ORDRE IV. — G II É L O N I E N S
Les Chéloniens se distinguent nettement de tous les autres Reptiles par la forme de leur corps discoïdal et la présence d’une enveloppe solide
DESCRIPTIVE
IIEPTILES. — CllÉLONlENS.
qui les protège. On a vu déjà que celte cuirasse est formée de deux parties, rune supérieure ou dorsale, la l’autre
inférieure ou ventrale, le ]üasir 011.1 et l’on sait qn'eïfok es't"^nstituée par ruiiioiT d’éléments emnruntés au squelette interne et d éléments appaHmuTnt
dermique. La carapace (fig.*’6lG), en elfet, comprend une série de pièces médianes ou ne-UïUjMs..
(huit) correspondant aux apopjiyses épineuses des vertèbres dorsales, et, de chaque côté de celles-ci, des pièces transversales en même nombre, formées par les côtes unies à des plaques dites cabales, et plus ou moins confondues avec elles (fig. 040 et 047); enfin, sur les bords, une série de pièces dites marginales, au [nombre de onze de chaque côté, auxquelles aboutissent les côtes. Il y a en outre quelques plaques dermiques complémentaires qui s’ajoutent aux précédentes : ainsi une plaque
Fig. 646. — Carapace de Chelone midas. — Nu, plaque nuquale ; iM, plaques uiarginalcs ; R, côtes ; 1-8, plaques neurales; C1-C8, plaques costales; Vy, plaques pygales.
Fig. 647. - Section transversale d’un squelette de Chelone midas dans la région dorsale. — C*, contre; V, plaque neurale; C, plaque costale; R, cote ; M, plaque marginale;?, élément latéral du plastron.
nugunie située dans la région cervicale au-devant de la première plaque neurale, et trois autres plaques dans la région sacrée, appelées plajgiies pygales, qui suivent la huitième plaque neurale. Les pièces costales ne se rejoignent pas toujours entre elles sur toute leur longueur, et dans ce cas laissent subsister une certaine portion des espaces intercostaux (fig. G46). Chez les Tortues terrestres elles s’unissent dans toute leur étendue.
VERTÉI’.RKS ou ostéozoaires.
[zoologie
Fig. Gi8. — Plastron de Chelone midas. — Ici, intcrclaviculc ( enloplastron ) ; cl, clavicule (é(iiplaslron) ; \hjp, hyoplasiron ; Upp, liypoplaslron ; Xp, xyplioplastron.
Le plastron (lig. 048), placé à la face ventrale du corps, est composé de neuf pièces, dont une antérieure impaire et quatre autres, paires. GeoflVoy Saint-Hilaire, considérant le plastron comme l’analogue du sternum des autres Vertébrés, avait donné à ces os les
noms suivants, en allant d’avant en arrière : endosternal, épisternaux, hyostervaux, hyposternaux et xypliosternaux, mais aujourd’hui la plupart des anatomistes, suivant l’opinion de Kathke, les regardent comme ayant'une origine dermique, et on peut avec Huxley remplacer les dénominations précédentes par celles-ci : entoplastron , épiplastrons , liy O P lustrons y hyp o plu si ro ns et xyphoplastrons. Ce naturaliste pense que l’entoplastron représente l’épisternum, ou inlerclavicule, que l’on trouve développé chez beaucoup de Vertébrés, et que les deux épiplastrons correspondent aux clavicules. Suivant leur degré de développement, les os du plastron peuvent être réunis ou non.
La surface externe de la boîte osseuse, formée par le bouclier dorsal et par le bouclier ventral, est recouverte d’épaisses jdm^ épideriuiques régulièrement disposées et constituées par la substance connue sous te nom (Vécaille.
La tête, le cou et les membre?~~sont les seules parties du corps qui sortent de la carapace, et encore peuvent-elles d’ordinaire y rentrer complètement. Les vertèbres cervicales au nombre de huit sont très mobiles; il en est de niêm'irliTes vertèbres caudales; le cou et la (pieue sont donc Mexibles, tandis que toutes les autres portions de la colonne vertébrale sont unies avec la carapace. Les os dont se compose la tête sont solidement fixés, et l’os carré, avec^ lequel s’articule la mâchoire inférieure, est soudé au crâne.
La bouche n’est pas armée de dents; elle porte un bec corné comparable à celui des Oiseaux.
Lus.Aiiü%bres, au nombre de quatre, présentent des modifications en rapport avec le genre de vie de ces animaux. Chez Its espèces aquatiques, ils sont adaptés à la locomotion dans l’eau ; ainsi, chez les Tortues marines, ils sont transformés en nageoires, tandis que chez les Tortues terrestres, les pattes sont en forme de moignons
i)i:scaii*TivK.|
r,Emu:s. — ciiélümens.
et perlent des doigts très courts. Les ceiii.Lü;c^i..scapiilaire et pelvieiiiie sont situées à riiilérieur de la carapace ; la [)reuiière est constituée par les oinc^^ates et les os, coracoïdes et procoracoïdes. Le bassin ne présente rien de jiarticulier dans sa composition.
ÂpMitons à tons ces caractères que les yeux des Cliéloniens sont pourvus, outre les ])aupières, d’une membrane nictitante, ({iie l’oreille possède toujours une caisse du tympan dont la membrane est recouverte extérieurement par une pla([ue S([uameiise un peu ditrérente des autres, que la langue est molle, papilleuse et paraît servir comme oi'gane de gustation. ' - -
Les Tortues sont ovipares; elles pondent des œufs revêtus d’une co([uedure qu’elles dé[K)sent d’ordinaire dans des trous, ou qu’elles enfouissent dans le sable. Elles se nourrissent de matières végétales, cependant celles qui fréquentent lès eaux mangent aussi des Poissons, des Mollus(]iies ou des Crustacés. Elles habitent les régions chaudes.
Le genre de vie de ces animaux varie beaucoup, et coïncide avec des ditrérences dans leur conformation, différences qui ont servi à les classer. On les divise en quatre familles suivant qu’elles sont marines, fluviales, paludines ou terrestres.
CiiELOMiuÉs,' Tortues marines ou Tbalassites. La tète ni les •ï'end)res dniis la carapace; les pattes ont la
forme de rames natatoires (tig. GP.)), les antérieures beaucoup plus longues que les postérieures. Ces Tortues ne ({uittent les eaux marines (jii’à l’époque de la ponte pour venir déposer leurs œufs à terre, où elles les enfouissentdans des trous qu’elles creusent sur le
SICAItl). ta
G58 VElVrÉlîRÉS OU OSTÉOZOAIUES. [zoologie
rivage. Elles retournent ensuite à la mer où se rendent également les jeunes aussitôt après l’éclosion. Elles atteignent parfois une taille extraordinaire, et il y en a dont le corps pèse jusqu’à 300 kilogrammes.
C’est aux Cliélonidés qu’appartiennent les Tortues qui fournissent Vécaille, et en particulier le Caret {Chelonia imbricata) qu’on trouve dans l’océan Indien et l’océan Atlantique; la Tortue franche, ou Tortue ver(e {Ch. escidenta), dont la chair délicate constitue un aliment recherché ; la Tortue luth {Sphargis coriacea) (tig. 049) qui se distingue par l’absence de plaques cornées, et dont la carapace et le plastron sont recouverts d’une peau coriace, semblable à du cuir.
TiuonycidéSj T O r t U e s^, fluvial e s ou Potamites. La carapace et le plastron sont incomplètement ossiliés^êr recouverts d’une peau dépourvue de lames cornées, ce qui leur a valu le nom de « Tortues molles » par lequel on les désigne quelquefois. Comme dans la famille précédente, la tète et le cou ne sont pas rétractiles. Les pattes portent des doigts libfes'etmobiiesf lm unis'pTr une mem^ hrane natatoire. Ce sont des aninTàtix aquatiques, qui habitent tes grands fleuves de l’Afriq ue, de l’Inde et de l’Ainérique. Le Tnjonix ferox, de l’Amérique du Nord,‘'csU reifomnié pour sa chair savoureuse.
EiimiiiJis., Tortues paludines ou Elodiles. Elles forment le passage entre les Tortues essentiellement aquatiiiues et les Tortues
terrestres. Leurs jiatles sont terminées par cinq doigts libres, mais plus ou moins palmés. La carapace et le plastron sont entièrement ossifiés et recouverts de phu|ues cornées. La tète et les membres peuvent se cacher sous la carapace, mais la tète s’x^'ctirc par deqix. procédés difféxents; tantôt elle renti'e dans une sorte de gaine formée par la peau qui entoure le cou; tantôt elle s’infléchit latéralement sous la carapace. li’api'ès ce caractère, Duméril a divisé la famille en deux groupes ou sous-familles, les (^ryptodci'cs et les Pleurodères. Comme exemple des premiers, nous citerons les Cis-
OISEAUX
DESCRIPTIVE
tildes dont une espèce, la Tortue liourbeuse (Cistado europwa), est très coniinune dans le sud de l’Europe, et comme e.vemple des seconds, les Clielydes, parmi lesf[uels le Matamata (^(^Jiclys fliu~ hriata) (fig. G50) de l’Amérique méridionale, remarquable par la forme de sa carapace, par les franges et les barbillons (|ui garnissent son cou et son menton, par son nez prolongé eu forme de trompe.
TESTUDiNJW'iS, Tortues terrestres ou Cbersites. La carapace est Irès bombée; elle est complètement ossifiée ainsi que le plastron. Celui-ci est quelquefois mobile dans sa partie antérieure qui peut s’appliquer contre le bord de la carapace quand l’animal y est renfermé {Pyæis). Quelquefois c’est la parlie postérieure de la carapace qui est mobile et peut s’abaisser contre le plastron (Cynixis). La tête et les membres sont rétractiles; ceux-ci sont en forme dejiiQj gnpns. Ces tortues se nourrissent de végétaux.
On en trouve trois espèces en Europe dans la région méditerranéenne : la Tortue grecque (Testudo grœca), la Tortue mauresque (T. mauritanica) et la Tortue bordée {T. marginata).