ORDRE I. — PTÉROPODES
Les Ptéropodes ont été ainsi nommés (de TTTcpôv, aile; ttoOç, pied) à cause de la présence de nageoires en forme d’ailes, développées sur les côtés du cou et formées par les lobes latéraux du pied (lig. 527). Le corps est tantôt nu, et tantôt revêtu d’une coijuille fragile et transparente dans laquelle l’animal peut se retirer; la
510 MOLLUSQUES OU MALAG^^". — MOLLUSQUES PR. DITS. [zoologie
portion céphalique est pinson moins distincte ; elle porte la bouche et une paire ou deux de lenlacules.
On remarque certaines dilTérences dans Forganisation des Ptéropodes, suivant qu’ils sont nus ou pourvus d’une coquille. Le système nerveux des premiers présente la disposition qui est générale chez les Géphalophores , les ganglions cérébroïdes étant au-dessus de Pœsophage, tandis que, chez les seconds, ces ganglions, reliés par une longue commissure, sont rejetés sur les côtés, ou même au-dessous de l’œso- })hage. Dans la plupart des cas, les yeux manquent ou sont rudimentaires. Les otocystes sont placées au voisinage des ganglions pédieux et renferment de nombreux otolilhes.
L’appareil digestif (tig. 528) subit diverses modifications. Chez les Ptéropodes nus la bouche est souvent prolongée en forme de
Fig. 527. — Hyalc Iridentée {Htjalea ti'identata), d'ain'hs Ranjj et Soulcyct.
Fig. 528. — Clio borealis. — j>, sm-facc interne du manteau; pi, nageoires; o, bonclie ; œ, œsopliagc; gs, glandes salivaires; h, foie; r, rectum; c, cœur; g, gan;;lion sns-œsoplia' gien ; ov, glande licrinaplirodite ; od, son canal excréteur; t, prostate; vd, canal efférent; bc, poche copulatricc (d’après Cuvier).
trompe, et munie d’appendices préhensiles, (|ui font défaut chez les Ptéropodes à coquille. On y trouve une râpe linguale et des mâchoires latérales plus ou moins développées. L’estomac est tantôt
CKIMIALOIMIOUES. — GASTÉIUH‘Ol)ES.
DESCRIPTIVE
une simple poelie inembniiieuse entourée par le foie, et tantôt il est divisé en chambres dont rime constitue un gésier. Les glandes salivaires inan([iient en général on sont rudimentaires. L’anus s’ouvre h la partie antérieure du corps et d’ordinaire sur le côté droit, quelquelbis sur le côté gauche.
Il n’y a rien de particulier à signaler dans la disposition des organes circulatoires. La respiration peut être simplement cutanée (Clio), mais le plus souvent elle s’elTectueà l’aide de branchies renfermées dans la cavité palléale. Toutefois, chez, les Pneumodermes, ces organes sont externes et portés à l’extrémité postérieure du corps.
Tous les Ptéropodes ont les sexes réunis. La glande hermaphrodite est pourvue d’un canal évacuateur simple pour le transport du sperme et des œufs. Sur son parcours on trouve une poche copulatrice et une glande alhuminipare. L’orifice sexuel est situé au-devant de l’anus. Quelquefois l’oi'gane copulateur est formé jiar la portion terminale du canal excréteur; quelquefois il en est séparé.
Les œufs, agglutinés par une matière albumineuse, forment de longs cordons qui llotteiit à la surface de la mer. Les larves qui en naissent sont munies d’uii vélum à bords ciliés et portent une coquille. Celle-ci tantôt continue à se développer, et tantôt tombe pour être remplacée [lar une autre. Chez les Ptéropodes nus, quand les larves perdent leur coquille embryonnaire et leur voile, elles acquièrent trois cercles de cils disposés autour du corps, comme le sont ceux des larves d’Aiinélides, et celte forme correspond à une seconde phase larvaire.
Tous les Ptéropodes sont des animaux pélagiques de jietite taille qui habitent la haute mer, où ils sont souvent réunis en bancs considérables. Ils se meuvent au moyen de leurs ailes natatoires qu’ils agitent avec une extrême rapidité ; ils sont répandus dans toutes les zones et sous toutes les latitudes.
Cet ordre se divise en deux sections : les Tliécosomes et les Gyninosoîues.