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ORDRE II. — SAURIENS

Les Sauriens ont en généra*! le corps pourvu de deu.x paires de membres et divisé en régions distinctes, le tronc étant séparé de la tête par un cou bien apparent et se continuant en arrière par une longue queue. Parlois les membres sont rudimentaires, ou font entiè-

VERTÉHllÉS OU OSTÉOZOAIRES.

renient défaut; tantôt les deux paires manquent; tantôt une seule paire, soit rantérienre (P s cudo pus), soit la postérieure (Chirotes).

Les ceintures thoracique et pelvienne existent toujours plus ou moins dév'è^lôppêés, et il en est de même du sternum,, excepté chez les x^mphisbènes. La houche n’est pas dilatable comme celle des Ophidiens, les os qui composent sa charpente étant plus solidement unis entre eux et au crâne. Les den U présentent une certaine variété de formes, et de plus un mode d’implantation diflerent, car tantôt elles naissent du sommet du bord alvéolaire, et tantôt elles sont soudées sur le côté interne de ce bord. C’est en se fondant sur ce caractère que Wagler avait divisé les Sauriens en Acrodontes et Pieurodontes, mais c’est surtout de la conformation de la langue qu’on a tiré parti dans la classification. Ainsi, Wiegmann, en 1834, établissait dans l’ordre des Sauriens trois divisions sous les noms de Leptoglosses, Rhiptoglosses ot Paclujglosses, suivant que la langue de ces animaux était étroite, protraclile ou épaisse. De plus, il subdivisait les Leptoglosses en Fissilingues et Brévilingiies, et les Pacliyglosses en Grassilingues et Latilingues. Ces dénominations sont souvent employées, surtout dans les ouvrages allemands.

Sous le rapport des sens, les Sauriens sont mieux partagés que les Ophidiens. Les yeux, exceplé chez le^Amplüsbènes et les Geckos, sont pourvus de paupières mobiles: l’oreille comprend une caisse du tympan qui ne manque que chez les Ampbisbènes. Les téguments jirésentent une certaine variété d aspect par suite du développement d’écailles, de tubercules ou de verrues, et de la diversité de coloration que produit parfois le jeu des cbromatopbores, chez le Caméléon en particulier.

Chez les Sauriens, l’oviparité forme la règle ; (pielques espèces cependant sont vivipares (Orvet). Ces animaux sont principalement répandus dans les régions chaudes; ils sont insectivores. Quelquesuns sont employés comme aliment dans certains pays, les Iguanes par exemple, en Amérique.

I. a classification qui suit est celle de Duméril,avec cette seule modification que les Ampbisbéniens y sont séparés des Cbalcidiens et forment une famille distincte. Les Sauriens sont ainsi distribués en huit groupes ou familles.

Ampiiisbémdés (Awphisbœna). Ce sont des animnux serjieiUi--*-— foi’iUCS^ dépoui'vus (îè'Tnembres, à corps cylindrique et dont la peau présente des sillons, les uns longitudinaux, les autres transversaux la divisant en une série d’anneaux ; de là le nom d’Annelés qui leur est donné parfois.

Us n’ont ni paupières, ni membrane du tympan ; leur . langue ejat

courte et épaisse. Us ont 1 habitude de vivre sous terre, comme les

REPTILES. — SAIR1E>;S.

DESCRIPTIVE

Cécilies, ce (lui explique F atropine de leurs yeux rudimenlaiies et recouverts par la peau. Cette ramilie com})reiid plusieurs genres dont Fun, le G. Chirotes, possède par exception deux membres antérieur.^,

SciixciDÉs. Les Scincidés rappellent plus ou moins les Serpents par la forme de leur corps ; ([uelques-uns d’entre eux sont apodes ou seulement bipodes. La membrane du tympan est souvent cachée sous la peau. La forme apode la plus connue est fragüis) (fig. 039), très répandu en Europe. On le nomme aussi

Eig. 63Ü. — Orvet {Anguis fragüis].

« Serpent de verre » parce qu’il se raidit quand on le touche, et se casse alors avec la plus grande facilité. L’espèce qui a donné son nom à la famille, le Scinque des J3ouliqu^(§ç0iat^ possède quatre membres ayant cbacun cinq doigts plats et dentelés. 11 vit dans diverses contrées de FA^’j,que et était autrefois employé en médecine.

CiiALCiDiDÉs (Chalcis). On les a appelés aussi « Ftychopleiires » à cause de la présence d’nn repli cutané qui s’étend de chaque côté du corps sur toute sa longueur. Certains d’entre eux sont privés de inemhres, ou n’en ont que de rudimentaires, et ressemblent à des Serpents (Pseudopus, Ophiosaurus).

Lo‘^d\e\[o\msk]i (Pseudopiis Pallasü) est le seul représentant européen de cette famille ; il habite le sud de la llussie et de l’Autriche.

650 VKRTÉOllÉS OU OSTÉOZOAIRES. [zoologie

Les deux familles des Sciucidês et des Chalcididés forment le groupe des Hrévilingues de Wiegmauu.

A sn A r,A (1 kckotidés (Laliliiigues de Wiegmauu). Ce sont des animaux à peau verruqueuse, d’un aspect repoussant, dont les doigts portent des pelo^ c^dhésives qui leur permettent de grimper le-long des murs, et même de courir contre les plafonds. Ils passent à tort pour venimeux.

Les Geckotidés habitent les pays chauds, mais il y en a quelques espèces dans l’Europe méridionale. Le GeckqjlÊS.jnuraill.eî^i^4#^^-^ dactijhis muralis) {i\^. 640) et le Gecko verruqiieux {Ilemidac-

Fig. GiO. — Gecko {Plalydactylus muralis).

tylus verrucîdatus) se trouvent sur notre littoral méditerranéen, à Cette, Marseille, etc.

Iguanidés (Crassilingues de Wiegmaun). Cette famille se compose d’esp'ecês de grande taille, et se divise très naturellement en deux groupes caractérisés par la disposition des dents et par leur distribution géographique. Les uns, en elTet, sont acrodontes et habitent l’ancien continent, les autres sont pleurodontes et habitent le nouveau monde.

Parmi les premiers se trouve un genre curieux, le Dragon volant {Draco volans) (lig. 641), qui existe à Java et qui doit à la présence de larges replis membraneux étendus sur les côtés du corps la faculté de se soutenir dans l’air.

Ici se placent des Sauriens voisins des Iguanes, mais dont on fait quelquefois nue famille à part, celle des Agamiués {Agan}a).\[s se distinguent des Iguanidés par des formes plus lourdes, mais surtout par leurs mœurs, car ils vivent à terre, se cachant dans des trous.

UEl'TILES. — SAURIENS.

DKSCRll’TlVK.

tandis que les premiers ont riiabitiule de vivre sur les arbres, aussi a-f-ou donné le nom iV llumivagues, mais, comme les Igiianidés, les uns sont acrodoutes et propres à l’Afrique ou à l’Inde, les antres pleurodontes et propres à l’Amérique.

Fie. Gil. — Draco volans.

Camé|^nidés (Vermilingues de Wiegmann). Ces animaux (fig. 0-4:2) se cniBn^ent 'p^^^ de remarquables particularités. Leur lani'ue très longue, vermiforme et protractile constitue un véritable organe de préhension. Leurs pattes sont terminées par cinq doigts formant deux groupes opposés, de façon à pouvoir agir comme des ])inces, disposition qui leur permet de grimper avec facilité.

De plus, ils ont une queue prenante qui leur sert à s\accrocber aux branches des arbres sur lesquels ils vivent. Leur corps comprimé latéralement, leur tête de forme pyramidale, leur donnent line physionomie singulière. Leur peau est chagrinée et susceptible, comme on le sait, de changer de couleur. Ils sont acrodoutes.

Les Caméléons sont lents dans leurs mouvements, et ils s’emparent des Insectes dont ils font leur nourriture en les guettant à l’allut, et en dardant sur eux leur langue (juand ils passent à leur portée. Ils habitent l’Asie^ • l’Afrique .ct . le sud de l’Espagne.. Il y en a plusieurs espèces appartenant toutes au G. Chamœleon.

LAGKRiAôità. Cette famille se compose des Lézards dont plusieurs vivent dans nos pays et sont bien connus. Ils ont la langue mince, protractile et bifide (Fissilingues de Wiegmann). Ils sont pleurodontes. On distingue les Lézards du nouveau monde de ceux (jui habitent

VERTÉBRÉS OU OSTÉOZÙAlRES.

[ZOOLOGIK

rancioii coiiliiieiO, et (]iielques-iiiis en t'ont une famille à part sous le nom (I’Améiyidés.

Les espèces qu’on trouve en France sont les suivantes : le Lézard des murailles {Lacerta mural ‘ui),\<èhi'z^n\ des soiiclies (L. agilis), le Lézard vert (L. viridls), le Lézard ocellé (L. occUata), et le Lézard vivipare (L. vivipara).

Varanidés {Varanus). Ce sont des Lézards de très grande taille, à langue f^ate'ment bifide (Fissilingues). Il yen a deux espèces en Afrique, rime, le Varan duNil (^Jo)l^tor n^lol.iclls)(\\\ï^iÜcu\^]us(\uk deux mètres de long ; l’autre, le Varan du désert {Varanus arenariu!<), qui n’est autre chose que le Crocodile terrestre des anciens.

Eig. OW. — Ptcrodactylus spectahilis.

Alix Sauriens se rattachent de nomhrenx fossiles qui forment des groupes particuliers, tels (|ue les l'uoTOSArRiENS qui sont les représentants les plus anciens de cet ordre, car ils appartiennent aux formations permiennes ; les Dlxosauriens (jui comprennent les Mégalosaures, les Iguanodons, etc., ces animaux gigantesques des terrains mésozoïques ; les Ptéuosaurie.xs, ou Sauriens volants, de l’époque jurassique, *qui se rapjirochent des Oiseaux par certains traits de leur organisation etipii rattachent ainsi l’une à l’autre des classes entre lesquelles il semble qu’il ne puisse y avoir rien de

ÜESClUPTIVK.J

niiPTILES. — CnOCODlLlENS.

cominiin. La figure 043 représente un de ces Sauriens, le Ptérodactyle (Plerodactijliis spectabUis).

ORDRE ill. — CROCODl r. lENS

Les Crocodiliens ont été longtemps réunis avec les Sauriens dans un même ordre, mais ils leur sont bien supérieurs par leur organisation qui leur assignerait même le premier rang parmi lesUeptiles. Chez eux les vertèbres sont amphi- ou opisthocœliques dans les espèces fossiles, mais procœliques dans les formes actuellement vivaiiteg, indépendamment des Cjôtes thoraciques, il existe un certain nombre de .çôteis^ ventrales qui ne remontent pas jusqu’aux vertc'bres lombaires, mais* qui sont portées par un st^aium abdomiliai; il y en a aussi, mais peu développées, dans la région cervicale, '--et-qui ne permettent pas au cou de se fléchir latéralement. La mâchoire supérieure est solidement fixée au crâne, et la mâchoire inférieure s’articule avec un os carré immobile ; les dents sont implantées dans des alvéoles. LesjJenx^œjjxs, le cœur droit et le cœur gauche, sont séparés par une cloison in complète. La peau est garnie dans la région dorsale de pièces osseuses dermiques formant cuirasse, caractère qui a fait quelquefois désigner les Crocodiliens sous le nom de Cuirassés {LoricataUerr.). Ils possèdent quatre membres, dont les doigts sont plus ou moins réunis par une membrane, disposition en rapport avec leurs habitudes aquatiques ; ils ont une longue queue comjirimée latéralement.

Les Crocodiles nous montrent à un degré de per-

lectionnement plus élevé l’organisation que devaient avoir un certain nombre de Sauriens fossiles de l’époque secondaire, dont les membres étaient en forme de nageoires et la vie exclusivement aquatique. Ces animaux aujourd’hui disparus forment les familles dés Notuosauriens, des Plésiosauriexs (fig. 044) et des

vEirrÉnuÉs ou ostéozoaihes.

[ZOOLOGIK

IciiTYOSAURiENS ; c’est j)oiirqiioi Cari Vogt a proposé le nom îVIlydrosauriens pour désigner l’ordre comprenant ces formes

anciennes et les Crocodiles aclnels.

Les Crocodiliens proprement dits renferment aussi des espèces fossiles dont les unes, caractérisées par des vertèbres biconcaves, composent le groupe des Ampiiï- CŒLiENS d’Owen, ou Téléosauuiens, et les autres, caractérisées par des vertèbres opistliocœliques, forment celui des Opis- TIIOCŒLIENS d’Owen, ou Sténosauriens.

Enfin, les espèces actuelles se réunissent dans une seule famille, celle des CrocoDiLiDÉs, ou Procœliens d’Oweii, c’està-dire à vertèbres procœliques.

Ces grands lleptiles habitent les régions chaudes des deux continents et vivent dans les lacs ou les grands fleuves. Ils plongent et nagent avec la plus grande facilité. Ce sont des animaux carnassiers qui se nourrissent de Poissons ou autres Vertébrés et sont dangereux pour l’IIomme lui-méme. Ils se partagent en Crocodiles, Gavials et Caïmans ([u’on peut regarder comme formant des sous-familles.

Les Crocodiles (Crocodilus) hahitent l’Afrique et le sud de l’Asie. Ils sont caractérisés })ar leur quatrième dent inférieure plus longue et reçue dans une échancrure de la mâchoire supérieure.

L’espèce la plus anciennement connue, déjà décrite par Aristote et par Pline, est le Crocodile du Nil (Cr. nilgaris) que les Egyptiens adoraient autrefois comme un animal sacré.

Les Gavials,. {G/ii'XoZis) vivent dans riiulc (fig. 6f5) ; les Caïmans (Alligator) Améri(jue.

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