MOLLUSQUES OU MALAC^«®. — MOLLUSQUES PR. DITS
[zoologie
3® CLASSE. — SCAPIIOPODES
■ Fig. 513.
Cette classe se compose d’un seul genre, le Dentale, qui était rangé parmi les Gastéropodes, et n’en a été séparé qu’à la suite des travaux de Lacaze-Duthiers (1). Ce singulier Mollusque se rapproche des Lamellibranches par un certain nombre de caractères communs, et établit le passage entre ceux-ci et les Cépbalophores, Ibrinant un groupe intermédiaire distinct.
Le corps est entouré d’uii manteau en l’orme de sac et pourvu d’nn pied trilobé (fig. 5li). Il est renfermé dans une coquille tubulaire (fig. 313), d’où le nom de Soléno conques (de omIWj , tube ; xôyyyj , coquille) donné par Lacaze-Duthiers à ces animaux. La tête est rudimentaire, sans yeux ni tentacules. Le svstème nerveux se coinpose de trois paires de ganglions : cérébroï les, pédieux et viscéraux. Sur les ganglions pédieux reposent deux otocystes qui renferment un grand nombre d’otolitbes. La bouche est portée par un mamelon caché dans la cavité du manteau ; elle est entourée
Fig. 513. — Dentale placé dans sa position naturelle; il est oblique à la surface du sable où il vit enfoncé. — s, bourrelet antérieur du manteau; d, son bord festonné ; t, tentacules.
Fig. 514. — Dentale sorti de la coquille et vu par la face inférieure. — p, lobe médian du [lied ; L lobes latéraux; q,s,d, partie antérieure du tube du manteau; s, bourrelet terminal du manteau; d, son bord festonné; t, ])artic postérieure du tube du manteau; bv, région brancliialc du manteau; f, lobes du foie; V, vaisseau médian bifurqué en avant; a, b, partie terminale du corps de l’animal; r, corps de Bojanus (d’après Lucaze-Dutlücrs).
de huit appendices labiaux à bords décoii])és. En outre, à la base
(1) Lacaze-Duthiers, Histoire de Vorijaiiisalion et du développement du Dentale {Annales des sciences naturelles, 4* série, t. VI, 1856).
CÉPHALOPIIOKES.
DESCRIPTIVE
(lu mamelon ou trouve des filaments grêles, pris autrefois pour des lirancliies, mais qui paraissent être des organes tactiles. L’arrièrebouche est armée d’une râpe lingiiale, formée de cinq séries longitudinales de pièces articulées entre elles. Le tube digestif n’offre rien de particulièrement remarquable, si ce n’est que la portion terminale de l’intestin est dilatée en forme de poche, et exécute des mouvements alternatifs de diastole et de systole, qui ont pour effet d’attirer et puis d’expulser l’eau du dehors. Il s’ensuit que cette poche doit être le siège de phénomènes respiratoires; mais l’échange gazeux s’elfectiie en outre par la surface du manteau. Cette portion pulsatile de l’intestin avait été prise pour le cœur, qui, en réalité, fait défaut, mais elle en remplit indirectement le rôle, car elle traverse nn réservoir ou sinus sanguin, et, par suite, ses mouvements se communiquent au liquide environnant.
Les Dentales sont dioïques, mais n’ont pas d’organes copulateurs, et leur appareil génital très simple présente, dans les deux sexes, la plus grande ressemblance. De l’œuf fécondé naissent des larves qui portent des cils vihratiles, disposés en couronnes, avec une houppe à l’extrémité antérieure. Puis apparaît la coquille ; les cercles ciliés se rapproclient, et il se forme un disque entouré de cils, ou vekm; le pied se montre ensuite. Ces animaux vivent dans le sable ou la vase, au fond de la mer. On en connaît une cinquantaine d’espèces actuellement vivantes, formant le genre Dentalium et l’ordre des Solénoconques.
Il y a des espèces fossiles de Dentale appartenant au terrain dévonien.
P CLASSE. — CÉPIIALOPIIORES
Cette classe de Mollusques comprend ceux de ces animaux qui possèdent une tête plus ou moins distincte, munie d’ordinaire de deux ou quatre tentacules.
Le manteau n’est jamais assez étendu pour envelopper complètement l’animal; mais il fournit, comme cliez les Lamellibranches, un abri aux organes respiratoires, qui sont le plus souvent renfermes dans une chambre formée par lui et située au-dessus du corps. 11 présenté du reste diverses modifications sur lesquelles nous aurons à revenir, et parfois il fait défaut. La coquille, sécrétée par le manteau et placée dans la région dorsale, est univalve; dans un seul cas, elle est mullivalve et composée de pièces ou plaques imhri- (tuées et disposées longitudinalement (Cliiton) (fig. 515). Elle est ordinairement spiralée (fig. 510), mais affecte une très grande variété de formes, qui sont minutieusement décrites dans les
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ouvrages de Coiicliyliologie. Ou y disliiigue uu soiuuiet et une base. Le sommet est le point par où a début j la formation de la coquille et où commence la spire; la base est la partie opposée au sommet et formée par le dernier tour de la s})ire qui porte Y ouverlure ou bouche de la coquille.
Fig. 510.
Soininet.
Fig. 515.
Fig. 515. — Coquille niiillivalvc du Chilon sqtiamosus.
Fig. 510. — Coupe d’une coquille spiralée du Triton [Triton corrugalus) (d’après Woodward).
Canal postérieur.
[ Bord externe de / Tou ver turc.
Canal antérieur.
Suture.
L’axe autour duquel se fait reiiroulcment est représenté, (juand les tours sont serrés les uns contre les autres, par une jiièce solide appelée columelle, mais parfois il est creux, et ou donne alors le nom lV ombilic à la cavité qui occupe le centre de la spire. Eu général, les tours sont eu contact les uns avec les autres, et leur ligue d’uiiioii est nommée sulurc; quebjuefois, ils sont séjiarés entre eux, et les co(|uilles ipii jirésciUent celle disposition sont dites scalaires. Ou distingue aussi les coquilles dextres et les coquilles séneslres, suivant ipie reiiroulement sjiiral se fait de gauche à droite ou de droite à gauche Le pourtour de l’ouverture a reçu le nom de pêiûstome. Il correspond au bord du manteau: tantôt il est continu, sans inlerrnpliou ; tantôt il est écbançré ou prolongé eu un canal, et sur ce caractère a été. fondée la division des lloloslomes et des Siphonoslomes.
Le pied, oiarinairemeul trcsdéveloppé, présente diverses modilications. Chez les (Gastéropodes, il constitue dans la région ventrale un disque charnu (|ui sert à la reptation; chez les Ilétéropodes, il
CÉIMIALOPHOIIES.
DESCRirilVE.J
forme une nageoire impaire verticale; chez les Pléropodes, ses parties latérales sont transformées en nageoires paires. Huxley distingue dans le pied trois parties ^lui présentent, suivant les cas, un développement très inégal : une antérieure, propodiiuu, une moyenne, mésopodiiuti, et une postérieure, métapodiiim. A ces parties s’ajoute le rebord latéral ou épipodiam, qui parfois prend la forme d’expansions membraneuses ou de prolongements lobés.
La peau se compose d’une membrane épithéliale, épiderme, formée de cellules prismatiques, portant des cils vibraliles sur toute la surface du corps chez les espèces aquatiques, et seulement sur certains points chez les espèces terrestres. Au-dessous de cet épiderme se trouve une couche dermique de tissu conjonctif, intimement unie à une trame forte et serrée de fibres musculaires dont la présence explique la contractilité remarquable de la peau. Cette enveloppe renferme des glandes cutanées qui sont de deux sortes : les unes appelées glandes calcaires par Meckel, mais plus exactement désignées sous le nom de glandes muqueuses, sont très répandues, surtout dans le bord du manteau; les autres, signalées par Gray dans cette même région, ont été nommées glandes pigmentaires (Farbdrüse) par Cari Semper; elles sécrètent, en effet, un produit coloré. Les premières sont des follicules simples en forme de petites outres contenant des cellules de sécrétion ; les secondes sont des glandes monocellulaires.
Indépendamment du système musculaire cutané, il existe chez les Cépbalopbores divers muscles isolés dont les plus importants s’insèrent sur la columelle, et agissent comme rétracteurs des dilîérents organes auxquels ils se rendent.
Ces muscles présentent avec le système nerveux une connexion remarquable que Cuvier avait déjà signalée dans son Anatomie du Colimaçon. « Ce qu’il y a de plus singulier, dit-il à propos du système nerveux, c’est sa soumission au système musculaire. Une cellulosité serrée unit les muscles rétracteurs des grandes cornes à renveloj)pe du cerveau ou dure-mère, et les principales languettes tles muscles rétracteurs du pied à celle du ganglion; d’où il résulte que ces muscles ne peuvent se raccourcir sans entraîner ces deux masses médullaires (1). » La ligure 517 montre que chez le Zonites ■algirus, du muscle rétracteur du pied se détache une bandelette musculaire qui se divise en deux languettes. De celles-ci la plus externe se porte au tentacule supérieur; l’autre s’unit au névrilème du collier nerveux et se rend ensuite au petit tentacule. Cet en-
(1) Cuvier, Mémoire sur la Limace et le Colimaçon, p. 35.
SICAUD. 3'2
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semble musculaire peut être désigné sous le nom de muscle rétracteur comiuuu des tentacules et du collier nerveux.
Le système nerveux nous présente à considérer les mômes masses
l'iG. 517. — Connexion du syslcnic nerveux avec le systènio musculaire chez un Gastcroi)üde (Zonites olgirus). — a, bandelette musculaire qui se détache du muscle rétracteur du )ded; b, faisceau qui se porte au tentacule su|)érieur; c, faisceau qui s’unit à l’enveloppe névrilémaliipie du collier œsopliajîien et se porte ensuite au petit tentacule; n, collier nerveux œsophagien.
gangiioiinaires t(ue celui des Lamellibranclies, mais à un plus haut degré de concentration. Nous y trouvons les ganglions céréhrdides, pédieux et viscéraux^ seulement plus rapprochés les uns des autres, et, par conséquent, réunis par des connectils moins longs; en outre, les premiers offrent un développement plus considérable. Ces divers ganglions groupés autour de l’œsopliage, forment un anneau ou collier nerveux œsophagien qui se compose d’une portion supérieure, ou sus-œsophagienne, et d’une portion inférieure, ou sousœsophagienne, reliées par un double cordon latéral. La masse nerveuse sus-œsophagienne (fig. 518) est constituée }tar les deux ganglions cérébroïdes, d’où naissent, entre autres, les nerfs des organes des sens, N. tentaculaire, optique et acoustique, lesquels tirent leur origine d’un lobule particulier, désigné par Lacaze-Dutliiers sous le nom de lobule de la sensibilité spéciale. La niasse nerveuse sousœsophagienne (lig. 511)) est formée par la réunion de plusieurs ganglions qu’il faut diviser en deux groupes : l’uu antérieur, symétri-
(|iie, et composé des deux ganglions pédieux; l’autre, postérieur, asymétrique, composé de cimj ganglions dont les deux premiers ne donnent naissance à aucun nerf, mais reçoivent d’une part le cordon postérieur latéral, et, d’autre part, celui (jui rallacbe entre eux les deux groupes inférieurs. Le cordon latéral antérieur aboutit, de chaque coté, aux ganglions pédieux. Ceux-ci fournissent des rameaux (jui se rendent dans le. pied, et se distribuent aux muscles et aux téguments de celle région. Les ganglions viscéraux envoient des
CÉPIIALOPHOHES.
DESCRIPTIVE
nerfs au maïUeau, aux organes respiratoires, aux parois de la cavité viscérale, au cœur et aux organes génitaux; ou trouve parfois de petits ganglions accessoires sur leur trajet.
Fig. 518.
Fig. 519.
Fig. 518. — Ganglions cérébroïdcs avec les nerfs auxquels ils donnent naissance (Zoniles alginis). — 1, nerf tentaculaire; 2, nerf optique; 3, nerf acousiique ; 4, nerf frontal; 5, nerf labial supérieur; G, nerf du petit tentacule; 7, nerf labial inférieur; 8, filet qui va au ganglion st'iina'o-ga.^trique ; 9 nerf pénial (impair); 10, nerf qui se détache du cordon latéral liostéricur; 11, anastomose de ce nerf avec le stomato-gastrique.
Fig. 519 — Ganglions sous-œsopliagiens {Zonites algirus). — p, ganglions pédieux; a, cordon latéral antérieur; b, cordon latéral postérieur; c, ganglion auquel aboutit ce cordon latéral de idiaipie côté; d, ganglion droit d’où part un nerf n destiné au pneumostome ; »n, ganglion médian d’où partent trois nerfs : l’un, o , qui se rend au côté externe de l'onfice respiratoire; l’autre, q, sur l’oviducte ; le troisième, h, dans le pied avec une branebe de l’artère céplialique; g, ganglion gauche d’où part un nerf t, qui se rend aux téguments de ce côté.
On considère comme appartenant au stomato-gastrique deux ganglions punctiformes placés sous rœsopliage; ils sont reliés entre eux par une commissure et communiquent avec la masse cérébrale par deux lilels très ténus. Ils envoient des filaments à l’appareil buccal, aux glandes salivaires, à rœsopliage.
On rencontre chez les Céplialopbores des organes spéciaux pour le tact, la vue et l’ouïe. Le tact s’exerce par toute la surface de la peau qui est douée d’une assez grande sensibilité, mais plus particulièrement par les tentacules, les lobes buccaux, ou les prolongements cutanés qui parfois occupent certaines régions du corps, par exemple les bords du manteau. On a reconnu que beaucoup de ces animaux étaient doués de la faculté de percevoir les odeurs, mais on ne sait que bien peu de chose sur le siège de l’olfaction. Pour les Gastéropodes terrestres on le place dans la portion terminale des grands tentacules qui renferment un nerf émané des ganglions
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