MAMMIFÈRES. — RUMINANTS
feuillet el de caillette (fig. 7:20). Les deux premières^constiUient un réservoir dans lequel les alimeiils sont simplement emmagasinés, et les deux autres représenlent le véritalde organe de la digeslion, dans lequel les aliments n’arrivent qn’après avoir été mâchés une seconde fois. La panse est de heaiiconp la plus vaste de ces poches
Fig. 72(5. — Vue aiUtM’ieurc des estomacs du Bœuf. — A, œsophage; B, sac gauche du rumen; e, sac droit; 1), réseau ; D', intérieur du réseau ; E, feuillet; F, caillette ; X, gouttière œsopliagieiiiic ; Y, sa lèvre postérieure; Z, sa lèvre antérieure ; V, orifice rpii fait commu nirpier le réseau avec le feuillet ; 0, l’ouverture qui fait communiquer le rumen avec le réseau (d’a[irès Chauveau).
stomacales, et le plus souvent elle est subdivisée elle-même en deux compartiments. Le bonnet est petit, de forme arrondie et présente sur sa paroi interne une multitude de cellules polygonales formées par d es replis de la muqueuse; à cause de cette disposition on l’appelle aussi ((uelipielbis réseau. La troisième poche, ou feuillet, sert en quelque sorte de vestibule à l’estomac proprement dit. On y remarque intérieurement de larges replis parallèles qu’on a comparés à des feuillets, c’est jionripioi ou lui a donné ce nom. La caillette enfin est le lieu où le sue gastrique est sécrété, et c’est parce que ce suc a la prqpriété de faire cailler le lait qu’on a nommé caillette la poche qui le contient.
Lorsque les aliments sont ingérés une première fois, ils vont dans la panse et dans le bonnet, tandis qu’ils se rendent directement dans le feuillet et puis dans la caillette quand, après avoir été ruminés, ils sont avalés une seconde fois. Cela tient à ce que l’œsophage se continue jusque dans le feuillet par une gouttière, dite fjouttière œsophaffienne (fig. 7:20, X), dont les lèvres s’écartent
quand ce sont des matières solides et grossièrement divisées, comme celles que l’animal avale la première fois, qui y arrivent; elles tombent alors dans les deux premiers estomacs. Ces lèvres restent au contraire rapprochées quand ce sont des substances sous forme de pâte semi-fluide qui y passent; c’est ce qui a lieu dans la déglutition des matières ruminées.
VERTÉBRÉS OU OSTÉOZOAIRES.
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Fig. 727. — Tète d’ Antilope. — ms, maxillaire siipérienr ne portant que des molaires; im, intermaxillaire sans (lents; mi, maxillaire inférieur avec des incisives et des molaires.
Quant au retour des aliments à la bouche, ou à leur régeslion, il est dù essentiellement à un phénomène d’aspiration produit par la
raréraclion de l’air dans la cavité thoracique. Sous cetle inlluence, les aliineuls passent du rumen dans rœsopliage, dont les contractions péristaltiques les conduisent ensuite jusque dans la cavité buccale pour y être de nouveau mâchés (Toussaint) (1).
En général, il n’y a chez les Ruminants ni incisives, ni canines à la mâchoire supérieure (fig. 727). Les molaires sont le })lus souvent au nombre de six de chaque côté, tant en haut qu’en bas; elles ont une couronne large,
manjuée de deux doubles croissants formés par des replis de l’émail. Les métatarsiens et les métacarpiens des deux doigts médians se soudent de bonne heure en une seule pièce appelée canon.
La plupart des Ruminants, les mâles en particulier, sont armés de corner ou de bois. Les cornes sont des appendices constitués par des excroissances des os frontaux; ordinairement elles sont envelop|)ées d’un étui de Fig. 728. - Bois de Cerf. substaiice comée de même na-
ture que les poils; quehjuefois elles sont revêtues par la peau (Girafe). Les bois se distinguent des cornes en ce (ju’ils sont dépourvus d’enveloppe, et qu’ils sont caducs; ils tombent périodiquement, et se renouvellent en se développant chaque fois davantage et se ramifiant (Cerf).
Cet ordre comprend un grand nombre d’espèces domestiques qui
(1) Toussaint, De l' intervenlion des puissances respiratoires dans les actes mécaniques de la digestion. De la Rumination, p 10-03. Tlièsc pour le doctorat ès sciences. Lyon, 1877.
MAM.MII'ÈUKS. — RUMINANTS.
DESCIUPTIVE.I
rendent à rilonime les plus utiles services et servent à son aliinenlation. 11 se divise en sept lainilles ; Camélidés, Moschidés, Camélopardalidés, Cervidés, Anlilopidés, Capridés et Bovidés.
Les Camélidés sont dépourvus de cornes. Ils ont des canines et deux incisives à la mâchoire supérieure ; les incisives sont même de 4 on 6 dans le jeune âge. Les doigts accessoires manquent; ceux du milieu sont seuls développés, et posent à terre dans toute leur longueur SuiuL); ils portent à leur extrémité des sabots
très petits. La lèvre supérieure est renflée et fendue. L’estomac se distingue par l’état rudimentaire du feuillet et par la présence, dans la panse, de deux groupes de cellules disposées en séries parallèles, qui servent de réservoirs contenant de l’eau en réserve.
A cette famille appartiennent les Chameaux (Cameliis) et les Lamas {Auchenia).
On connaît deux espèces de Chameaux : le Dromadaire (C. dromedarius) à une seule bosse, qui est répandu dans le nord de l’Afrique, l’Arabie et l’ouest de l’Asie, et le Chameau de la Bactriane {C. bactrianus), à deux bosses, qui se trouve dans l’Asie centrale et orientale. Ces animaux n’existent plus qu’à l’état domestique, et servent comme bêtes de somme.
Les Lamas représentent les Chameaux dans le nouveau monde. Ils sont de taille pins faible et n’ont pas de bosse, mais sont employés aux mêmes usages. On en distingue plusieurs espèces : le Guanaco (Auchenia huanaco), dont le Lama proprement dit (A. lama) n’est sans doute qu’une variété domestique ; la Vigogne (A. vicunna) et l’Alpaca(A. paco) qui fournissent, le second surtout, une laine très recherchée pour la fabrication des étolTes.
Les Moschidés (Moschus) sont de petits Buminants sans cornes dont la mâchoire supérieure est pourvue de deux longues canines qui, chez les mâles, font saillie hors de la bouche (fig. 7:20). Le Cbevrotain porte-musc (Moschus moschi- 'ferus) est remarquable par la poche que le mâle porte sous le ventre, entre 1 ombilic et les organes génitaux, et qui est remplie de la substance odorante qu’on appelle musc (tig. 730). Ces animaux sont d’une taille un peu inférieure à celle du Chevi-euil. Ils vivent dans les pays f,«. 7». - ci, cv, 01.1,. porio-,„usc. montagneux de l’Asie centrale.
On range ordinairement parmi les Moschidés les deux genres
VEllTÉBUÉS OU OSTÉOZOAIRES.
Tvafjiiliis ei llijŒmoschus qui se distinguent des Clievrotains [>ar ral)seiice de bourse à musc, par leur placenta dillus et par quel- (jues autres caractères. Aussi A. Milne Edwards en fait-il une famille à ])art, celle des Tragülidés. Les Tragules habitent les îles de la Sonde, et les Ilyæmosclius rAfri([ue occidentale.
Fig. 730. — Appareil du musc. — a, poclic du musc coupée vcrlicalemenl ; b, sou orifice; c, orifice du prépuce avec un pinceau de poils; d, gland dépassé par un prolongement de l’urètre; e, testicule.
Les Camélopardalidés, ou Girafes (Camelopanh(lis),son{ caractérisés par la nature de leurs cornes recouvertes d’une peau velue, et par la singularité de leurs formes. On n’en connaît qu’tine seule espèce {C. giraffa) propre à l’Afri(|ue.
Les Cervidés (GV/tws) sont des Ruminants tà cornes cadmjucs, ou bois, dont les mâles seuls sont pourvus, excepté chez les Rennes où les femelles en portent également. Ce sont des animaux au corjis svelte, aux jambes fines, aux formes élégantes, aux allures rapides. Ils vivent pour la plupart dans les forêts, les uns isolés, les autres en troupes, et sont répandus dans toutes les parties du monde, à l’exception de l’Australie et du sud de l’Afrique. Les Cerfs {CorvKS elaphus) , les Chevreuils {C. capreolus), les Daims (C. dcnua), les Élans (C. alces), les Rennes {Taraudiis rangifer), etc., composent cette famille.
Les Ruminants dont il nous reste à parler présentent un caractère commun, celui d’avoir les cornes enveloppées d’un étui corné, et creusées à l’intérieur de cellules qui communiquent avec les sinus frontaux, c’est pourquoi on les réunit sous le nom de « Cavicornes » .
Les Antilopidés, ou Antilopes, ressemblent aux Cervidés parleurs formes élancées; ils ont des cornes généralement rondes, tantôt droites, tantôt tordues ou contournées de diverses manières; quelquefois les femelles en sont dépourvues (Capricornes). Ces animaux sont principalement répandus en Afrique. Parmi eux nous citerons les Antilopes dont une espèce, ta Gazelle {Antilope dorcas), est célèbre par sa gi'fice et sa légèreté; elle vit en troupes nombreuses dans les plaines de l’Arabie et du nord do l’Afrique. Les Chamois {Rupicapra europœa) et les Saïgas {Cervicapra Sa'iga) sont les
DESCRIPTIVE.] MAMMIFÈRES. — PROBOSCl RIENS-
seuls i-epréseiUaiifs de celte laniille eu Europe. Les premiers liahiteiit les Alpes et les Pyrénées; les seconds habitent les steppes de l’Europe orientale.
Les Capridés (Capra) ont les cornes pins ou moins comprimées et anguleuses. Ils forment deux genres ; les Chèvres (Capra) et les Moutons (Oi'is).
Les Chèvres, dont on distingue plusieurs espèces, sont répandues partout. On considère l’Égagre {C. œijagrus), qui habite . les montagnes de l’ouest et du centre de l’Asie, comme la souche de nos Chèvres domestiques. Certaines espèces sont remarquables par la finesse de leur toison, et fournissent une laine qui sert à la fabrication de magnifiques étoiles : ce sont les Chèvres d’Augora et de Cachemire. Les Bouquetins {C. ibex) sont regardés par certains naturalistes comme tonnant un genre séparé ; ils habitent les montagnes de l’ancien monde: Alpes, Pyrénées, Sierra-Nevada, etc. Le Bouquetin des Alpes est devenu extrêmement rare, et ne se trouve plus que dans le voisinage du moût Bose.
Les Moutons comprennent un grand nombre de variétés ou de races domestiques {Ods aries), qui dérivent soit du Mouflon (0. musimon) des montagues de la Corse et de la Sardaigne, soit de l’Argali (0 . argali), ou Mouton sauvage des montagnes de l’Asie.
lies Bovidés, sont des animaux grands et lourds dont les cornes sont recourbées et dirigées eu dehors. Le type de cette famille nous est donné par nos Bœufs domestiipies (Bos latirus) qui paraissent être les descendants de deux espèces diluviennes: Bos primigenius et Bos brachycerus.
Indépendamment des Bœufs, les Bovidés renferment jilusieurs autres genres: les Bœufs musqués (Odbos moschaUis) propres au nord de l’Amérique ; les Bisons (Bonassus) qui ne se renconlreiil plus aujourd’hui qu’eu Amérique, mais dont une espèce, le Bison d’Europe, vivait autrefois dans nos contrées, et a conservé quelques représentants en Lithuanie, dans la forêt de Bialowicza, grâce aux mesures spéciales de protection prises à leur égard par les rois de Pol ogne et les empereurs de Bussie; les Buffles (Bubalus) répandus en Afrique et en Asie où ils sont domestiques; les Yacks {Pœphagus) dont on se sert comme bêtes de somme dans le Thihet et la Mongolie.