‹ Elements de zoologieChapitre 3 sur 312 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

11 s’est produit en France, depuis quelrpies années, un mouvement considérable en faveur des scdences naturelles; les connaissances qu’elles fournissent, indépendamment de leur intérêt propre et de leurutilité spéciale, ontété reconnues comme donnant à la philosophie ses bases les plus solides ; leur étude, au lieu de rester l’apanage de quelques esprits curieux et originaux, a pris dans l’enseignement la place qui lui était due. Cela tient, hâtons-nous de le dire, aux progrès qui ont été réalisés dans le domaine de ces sciences, et qui les ont en quelque sorte transformées. Ces progrès successifs ont conduit les zoologistes à pénétrer de plus en plus dans l’organisation des animaux pour en découvrir les lois, à rechercher les rappoi’ts qui unissent les êtres animés entre eux et au milieu dans lequel ils vivent. Cette voie, ouverte au commencement du siècle par Lamarck, Cuvier, Et. Geoffi'oy Saintllilaire, a été suivie après eux, tant en France qu’à l’étranger, par d’éminents naturalistes, dont les ti'avaux ont enrichi la science d’un nombre immense d’observations et de laits.

Au fur et à mesure que le champ de nos connaissances allait ainsi s’élargissant, la zoologie tendait à se modifier de plus en plus. D’abord elle se bornait à la considération des caractères extérieurs pour classer les animaux suivant leur degré de ressemblance; elle était simplement descriptive. Cuvier montra la nécessité de recourir à l’anatomie pour arriver à une juste appréciation des rapports existant entre les diverses formes organiques; il créa l’anatomie comparée. Avec Von Daer

PHl'l-WCE.

commença réliulc du développement ou de rembryologie, dont rimpor tance devait aller croissanl, et qui est devenue fondamentale en zoologie par la valeur des résultats qu’elle a fournis. La recherche des éléments primordiaux qui entrent

dans la composition des organismes est venue à son tour

éclairer d’un jour nouveau le mode de constitution des êtres vivants et a montré que le meme élément, la cellule, en formait la hase, comme l’embryologie avait montré qu’il en était l’origine.

Pendant ce temps les naturalistes voyageurs ajoutaient de nouveaux matériaux à ceux qui avaient servi aux observations antérieures, et, d’un autre côté, la découverte de nombreuses formes fossiles apportait de précieux documents pour Fliistoire des faunes éteintes. Non seulement les pays lointains étaient explorés et les couches du globe fouillées, mais plus récemment les profondeurs des mers étaient sondées, et l’existence d’un monde inconnu se révélait là où l’on avait cru que la vie était impossible.

Dans ces directions diverses, le travail accompli par notre siècle a été considérable et aurait suffi à renouveler le champ de la zoologie, mais un changement plus profond encore s’est opéré dans la façon dont les zoologistes ont envisagé les êtres soumis à leur étude. Ce changement a été provoqué luir le célèbre naturaliste anglais, Charles Darwin, qui, soulevant de nouveau la question do l’origine des formes vivantes, s’csl appliqué avec une rai‘e puissance à démontrer leur lilialion, et à réunir des preuves en faveur de la doclrine de l’évolution. Par l’intérêt même du problème dont il poursuivait la solution, il a suscité de toutes parts des roeberebes et des travaux qui ont fait faire de remai’quables ])rogrès à la science des êtr.es organisés.

On voil parce rapide aperçu combien Pélat de la zoologie s’est modifié de nos jours (1). Dos mémoires originaux importants, des ouvrages sur des sujets spéciaux ont été ])ubliés

(I) Pour riiistoire de la zoologio, nous renvoyons an livre criidil de Carus, qu’une traduction française met à la portée de tous les lecteurs

PllËFAGE.

vu

en grand nombre, mais aucun livre ayant un caractère élémentaire, n’a été consacré à exposer dans leur ensemble les données sur Icscpiclles repose actuellement la zoologie. Il en existe en Alleiuagne et en Angleterre ; il n’y en avait pas en France, alors que les Éléments de Botanique de Ducliartre et les Éléments de Géologie de Contejean, édités par la librairie Baillière dans ces dernières années, avaient été rédigés en vue de répondre à un besoin analogue pour ce qui regarde chacune de ces sciences. C’est là le vide que nous avons essayé de combler par la publication du présent volume qui n’a pas d’autre raison d’être,

Pour atteindre le but que nous nous sommes proposé, nous avons suivi un plan très simple. D’abord nous nous sommes placé au point de vue de la zoologie proprement dite, parce qu’il n’était pas possible, dans le cadre où nous devions nous renfermer, d’aborder les diverses branches que comprend l’étude si vaste des animaux : Anatomie, Embryologie, etc., chacune d’elles ayant son domaine propre, et constituant pour ainsi dire uné science distincte. Les résultats qu’elles fournissent à la zoologie ont été exposés dans la première partie de ce livre, sous le titre de Zoologie générale. Nous avons pensé que la grande question de V Origine des espèces et la Théorie de révolution occupaient une place trop considérable dans la science pour pouvoir être passées sous silence, et nous nous sommes efforcé de résumer le plus clairement possible la doctrine de Lamarck et de Darwin qu’il ne saurait être aujourd’hui permis d’ignorer, même à ceux qui débutent dans l’étude des sciences naturelles.

La seconde partie, ou Zoologie descriptive, traite des caractères et de l’organisation des animaux appartenant aux différents groupes, en partant des formes inférieures les. plus simples, pour s’élever progressivement jusqu’aux formes supérieures les plus complexes. La classification que nous avons adoptée dans cef exposé est à très peu près celle de Milne Edwards, qui est en quelque sorte classique en France, et nous avons évité, pour ne pas rendre plus difficile la tâche des

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