E'' CLASSE. — BRYOZOAIRES
Les Bryozoaires iPoUjzoaires des zoologistes anglais) ont été ainsi nommés par Ehrenberg, qui le premier en a fait une classe distincte, à cause de la ressemblance de leurs colonies avec des mousses (P^vov, mousse). Ils portent autour de la bouche une couronne de tentacules ciliés servant à la respiration (fig. 47i), d’où le nom de Ciliobranches, par le- ([iiel on les a aussi désignés (Fan*e). Les téguments de ces animaux prennent une consistance cornée, ou même pierreuse, et donnent naissance, par suite de l’agrégation d’un certain nombre d entre eux, à une sorte de polypier. Ce polypier se comjiose de loges ou zoécies, dont la disposition varie beaucoup, et dans rintérieur de chacune desquelles se trouve un polypide. La couche extérieure durcie ou ehtocijste, qui forme chaque cellule, est revêtue inlérieuj’einent par une couche tégiimentaire molle, qui limite la cavité générale du corps et qu’on ap|)elle ondocijste. Le polypide 'peut
MOLLUSQUES OU MALAC^*\
MOLLUSCOIDES.
IZOOLOGIE
faire saillir au delioi*s }>ar roiiverlure de la loge son extrémité orale, et détdoyer ses tentacules j)éribuccaux, ou bien en se contractant rentrer à rintérieur. Dans certains cas, sur le bord de l’ouverture, se développe un opercule qui la terme quand l’animal s’est retiré dans sa coque.
L’organisation des Bryozoaires offre encore bien des points au sujet des([uels les observateurs sont en désaccord. « L’histoire de ces animaux est aujourd’hui même si incom})lètement éclaircie, dit .Joliet, que l’on discute encore pour savoir à quel degré de l’échelle zoologique on doit les placer (1). »
Leur système nerveux est formé d’un seul ganglion placé entre la bouche et l’ouverture anale; de ce ganglion partent quelques filets qui se rendent aux tentacules et à l’œsophage. Indépendamment de ce système nerveux propre à chaque individu, Fritz Muller en a décrit un autre en forme de réseau, qui serait commun à toute une colonie et mettrait eu communication les ditférents individus dont elle est composée; il l’a nommé système nerveux colonial^ mais, d’après les recherches de Joliet, ce prétendu système nerveux aurait . une tout autre signification. Sa structure intime n’est pas celle d’un tissu nerveux. Il est en général composé de cellules fusiformes et dérive de l’endocyste avec lequel il conserve de nombreux rapports; il joue le principal rôle dans la formation des bourgeons réproducleurs, et dans le développement des organes sexuels. Joliet a proposé pour lui le nom iï endosarque.
Il n’existe pas chez les Bryozoaires d’organes des sens différenciés. Le tube digestif en forme d’anse est suspendu dans la cavité du cor|)s. La bouche placée au centre des tentacules est parfois surmontée d’un prolongement labial mobile, appelé èpislome. Elle donne accès dans un œsophage cilié plus ou moins long, au(|ucl fait suite un estomac en cul-de-sac, dont le tond est rattaché par un cordon, ou funicule, à la |)artie basilaire de la cavité générale; ce ligament appartient à l’endosarque. L’intestin remonte latéralement et aboutit à l’anus situé dans le voisinage de la bouche, mais le plus souvent en dehors du cercle tentaculaire. Les parois de l’estomac renferment des cellules hépati(|ues colorées en brun.
La respiration s’effectue j)ar la portion antérieure et protractile du corps, ainsi que par les tentacules ciliés qui entourent la bouche, et sont creusés d'un canal rempli de sang. Le courant que j)roduisent ces appendices dans l’eau ambiante a aussi pour effet de porter dans la cavité digestive les particules nutritives qui y sont en sus[)ension.
(!) Lucien Joliet, Contribulions a l’histoire des Bryozoaires des côtes de France, Thèse de la Fac. des Sc. de Paris 1877.
nilYOZOAlUKS.
DESC1UI»T1VE.|
Allmaii a donné le nom de Lophophore an disque circumbuccal qui porte les tentacules; ce disque n’est pas toujours annulaire; il est (juelquefois bilobé, ou en forme de fer cà cheval (Lopbopodes).
La multiplication se fait chez les Bryozoaires par oviparité ou par gemmiparité. Leurs colonies se forment par bourgeonnement ; les nouveaux individus qui prennent ainsi naissance restent unis entre eux, mais la gemmation a encore un autre rôle, et c’est par elle que s’elfectue le renouvellement du polypide dansrintérienr de sa loge. Celui-ci, en effet, arrivé au terme' de son existence, se désorganise et se réduit en une petite masse, ou corps brun, sur la nature duquel diverses opinions ont été émises, mais qui paraît, d’après les observations de .Joliet, n’être autre chose que le résidu d’nn polypide antérieur, comme l’avaient soutenu déjà Grant et Nitsche. Il se forme alors un bourgeon interne, qui le pins souvent tire son origine de l’endosarque ou quelquefois de l’endocyste (Pédicellines) et qui produit un polypide nouveau. Enfin, chez les Bryozoaires d’eau douce, Allman a observé des germes caducs, (jui se forment sur le fimicule de ces animaux et qu’il a nommés statoblastes.
Les éléments sexuels sont produits par des cellules mères, qui constituent soit l’ovaire, soit le testicule, et qui se développent dans le tissu du funicule d’une manière constante pour l’organe mâle et très générale pour l’organe femelle; chez quelques espèces, on trouve, en effet, sur les parois de la loge des œufs provenant .de l’endocyste.
L’hermaphrodisme forme la règle générale, et les cas dans les- (tuels les loges sont unisexuées représentent l’exce))tion , mais quoique les sexes soient réunis sur le môme individu, la fécondation est réciproque, c’est-à-dire que pour être fécondés les œufs doivent subir l’action de zoospermes appartenant à une auti“e loge (Joliet). De l’œuf sort une larve ciliée dont le développement a provoqué les recherches de divers observateurs, et a été l’objet d’une étude très importante due à J. Barrois (1). Ce naturaliste ramène les dilférentes formes présentées par les larves des Bryozoaires à un type idéal unique, composé d’une gastrula, dont le corps est divisé par une couronne de cils vibratiles en deux ])arties inégales, l’une antérieure qui porte la bouche, et l’autre postérieure ou aborale, beaucoup plus volumineuse que la première. De ce type dérivent trois formes principales ; 1° par l’adjonction d’organes accessoires, ventouse et organes tactiles, Evito/j/’ocfc-s* (fig. 173); 2“ par extension de la couronne ciliaire sur la face aborale qu’elle recouvre
(1) J. Barrois, Mémoire sur l'Embryologie des Bryozoaires. Tlièse de ia Fac» des Sc. de Paris, 1877.
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comme d’im immleaii, Cijclostowes ; 3° par division de la face aborale en deux parties, l’une terminale (ventouse), l’autre intermédiaire entre celle-ci et la couronne, Eacharines. Enlin, cette dernière lorme très répandue peut se modifier à son tour et donner naissance à des formes secondaires parmi lesquelles le Cyplionautes (tig. -474), pourvu d’une coquille à deux valves et reconnu par A. Schneider pour être une larve de Bryozoaire {Membranipora pilosa). Après une période pendant laquelle elle mène une vie errante, la larve ciliée se fixe; elle subit alors une métamorphose régressive et se transforme en un Brvo-
zoaire, point de départ d’une colonie nouvelle.
On s’est demandé par quoi était représenté l’individu dans le Bryozoaire. Est-ce par la colonie considérée dans son ensemble? Est-ce, suivant ropinion la plus ancienne, ]>ar la zoécie et le polypide réunis pour Ibrmer l’iin des éléments qui la com])oseut? Est-ce enfin par chacune de ces parties prises isolément? E’est à cette dernière conclusion qu’arrive Joliet. 11 admet deux sortes d'individus, la zoécie et le |)olyj)ide aiujuel il donne le nom de zoidc, f. a zoécie est asexuée et |)rodnit par gemmation le zoide; celui-ci donne naissance [lar voie sexuée à la larve. Ainsi, d’ajirès celte manière de voir, les pbénoniènes de l’eproduction chez les Bryozoaires se rangeraient dans la catégorie des générations alternantes. Il faut ajouter que les colonies de Bryozoaires présentent un |)olymorphisme analogue à celui (|ui existe chez les Siphonophores. Souvent, en elfel, on y trouve des appendices particuliers connus sous les noms (V avicnlaircs^ de vUïraculdireii, i\\n agissent comme organes de préhension ; les iiremicrs ont la forme d’une tète d’oiseau , les seconds se terminent par un long filament mobile. Ils })euvenl être
Fig. 473. — Larve libre de Pedicellina echinata. — œ, œsophage; est, estomac; R, rectum; o, l)onclie de la gastrula; mi, mésoderme aboral; vt, bouton terminal du corps; î;/, va, i)L organes tactiles ; mo, mbl, masses musculaires servant de soutien à ces organes; f, fente semi-circulaire causant la division de la masse ht; sph, bord antérieur contractile delà face aborale (d’après .1. Barrois).
miYOZOAIUES. — ENTOPROCTKS.
DESCRIPTIVE
re^ardésnioritliologi([iiement comnie des individus adaptés à un rôle spécial. Il en est de même des Ovicelles, sortes de capsules dont les loges sont parfois surmontées, et dans lesquelles les œufs émigrent et se développent jusqu’à l’éclosion de la larve.
Fig. 47i. — Larve libre de Membranipora pilosa (Cyphonanles). — 1. c, couronne ; P/, plumet ciliaire; f, fossette du plumet; vt, bouton terminal du corps; est, estomac; o, bouche de la gaslnda ; )« /, niésodnrme aboral; cc, cavité de segmentation ou cavité du corps; cœ, diverticulum latéral de la cavité ce. — 2. La même, vue de devant: c, couronne; coq, coquille; Vt, bouton terminal; si, son sillon de séparation; o, bouche de la gaslrula ; s, face orale; i, face aborale ; sb, sillon do séparation (d’après J. Barrois).
Les Bryozoaires sont en majorité des animaux marins; ils se fixent sur les corps les plus divers, et certains d’entre eux perforent les coquilles des Lamellihranclies qui les portent. Ils sont représentés pur de nombreux fossiles dans les formations géologitiues, principalement dans les terrains jurassique et crétacé.
Nitsclie a divisé les Bryozoaires en Entoproctes et en Ectoprocles^ suivant que l’anus est placé en tiedans ou en dehors du cercle tentaculaire ; les Ectoproctes se subdivisent eux-mèmes en Lophopodes et Stelmatopodes d’après le mode de disiiosition des tentacules.
OKDRE I. — ENTOPROCTES
Les Entoproctes sont caractérisés par la position de l’anus, en dedans de la couronne de tentacules. A ce groupe apiiartiennent les Pédicellines, Bryozoaires marins dont les colonies sont lormées d’individus nés par bourgeonnement sur des stolons, et distants les uns des autres.
Au voisinage des Pédicellines se place le G. Loxosouta (fig. i75), découvert par Claparède à Saint -Vaast-la- Bouge, nommé par Keferstein et étudié en dernier lieu par Cari Yogt ( 1). Les Loxosoma
(t) E. Vogt, Sur le Loxosome. . . {Archiv. de ZooL expérim., t. V, 187G).
MOLLUSCOIDES.