MAMMIFÈRES. — RONGEURS
DESCRIPTIVE. I
en même temps qu’elles grandissent, elles s’usent à la pointe par suite du Irottement eonlinu (|u’elles exercent l’une sur l’autre. Ce frottement a aussi pour effet de les rendre Iranchantes, parce que leur face antérieure est recouverte par une couche d’émail très dur, qui otfre plus de résistance que l’ivoire dont le reste de la dent est formé. Il n’y a pas de canines, et iin grand espace vide sépare les incisives des molaires ; celles-ci, généralement peu nombreuses, de
à G, ont une couronne large et plate, à sillons transversaux.
Le condyle de la mâchoire affecte aussi une disposition particulière, en rapport avec le mode de mastication de ces animaux; il a son grand axe dirigé longitudinalement, et il est reçu dans une cavité articulaire, de forme correspondante, qui ne permet de mouvements que dans le sens antéro-postérieur.
Les liougeurs ont en général la lèvre supérieure fendue dans son milieu, et plusieurs parmi eux possèdent des abajoues. Ce sont pour’ la plupart des animaux de petite taille, dont les membres postérieurs sont plus longs que les membres antérieurs, de sorte (jiie leur marche se compose d’une suite de sauts (Lièvre). Du reste, ils présentent dans leur conformation des différences qui sont en rapport avec leur genre de vie : les uns, en effet, fouissent le sol, comme les Batbyergues ; d’autres grimpent sur les arbres, comme les Écureuils ; d’autres enfin ont des habitudes aquatiques, comme les Campagnols amphibies, ou Rats d’eau. Certains Rongeurs sontdépourvus de clavicules, et l’on s’est parfois servi de ce caractère pour diviser ces animaux en clavicules et non clavicule. Ils sont tous plantigrades et ont leurs extrémités terminées par quatre ou cimi doigts libres et armés d’ongles plus ou moins forts. Leur placenta est de forme discoïde; chez la femelle, l’utérus est d’ordinaire complètement divisé en deux cornes.
L’intelligence des Rongeurs est bornée, et leur cerveau, d’uil faible volume, ne présente que des circonvolutions peu marquées. Parmi eux, il en est cependant qui sont remar([uables par leurs mœurs et leurs instincts (Castor). Ils se nourrissent tous de matières végétales, mais montrent dans leurs habitudes une très grande diversité. Quelques-uns tombent dans le sommeil hibernal (Marmottes, etc.).
Cet ordre est extrêmement vaste et se compose d’un assez grand nombre de familles. Il comprend des animaux dont la grande fécondité rend la multiplication rapide, malgré la destruction qui en est faite par les Carnassiers contre lesquels ils sont sans défense. Répandus sur toute la surface de la terre, on les rencontre à toutes les altitudes comme sous tous les climats, depuis le pôle jusqu’à l’équateur. L’île de Madagascar seule fait exception et en est
VERTÉBRÉS Oü OSTÉOZUAIRES.
(zoologie
dépourvue. Ils oui apparu au couiuieiicemeut de l’épo([ue tertiaire, et, des formes fossiles qui leur appaiTieunent, les unes sont aujourd’hui éteintes, d’autres sont encore représentées dans la faune actuelle.
Les Léporidés (Lepus) se distinguent des autres Rongeurs par l’existence, à la mâchoire supérieure, d’une seconde paire de petites incisives placées derrière les incisives ordinaires; de làvient qu’on les distingue (quelquefois sous le nom de Duplicidentés. Ils ont 5 ou (3 paires de molaires à cluuque mâchoire. Les membres antérieurs sont terminés par ciiKq doigts, les membres postérieurs par (quatre. Leurs clavicules sont imparfaites.
Tout le monde connaît la forme extérieure des animaux qui composent cette famille, les Lièvres {Lepus timidus) et les Lapins (L. cuniculiis). Ils sont recherchés pour leurs qualités alimentaires, et pour leur fourrure qui est surtout employée dans la fabrication des chapeaux de feutre. Le Lapin, comme on sait, est élevé en domesticité.
On appelle Léporidés, les produits qui résultent du croisement de ces deux espèces. Les hybrides ainsi obtenus présentent un intérêt particulier, parce que, contrairement à ce qui a lieu d’ordinaire, ils restent féconds entre eux et avec les formes parentes (1).
Parmi les Léporidés, on range les Lagomys qui vivent dans les montagnes élevées du nord de l’Asie. Ils diiïèrent des Lièvres par leurs oreilles plus courtes, leurs pattes de derrière à peine plus longues que celles de devant, leur (queue nulle et leurs clavicules bien développées.
Les Caviadés (Cavia) sont propres au continent américain. Ils ont les clavicules incomplètes, la queue rudimentaire, quatre doigts aux membres antérieurs seulement et trois aux membres postérieurs, des incisives fortes et (quatre molaires â chaque mâchoire. Les Cobayes, ou Cochons d’Inde (Cavia), les Agouiis (Dasyprocta), les Cahiais (Uydrockœrus) et les Pacas (Cœlogenys) apqtartiennent â cette famille.
Les IIystricidés (llystrix) sont caractérisés par les piquants qui garnissent la surface de leur corps. Ce sont des Rongeurs grands et lourds, à museau court et obtus, à pattes |)Ourvues de (quatre ou cinq doigts armés d’ongles recourbés. Ils ont des clavicules incomplètes, des incisives très fortes, des molaires au nombre de i partout. Les uns se creusent des terriers, les autres sont grimpeurs et parfois munis d’une (queue qu’ébensilc (Coendou).
(1) Voy. lîi’oca, Mémoires (V Anthropologie loolognpie. De riujbridité animale, p. 468. Paris, 1877.