les larves sont toutes vermiformes, dépourvues d’anus. Les porte-aiguillons se distribuent en plusieurs familles.

Les Chrysididés, qu’on désigne aussi sous le nom de Guêpes dorées, ont le corps teint de couleurs brillantes, d’un éclat métallique ; ils jouissent de la singulière propriété de pouvoir se rouler en boule, ce qui leur est un moyen de défense contre la piqûre des autres Hyménoptères dont ils violent le domicile. Les femelles ont, enelfet, l’habitude de pondre leurs œufs dans les nids d’espèces différentes et en particulier des fouisseurs, où leurs larves vivent en parasites, au détriment de celles qui en sont les propriétaires légitimes.

Les G. Chrysis, Parnopesy Iledychnim , Cleptes composent cette famille.

Les Spiiégidés, ou Guêpes fouisseuses, vivent solitaires et se distingnent des Guêpes proprement dites par leui’s antennes non coudées et leurs ailes qui ne se replient pas. Les mœurs de ces Insectes sont des plus curieuses. Les femelles creusent dans le sol des nids où elles déi)osent leurs œufs, et où elles enferment auprès de chacun d’eux les matières destinées à servir de nourriture cà la future larve; or, celle-ci est carnassière, et ce sont d’autres Insectes, tels que Criquets, Charançons, Chenilles, etc..., chaque espèce ayant son gibier spécial, que la femelle cbasse dans ce but et pei’ce de son aiguillon. Cette piqûre atteignant les ganglions nerveux a pour résultat de plonger l’animal dans un état de paralysie, qui le laisse inerte et sans défense, quoique encore vivant et par conséquent à l’abri de toute corruption, à la merci de la larve dont il deviendra la pâture. C’est surtout aux intéressantes observations de Fabre, que nous devons la connaissance de ces laits, \oici, d’après ce naturaliste, comment s’y prennent ces Hyménoptères pour s’emparer de leur victime et la réduire à l’impuissance. 11 s agit d un SjPhw capturant un Grillon :

« Malgré ses vigoureuses ruades, malgré les coups de tenaille de ses mandibules, le Grillon est terrassé, étendu sur le dos. Les dis-

!NSK<"rES. — HYMENOPTERES.

DESCRIPTIVE

positions du imnirtrier sont Jiienlôl prises. Il se inet ventre à ventre avec son adversaire, mais en sens contraire, saisit avec ses niandi- Iniles l’un on l’autre des deux filets abdominaux du Grillon, et maîtrise avec ses pattes de devant les elîorts convulsifs des grosses cuisses postérieures. En même temps, ses pattes intermédiaires étreignent les lianes pantelants du vaincu, et ses pattes postérieures s’appuyant, comme deux leviers, sur sa face font largement bâiller l’articulation du cou. Le Sphex recourbe alors verticalement l’abdomen de manière â ne présenter aux mandibules du Grillon qu’une surface insaisissable, et l’on voit, non sans émotion, son stylet empoisonné plonger une première fois dans le cou de la victime, puis une seconde fois dans l’articulation des deux segments antérieurs du thorax. En bien moins de temps qu’il n’eu faut pour le raconter, le meurtre est consommé, et le Sphex, après avoir réparé le désordre de sa toilette, s’apprête à charrier au logis la victime dont les membres sont encore animés des frémissements de l’agonie (1).»

Les Guêpes fouisseuses comprennent un grand nombre d’espèces appartenant aux G. Sphex, Amniophila, Pelopœus{i\(^Aiji), Cerceris,

Bemhex, etc... Ges derniers présentent cette particularité de mœurs, qu’ils approvisionnent â diverses reprises leurs larves des mouebes qui servent à leur nourriture.

Les Yesiudés, ou Guêpes, ont aussi reçu le nom de Diploptères (Latr.) parce que leurs ailes antérieures sont pliées longitiulinalement pendant le repos. Ce sont des Insectes agiles, aux formes élégantes, aux couleurs variées de jaune et de noir, aux antennes généralement coudées. Les uns vivent solitaires, les autresensociélé.

Les premiers ont des mamrs analogues à celles des Guêpes fouisseuses (Eumènes, Odynères). Ils construisent, soit dans la terre, soit dans la tige de certains végétau.x, des cellules qui reçoivent ' chacune un œuf, et où, par une merveilleuse prévoyance, l’Insecte place en même temps la nourriture nécessaire â la larve qui eu sortira. Ce sont ordinairement d’autres larves ou des Araignées ipie la mère a frappées de son aiguillon, et plongées par ce moyeu dans un état particulier d’engourdissement et de mort apparente.

Les Guêpes sociales forment des sociétés annuelles, plus ou

(1) Fabre, Elude sur V instinct et les métamorphoses des Sphéijiens (Ann. des Sc. nat., 4® série, t. VI, 1856, p. 154).

Ui ANNELÉS OU EA’TOMOZOAIRES. — ARTIinOPODES. [zoologie

moins iioinbreiises, qui se composent de trois sortes (rindividus : males, femelles et ouvrières; celles-ci sont ailées comme les autres. Elles construisent des nids avec des matières végétales qu’elles triturent, qu’elles imprègnent de salive, et dont elles font une sorte de carton. Ces nids, nommés guêpiers, sont composés de rayons

superposés ou de gâteaux - ~ formés cliacuu par uii seul

rang d’alvéoles, ordinairement hexagonales. Ils sont suspendus à des branches d’arbre (Guêpe de bois), établis dans des vieux troncs creusés à l’intérieur (Frelon, tig. i()5) ou enfouis dans le sol (Guêpe commune).

(( Au printemps , dit Blanchard, une femelle isolée, une mère commence à édifier un nid ; le nid sera petit, les cellules peu nombreuses ; la femelle pond un œuf dans chacune des cellules Fig. 405. — Guêpe frelon [Vespa crabro). qn elle a Construites, et

(piand ses larves sont écdoses, elle va butiner pour les nourrir; sa sollicitude })our sa progéniture sera de tous les instants. Yoibàles larves de notre Guêpe parvenues au terme de leur croissance ; pouvant hier un peu de soie, elles confectionnent une coque soyeuse de la capacité de leur cellule, de soi’te que chaque loge semble fermée par un petitcouvercle. Bien enfermées, elles se transforment en nymphes; les adultes naissent bientôt après. 'Ces nouvelles Guêpes sont toutes des ouvrières, des travailleuses, des femelles stériles, créées pour remplir les devoirs de laniaternité envers une progéniture ipii ne vient pas d’elles. A peine nées, ces ouvidères se mettent à la besogne, et, dès ce moment, la femelle féconde, si laborieuse (|uand elle était seule, va se reposer, ne plus s’occuper qn aucune façon de ses jeunes; elle a des nourrices. Les ouvrières augmentent l’étendue du nid, préparent des logements pour les larves, et, ce travail achevé, la mère fait une nouvelle grande ponte: un œuf est déposé dans chaque cellule, et, cette fois, les larves qui vont éclore ne donneront pas seulement des ouvrières, mais aussi des femelles fécondes et des mâles. Le nombre

DESClUPTiYE.l INSECTES. — IIV.MÉNOPTÈIIES. H5

des couvées de chaque aimée u’a pas élé exaclcineul délenniué, cl ce uomhre paraît varier selon les csi)èces. Souvent ou remarque les alvéoles des guêpiers encore remplies de larves, ou de couvain, comme ou dit vulgairement, lorsipie les menaces de l’iiiver commencent à se manifester un peu rudement ; les Guêpes compreiiuent (jue les champs ne leur doiiueront plus de pâture, alors elles tuent toutes les larves, et dans l’hahitation, quelques jours plus tôt pleine de vie, d’animation, d’activité, de mouvement, règne la solitude (1).» Il u’y a que des femelles fécondes qui passent l’hiver, réfugiées dans des trous où elles cherchent un ahri contre le froid ; chacune d’elles, au printemps suivant, fonde une colonie nouvelle,

A coté des Guêpes (Vespa) se placent les Polistes (Polisles), les Polybies {Pohjbia), les Épipones {Epipone)... qui oïd des mœurs semblables.

Les Apidés sont des Hyménoptères producteurs de miel, c’est pour(|uoi on les appelle aussi des Mellifcres. Ils se distinguent des Guêpes par la disposition des ailes antérieures qui restent étalées pendant le repos et ne se replient jamais. Parmi eux, il y en a qui sont solitaires, d’autres qui forment des sociétés ; tous en général construisent des nids où les larves sont élevées et nourries d’une pâtée composée de miel et de pollen.

Apidés solitaires. — ils sont nombreux en espèces, et chacune d’elles ne comprend que deux sortes d’individus, les males et les femelles. Chaque nid est construit par une seule mère, (jui y dépose des œufs et y place eu même temps les provisions nécessaires à la nourriture des larves. Ou remarque une très grande diversité dans la façon dont ces Insectes font leurs nids et dans les matériaux qu’ils emploient; aussi Héaumur leur donnait-il des noms eu rapport avec le mode de construction ijui leur était propre. Il distinguait les Abeilles cliarpenlières (Xylocopes), les Abeilles maçonnes (Chalicodomes, Osmies), les Abeilles tajiissières (Mégachiles), etc...

Parmi ces Apidés solitaires, les uus ont les pattes postérieures élargies, avec le premier article du tarse garni de poils et formant ce (ju’ou appelle une brosse, ce ejui en fait des organes propres à la récolte du pollen, tandis (pie les autres ne présentent pas cette disposition et recueillent le pollen .à l’aide de poils implantés sur la face ventrale de leur abdomen.

Au nombre de ces derniers se trouvent : les Anthidies {A)itliidinni), les Osmies {Osmia), les Chalicodomes (Cltalicodoma), les 'S\ê<^iic.\n\es {AI egachi le)...

Parmi les premiers se rangent : les Andrènes (Andrena), les

(I) Blancliard, Mélamorphoses des Insectes, p. i04 Paris, 1877.

ANNELÉS OU ENTOMOZOAIRES, — AUTIlllOPOüES. [zoologie

Dasypodes (Z)a-s*//poi/rt), les Xylocopes (Xijlocopa), les Aiithopliores {Anthophora).

On réunit sous le nom de Nomadlnes des Abeilles solitaires qui ont l’habitude de déposer leurs œufs dans les nids d’espèces voisines où leurs larves vivent eu parasites. Chez elles {Nomada, Melecta...) les pattes postérieures ii’out ni dilatations, ni faisceaux de poils pour la récolte du pollen.

Apidéa sociaux. — Ceux-ci forment soit des sociétés annuelles, comme nous l’avons vu chez les Guêpes (Hourdons), soit des sociétés permanentes (Abeilles). Les individus qui les composent sont de trois sortes : femelles, males et ouvrières ou neutres. Ceux-ci ont le tijiia des pattes postérieures élargi et creusé à la face externe d’une petite cavité nommée corbeille. Cette cavité sert à recevoir une

cents, rarement plus. Dans ces colonies se trouvent des parasites qui appartieiiuent à une espèce voisine et qui sont semhlahles aux Dourdons par la forme comme par la coloration ; ce sont les Psithyres {Psitlnjrus) dont Lepelletier de Saint-Fargeau a fait connaître les habitudes. Ces Insectes qui ne renferment pas d’ouvrières, et dont les femelles sont impropres à la construction des nids ainsi qn’à la récolte du pollen, pénètrent dans la demeure des Dourdons et y pondent leurs œufs ; les larves qui naissent de ces œufs sont confondues et élevées avec celles des Dourdons. C’est là, comme on voit, un cas remaiaïuahle de miondistne.

Les Abeilles {Apis) présentent un intérêt particulier à cause de leur importance économi(jue, comme producteurs de cire et de miel; cependant, quoi(iue ces Insectes fussent connus dès la plus haute antiquité, les premières notions exactes que l’on ait eues sur leur organisation, sur la composition de leurs sociétés, sont dues à Swarnmerdam ; plus tard vinrent les observations de iMaraldi , de

houlette de pollen recueilli par la brosse que formentdes poils qui garnissent le premier article du tarse, dit pièce carrée (hg. iOT). Tous, males, fenuATlêsetneutres sont ailés.

Fig. 4G0. — Boiii\lon terrestre (Donibus terrestris).

Les Dourdons {Bombas, fig. DiG) sont communs dans nos pays, où on en compte plusieurs espèces. Ils font leur nid dans la terre, et ciiaque colonie, fondée au printemps par une seule femelle, ne comprend (|u’un nombre d’individus relativement restreint, de trente à deux

INSECTES. — liYMÉNOPTÈUES.

DESCIUl’TIVB.]

iiatiircilisto d être regardé comme le véritable historien des Abeilles. Dejujis, les recliercbes de Dzierzoïi, de Siebold, etc..., ont complété nos connaissances à leur sujet.

Les sociétés d’Abeilles sont en majeure partie composées d’ouvrières (tig. iOS, A) dont le nombre est extrêmement considérable, et varie de quinze à trente mille pour chacune d’elles. Ce sont des

I'Tg. 407. — Pattes postérieures de l’Abeille : 1, delà reine; *2, de l’ouvrière, vue en dessous 3, la même vue eu dessus; 4, du faux-bourdon.

lèmelles stériles armées d’un aiguillon, et dont les pattes postérieures propres à recueillir le pollen, sont pourvues d’une corbeille et d’une brosse (fig. i07). On a distingué deux catégories d’ouvrières : les

l'IG. 408. — Abeille. — A, ouvrière ou neutre; 11, niàlc ou faux-bourdon; G, femelle ou reine; D, portion de gâteau avec les alvéoles ordinaires et une alvéole ou cellule royale.

pourvoi/eiises ou nourrices, spécialement chargées de la récolte du miel et du pollen, ainsi que des soins à donner aux larves, et les architectes on cirières, dont la fonction principale est de produire la cire et de la mettre en œuvre pour la construction des gâteaux. Cette substance sécrétée par des glandes cutanées exsude, sous forme de

Ü8 ANNELÉS OU ENTOMOZOAIIIES. — AHTHnOl'ODES. [ZOOLOGIK

petites lamelles, à la face inférieure de l’abdomen, dans les aires cirières ; c’est elle ({ui joue le pins grand rôle dans les travaux d’architecture exécutés par ces Insectes, mais, quand ils s’établissent, soit dans une ruche, soit dans le creux d’un arbre, ils commencent par en boucher tous les trous, toutes les tissures au moyen d’une couche de matière résineuse nommée propolis, dont ils revêtent la paroi intérieure de leur babilalion ; ils recueillent cette substance sur les bourgeons des peupliers et de (juebiues autres arbres. Ils s’en servent également pour fixer au plafond de la ruche les gideaux ou rayons, disposés verticalement, et formés chacun de deux rangées de cellules hexagonales qui se louchent par le fond. Ces cellules sont employées à deux usages et reçoivent soit des œufs, soit des provisions de miel et de pollen. Elles ne sont pas toutes de même grandeur; les plus petites et les plus nombreuses servent de berceau aux larves d’ouvrières ou à leur couvain, suivant l’expression des apiculteurs; d’autres plus grandes sont deslinées au couvain des mâles ; cntin, il y a sur le bord des rayons ({uebjues cellules irrégulières , ovoïdes et de dimensions considérables , où sont élevées les femelles fécondes, et qu’on nomme pour ce motif cellules roijales (fig. 4(38, D).

Outre les ouvrières, chaque société d’Abeilles renferme une femelle féconde, mais une seule, qu’on appelait autrefois le roi ou la reine, et un certain nombre de mâles ou faux-bourdons, quinze cents environ (tig. 4(38, B et C). Ceux-ci sont dépourvus d’aiguillon et vivent dans une oisiveté absolue. La reine est uniquement chargée de la ponte.

(Inand une femelle a pris naissance, on la voit, au bout de (juelques Jours, s’élever dans les airs suivie de la foide des fauxbourdons. Cendant son vol elle s’accouple avec run d’enx, et quand elle revient à la niche elle est fécondée ; le rôle des mâles est alors terminé, et à la tin de l’été, lorsque les provisions diminuent, les ouvrières les mettent à mort en les perçant de leur aiguillon. Mais, deux femelles ne peuvent pas vivre ensemble dans la môme ruche. 1‘arfois, les deux rivales mises en présence se livrent im combat qui se termine par la mort de l’une d’elles; on bien, et c’est le cas ordinaire, la vieille reine, suivie d’une partie des ouvrières, abandonne la ruche, formant ce (|u’on nomme uii premier essaim, pour aller fonder un autre établissement. Alors la jeune reine extermine les larves royales qui restent dans la niche on elle régnera seule ; mais il n’en est pas toujours ainsi , et si les ouvrières sont très nombreuses, il pourra se ïovmer un second essaim dans des conditions analogues aux précédentes.

La reine qui a été fécondée peut donner des œuls d’où sortiront

DESCRIPTIVE. 1

INSECTES. — HYMEiNOPTEHES.

soit des femelles, soit des mâles, suivant qu’elle aura versé ou non sur eux, au moment de leur passage dans l’oviducte, une certaine quantité de la semence emmagasinée dans le réceptacle séminal. Kn ellet, des ohservations de Dzierzon, de Siebold et de Leuckarl, il résulte que, si elle a été mise dans l’impossibilité de s’accoupler, les œufs ([u’elle pond ne donnent naissance qu’à des mâles. Les larves qui proviennent des œufs fécondés peuvent devenir soit des neutres soit des femelles, selon les conditions dans lesquelles elles se développent. Celles qui sont destinées à se transformer en reines sont logées dans les cellules beaucoup plus vastes que les autres qui sont situées sur le bord des rayons, et qu’on appelle cellules royales ; elles reçoivent en outre une nourriture })lus succulente et plus abondante, désignée sons le nom de 'pâtée roijale. En effet, si par accident une colonie vient à perdre sa reine, immédiatement une jeune larve d’ouvrière est choisie; sa cellule est agrandie aux dépens des cellules voisines, dont les cloisons sont détruites et les habitantes sacrifiées ; elle est nourrie avec la pâtée royale, et elle devient une reine, reine de sauveté,eo\m\\Q l’appellent les apiculteurs.

Les larves filent un petit cocon, se transforment en nymphes dans leurs cellules, que les ouvrières ferment alors avec un couvercle de cire bombé. Les cellules contenant du miel sont fermées également, mais leur couvercle est plat. Après un nombre de jours qui varie, suivant qu’il s’agit des mâles, des neutres ou des femelles, le développement de rinsecte est terminé. Il dure vingt-quatre jourspour les premiers, vingt et un pour les seconds, seize seulement pour les femelles.

Aux approches de l’iiiver, la colonie ne renferme plus que la reine et les ouvrières, les faux-bourdoiis ayant péri. Elles se ramassent alors en peloton dans la ruche, et passent ainsi la mauvaise saison, sans prendre de nourriture.

jN'ous avons en Europe deux espèces d’Abeilles : l’Abeille commune {Apis meltifica) et l’Abeille ligurienne {Apis ligustica).

Les Méli^ones (J/cf/ym/œf) sont de petites Abeilles américaines, qui présentent cela de particulier qu’elles sont dépourvue.s craiguillon.

Les Formicidés, ou Fourmis, sont des Hyménoptères sociaux, dont les colonies, désignées sous le nom de Fourmilières , sont composées de mâles, de femelles et de neutres. Ceux-ci sont déjiourvus d’ailes, et parfois on en reconnaît de deux sortes qui se distinguent par la grosseur de la tête et la forme des mandibules; les uns sont des ouvrières, les autres des soldats, désignations qui indiquent leur rôle dilîérent dans la société dont ils font partie. Les femelles et les neutres sont munis de glandes à venin, ([ui sécrètent de l’acide formique, mais ils n’ont pas toujours un aiguillon. Certaines es-

iSO

A:^NELÉS ou ENTOMOZOAIRES. — AUTIIROPOUES.

[ZOOLOGIK

pèces en sont privées ; la liqueur acide est alors versée sur les blessures faites par les inamlibules.

Les habitudes, les mœurs des Fourmis dénotent un remarquable développement de rintelli^euce, et sont bien faits pour exciter rétonnemeut et l’admiration de ceux qui les observent ; aussi, depuis l’apparition de l’ouvrage célèbre que leur consacra, au commencement de ce siècle, Pierre lluber, le fils de François Iluber, l’bislorien des Abeilles, bien des naturalistes, parmi lesquels Forel, Lubbock, Lespès, Moggridge..., se sont-ils plu à les étudier (1). Ces Insectes monlrent dans l’édification de leurs demeures une merveilleuse habileté, et savent, selon les circonstances, modifier leurs constructions. A l’intérieur on y trouve un grand nombre de galeries et de chambres atîectécs à différents usages, et en particulier au logement des œufs, des larves et des nymphes qui sont, de la part des ouvrières, l’objet des soins les plus attentifs. Parfois, il

existe aussi de véri- ^ , tables magasins où

les Fourmis prévoyantes amassent des provisions, ainsi que l’a constaté Moggridge.

Les larves, vermiformes, tissent en général un cocon de soie dans lequel elles se changent en nymphes ; ces cocons sont vulgairement appelés de fourmis. Les unes, et c’est le plus grand nombre, deviennent des ouvrières aptères; les autres se transforment en individus sexués et ailés. Ceux-ci, à un moment donné, prennent leur vol et s’élèvent dans Pair pour s’accouplei' ; puis, retombés sur le sol, les mâles périssenl, et les femelles fécondées, dépouillées de leurs ailes, tanlôt soûl ramenées par les ouvrières dans rancienne fourmilière pour y [lOJidre leurs œufs, et lanlot vont au loin fonder de nouvelles colonies.

11 faudrait bien des pages pour esipiisser le tableau des manifestations si variées auxquelles donne lieu la vie de ces inlelligents animaux ; nous ne sauidons l’essayer sans sortir des limites de cet ouvrage. Nous nous bornerons à citer les lignes suivaiites qui ré-

Fig. -ifiO. — Ec'urmi rousse (Formica rufa). — a, ouvrière; h, fcniclle; c, mâle; d, larve (grossie); e, f, nymphe; g, cocons.

(I) Pierre lluber, Recherches sur lesmŒurs des Fourn\is indigènes. Genève, 1810.

DESCIÎlPTIVE.]

INSIiCTES. — HYMÉNOPTÈRES..

sument l)rièveinent les traits les plus saillants de leur histoire : « Les Fourmis vivent en société, elles se construisent des habitations, j)rennent soin de leurs petits, se rendent des secours mutuels et travaillent de concert pour atteindre un but déterminé; elles ont un langage particulier, se livrent de fourmilière à fourmilière, nous allions dire de peuplade à peuplade, des guerres acharnées, savent faire servir à la satisfaction de leurs besoins d’autres Insectes, tels (pie des Pucei-ons et des Cochenilles (pii sont pour euv une espèce de bétail ; enfin, il en est certaines espèces (pii, supérieures aux autres par la force et par le courage, soumettent les espèces les plus faibles et se font servir par elles (1). »

Les Formicidés renferment un grand nombre d’espèces réparties en plusieurs genres : Formica, Polyergus, Ponera,

My rmica, etc... On trouve au Mexi(|ue une singulière espèce, le Myrmecocystiis meæicanus (fig. 470) dont l’abdomen est extrême-

fig. m.

Fie. 471.

Fig. 470. — Myrmecocystus mexicanus.

Fig. 471. — Thynnus australis (.Vlulillides). — A, im'ile; B, femelle.

ment distendu et transformé eu une sorte de vessie pleine d’une matière sucrée analogue au miel.

Sous le nom d'Hétérogynes, Latreille réunissait avec les Fourmis dans un même groupe des Insectes dont les femelles sont aptères, et présentent avec elles une certaine ressemblance, mais (pii vivent solitairement et ne renferment pas d’individus neutres. Ce sont les Mutin es {Mul ilia) (fig. -471), bien dilférentes des Fourmis par leurs mœurs; elles pondent, en elfet, leurs œufs dans les nids des Courdons, et leurs larves dévorent celles de ces Insectes. On en fait aujourd’hui une famille distincte : les IIétébogynidés, comprenant outre les Mutilles, les Scolies (-Sco/m), les Tipbies etc...

(1) Les Insectes, de Rrehm, éd, française, par Kiiiickcl d’IIerciilais, t. H, p, (i.

MOLLUSyi’KS OU MALAC'•'^ — MOLLUSCOIDES.

[zOOLOf.IE

Q U A T lU È M E EM l‘, U AN G II E M E N T MOLLUSQUES OU MALAG OZO AIRES

Les aiiiiniiiix (|iii rornient cet embranchement se font remarquer par la mollesse de leur corps dépourvu de squelette, ce qui leur a valu le nom qu’ils |)oi teut (y.aXx/.cç, mou); néanmoins ils sont munis pour la plu[)art d’une coquille calcaire sécrétée }>ar la })eau. Ils présentent une symétrie binaire, quoi([ue souvent altérée, et diHerent du reste beaucouj) eulre eux par leur Tonne générale, mais ils ne sont jamais compos ’s d’une suite de segments ou métamères plus ou moins semblables, et par là ils se distinguent nettement des Annelés. De môme, les ganglions qui entrent dans la constitution de leur système nerveux u’alfectent jamais la disposition d’une double chaîne abdominale.

D’après Milne Edwards, cet embranchement comprend les MoUusfjiies proprcuioit dits ci Molluscoïdes. Ceux-ci ont une organisation inférieure; leur système nerveux, au lieu de renfermer plusieurs masses ganglionnaires réunies par des cordons de communication, est rudimentaire et constitué par un ganglion unique, d’où partent quelques filets nerveux.

Chez les Mollusques proj)remcnt dits la reproduction est toujours ovipare, tandis que chez les Molluscoïdes elle se fait aussi par gemmiparité, elles individus ainsi j)roduits, restant uniseulre eux, constitnent souvent des colonies semblables à celles qui existent chez les Zoopbytes; c’est pourquoi on avait primitivement rangés avec ceux-ci un certain nombre de ces animaux (Bryozoaires).

1 » n E M 1 E U SOUS- E M II U A N G II E M E ^ T molluscoïdes

Sous ce nom, Milne Edwards a réuni dans un môme sousembranclumient la classe des Tuniciers, créée par Lamarck en 1810 pour les Ascidies et les Biphores, et celle des Bryozoaires, comprenant des animaux ranges autrefois parmi les l'olypes. Depuis lors, la position de ces groupes, du premier surtout, est devenue l’objet d’uiu‘ controverse qui est loin d’ôtre épuisée. A la suite des travaux de Kowalevsky sui- le développement des Ascidies, montrant ([u’il existait certaines ressemblances entre leur larve et l’embryon d’un Vertébré {AwpJnoxus), les débats se sont ouverts sur la jdact; (pii appartient à ces animaux dans les cadres zoologiques.

DKSCIUPTIVE.I

imYOZOAlllES.

Ao,i

Les uns les regardent comme conslituaul mi type pai'liciilier ; les autres les placent f)armi les Vers, dont on a l'ail en Allemagne une sorte de ca|)ut morluum où l’on relègue tout ce qui est embarrassant à classer; (juelques-niis [)anni les plus hardis les élèvent au rang de Vertébrés, mais jus(ju’ici aucune de ces o|)inions ne s’appuie sur une démonstration convaincante. Üe même pour les Bryozoaires dont certains auteurs Ibnt des Vers, sans (jiie celte manière de voir soit surtisamment justifiée. En cet état de choses, il nous paraît prélérable de conserver la classilicalion de Milne Edwards plutôt (jue de la remplacer par une autre dont la base serait tout au moins incertaine.

Les deux classes que renferment les Molluscoïdes sont faciles à caractériser:

Bouche non entourée de tentacules Tuniciers.

Bouche entourée de tentacules Bryozoairea.

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