ACCROISSEMENT DES ORGANISMES
(luire à la (Itîterminalioii ix'elle des organes et à la découverte des analogies cachées, c’est-à-dire ({ni ne se présentent pas avec le caraclère de l’évidence.
Deux principes surtout doivent servir de guide dans la recherche des analogies ; le principe des connexions et le principe du balancement des organes. Le premier est celui de la fixité des rapports de jiosition (|ue présentent les organes entre enx, rapports qui restent constants alors ipie la forme et les usages de ces parties ont changé. « Un organe, dit Geolfroy Saint-llilaire, est plutôt altéré, atrophié, anéanti qne transposé (i). » Et si cette loi n’est pas aussi absolue que le pensait son auteur, elle est néanmoins très générale et d’un emploi des pins féconds pour la détermination des analogues. Le second principe est celui du halancement des organes. (( J’appelle ainsi, dit GeotlVoy Saint-Hilaire, cette loi de la nature vivante en vertu de laquelle un organe normal on pathologique n’acquiert jamais une prospérité extraordinaire qu’un antre de son svstème on de ses relations n’en souffre dans une même raison ('2).»
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Chose remarquable ! ces idées, émises par le créateur de l’anatomie philosophique en France, avaient été indiquées par l’illustre Gœthe, en Allemagne, dans des travaux demeurés d’aliord inédits. Le principe des connexions est nettement exprimé dans ces passages : (( L’ostéogénie est constante en ce qu’un même os est toujours à la môme place, en ce qu’il a toujours la même destination. » — « Ce (pii est constant, c’est la place qu’un os occupe dans l’économie et le rôle qu’il y joue (3). d Le principe du halancement organique se retrouve tout entier dans les lignes suivantes : « Il existe une loi en vertu de laquelle une partie ne saurait augmenter de volume qu’aux dépens d’une autre, et vice versé... Le total général an budget de la nature est fixé; mais elle est libre d’atrecter les sommes jiartielles à telle dépense qu’il lui plaît. Pour dépenser d’un côté, elle est forcée d’économiser de l’antre; c’est pounpioi la nature ne peut jamais ni s’endetter ni faire faillite (4). »
C’est par la connaissance des analogies (pi’on arrive à établir la véritable nature des organes qui, atrophiés et inutiles dans certaines espèces, ont été (pialifiés de rudimentaires. Par exemple, le repli semi-lunaire situé à l’angle interne de l’œil chez l’Homme est la trace de la troisième jiaupière qui défend l’œil des Oiseaux contre l’action trop vive des rayons solaires ; le plantaire grêle, petit
(1) Et. Gcoiïroy Saint-llilaire, Philosophie analomicpie, t. I, p 30.
(2) IhUL, t. II, p. 33.
(3) Gcrllie, CEuvres d'hisl. na(., trad. par Gli. Martin?, p. i l et iO. (i) Unil, p. 30.