ORDRE VI. — PROBOSCIDIENS
Les Prohoscidiens, rangés autrefois parmi les Pachydermes, présentent des caractères distinctifs assez tranchés })our qu’on les considère comme formant un ordre séparé. Ce sont les plus grands
VERTÉHUÉS OU OSTÉOZOAIRES. [zoologie
(les Mammifères terrestres. Leurs meml)res sont pourvus de cinq doigts enveloppés parla peau, et teiiuinés chacun à leur extrémité par un petit sabot arrondi (Multiongulés). La particularité la plus remarquable de leur organisation, et de laquelle ils ont tiré leur
Fig. 731, — Tèlc d’Élcplianl.
non (7rr.oÇoaxiç, trompe), consiste dans l’existence d’une longue trompe très mobile, formée par un prolongement du nez et munie au bout d’un appendice digiliforme (fig. 731). Cette trompe constitue un organe de tact et de préhension fort délicat, en meme temps qu’une arme puissante et rcdout.able; elle leur sert à porter à la bouche leurs aliments et leurs boissons.
Les Eléphants n’ont que doux sortes de dents : incisives et molaires; les canines font défaut. Les incisives ne se trouvent, du moins dans les espèces actuellement vivantes, qu’à la mâchoire supérieure ; elles sont au nombre’ de deux, portées par les intcrmaxillaires, et forment de longues défenses qui atteignent des dimensions considérables. Les molaires volumineuses présentent à leur surface des îlots qui font saillie et dont la forme varie suivant les especes (fig. 73:2). Ces îlots sont constitués par des lames de dentine entourées d'émail, qui sont disposées transversalement et sont soudées les unes aux autres par de la matière cémenteuse. Le renouvellement de ces dents SC fait d’une fa(,‘on toute particulière : il n’y en a d’abord qu’une de chaque côté et à chaque mâchoire, mais à mesure que celle-là s’use, il s’en développe une autre derrière elle
Fig. 732. — Dent molaire d'Éléphanl.
DESClUI'TlVt:.!
MAMMIFÈRES
IMIORÜSCIÜIE.NS.
(|ui avance de plus eu plus et Huit par la remplacer. Les molaires (|ui apparaissent ainsi successivement sont en general au nombi'C de six ou sept.
L’estomac des Éléphants est simple; leur intestin est pourvu d’un ca'cum très vaste. Une particularité digne de remarque, c’est que les liémisplières cérébraux olîrent à leur surface de nombreuses circonvolutions. Enfin, ces animaux se séparent des autres Ongulés par d’importants caractères tirés du développement; ils sont pourvus d’une membrane caduque, comme les Mammifères appartenant aux ordres plus élevés, et leur placenta est zonaire, au lieu d’être cotylédouaire ou dilfiis.
Les l’roboscidiens sont bien doués sous le rapport de l’intelligence ; ils sont d’un naturel doux, et susceptibles d’éducation. Déjà dans ranti(|uité ou les employait comme bêtes de somme. Ils vivent eu troupes, sous la conduite des vieux mâles, et habitent l’Inde et t’Afri({ue. Il n’eu existe actuellement que deux espèces propres chacune à l’une de ces contrées.
L’Éléphant des Indes (ElepJias indiens) a la tète oblongue, le front vertical, les oreilles petites et mobiles, les défenses moins grandes que l’Eléphant d’xVfriijue, des molaires à lamelles d’émail formant des bandes étroites. L’Éléphant (.VAiVuiue (E le plias africanus) est plus grand que le précédent. Il a la tête plate, le front incliné, les oreilles grandes et immobiles, des défenses très développées, des molaires à lamelles d’émail dessinant des losanges.
Il y avait dans les temps primitifs des Éléphants qui vivaient en Europe, et dont les restes fossiles commencent à se montrer dans