OIS QUI RUGISSENT LES ORGANES
nmsde long et mince placé à la partie postérieure de la jambe, sans nsaue dans notre espèce, représente nn muscle i)uissant (pii, très développé chez certains carnivores, leur permet d’exécuter des bonds prodigieux.
Les rapprochements les pins intéressants ressortent i^le la considération des analogies. Ainsi, par elle on a reconnn rpie les mains de rilomine, les membres antérieurs des Mammifères ou des Ueptiles, les ailes des Cdianves-sonris ou des Oiseaux, les nageoires thoraciques des Poissons, ne sont que des modifications d’un même organe. De là résulte, comme conséquence, ipie la même partie peut être adaptée à des fonctions ditïérentes, car les usages auxquels sont employés les membres antérieurs varient chez ces divers animaux; l’instrument qui sert si merveilleusement à la préhension chez l’Homme, est approprié au vol dans la Chauve-souris, à la pro-
gression chez les Quadrupèdes, à la natation chez les Poissons. Des recherches de même ordre ont permis à Savigny de démontrer que les appendices buccaux des Disectes, tantôt disposés pour broyer les aliments, tantôt pour aspirer les sucs des végétaux ou le sang des animaux, n’en étaient pas moins, malgré cette variété de formes, composés des mêmes parties diversement modifiées et n’étaient autre chose en réalité que des pattes transformées. Ces vues ont été étendues à l’organisation tout entière des Articulés par les travaux ultérieurs d’Audouin, de Milne Edwards et de Lacaze-Du- Ihiers.
La considération des organes analogues dans les dilTérents animaux a servi de base à la doctrine de V Unité de composition, d’après laquelle tous les organismes, sous une apparente diversité ^de formes, seraient constitués d’après un même type d’organisation. Cette idée, dc'jà énoncée d’une façon plus ou moins explicite dans les écrits de quelques zoologistes, et entre autres de BulTon, fut nettement formulée par Et. Geodroy Saint-Hilaire, en 1700, dans les termes suivants ; (( La nature, dit-il, a formé tous les êtres vivants sur un plan unique, essentiellement le même (,’ans son principe, mais qu’elle a varié de mille manières dans toutes ses parties accessoires (1). » Depuis lors, tous les travaux de cet illustre naturaliste eurent pour but la démonstration de cette théorie, qu’il considérait comme « la conclusion la plus élevée de ses recherches ».
L’idée de l’unilé de composition repose sans contredit sur une généralisation excessive des rapports de similitude que présentent les animaux dans leur organisation; celle-ci, en effet, ne répond
(1) Et. GcolTroy Sainl-Hilairc, Mém. sur les Makis (Mag. encijd.. t. I, p. ï20).
AGCUOISSEMKNT DKS ORGANISMES.
[ZOOL(l(;iE
[>as ù un seul et même schéma, mais l)ien à des lvj)es dilTérents ou plans d’ocganisalion de Cuvier. Toulerois, si les vues de Geoffroy Saint-Hilaire ne se sont pas confirmées sur cepoiiil, ses travaux n’en ont pas moins été féconds eu résultats de la plus liante imporlance pour les progrès de la Zoologie.
I/examen des homologies et des analogies monli-e rpie les mêmes jiarties sont répétées dans les organismes et adaptées à des usages dilférents jiar suite de modifications plus ou moins profondes, sans ipie le plus souvent des organes nouveaux interviennent pour remplir des fonctions nouvelles. C’est là une loi que Milne Edwards a appelée loi d'économie et dont il a fait ressortir rinllnence par de nomhréux exemples (1). On observe donc comme un fait général dans la constitulion des animaux la répétition de [larties similaires diversement modifiées en vue d’un perfectionnement de l’organisme, mais on voit aussi un phénomène inverse se produire parfois et avoir au contraire pour résultat une simplification de l’organisme. C’est celui qu’on désigne par le nom de réirogradatioii ou réduction.
La rétrogradation se manifeste comme la conséquence d’nne adaptation à des conditions particulières d’existence; elle peut frapper le coi'ps tout entier on seulement une de ses parties. Ainsi le manque d’usage amène l’atrophie des organes : les animaux, par exemple, (pii vivent dans l’obscurité deviennent aveugles; chez eux les yeux ont disparu ou sont du moins très imparfaitement développés. Tels sont ceux de la Taupe ordinaire, ceux du Clirysochlore du Cap, du Ctenomijs de l’Amérique du Sud dont la vie est égaleinenl souterraine; les Cécilies et les Protées, qui habitent les lacs souterrains de la Carniole, sont aveugles, etc. Oui ne sait que les membres se fortifient par l’exercice et diminuent an contraire de volume parle l’epos jirolongé? C’est à un phénomène de retrogi-adation (jiie sont dus ces organes rudimentaires dont nous avons parlé jilus liant, et qui, sans utilité pour l’organisme, se transmettent néanmoins jiar hérédité et se réduisent ainsi progressivement avant de disparaître.
L’intluence des conditions d’existence comme cause de rétrogradation s'exer(;ant sur rensemhle de l’organisme, se montre de la manière la jiliis évidente dans les cas de iiarasitisme. En elfet, c’est riujte du parasite (|iii accomplit en majeure partie le travail nécessaire pour assurc'r la vie de celui-ci et les organes tendent chez lui à s’atrophier en i-aison de leur inutilité. Ainsi, le jiarasile fixé au sein d’un autre organisme cesse d’ètre en rapport avec le monde
( I) Mitne Eilwaids, Inlrod. à la Zoologie générale, p. *.) et sniv., p. Ol et suiv
OlUiAlNES DE LA VIE ANIMALE.
générale!
extérieur cl la rétrogradation porte tout d’abord sur les jippareils de la vie de relation; de plus, les matériaux milritils lui étant Iburiiis par sou liôte prêts à être absorbés, l’appareil digestif se simj)lilie et peut iiiêiue disparaître dans certains cas, la nutriliou se faisant alors uui(|uemeiit par endosmose (Cestoïdes).
Au cours du développement de l’ètre, la rétrogradation peut concourir, bien ipie d’une manière indirecte, à la production d’un état supérieur d’organisation eu atteignant des organes ou des appareils provisoires dont le rôle est borné à une certaine phase de ce développement. C’est ce ({ui arrive quand disparaissent certains organes appartenant à des formes larvaires, comme, par exemple,
les branchies du têtard.
On voit comment la connaissance des lois qui régissent la constitnlion des animaux expli([ue la })rodnction de cette étonnante variété de formes qu’on observe dans les êtres vivants et ({ni résulte de simples modifications, subies par des parties similaires, mais ada{)tées à des fonctions dilTérentes.