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CLASSE. — SPONGIAIRES

La jdace qu’il convient d’assigner aux Éponges dans la classification a été, jusqu’ici, fort incertaine et, fort longtemps même, on a

ZOOIMIYTES OU IIADIAIUES. — CŒLENTÉUÉS.

(.loiité si ces singulières productions appartenaient au règne animal ou au règne végétal. Cependant on s’accordait à les ranger parmi les animaux les plus inférieurs, Amorphozoaires de de Blainville, Sarcodaires de Milne Edwards, lorsque Leuckart, se fondant sur l’affinité qu’ils présentent avec les Polypes, proposa de les rapprocher des Cœlentérés, et cette manière de voir a été confirmée depuis parles travaux nombreux dont ils ont été l’objet.

La différenciation des parties ne se montre chez les Spongiaires qu’à un faible degré ; leur corps est généralement formé par une masse parenchymateuse de cellules amiboides, et creusé àl’intérieur d’un système de canaux plus ou moins compliqué. On y trouve, sauf dans quelques cas exceptionnels {llalisarca), une charpente

Fig. 120. Fig. 121.

Fig. 120. — Parencliyino d'une é|iongc contenant des spiculés. Fig. 121. — Sidcules d’dponge.

solide, constituée soit par une substance organique cornée, soit par des corpuscules minéraux, spiculés siliceux ou calcaires (fig. 120).

Les filaments élastiques kératoïdes paraissent dériver de la matière sarcoditjue (0. Schmidt) et sont disposés en réseau. Les spiculés, composés tantôt de silice, tantôt de carbonate de chaux, sont produits dans l’intérieur des cellules, et présentent des formes très variées (fig. 121), de même qu’une grande diversité dans leur mode d’arrangement. Dans certaines Eponges siliceuses, ils s’unissent les uns aux autres de manière à former une charpente d’une grande élégance et d’une remanjuable délicatesse {Euplectella aspergilliuiiy fig. 122). D’après la nature des matériaux constitutifs de la charpente solide, on a divisé les Eponges en trois groupes : Eponges cornées, Eponges siliceuses. Éponges calcaires, mais souvent les spiculés siliceux et les fibres cornées sont associés, de sorte que la

descriptive.]

SPONGIAIIIKS.

(lisliiiclion qui repose sur le car, ictère siliceux ou corné du squelette ii’est pas fondée.

La contiguration extérieure des Eponges, connue aussi la disposition des canaux qui existent à l’intérieur, n’olTreiit rien de fixe ni de constant. Ces modifications s’expli- </uent par le mode de constitution et de développement de ces animaux.

A l’état jeune, en eflét, l’éponge consiste en une simple cavité limitée jiar une paroi formée de deux couches de cellules, l’ectoderme et l’endoderme. On appelle osexile l’ouverture de cette cavité; mais cette forme primitive ne persiste que rarement. De.s pièces squelettiques prennent naissance dans l’ectoderme, et à travers la paroi se développent de petits canaux qui

Ejioinjc siliceuse {Euplectclla a^pergUliim)

mettent la cavité interne en rapport avec l’extérieur; on donne le nom de pores à. leurs orifices. Ce système de canaux, très

Beffi'S.LLZR. iO

Fig. •— Dôvcloiipcnicnt cic l’Ulyiilliiis (Éponge calcaire) d’après Ilaeckel *.

{Z. DESCRIPTIVE.] SPOiSTilAI II ES.

variable dans ses dispositions, se complique encore dans les Eponges polyzoïqnes, c’est-à-dire constituées par l’association de plusieurs individus. Dans ce cas, les canaux de cliacune des Eponges dont se compose la colonie, s’unissent entre eux pour lormer un système général commun ; en outre, les interstices qui séparent les individus primitifs peuvent donner naissance à de nouveaux espaces lacunaires. Parfois', le nombre des oscilles que présente la colonie correspond au nombre d’Éponges simples dont elle est formée, mais, le plus souvent, il est réduit par atrophie ou par soudure de certains d’entre eux.

Les canaux dont nous venons de parler représentent l’appareil de nutintion des Éponges; l’eau tenant en suspension des matières alimentaires, y pénètre par les pores qui servent d’orifices d’entrée ; elle y est mise en mouvement par les cils vibratiles dont leurs parois sont garnies, puis elle est rejetée au dehors par les oscilles. C’est aussi dans ces canaux que s’effectuent les phénomènes respiratoires, favorisés par le renouvellement continuel du liquide dans leur intérieur.

Les Spongiaires se multiplient par voie asexuelle au moyen de germes ou gemmules, et par voie sexuelle au moyen d’ovules déve- Joppés sur les parois des canaux aquifères ; les spermatozoïdes ont été observés par Lieberkühn sur les Éponges d’eau douce. Les ovules subissent une segmentation totale, et se transforment ensuite en larves ciliées qui, après avoir nagé quelque temps en liberté, se fixent et produisent une nouvelle Éponge (fig. 123).

A l’exception des Spongilles, qui sont particulières aux eaux douces, toutes les Éponges habitent les eaux marines. Les couches géologiques renferment un grand nombre d’espèces fossiles ; elles apparaissent dans les terrains les plus anciens, dans le silurien, et atteignent leur maximum de développement dans les terrains crétacés.

Les particularités que présentent dans leur structure les diverses formes de Spongiaires ont trop peu de fixité pour qu’il soit facile d’établir une classification naturelle de ces animaux. Nous avons vu

Fig. 1, œuf de l’OIyiillius. — De cet œuf, par segment dion réitérée (fig. 2), provient une d/07’itla (fig. 3). Les cellules se difrérencient en cellules externes, brillantes et ciliées {ectoderme) et d’autre part en cellules sombres non ciliées {endoderme)-, d’où résulte la larve ciliée, appelée Planula (fig. 4). Celle-ci prend une forme ovulaire et se creuse d'une cavité, cavité digestive (fig. C, g), munie d’un orifice buccal (fig. 6, o). La paroi de cette cavité, est formée par deux feuillets cellulaires, l’ectoderme cilié et l’endoderine non cilié; cette forme larvaire est une Gaslrula (fig. 5, vue extérieure de la Gastrula; fig. 6, section longitudinale). Cette Gastrula se fixe, perd ses cils vibratiles externes et se transforme en Asciila (tig. 7, Ascula vue extérieurement; fig. 8, coupe longitudinale). Celle-ci, par la formation de porcs à travers sa paroi (c, p,), par le développement d’aiguilles calcaires, devient un Olynthus (fig. 9). De cette forme simple dérivent des formes diverses dont l’une {Ascometra) est représentée figure 10.

ZOOPHYTES OU KADIAIHES. — CQELENTÉP^ÉS. [zoologie

que la distinction des Éponges cornées et des Eponges siliceuses ne pouvait être maintenue; cependant, les caractères tirés du squelette sont ceux qui ont le \)\us de constance ; aussi base-t-on sur eux la division de cette classe en groupes secondaires. Tantôt le squelette fait complètement défaut ; tantôt il est constitué soit par des fibres cornées, soit par des spiculés siliceux ou par ces deux éléments associés ensemble; tanlôt entin il est formé par des spiculés calcaires; de là les trois ordres suivants :

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