‹ Elements de zoologieChapitre 171 sur 312 · IG · texte numérisé non relu

IG

Mode

de

distribution

du

nerf

tentaculaire

dans

le

bouton terminal (Zonites algirus). — n, nerf; g, ganglion d’où partent les troncs nerveux qui, en se ramifiant, vont à la pc'riphéric de l’organe.

500 MOLLUSQUES OU MALAC‘'^ — MOLLUSQUES PR. DITS (zoologie

cêvL'hroi{[es,\e 7ierf tentaculaire ou olfactif, ei terminé par unrenflement ganglionnaire (fig. 520.). De ce ganglion parlent des troncs nerveux rpii se ramifient et se résolvent en fibrilles. « Ces tibrilles

vont se perdre dans l’épiderme, entre les grandes cellules épithéliales, sous la forme de filaments renflés à leur extrémité (Jobert). » Chez les Gastéropodes pulmonés aquatiques, c’est une fossette formée par la peau , garnie de cils vibratiles, et en communication avec un nerf particulier, qui constitue probablement un organe olfactif (Lacaze-Duthiers).

11 n’y a pas longtemps qu’on a reconnu l’existence du sens de l’ouïe dans les Céplialophores. Signalés d’abord par Eydoux et Souleyet, les organes auditifs de ces animaux ont été, depuis, l’objet de travaux importants et nombreux, parmi lesquels le dernier paru, de Lacaze-Duthiers, offre un intérêt capital. En effet, 011 avait cru jusqu’ici que, dans un gi’and nombre de cas, les vésicules auditives étaient en rapport avec les ganglions antérieurs de la masse sous-œsopliagienne, c’est-à-dire avec les ganglions pédieux, sur lesquels elles reposent; or Lacaze- Duthiers est arrivé à constater que, si la position de la vésicule auditive était variable, le nerf auditif ne tirait pas moins toujours son origine du ganglion cérébroïde. Ce résultat a une grande importance, en ce qu’il démontre la fixité des connexions de ces organes avec les centres nerveux (1).

La disposition des Otocystes par rapport aux ganglions pédieux })résentc l’un des (juatre modes suivants :

1" Otocystes éloignées des ganglions pédieux;

2*’ Otocystes voisines, mais séparées des ganglions pédieux;

5" Otocystes reposant sur le centre pédieux (fig. 521);

Otocystes en raj)port direct et apparent avec le centre susœsophagien.

La paroi de la vésicule est formée par une membrane de tissu conjonctif revêtue intérieurement d’un épithélium vibrât ile. Dans le liquide qui remplit l’olocyste llottent les otolilhes mis eu mouvement par les cils vibratiles; quelquefois il n’y a qu’un seul de ces corpuscules solides (llétéropodes). Les yeux sont au nombre de deux, situés dans la région céphalique, tantôt portés par les tenta-

(l) Lacaze-Duthiers, Otocystes des Mollusques {Archiv. de Zool. expér., t. I, 1872).

Fig. 521.

DESCRIPTIVE.) CÉI’IIALOIMIORES. ^>01

Cilles (par ceux de la paire postérieure, quand il y a quatre de ces appendices), tantôt placés plus ou moins près de leur base. Ces organes ont une structure assez complexe (lig. 52^2). On y distingue uim enveloppe conjonctive externe, ou sclérotique, formant comme

une coque, à la partie antérieure de laquelle se trouve une cornée transparente. Intérieurement à la scléroti([ue on rencontre une membrane ténue, colorée en noir, ou choroïde, et une tunique nerveuse ou rétinienne, dans laquelle on a reconnu l’existence de corps

Fig. 521. — Otocyste ot, reposant sur le centre pédieux (Umax agrestis).

dilif venant des ganglions ccrébroïdes c (d’après Lacazc-Diithiers).

Fig. 522. — Œil (Zonites algirus). — c, cornée; s, sclérotiiiuc ; v, nerf optique.

n.a, nerf aii-

bâtonnoïdes. Derrière la cornée, il y a un cristallin volumineux, et la cavité de l’œil est remplie par un corps vitré gélatineux. Le nerf optique tire son origine du lobule de la sensibilité spéciale, tout à coté (lu nerf tentaculaire, avec lequel il est souvent accolé, sans se • confondre avec lui, comme on l’a cru parfois à tort. Les organes de la vue font défaut chez la plupart des Ptéropodes et chez quelques autres Céphalophores (Chiton, Vermet).

L’appareil digestif des Céphalophores (fig. 52d) est beaucoup plus perfectionné que celui des Lamellibranches, et comprend des organes destinés à la préhension et à la division des aliments. Chez ces animaux, le développement d’une tête entraîne des modifications importantes dans la première portion du tube digestif. La bouche, au lieu d’étre cachée entre les lobes du manteau, s’ouvre à l’extrémité antérieure du corps. Elle est entourée de lèvres contractiles, et s’allonge souvent en forme détrompé. Elle conduit dans une cavité dont la paroi épaisse et musculeuse a valu à cette partie

502 MOLLUSQUES OU MALAG*-^®. — MOLLUSQUES 1>R. DITS. [zoologie

le nom de bulbe pharyngien ou de masse buccale, et où se trouvent des organes masticateurs particuliers. Ceux-ci varient beaucou}) dans leur composition. Ils consistent en nue ou plusieurs jiièces coruées implantées dans la voûte du jiliarynx, et en une lame garnie d’une multitude de petites dents, placée sur le plancher de la bouclie; les premières sont désignées sous le nom de niàchoires, et la seconde sous le nom de langtie ou râpe linguale. Celle-ci repose sur line saillie cartilagineuse en forme de fer à cheval, et s’engage en arrière dans un fourreau membraneux, dont le fond constitue une espèce de matrice où se développe cet organe. La langue porte à sa surface un nombre ordinairement très considérable de crochets, ou dents, dont la forme et l’arrangemement varient beaucou}) suivant les genres ou les espèces, et fournissent ainsi un caractère qui a été utilisé dans la classitication. D’une manière générale, ces dents sont disposées par rangées transversales, et forment longitudinalement des séries dont l’une occupe la ligne médiane, et les autres sont placées latéralement par rapport à la première.

A la masse buccale fait suite un œsophage plus ou moins long qui parfois présente une portion dilatée constituant un jctbot (tig. 5:23, Gp.). La portion moyenneet élargie du tube digestif forme l’estomac, qui est entouré par le foie, et où débouchent les canaux biliaires; elle est souvent divisée en plusieurs segments, dont l’un, muni de parois musculeuses et armé, à l’intérieur, de pièces solides, devient un véritable gésier, propre à broyer les aliments, comme on le voit dans l’Aplysie, par exemple. L’intestin décrit plusieurs circonvolutions au milieu des lobules du foie, et s’ouvre au dehors par un anus dont la position est varialile. En général, cet orifice est placé dans la région antérieure du corps, et à droite de l’ouverture respiratoire.

Les organes glandulaires annexés au canal digestif sont les glandes salivaires et le foie (fig. lrTâ,gs, h). Les premières sont situées sur les côtés de l’œsophage, et plus ou moins loin en arrière de la masse buccale. Quelquefois, ce sont de simples tubes à parois glanduleuses, mais le plus souvent ce sont des glandes composées, à acini monocellulaires, dont le canal excréteur, passant avec l’œsopbage à travers le collier œsophagien, vient s’ouvrir dans la cavité buccale. Il n’existe d’ordinaire qu’une seule paire de ces glandes, qui peuvent même être réunies en une seule masse, mais en conservant leurs canaux excréteurs distincts; dans quelques cas, il y en a une double paire, par exemple chez les Jantliines, les Littorines.

Le foie, comme celui des Lamellibranches, est très voluminenx, et forme une masse lobuleuse qui entoure l’estomac et l’intestin;

llESClUPTIYE.I

CKl'llALOIMlOUKS.

les follicules qui le coinposeut reufenueul des cellules de sécrétion colorées par une substance d’un jaune brunâtre. Parfois l’organe bépatique,au lieu d’être ainsi centralisé, est enquel({uesorteditfus, formé d’éléments épars représentés par des diverticules du tube digestif, qui s’étendent dans le corps de l’animal, se ramifient et pénètrent jusque dans les cirres brancbiaux qui occupent la région

l'iG. 523. — Anatomie de Vflelix pomntin. — tt, tentacules; », gan^jlions sus-o?sopliagiens ; (]S, t^landes salivaires; pv, jabot; v, estomac; i, intestin; h, foie; a, anus; pu., poumon; c, ventricule; c, onillelte; ar, artère céplialiqiie ; ///t, g;landc licrmaplirodite ; gai, glande de l’albumine; pr, prostate; ut, utérus; p, pénis; f, llagellum ; m, muscle rélracleur du pénis; bt, sac du dard; vs, réceptacle séminal ou poche copulatrice; gm, vésicules multifides ; r, organe urinaire (d’apres Cuvier).

dorsale cbez les Kolidiens. C’est à cette disposition que de Quatrefages a donné le nom de phléhentérisuie^ et les Mollusques qui la présentent sont par conséquent appelés Phlébentérés. Souvent l’ouverture de ces appendices cæcaux est assez large pour que des matières alimentaires puissent pénétrer dans leur intérieur, comme l’a observé Milne]^ Edwards, et, dans ce cas, la cavité digestive se trouve ainsi augmentée en étendue.

Le système circulatoire, malgré des modifications diverses régies par la disposition des organes respiratoires, est constitué sur le

MOLLUSQUES OU MALAC". —MOLLUSQUES PU. DITS. [zoologie

même lype fondamental que celui des Lamellibranches. Le cœur (tig. 523 c, &) est situé dans la région dorsale du corps, enveloppé par un péricarde. Il se compose d’un ventricule et d’une oreillette. Quelquefois celle-ci est fort peu développée (ainsi, chez plusieurs Nudihranches) et quelquefois elle est double, par exemple chez l’Haliotide. Certains Céphalophores ont comme les Lamellibranches le cœur traversé par le rectum (Haliotide, Turbo, Nérite...).

L’aorte se divise après un court trajet en deux artères, l’une qui se dirige en avant, V artère céphalique, l’autre qui se dirige en arrière, Vartère viscérale. Ces artères fournissent un certain nombre de branches, dont les dernières ramifications débouchent dans le système lacunaire général. Jourdain a observé sur VArion riifus que les artérioles distribuées dans les organes se terminent à leur surface par une extrémité tronquée et béante ; c’est par ces oritices que le sang se répand dans la cavité générale (1). Les voies de retour du sang sont plus ou moins différenciées suivant le degré de localisation et de développement des organes respiratoires. Quand ceux-ci sont bien définis, il existe des canaux distincts qui leur apportent le sang veineux {artères branchiales ou pulmonaires), et d’autres qui ramènent ensuite le sang dans Loreillette (veines branchiales ou pulmonaires). Chez les Céphalophores, comme chez les Lamellibranches, il peut y avoir communication entre le système vasculaire et l’extérieur, communication qui s’étalilit de même par l’intermédiaire de l’organe de Bqjanus, ou par un orifice qui est placé à la surface du pied, et par lequel l’eau pénètre dans un système de canaux formant V appareil aquifère de certains naturalistes. Le plus grand nombre des Céphalophores vil dans l’eau, et respire au moyen de branchies, mais il y en a (luelques-uns qui vivent dans l’air, et, chez eux, ce sont les mêmes parties, ([iii, modifiées par adaptation à ce nouveau milieu, constituent l’appareil respiratoire.

Dans les formes les plus inférieures la respiration est simplement cutanée et se fait par la surface tégumentaire garnie de cils vibratiles (Limapontic, Actéon); mais en règle générale elle s’elTectue par des appendices membraneux dont la forme et la position varient du reste beaucoup; ce sont les branchies. Quelquefois ces organes sont placés à découvert dans la région dorsale ou sur les côtés du corps (Audibrancbes) ; le })lus souvent, ils sont situés sous le manteau qui leur fournit un abri, soit qu’il les couvre d’un simple repli cutané, soit ({u’il forme une cavité dans laquelle ils sont logés

(1) Jourdain, Sur la terminaison des artérioles viscérales de l'Arion ru fus (Comptes rendus, t. LXXXVIII, p. 186, 1879).

CÉPIIALOPHORES.

DESCRIPTIVE

{chambre respiratoire). Celte chambre occupe la région antérieure (lu dos, et reçoit l’eau nécessaire à la respiration par l’ouverture ménagée en avant, entre le bord du manteau et la munie de l’animal ; les organes digestif, urinaire et générateur y viennent déboucber.

On peut comprendre la formation de la chambre respiratoire par le développement autour de la région dorsale des deux lobes du manteau, nommés lobes tergaux par Milne Edwards (1). Ces lobes, en s’agrandissant, viennent se joindre an-dessus de cette région ou se trouve placé l’appareil respiratoire, et, se soudant alors, ils constituent la voûte membraneuse ([ui s’étend sur le dos de l’animal et forme la cbambre respiratoire. Chez certains Prosobrancbes, cette voûte, à cause de la soudure incomplète des deux lobes tergaux, présente une fente longitudinale correspondant à une fente de la coc(uille, ou à une série de trous ménagés dans son épaisseur. Cette fente est sur la ligne médiane chez les Emarginules ; elle est latérale chez les Ilaliotides, les Vermets, et cette disposition s’expli(|ue par le développement inégal des deux lobes tergaux. Parfois la cbambre respiratoire est divisée en deux loges par une cloison longitudinale (|ui porte sur chacune de ses faces nue brancbie (Pbasianelles) ; cette cloison descendant de la voûte, reste incom- })lète chez les Turbos et les Stomatelles. On peut considérer sa formation comme résultant de la juxtaposition des deux lobes tergaux (|ui, une fois soudés par leur bord supérieur, continuent à s’accroître plus ou moins. Une modification intéressante dans l’appareil de la respiration chez un grand nombre de Prosobrancbes consiste dans le prolongement de l’orifice inspirateur en forme de siphon. Cet orifice est formé par nne simple "fêîite ou boutonnière cheTTes Holoslomes ; mais, chez les Siphoiiostomes, il existe un siphon protractile par lecjuel l’eau est conduite dans la chambre respiratoire. Ce siphon est formé par le bord libre du maideau ([ui, en s’allongeant et se recourbant en dessous, constitue une gouttière ou un tnbe ouvert cà son extrémité ; le bord de la cociuille présente une dépression ou un canal pour le passage de cet organe.

Chez les Gastéropodes î\ respiration aérienne l’appareil respiratoire se modifie et consiste en une poche dans rintérieur de hujuelle est amené l’air, et dont les parois sont parcourues i>ar de nombreux canaux sanguins. Cette poche est désignée sous le uom de poumon (fig. 523 pu), et on appelle les animaux (jui en sont pour-

vus. Le poumon, comme la chambre respiratoire, est formé par le manteau. A l’intérieur, au lieu de branchies, on voit, sur les parois,

(I) Miliie Edwards, Leçons sur la Phys, et VAnal — , t. II, p. 57, Paris, 1857.

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