CLASSE. — LAMELLIBRANCHES
I.es Mollusques lamelliliranclies de de Blainville étaient autrefois l’éunis aux Prachiopodes sous le nom de Conchifères (Lamarck). Ils sont encore réunis dans une même classe, celle des Acéphales, par Milne Ldwards; les uns et les autres, en etfet, sont dépourvus <le tète, mais leur organisation est assez différente pour qu’on s’accorde aujourd’hui à les séparer.
Ces animaux sont, comme les Brachiopodes, munis d’une coquille à deux valves, mais ces valves, de même que les lobes du manteau qui les sécrètent, sont placées latéralement sur les côtés du corps, au lieu d’étre l’uue dorsale et l’autre ventrale. Elles sont en général à
LAMELLinUANCIIKS.
DESCRIPTIVE
|)eu près semlilables par la forme et les dimensions, sauf dans quelques groupes, les Huîtres par e.vemple, qui sont inéquivalves ; du côté dorsal elles sont articulées par une charnière formée de dents qui s’engrènent, et, de pins, reliées parmi ligament élasti(|ue. Tantôt elles se touchent exacteiuent sur tonte rétendue de leurs hords, et la coquille est alors fermée ou close, tantôt elles restent snr certains points pins ou moins écartées rune de l’autre, pour le passnge d’organes tels que les siphons ou le pied, et on qualifie de bâillantes les coquilles de cette sorte. Souvent les coquilles présentent à l’extérieur des côtes qui rayonnent du sommet vers la circonférence, ou des lignes concentriques qui correspondent aux diverses zones d’accroissement. La surface interne est lisse, mais marquée d’un certain nombre d’empreintes qui olfrent de l’intérêt comme étant
Fig. 498. — Valve de Cylhérée. — a, cvlrémilé anlerieiiro ; b, extrémilé poslérieure; r, crochet; d, bord ventral; m, m' , impressions musculaires; ?t, sinus formé par l’impression palléale et occupé par le rétractcur des siphons.
en rap|)ort avec quel(|ues caractères anatomiques (fig. 408). Ainsi, les points d’attache des muscles adducteurs forment des impressions bien marquées, au nombre de deux, et semblables entre elles quand les deux adducteurs sont également développés; mais, parfois, l’nn de ces muscles, l’antérieur, s’atrophie ou disparaît, et alors l’impression de l’addncteur postérieur reste seule. C’est sur ce caractère que Lamarck avait établi sa division des Lamellibranches en Monomyaires et Dimyaires.
On appelle impression palléale celle qui est produite par les bords du manteau, et sinus palléal la concavité que présente celle-ci en arrière, quand il existe des siphons rétractiles (fig. 408, n).
Le pied, organe de locomotion, est, chez les Lamellibranches, de forme et de grosseur variables; chez ceux qui n’ont pas la faculté de se mouvoir, il est rudimentaire, et alors il renferme souvent des glandes qui sécrètent des filaments élastiques au moyen desquels
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182 MOLLUSQUES OU MALAC/<^*. — MOLLUSQUES PU. DITS. [zoologie
ces animaux s’amarrent pour ainsi dire aux corps sous-marins (Moules, Jambonneaux). On donne à ces fils le nom de byssus (lig. 41)9, c). Certaines especes qui \dvent enfoncées dans la vase ont un })ied volumineux dont elles se servent ])our fouir le sol; d’autres, qu’on désigne sous le nom de M. perforants^ creusent le Imis,
comme les Tarels, ou même la pierre, comme lesIMiolades, soit à l’aide de leur coquille , dont les bords agissent à la
façon d’une lime , soit à l’aide de leur pied lui-même, suivant l’opinion de Hancock. Une grande incertitude règne encore sur les
Lie. 4‘J'J. — Mytilus edulis. — Moule commune, ouverte. — a, bord du manteau ; b, f»icd ; c, byssus ; d, e, muscles du pied; f, bouche; g, tentacules ou palpes labiaux; h, manteau; i, brancbic interne; j, branchie externe.
m O y e n S q u e mploient ces Mollusques pour creuser les tubes dont ils font leur demeuie.
Le système nerveux des Lamellibranches se compose de trois paires de eanelions essentiels
dont nous avons indiqué la présence chez les Mollusques (lig. 489). Les ganglions céréhroïdes peu développés sont en général plus ou moins écartés entre eux et placés sur les côtés de Lœsopliage; ils sont alors réunis par une commissure filiforme. De chacun d’eux naissent ({uelques filets nerveux, dont Lun va se dislribiier au bord du manteau et s’anastomose avec un rameau marginal fourni à celte réirion par le ganglion postérieur, formant ainsi le nerf circunipalléal, décrit par Duvernoy chez un grand nombre de Lamellibranches. Des ganglions céréhroïdes parlent des connectifs iiui les relient aux ganglions des deux autres paires. Les ganglions sous-œsophayiens ou pédieux sont d’ordinaire intimement unis entre eux et à une distance des premiers qui varie beaucoup suivant les espèces. Leur développement est en rapport avec celui du pied, auquel ils fournissent des nerfs, et parfois ils
LAMELLIBUANCIIES.
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font défaut, par exemple dans l’Huître. Les ganglions de la troisième paire, ou ganglions viscéraux, placés en arrière, contre la face inférieure du muscle adducteur de la coquille, sont rattachés aux ganglions cérébroïdes par des connectifs très longs qui embrassent la masse viscérale; ils sont d’un volume plus considérable que les autres, tantôt confondus en une seule masse, tantôt simplement accolés. Ils fournissent plusieurs paires de nerfs qui se distribuent au manteau et aux organes respiratoires; aussi sout-ils souvent désignés sous le nom de ganglions branchiaux. Quelques anatomistes les regardent comme appartenant au système sympathique (Gegeuhaur). En général, on décrit, comme représentant ce système, des filaments émanés des cordons de communication qui unissent les divers ganglions entre eux, et destinés au cœur, aux organes digestifs et aux organes génitaux.
La sensibilité spéciale est peu développée chez les Lamellibranches. Le toucher s’exerce par la surface du corps, là où il n’y a pas de coquille, et particulièrement par les appendices ou prolongements cutanés, tels que les lobes placés au voisinage de la bouche, ou les tentacules portés par les bords du manteau chez beaucoup d’entre eux (Lime, Pecteu). Les organes de l’ouïe consistent en deux olocystes placées sur les ganglions pédieux, mais recevant un nerf acoustique dont l’origine est dans les ganglions cérébroïdes. Les organes de la vue manquent chez les formes qui sont fixées à l’état adulte, mais dans ce cas, ils paraissent exister pendant l’àge larvaire et disparaître ensuite par uu phénomène de rétrogradation. Ces organes se présentent, chez les animaux qui eu sont pourvus, sous forme de petits boutons colorés qui garnissent le bord du manteau et reçoivent leurs nerfs du rameau circumpalléal, le([uel offre, de distance en dislance, de pelits renflements ganglionnaires.
Tantôt réduits à de simples taches de pigments, ou les trouve parfois composés d’une cornée, d’un cristallin, d’une choroïde et d’une couche rétinienne de bâtonnets.
L’appareil digestif des Lamellibranches est peu compliijué. La bouche, en forme de fente transversale, est logée dans la cavité du manteau, derrière le muscle adducteur antérieur; elle est pourvue de deux paires de lobes membraneux garnis de cils vibratiles qui, indépendamment de leur rôle comme organes tactiles, servent à conduire dans le tube digestif les particules nutritives en suspension dans l’eau. A la bouche fait suite uu œsophage court, lequel se continue en une partie élargie où débouchent les canaux biliaires et qui constitue l’estomac. Celui-ci porte souvent dans sa région pylorique un prolongement en cæcum qui renferme dans son intérieur un corps hyalin, styliforme, d’apparence cartilagineuse, qu’on