‹ Elements de zoologieChapitre 167 sur 312 · MOLLUSQUES OU MALAC‘•«^ — MOLLUSQUES PR. DITS · texte numérisé non relu

MOLLUSQUES OU MALAC‘•«^ — MOLLUSQUES PR. DITS

désigne sous le nom de li(je cristalline. La présence de cette tige n’est pas constante; parfois elle manque, et d’autres fois, chez des espèces où il n’y a pas de cæcum, on la trouve dans le canal intestinal lui-mème. L’intestin, généralement long, décrit plusieurs circonvolutions entre les lobes du foie qui est très volumineux, et, particularité que nous avons déjà signalée, il traverse d’ordinaire le cœur, puis il va s’ouvrir, par un orilice anal, dans la partie postérieure de la cavité [lalléale. La surface interne du tube digestif est tapissée par un épitbélium ciliaire.

Dans le système vasculaire, le sang est mis en mouvement, chez les Lamellibranches, par un organe central ou cœur, situé dans la région dorsale, sous la charnière qui réunit les deux valves de la coquille. Le cœur est placé dans une cavité spéciale formée par le péricarde; il est composé d’un ventricule et de deux oreillettes latérales. Du ventricule partent deux troncs aortiques, l’iiu antérieur, l’autre postérieur, qui aboutissent jiar leurs ramifications dans un système de lacunes interorganiques. De là, le sang est conduit aux organes respiratoires et ramené ensuite au cœur par des vaisseaux particuliers, vaisseaux branchio-cardiaques. Il est donc bématosé quand il arrive dans cet organe, lequel, par conséquent, est un cœur artériel. On sait que dans la plupart des Lamellibrancbes celui-ci est traversé par l’intestin; dans l’Arche de Noé, il est même dédoublé en deux cœurs latéraux, ayant chacun une oreillette et un ventricule, mais les aortes qui en naissent se réunissent entre elles pour former un tronc médian antérieur et un tronc médian postérieur suivant la disposition ordinaire.

Quelques points sont à noter dans le trajet que parcourt le sang, ijes lacunes sanguines, sans paroi propre, dont l’existence a été démontrée par Milne Ldwards, constituent un ensemble de cavités irrégulières et forment par places de vastes réservoirs ou sinus veineux, dont les principaux sont : l’un inqiair, sur la ligne médiane du corps, et deux autres, pairs, latéralement placés à la base des branchies. Le sang (jui y est contenu ne passe pas en totalité dans les organes res|)iratoires avant de revenir au cœur, et une partie de celui ijui a circulé dans le manteau est portée directement dans les oreillettes par des conduits veineux particuliers. D’un autre coté, la jdus grande portion du sang ({ui se rend aux braucbies, n’y arrive qu’ajirès avoir traversé le corps de Bojanas, pourvu de canaux qui y forment une espèce de système porte. Or, cet organe communique, par des orifices particuliers, avec le péricarde (fig. i')00,pi) et le réseau lacunaire, aussi l’eau ijui y pénètre du dehors peut-elle se mélanger au sang dans une certaine proportion. En outre, on a reconnu à la surface du pied l’existence d’ouvertures

LAMELLII5RANCHES.

DESCRIPTIVE

qui melteiit les lacunes veineuses en cominunicalion avec le milieu ambiant. Certains anatomistes même ont décrit sous le nom de raisseaux aquifères ces canaux qu’ils considéraient comme formant un système particulier, mais qui appartiennent en réalité au système lacunaire général. Ils constituent dans le pied un appareil érectile qni amène la turgescence de cet organe quand il se remplit d’eau.

Les Lamellibranches respirent an moyen de branchies lamellenses, comme l’indique leur nom (fig. 400); cependant la surface dn manteau est aussi le siège de phénomènes respiratoires, et, chez les jeunes, il n’y a pas d’antre organe pour l’accomplissement de cette fonction, mais les branchies ne tardent pas <à paraître. Le développement en a été étudié par Lacaze- Dulhiers (1). Il résulte des recherches de ce naturaliste que ces organes naissent dans le fond du sillon que le manteau forme avec le corps, par une double rangée de bourgeons qni, par leur allongement, constituent les lamelles branchiales. Celles de la môme série se sondent entre elles par leur extrémité inférieure, puis, continuant à s’accroître, elles se réfléchissent, en dehors pour la série interne, ei\ dedans

pour la série externe, et remontent vers leur ligne d’insertion. Il se forme ainsi de chaque côté dn corps deux branchies lamellenses. Dans certains cas, ces lamelles restent libres dans toute leur étendue et les branchies ont l’aspect d’une frange ; c’est ce qu’on voit dans les Dectens, les Spondyles et les Limes. Im pins souvent les lamelles de la môme rangée sont unies par un grand nombre de petites barres transversales qni forment ainsi avec elles comme une sorte de treillage. Les barres verticales sont creusées, sur leur liord interne et externe, d’un canal sanguin ; les transverses ne sont pas vasculaires. Tontes ces parties sont recouvertes d’un épithélium ciliaire.

La hranchie extérieure se développe après la hranchie interne,

Fig. 500. — Cœur et organe de Bojamis de VUnio pictorum. — r, coupe de l’organe de Bojanus; p, péricarde; c, cœur; ov, orifice génital; pe, oiifice c.Merne de la poclie périphérique cp; pi, orifice p(M’icardique ou interne de la poche centrale cc; mp, muscle postérioui’ des valves (d’apres Lacaze-Duthiers).

(1) Eucaze-Diilllicrs, Mém. sur le développement des branchies des ^[oUusques lamellibranches {Annales des sciences naturelles, 4® série, t. V, 185G).

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