HYDROMÉDUSES. — SIPHONOPHORES
-4. — Trachymédiises.
Ce groupe se compose des Méduses qui, se rapprochant par leur organisation de celles que produisent les Polypes hydraires, se développent néanmoins sans passer par la forme polypoïde. Elles se ilistinguent des premières (Leptoméduses de Haeckel) par leurs
bords lobés, par la consistance plus grande de leur ombrelle. Les principales familles de ce sous -ordre sont les Æginidés et les Geryo- NIDÉS (fig. 151).
Fig. 152.
Fig. 151. — Gerijonia proboscidalis.
Fig. 152. — Physalia pelagica, (d’après Lcsson).
ORDRE II. — SIPIIONOPHORES
Ce groupe, établi par Escbscholtz, comprend des colonies flottantes polymorphes composées de plusieurs sortes d’individus, qui remplissent des fondions différentes, et jouent le rôle d’organes par rapport à l’ensemble de la communauté dont ils font partie. On distingue deux catégories principales d’individus : les individus polypoïdes nourriciers, et les individus médusoïdes sexués qui, en règle générale, ne deviennent pas libres et restent attachés à la colonie.
ZOOPIIYTES OU KAblAlKES. — CÜELEM’ÉUÉS.
Les divers membres (jui, par leur agrégation, forment un Siphonophore, sont portés sur une tige commune, creusée d’un canal dans lequel circule le liquide nutritif, et généralement munie, à son extrémité supérieure, d’un appareil hydrostatique consistant en un réser-
Fig. 153. — Praya diphyes (il'aju-ès C. Vojt, Siphonophores de la mer deZMce).
voir d’air qu’on appelle vessie aérienne (fig. 15'2), Souvent il exisle des organes actifs de locomotion représentés par des individus niédusiformes qu’oii distingue, à cause de leur rôle physiologique, sous le nom de vésicules ou cloches natatoires (tig. 15d et 154).
Les individus nourriciers {Polypes ou tubes en suçoir) alfectés à la réception des aliments ne sont, pour ainsi dire, que des estomacs
IlYDROMÉDUSES. — SIPIIONOPIIOUES.
DESCHIPTIVE.
qui, par le fond, coinmiiniquent avec le canal central commun. Ils ont la forme de tubes courts, reiillés dans leur partie moyenne dont les parois renferment des cellules hépatiques, et prolongés à leur extrémité orale en une sorte de trompe. Ils sont suspendus à la tige })ar uu pédoncule, de la base duquel part un lilament préhensile ou fil pêcheur, le plus souvent ramifié et toujours armé de capsules urticantes. On appelle improprement (fig. 155, a) des appen-
dices tubulaires sans oritice buccal qui, par leur forme et leur structure , ressemblent aux Polypes Pic- dont ils paraissent ii’ètre ({u’une
modification.
Les bourgeons sexuels présentent plus ou moins l’aspect médusiforme, mais ne se transforment
Fig. 155.
Fig. 15i. — Physophora Philippii.
Fig. 155. — Velella spirans, vue par sa face supérieure. — a, tonlaculcs; b, limbe ; c, bouclier de la coquille; cl, crête de la coquille (Vogt, Siphonophores).
qu’exceptionnellement en petites Méduses libres (Yélelles) ; les uns sont males et les autres femelles: ils sont, en général, réunis dans la même colonie ; cependant, on a observé des Siphonophores dioïques.
Indépendamment des parties que nous venons d’indiquer, il existe parfois des pièces de consistance cartilagineuse, en forme de plaques ou d’écailles, servant d’organes protecteurs, et qu’on nomme boucliers (fig. 155, c).
L’œuf subit une segmentation totale et donne naissance à un embryon cilié qui sedéveloppe sous forme de Polype. Celui-ci produit par gemmation, les différents individus dont se compose la colonie.
190 ZOOPHYTES OU RADIAIRES. — COELENTÉRES. [zoologie
Les Siplionopliores sont tous marins ; ils se présentent sous les aspects les plus gracieux et les plus singuliers. On les a rangés en plusieurs familles parmi lesquelles nous citerons seulement les plus importantes :
Les Physopiioridés, dont la tige est contournée en spirale et porte
Fig. 156. — Velella spirans, vue de profil. ~ a,d, même signification; e, frange de la crête ; f, Polype central ; g, individus reproducteurs (d'après G. Vogt).
des cloches natatoires sur deux rangs PhysopJiora (fig. 15i), Agalma : quelquefois sur plusieurs Stephanoma ;
Les Dipiiyidés, qui ont deux cloches natatoires inégales : DijpJujeSy Praya (fig. 153);
Les Physalidés, à tige globuleuse formant une grande vessie aérienne, sans vésicules natatoires : Physalia (fig. 15^);
Les Yelellidés, dépourvus, comme les précédents, de vésicules natatoires, munis d’une coquille aérifère discoïde au-dessous de laquelle sont fixés des appendices polypoïdes et médusoïdes : Vellela (fig. 156), Porpila.
ORDRE III. — DISGOPIIORES
A cet ordre apparliennent les Méduses les plus élevées en organisation et possédant une individualité hautement accusée, tandis que l’état polypoïde, de courte durée, n’est plus qu’une phase dans l’évolution de la forme sexuée qui représente l’espèce ; néanmoins, entre ces Méduses et celles de l’ordre des Ilydroïdes, il n’y a pas de caractère différentiel absolu. Leur taille est plus grande; leur ombrelle plus épaisse ne porte pas de voile sur les bords, ce qui leur a valu le nom iVAcraspèdes que leur a donné Gegenhaur, bien que cette règle ne soit pas sans exception. La substance gélatineuse dont le disque est formé n’est pas homogène, comme dans les Méduses inférieures, et renferme des éléments cellulaires; la couche musculaire, qui constitue la sous-ombrelle, est beaucoup plus développée ; le système gastro-vasculaire est aussi plus compliqué.
DESCRIPTIVE.] IIYDROMÉDUSES. •“ DISCOPHORES.
L’ouverture buccale, placée au centre de la face inférieure du disque, est entourée par des prolongements en forme de bras qui sont au nombre de quatre ou de huit, par division des premiers ; mais quelquefois la bouche se ferme et les bras se soudent ; les aliments arrivent alors dans la cavité digestive par des canaux qui parcourent ces bras, et qui s’ouvrent en dehors par un grand nombre d’orificesjouant le rôle de bouches (Rhizostome).
De l’estomac central partent des prolongements qui se dirigent en rayonnant vers le bord de l’ombrelle et qui, le plus souvent, prennent la forme de canaux étroits, ramifiés, aboutissant à un canal marginal, et donnant parfois naissance, par leurs anastomoses, à un réseau vasculaire périphérique.
On ne sait jusqu’ici rien de positif sur le syi^tème nerveux de ces Méduses. D’après Eimer, il y aurait huit centres ganglionnaires marginaux correspondant à huit zones ou segments radiaires, qui jouiraient d’une certaine autonomie. Les corpuscules marginaux sont placés dans des échancrures du bord de l’ombrelle, et sont recouverts par des lobes membraneux (Stéganophlhalmes) ; ils sont pé-
donculés et composés d’une vésicule auditive et d’un ocelle. Lesfils marginaux manquent parfois (Rhizostomes) ; chez les Cyanées, où ils font également défaut, on trouve à la face inférieure de l’ombrelle quatre touffes d’appendices filamenteux, mais dont l’analogie avec les premiers est douteuse.
Les glandes sexuelles, généralement au nombre de quatre, sont logées dans des cavités périgastriques qui correspondent aux espaces compris entre les bras circumbuccaux et s’ouvrent à la face
Fig. 157. — Chrysaora oceUata.
ZOOPIIYTES OU UADIAIUES. — CŒLENTÉRÉS.
IZOOI.ÛGIE
inférieure de l’ombrelle par des orilices spéciaux. Ces glandes sont composées de capsules renlermant, soit des œufs, soit des spermatozoïdes, qui s’en échappent par déhiscence, quand ils sont mûrs, et arrivent directement au dehors ; quelquefois, ce})endant, ils tombent dans la cavité digestive d’où ils sont évacués par l’ouverture buccale (Aurélia). En règle générale, les sexes sont séparés; la seule exception connue est offerte par la Chrysaora (fig. 157), dont l’hermaphrodisme a été signalé par Wright.
FlG. 158. — Développement de l’Aurélie rose (Médusa aurita) (d’après Sars). — 1, forme polypoïde avec des bourgeons en voie de formation (Scyphistome) ; 2, la même commençant à se diviser en segments trausversau.v (slrobile) ; 3, la meme dont la division est plus avancée; 4, la même dont il ne reste plus que quatre segments prêts à se détacher ; 5, l’un de ces segments (progloltis) détaché et libre (ephyra) ; (>, forme médusoïde (Médusa auvita) complèlcment développée.
Les phénomènes de la génération alternante sont communs chez les Discophores. L’œuf fécondé donne naissance à une larve ciliée, IHauula, qui se fixe et prend la forme polypoïde a laquelle on a donné le nom de Scyphistoiue (hg-) 158. Celui-ci sétiangle de distance en distance et se divise en une série d’anneaux superposés; c’est l’état qu’on appelle Slrobile. Puis ces ditïérents segments se séparent les uns api'ès les autres de la colonie et revêtent la foime de jeunes Méduses ou qui, une fois libres, complètent leur
CTÉNOlMIOîiES.
descriptivk.j
oriranisatioii et acquièrent les caractères propres à riiuüvidu sexué. Ouel(piel'ois le développement se fait jiar simj)le mélamorphose, et alors la planula se transforme en Ephyra sans passer par l’étal polypoïde (fig- li>0).
Les animaux de cet ordre sont de grande taille et nagent par un mouvement alternatif de systole et de diastole que nous avons déjà indiqué. Ils capturent à l’aide de leurs lils préhenseurs ou de leurs
tentacules les proies dont ils se nourrissent; celles-ci, chez les lUiizostomes, ne peuvent être ingérées à cause de la disposition de l’appareil digestif, mais leurs sucs nutritifs sont aspirés par les petits orifices que i)orlent les hras.
Les Discophores se partagent en deux groupes :
Fig. 159. — Pelagia ponopyra. Fig. ICO. — Rhizostoma aUlrovandi.
Les Monostomes, à houche centrale entourée par quatre hras plus ou moins longs, comprenant les familles des Pélagidés (fig. 159), des Cyanfidés et des Aurélidés ;
liCS Rhizostomes, à orifices huccaux nombreux portés sur les hras, au nombre de huit, divisés en Riiizostomidés (fig. IGO), Cépiiéidés, Cassiopfiüés...
4® CLASSE. — CTÉNOPIIORES
Les Cténophores formaient avec les Méduses et les Siphonophores l’ancienne classe des iVcalèphes de Cuvier. De Blainville leur donnait le nom de Ciliobranches par allusion aux lamelles hyalines dis-