DEUXIÈME SOUS-EMRD ANCHE MENT
ÉCHINODERMES
Les Ecbinodermes possèdent des Cœlentérés. Ils ont un tube
une organisation supérieure à celle digestif pourvu de deux orifices et
DESCRIPTINE-l
ÉClIlNODEnMES.
lin système vasculaire distinct, mais, comme les Cœlentérés, ils présentent une symétrie rayonnée. Chez eux la forme fondamentale dn corps est celle d’nne sphère dont le grand axe est terminé par deux pôles, l’un supérieur on apical, l’antre inférieur, oral on rentrai. Si par ce grand axe on fait passer cinq j)lans formant entre eux des angles égaux, ces i)lans déterminent par leur intersection avec la sphère dix demi-lignes méridiennes (fig. 104); cinq de celles-ci correspondent aux points qu’occupent les principaux organes (R), et on les désigne sons le nom de rayons, tandis qn’on appelle rayons intermédiaires les cinq antres (|iii marquent aussi la place de certains organes, et qui alternent avec les premières (f). Remarquons (jne si l’on mène un plan passant par le grand axe de la sphère et perpendiculaire à l’nn des méridiens (p(]), ce plan divisera les rayons en deux groupes : l’nn qui est formé par trois, l’antre seulement par deux de ces rayons. Le premier est appelé trivium et le
Fie. IGi. Fig. 165.
Fig. 16i. — Scliéma «les mériilioiis délerminant les rayons et les rayons intcrniéiUaircs.
Fig. 105. — Pôle apical d'un test d’Oursin. — a, aires atnbnlacraires ; i, aires interainbulaeraires; g, plarpies génitales; ig , plarpics intcrgcnitalcs ; m, plaque madréporiqnc ; X, ouverture anale. Les tubérosités des plaques u’out été figurées que sur une aire interaiiibulacrairc et sur une aire ainbulacraire ; sur celle-ci les porcs ont aussi élé indiqués (d’après Gegenbaur).
second hivium par Jean Millier. Cette forme idéale d’nne sphère parfaite ne se trouve jamais exactement réalisée dans la nature, mais on nomme Echinodermes réguliers ceux qui s’en rapprochent le pins, tels que les Oursins. On comprend aisément comment les antres formes peuvent se rattacher à ce type fondamental. One le grand axe de la sphère se raccourcisse heanconp, et que les rayons s’allongent, on a la forme étoilée des Asiéritles ; que ce grand axe, an contraire, s’étende suffisamment, et le corps, an lien d’être sphéroïdal, deviendra cylindrique, comme on le voit dans les Holothuries, la face ventrale correspondant an trivium.
Les téguments des Echinodermes sont caractérisés par l’existence dans l’épaisseur dn derme d’un dépôt calcaire pins on moins ahon-
198 Z009I1YTES OU RADIAI UES. — ÉUllINODEUMES. [zoologie
liant, d’on résulte la formation (riiii squelette dermique. Les particules calcaires sont unies entre elles de façon à constituer des pièces ou des plaques solides, tantôt mobiles, tantôt soudées les unes aux autres comme celles qui composent le test des Oursins. Le squelette de ces animaux est formé par vini^t rangées de plaques appelées pièces coronales et disposées d’un jiôle à l’autre suivant des zones méridiennes. Ces rangées, considérées par groupes alternants de deux, se distinguent en ce que les unes sont percées de pores pourle passage des organes locomoteurs appelés pieds ambu- /rtcrflO’Cs, tandis que les autres ne le sont pas. Les premières correspondent aux rayons et forment les aO’C-s* dites anibîdacraires{fv^Aij^)', les secondes correspondant aux rayons intermédiaires forment les aires interambulacrai res . On distingue encore, disposées circulairement autour du pôle supérieur^les plaques apicales dont les unes portent les orifices des organes génitaux et sont, pour ce motif, appelées plaques génitales; l’une d’elles, connue sons le nom de plaque madréporique, esi en connexion avec le canal du sable sur
lequel nous aurons à revenir.
Ces plaques sont placées au sommet des aires interambulacraires, tandis qu’au sommet des ambulacres, alternant avec les premières et sur un cercle extérieur, se trouvent les plaques intergénitales ou o ce liai res.
Liiez les Etoiles de mer le squelette dermique est également formé par les plaques calcaires soudées, disposées en séries et s’étendant sur les bras ; mais ceux-ci présentent en outre une cliar- [lente solide intérieure, constituée par des segmeids doid les pièces mobiles sont placées symétriquement, de chaque côté de la ligne médiane qui est marquée, à la face inférieure, par un sillon où sont logés les appendices ambulacraires. Ces sillons correspondent donc aux aires ambulacraires des Oursins.
Liiez les Crinoïdes, au squelette dermique s’ajoute la charpente solide du jiédoncule jiar lequel ces animaux sont fixés; elle est constituée par des pièces calcaires superjiosées, de forme arrondie ou pentagonale, et percées d’un trou au centre.
Chez les llolotbnries, le squelette tégumentaire n’est représenté que par des pièces calcaires isolées, disséminées, présentant des formes particulières, plaques criblées, rosaces, etc. La peau est généralement très épaisse et en connexion avec des couches musculaires dont les fibres présenlent une disposition annulaire ou for-
Fio. 1G6. — Concrétions calcaires des muscles de la Synapte de Dnvernoy.
DESCRIPTIVE
ÉC11IN0DERMF<:S.
mant des faisceaux longitudinaux. Parfois ces muscles renferment aussi des concrétions calcaires, par exemple, chez les Synaptes, où de Quatrefages les a observées (tig. 100).
A la surface du corps des Ecliinodermes, on remarque des appendices variés. Ce sont d’abord les épines ou piquants dont le test de ces animaux est généralement hérissé et d’où vient le nom qu’on leur a donné ( E^/Tvo?, hérisson, et peau). Ces appendices sont mobiles, articulés par la base avec des tubercules appartenant au squelette dermique et mus par des muscles spéciaux. La structure de ces piquants est rayonnée, et, sur des coupes transversales vues au microscope, elle donne lieu à des dessins d’une grande élégance.
Fig. 167.
Fig. 168.
Fig. 167. — Hameçon et bouclier de la Synapte (d’apres Quatrefages , Annales des sciences natur elles, 'iA sér'xc, tome X\II). — A, ouverture qui reçoit une crête que |)rêsente la tige du lianieçoii au voisinage de la tête. - B, B, ouvertures où se logent les deux extrémités de la tête articulaire.
Fig. 168. — Pédicellaire de Leiocidaris Stokesi, d’après Perrier.
Chez les Synaptes, la peau est garnie de petits crochets en forme d’ancre, nommés hameçons, qui par leur tête s’articulent avec une pièce, percée de plusieurs ouvertures et située dans l’épaisseur du derme, qu’on appelle bouclier (fig. i()7).
Chez les Oursins et les Étoiles de mer, il existe aussi de petits organes connus sous le nom i\epédicellaires{{\^. 1()8); ils consistent en une tige qui porte une pince à deux ou trois branches, formée par des pièces calcaires. Enfin, les pieds ambulacraires sont constitués par des tubes cylindriques, susceptibles d’extension et terminés par une espèce de ventouse au moyen de laquelle ils peuvent adhérer aux objets environnants. Une fois fixés par leur extrémité, ces
“200 ZÜOPIIYTES OU RADIAIRES. — ÉCHINODERMES. Izoologil
appeiulices se raccourcissant font avancer le corps de l’animal qui se trouve ainsi halé, suivant un terme de marine. Ces tubes sont en rapport avec le système intérieur des vaisseaux aquifères dont nous parlerons plus loin, et se gonllent sous la pression du liquide qui leur est fourni par cet apj)areil. Leur distribution à la surface du corps est variable ; quelquefois ils sont disséminés sur toute cette surface, par exemple chez certaines Holotburies, ou n’occupent que la face ventrale, comme on le voit chez d’autres animaux du môme groupe, mais d’ordinaire ils forment cinq systèmes qui partent en rayonnant de la bouche, pour se porter vers le pôle apical, dans les aires ambulacraires.
Le système nerveux des Ecbinodermes est constitué par autant de troncs qu’il y a de rayons composant le corps; ces troncs sont
unis par des commissures qui forment autour de l’œsophage un anneau nerveux; ils fournissent de nombreuses ramifications aux organes (jui occupent 1rs ambulacres. L’anneau œsophagien ne représente pas ici, comme dans les Invertébrés des autres groupes (Vers, Articulés, Mollusques), les [larties nerveuses centrales ; celles-ci se trouvent au contraire dans les cordons eux-mêmes qui, vers le milieu de leur longueur, sont rentlés et renferment des cellules ganglionnaires {cerveaux ambulacraires de Jean Müller).
Fio. 109. — Anneau et troncs nerveux de VEchinus lividus (d’a\n'bs Krolin). — a, œsojiliage coupé en travers ; b, fond do la cavité buccale ; c,c, bandelettes qui lient ensemble les extrémités des pyramides de l’appareil masticateur ; d, commissures nerveuses formant autour de l’cesoi)hage un anneau penta^mnal; e, e, troncs nerveux rayonnants (cerveaux ambulacraires).]
Dans les Holothuries, toutefois, l’anneau œsophagien paraît avoir la signification d un organe central. Quoi qu’il en soit, nos connaissances sur la structure du système nerveux de ces animaux sont encore très incomplètes.
Les organes des sens sont bien peu développés. On regarde comme servant au tact les pieds ambulacraires et les tentacules circumbuccaux. L’existence d’organes visuels a été reconnue chez certains Écbinodermes et en particulier chez les Astéries. Ces yeux, placés à l’extrémité des rayons sur la face ventrale, sont formés par une masse pigmentaire rouge entourant un grand nombie de cônes cristallins recouverts par une cornée simple; a ces cônes aboutissent des terminaisons nerveuses fournies par le neif ambulacraire. Chez les Synaptes, il y aurait, d après Haur, des \ésicules
ÉCHINODERMES
DESCUIPTIVE.
auditives situées :i l’origine des cordons nerveux rayonnants, mais la nature de ces organes est encore bien incertaine.
Le tube digestif est distinct de la cavité générale et s’ouvre d’ordinaire au dehors par deux orifices, une bouche et un anus. La première occupe l’iiue des extrémités de l’axe du corps, le pôle oral, tandis que l’anus est placé à l’extrémité opposée de cet axe ou en un point qui s’en rapproche plus ou moins; quelquefois il occupe à
Fig. 170. — Lanterne d’Aristote, vue en place.
la face supérieure une position iuterradiale au voisinage de la bouche (Crinoïdes) ; dans certains cas il fait défaut et le tube digestif se termine en cul-de-sac (Ophiures, Euryales). Souvent la bouche est armée de pièces solides qui servent d’organes masticateurs et dont l’assemblage constitue l’appareil nommé lanterne cV Aristote (Échinides). Cet appareil se compose de cinq mâchoires en forme de pyramides, à sommet dirigé en bas, et portant chacune une dent (fig. 171); chaque pyramide constituée par plusieurs pièces calcaires est creuse à l’intérieur et ouverte à sa base (fig. 172). Le canal digestif, divisé en œsophage, estomac et intestin, décrit des circonvolutions qui sont fixées par des brides membraneuses aux parois de la cavité viscérale; chez les Comatules, il est enroulé en spirale autour d’un axe calcaire ; chez les Astéries, ou Étoiles de mer, ce tube très raccourci a la forme d’une poche qui présente des diverticulums ramifiés et disposés par paires dans l’intérieur des bras (fig. 173). Il existe, en outre, dans les espaces interradiaires, des appendices cæcaux plus courts que les précédents, en connexion avec l’inteslin et paraissant jouer le rôle d’organes urinaires.
L’appareil circulatoire des Échinoilermes se compose de deux parties souvent décrites comme indéj)endantes : l’une formée par les vaisseaux du système ambulacraire (appareil aquifère)., l’autre constituant le •système vasculaire proprement dit; mais les recherches récentes de Perrier ont démontré la continuité de ces
Fig. 171. Fig. 17'2.
Fig. 171. — Lanlcrnc d’Aristote, vue de profd. Fig. 172. — Lanterne d’Aristote, vue en dessous.
202 ZOOPHYTES OU RADIAIRES. — ÉCHINODERMES. [zoologie
deux appareils entre lesquels il n’y a donc pas lieu d’établir la distinction absolue admise par certains auteurs. Perrier a reconnu en outre que, chez les Oursins, l’organe considéré unanimement jusqu’ici comme un cœur n’était autre chose qu’une glande, dont le produit de sécrétion est versé sous la plaque madréporique. Déjà Jourdain avait signalé la nature glandulaire du prétendu cœur des Astéries, et il n’existe chez aucun Échinoderme d’organe vasculaire central.
La première partie du système circulatoire correspondant à ce qu’on nomme l’appareil aquifère, est formée d’une manière générale
Fig. 173. — Ajiiorcil digestif de l’Astérie orangée, d'niirês Tiedemann.— a, estomac ; appendices cîccau.K situés sur la face supérieure de l’estomac (organes excréteurs); c, c, csBcuins ranienx de l’estomac dans l’état de distension ; d, les mêmes dans leur étal normal, mais ouverts.
de la façon suivante (tig. 174) : un tube appelé canal pierreux, ou canal du sable, parce que sa paroi renferme des dépôts calcaires, et débouchant d’ordinaire sous la plaque madréporique, aboutit à un cercle vasculaire circumbuccal situé sur le plancher supérieur de la lanterne et t|ui porte cinq appendices contractiles en tonne d’ampoules {vésicules de Poli). De ce cercle parlent cinq canaux qui suivent, sur la face interne du test, les lignes méridiennes radiaires, et remontent vers le pôle apical, ou ils se terminent en culde-sac. On donne à ces canaux l’épithète cV cnnbulacraires, parce qu’ils communiquent avec les pieds ambulacraires. Chacun d’eux
üESCiUPTiVE.l ÉCIIINODERMES.
présente, de chaque côté, une série d’expansions vésiculeuses que l’on a appelées iniproprenient hvauchics iuterues.
L’autre portion de l’appareil circulatoire des Oursins consiste en deux vaisseaux qui longent le tube digestit, 1 un du côté interne, vaisseau marginal interne, l’autre du côté externe, vaisseau marginal externe, et souvent appelés le premier artère intestinale, et le second veine intestinale (fig. 175). C’est par une branche anastomotique de l’artère intestinale avec le canal circulaire que s’établit la communication qui existe entre les deux parties du système vasculaire. A la veine intestinale est annexé un canal qui en tire son origine par
Fig. 174. — Schéma de l’appareil aipiifèrc des Astéries. — r, canal ambulacraire avec ses c.xpansions vésiculeuses latérales, a. — p, pieds aiiibulacraires. — P, vésicules de Poli. — ni, plaque niadréporique avec le canal du sable.
une dizaine débranchés et qui, après un trajet circulaire au-dessous de l’intestin, vient déboucher dans le même vaisseau; Terrier lui a donné le nom de canal collatéral.
Les vaisseaux marginaux ne fournissent de ramifications qu’à la première courbure de l’intestin, qui paraît être spécialement affectée au service de la digestion, tandis que la seconde courbure serait le siège de phénomènes respiratoires. En elTet, celle-ci se remplit d’eau de mer par l’iiltermédiaire d’un tube qui, de la partie supérieure de l’œsophage, s’étend le long du bord interne de l’intestin, et vient s’ouvrir dans ce canal au niveau de la seconde courbure; Terrier désigne ce tube sous le nom de siphon intestinal (fig-. 175, 01).
La respiration s’effectue, chez les Echinodermes, au moyen d’organes divers. Nous venons de voir qu’une portion du tube digestif intervenait dans l’accomplissement de cette fonction, mais il faut
ZOOIMIYTES OU RADIAIRES. — ÉCHINODERMES. [zoologie
placer au premier rang’, parmi les parties servant à cet usage, les appendices amhulacraires qui reçoivent le liquide sanguin poussé par les petites ampoules placées à rintérieui' du corps, et nommées branchies internes (fig. 175, f' parce qu’on les regardait à tort comme des instruments spéciaux de respiration. Ce sont, en réalité, des
Fig. 175. — Appareil vasculaire de VEchinus sphera, d’après Perrier. — t, test calcaire; œ, œsophage; i, première courbure de l’intcstiu; i’, seconde courbure coupée tout près de sa naissance pour laisser voiries détails delà première; b, brides unissant an test le bord dorsal de l’intestin ; h, pyramides de la lanterne d’Aristote; k, plumes dentaires; O, auricules; jf, glande e,Kcrétrice (prétendu cœur); s, canal du sable; c, anneau vasculaire situé suite plan supérieur de la lanterne et auquel aboutit le canal du sable; s, vésicules de Poli ;
vaisseaux ambulacraires ; v', vaisseau naissant de l’anneau c, remontant le long de l’œsophage et se réfléchissant sur le bord libre de l’intestin pour former le vaisseau marginal interne V, d, vaisseau marginal externe. Ce vaisseau ne se prolonge ni sur l’œsophage ni sur la plus grande partie de la seconde courbure de l'intestin. 11 est r.-uni tout le long de la première courbure avec le vaisseau v, par des arborescences vasculaires formant un réseau capillaire très riche; it, grand canal de dérivation du vaisseau d, llotlant librcmcnl dans 1a cavité générale et s’abouchant dans ce canal par scs deux extrémités {canal collatéral) ; n, branches vasculaires ascendantes faisant commnniqucr le vaisseau n avec le vaisseau d; f, feuillets des branchies internes; .c, siphon intestinal.
réservoirs coiitraclilcs qui agissent comme des pompes dans l’exlension on la rétraction des jiieds ambulacraires.
Il existe parfois à la surface du corps d’antres prolongements en forme de cæcums qui communiquent, non avec l’appareil aquifère comme les précédents, mais avec la cavité générale. On les considère aussi comme des organes respiratoires, et on les désigné sous le nom de branchies dermifjues ; leh son\ les petits cæcums simples que l’on observe à la région dorsale des Astéries et ces appendices rameux qui, au nombre de cinq paires, sont placés dans les échancrures du test autour de la bouche, chez les Kebinides. Chez les
ÉCHIiNODtllMES.
DKSCRIPTIVK.I
2or.
Ilololliiiries, on Iroiivc nii appareil parlicnlier (|ueMilne luhvardsa appelé Iracliéeatinifèreiiis;. 170, [., WL"). 11 consiste en un gros troncfini part de ta portion terminale dn canal intestinal et (pii bientôt se divise et se ramifie en un grand nombre de tubes membraneux terminés en cnl-de-sac. L’ensemble de ces tubes constitue nn système (jiii s’étend dans pres(|iie tonte la longnenr de la cavité viscérale et se remplit d’eaii par l’intermédiaire de l’aniis. Sa surface interne est munie d’un épitliélinm ciliaire. L’eau, introduite dans cet appareil, est ensuite rejetée avec force par les contractions de la paroi du corps et produit ainsi nn mouvement de progression assez rapide.
La reproduction est généralement sexuelle et les sexes, chez les
Fig. 17(3.
Fig. 177.
Fig. 17(3. — llaplodactyla liolothuroïdes, d’après Selcnka. — LL'. \j', tiil)cs foliacés respiratoires — T, orifice buccal. — K, cercle calcaire. — I, tube intestinal. — G, appareil reproducteur.
Fig. 17Ï. — Organes sexuels d’un Oursin {Echinus napoli tamis). — a, ampoules des ambulacres (branchies internes); i, dernière portion de l’intestin; g, glandes sexuelles.
Synaptes excepté, sont séparés, mais il n’y a pas de caractères différentiels entre les individus males et femelles. Les organes reproducteurs, constitués simplement par les glandes sexuelles et leurs canaux d’excrétion, ont la même structure, que ce soient des ovaires ou des testicules, et leur nature ne se révèle que par l’examen des produits sécrétés. Il n’y a pas d’accouplement ; la fécondation se tait à l’extérieur par l’intermédiaire de l’eau ambiante.
Cinq glandes placées autour du pôle dorsal, dans les espaces interradiaux, constituent, chez les Oursins, les ovaires ou les testicules (tig. 177); leurs canaux excréteurs débouchent au dehors par cinq orifices qui occupent les plaques génitales dont il a été question plus haut. On trouve chez les Stellérides une disposition analogue des
ZOOPUYTES OU PiADIAIUES. — ÉCHINODERMES.
organes reproducteurs, mais, dans certains cas, les canaux évacuatenrs manquent et les œufs tombent dans la cavité générale du corps. Ils en sortent, chez les Ophiurides, par des fentes situées à la face ventrale, entre les bras. Les Holothuries ont leurs glandes génitales constituées par une touffe de tubes en cæcum, jilus ou moins ramitiés, ayant un canal excréteur commun qui s’ouvre dans la région antérieure du corps au voisinage de la bouche (fig. 170, G). Les organes reproducteurs des Synaptes, ont, par leui\conformation.
montrent dans l’endroit où commence la sécrétion calcaire.
Fig. 179. - Larve de VEchinus pulchellus ; scp< jours après la fécondation. — a, bouche; a', pharynx; b, estomac; b', intestin; o, anus; A, bras ventraux du voile ou de lamarquiïc; F, bras de l’appareil buccal ou du voile oral.
Fig. 180. — Larve de VEchinus pulchelhis. — Mêmes lettres, cl de plus : d, frange ciliée; /■.épaulettes ciliées ;c, disipic éebinodermique ; B, bras latéraux postérieurs; E, bras accessoires de l’appareil buccal (d’après •!. Miillcr).
beaucoup d’analogie avec les précédents, mais ce sont des organes hermaphrodites; en effet, dans chaque tube, il se développe à la fois des cellules ovariques et des cellules spermatiques.
L’embryon des Échinodermes se présente d’abord sous forme d’une larve s[)hérique dont la surface est recouverte de cils vibratiles. Bientôt apparaît en un point une dépression qui s’enfonce de plus en plus et donne naissance aune cavité représentant l’appareil
ÉCHINOüEUMES.
DESCRIPTIVE
digestif (Gastriila). Celle cavité n’a alors (iii’un seul orifice qui deviendra l’anus, la bouche se formant plus lard (fig. 178). Ue très bonne heiu’e on observe la première ébauche du système aquifère consistant en un canal terminé en ampoule, et (jui s’ouvre au dehors par un orifice auquel on a donné, à cause de sa position, le nom de pore dorsal. Ce pore indique l’endroit où se développera plus tard la plaque madréporique, et le canal qui lui fait suite devient le canal pierreux.
En se développant, les larves subissent des modifications différentes connues depuis les travaux de J. Millier, et les diverses formes qui en résultent ont reçu les noms de Pluteus, Bipinnaria, Brachiolaria et Auricularia. Toutes ces larves sont bilatérales et
l'iG. iSl. — Larve SC transformant en Échinoderinc. — g, pédicellaires ; ij, tentacules;
X, anibulacrcs (d’apres J. Millier).
pourvues d’une frange ciliée qui, placée sur les côtés du corps, s’étend sur ses deux faces et, dans la région ventrale, circonscrit par deux cordons transversaux un espace où se trouve la bouche. La forme des larves se modifie surtout en ce que, sur les bords du corps, se développent des appendices variés le long desquels s’étend la frange ciliée. Parfois ces appendices allongés renferment des tiges calcaires (dans la forme de Pluteus) dont la présence donne aux larves un aspect particulier qui leur a valu le nom de Staffelei, en allemand chevalet, pour rappeler leur forme singulière (fig. 180). Cette forme appartient aux larves des Oursins (fig. 179-81) et des Ophiures (fig. 182).
Les Bipinnaria, nom sous lequel Sars avait décrit, en 1835, un animal énigmatique {B. asterigera), furent plus tard reconnues par lui pour être des Astéries en voie de développement, opinion confirmée par les observations de Koren et Daniellsen, mais surtout
ZOOPIIYTES OU RADIAIRES. — ÉCllINODERMES.
pur celles de J. Müller. Les Bipiiiiiaria n’ont pas de squelette calcaire: la frange ciliée qu’elles portent « entoure le corps comme une élégante écharpe » (Müller). Elle est double, et les deux cordons qui la composent sur les côtés du corps, l’un passant en dessus et l’autre en dessous de la bouche, il s’ensuit (}ue la partie antérieure de la (ace ventrale est circonscrite par une bordure ciliée. Celte disposition est caractéristique des Bipinnaria (fig. 183), pourtant on la trouve aussi chez les BracJiiolaria, larve très voisine des
Img. 482. — Pluteus pamdoxiis, larve d’Oiiliiure. — A, A, bras latéraux. — B, R, bras inférieurs. — C, G, bras aiUérieurs. — D, D, bras poslérieurs. — a, bouche; a', oesophage; i/, estomac; c, corps granuleux; d, petits cæcums, premier indice du développement de 1 étoile; e, frange ciliée; f, tiges calcaires du squelette; r/, bourrelet cilié de l’extrémité supérieure ; x, noyaux et filets nerveux (d’après J. Müller).
précédentes, mais qui s’en distingue par la présence sur la partie antérieure du corps de trois bras contractiles.
Les larves d’Holotburies, Auricularia (fig. 181), n’ont pas de tiges calcaires et ne présentent pas le champ ventral antérieur, entouré par la frange ciliée propre aux Bipinnaria et aux Bracbiolaria. Le itom qui leur a été donné vient de ce (jue les aiipendices postérieurs dorso-venlraux ont la forme d’auricules. Ces mêmes appendices se trouvent plus ou moins développés chez les autres larves, à l’exception des larves d’Oursins, où ils font défaut. On y voit, chez certaines Auricularia, de petites roues calcaires caractéristiques (lig. 185). La transformation des larves en Ecbinodermes se fait, dans la plupart des cas, par une sorte de bourgeonnement comparable à la jiliase asexuée d’une génération alternante, de sorte que, d’après Müller, il
ÉCHINODERMES
DESCRIPTIVE
n’y aurait pas là des larves à proprement parler et dans l’acception qu’on donne en zoologie à ce mot, mais plus exactement des nourrices, suivant l’expression de Steenstrup, pour désigner les formes asexuées qui produisent un animal nouveau et lui four-
Fig. 185.
l'ic. 183. Bipinnaria (larve d’Aslérie), vue par la face ventrale. — b, œsophage; c, estomac. (Ann. des sc. nat., 3® se'rie, t. XI.X.)
F IC. 184. Axiricularia (larve d’Ilolotliurie), vue par la face dorsale. — a, bouche ; b, œsophage; c, estomac; (/.intestin; e, anus ; gr, filament canaliculiî attaché latcîralemeut sur la face dorsale; h, vésicule qui lui est suspendue et aux dépens de laquelle se forme la couronne de tentacules. (Ann. des sc. nat., 3“ série, t. XX.)
Fig. 185. — Petite roue calcaire grossie.
nissent la nourriture nécessaire pendant les premiers temps de son existence.
Dans le développement des Auricularia on observe une période analogue à celle pendant laquelle la chrysalide se transforme en papillon. Lorsque se montrent les premiers phénomènes qui dénotent la formation du corps de l’IIolothurie, l’apparence extérieure de la larve se modifie et devient celle d’un tonneau garni de cinq cercles ciliés (tîg. 18G), sorte de nymphe dans laquelle s’opère la métamorphose.
210 ZOOIMIYTES OU RADIAIRES. — ÉCIIINODERMES. [zoologie d.|
Parfois l’état larvaire est très réduit ou fait même défaut et le développement est direct; c’est eu particulier ce qui arrive ([uaïul
l’embryon se développe dans une cavité incubatrice de l’organisme maternel, chez certaines espèces vivipares telles que le Pleraster militaris parmi les Astérides, VAm- /iliiura squamàta parmi les Opbiurides, le Phyllophorus urna parmi les Ilolothurides.
Depuis longtemps on a observé la facilité avec laquelle les Etoiles de mer reproduisent les bras qu’elles ont accidentellement perdus; dans certains cas même la multiplication de ces animaux peut s’effectuer par scissiparité spontanée.
Les Ecbinodermes sont tous marins ; ils rampent en général à l’aide de leurs tubes ambulacraires, mais certains d’entre eux, les Crinoïdes, sont fixés au sol et portés sur une longue tige. Ils renferment un nombre considérable de formes fossiles appartenant en grande partie aux terrains sédimentaires les plus anciens. On les divise en quatre classes :
I. Corps eu forme de coupe ou de calice, généralement fixé [lar une tige articulée; bouche supérieure ; Crinoïdes.
II. Corps de forme pentagonale ou étoilée; bouche inférieure :
Fig. 18G. — Clirysalide d’IIolotluiric. — a, intestin ; c, canal circulaire du système aquifère ; c', vésicule de l'oli ;
d, vésicules avec les doubles noyaux;
e, anneau calcaire ; f, tentacules.
Astéroïdes.
III. Corps globuleux ou discoïde; bouche inférieure : ÉcJnnides.
IV. Corjis allongé, cylindrique; bouche antérieure, anus terminal : Ifololliurides.
I*"® CLASSE. — CRINOÏDES
Les Crinoïdes comprennent surtout des formes fossiles ap|)artenant à l’époque paléozoïque et ne sont représentés dans la faune actuelle que par un petit nombre d’espèces vivantes. Ces animaux sont fixés au sol par une tige calcaire articulée naissant de leur pôle apical et portant de distance en distance des cirres rangés en verticilles. Leur corps a la forme d’une coupe ou d’un calice composé de pièces calcaires disposées avec beaucoup de régularité et dont les bords donnent naissance à des bras articulés simples ou
Fig. 187. — a, Pentacrinus capiU medusœ; b, disque culiciiial du même, vu d’en haut, les bras enlevés.
Fig. 188. — Larve de Comatula.
Fig. 189. — Comatula médit erranea, vue en dessous.