‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 100 sur 144 · POUX · texte numérisé non relu

POUX

d'une hanche de deux pièces, d'une cuisse, d'une jambe et d'un tarse d'un seul article et très gros. Ce tarse* se termine par un on^ glet robuste qui se replie sur une saillie dentiforme, et fait arvec cette dernière l'office d'une pince. C'est ainsi que ces insectes s'ucr crochent aux cheveux. Leur abdomen paraît ovalaire, incisé et fortement lobé sur les bords. On y remarque huit anneaux et seize stigmates. Les trachées sont festonnées et présentent à travers la peau, sur les côtés, une suite d'arcs qui alternent avec les lobes marginaux. Swammerdam a soupçonné que les Poux étaient androgynçs, parce qu'il avait trquvé un ovaire dans tous ceux qu'il avait disséqués. Adanson et Lamarck ont répété cette erreur^ Il parait que Swammerdam n'avait eu à sa disposition que des femelles. Leeuwenhoek a constaté l'existence des deux sexes. Les mâles portent u l'extrémité de l'abdomen, qui est arrondie, un aiguillon écailleux, conique, pointu, recourbé, brun, avec lequel ils peuvent piquer. Cet aiguillon parait être le fourreau de l'organe génital. Chez la fe^ melle, la terminaison de l'abdomen est échancrée;dans l'accoujplement, cette dernière se place sur le dos du mâle.

Les Poux sont ovipares ; on désigne leurs œufs sous le nom de lentes (fig. 90, c); on les trouve agglutinés aux cheveux. Ils sont oblongs, même un peu pyriformes, blancs, et s'ouvrent au sommet.

Les petits éclosent au bout de cinq à six jours. Us sont ou blanc de lait, ou gris pâle. Après plusieurs mues, et au bout de dixhuit jours, ils peuvent déjà se reproduire. L'observation a démontré qu'un Pou donne une cinquantaine d'oeufs en six jours, et qu'il lui en reste encore dans le corps (1). Suivant un calcul de Leeuwenhoek, deux Poux femelles peuvent devenir grand'mères de 4 000 Poux, dans l'espace de huit semaines ; d'autres ont calculé que la seconde génération d'un seul individu pouvait fournir 2500 Poux, et la troisième, 4 25 000 ; mais la reproduction normale ne marche pas avec cette effrayante rapidité.

•1° Appareil buccal (fig. 94). — En avant de la tête, on remarque un mamelon charnu avancé. Ce mamelon est court et conoïde. Il renferme un suçoir {rostre) protractile , que l'animal peut faire sortir et rentrer à volonté. On n'aperçoit guère ce suçoir que lorsqu'il est en action. Leeuwenhoek l'a comparé à un filet délié, mais contre son habitude, il Ta observé très incomplètement.

L'organe dont il s'agit est une gaîue inarticulée, subcylindrique,

(1) Swammerilam dit avoir trouve, dans un seul ovaire, 54 œufs de diflorcntes

270 ÉPIZOAIRES Vn'ANT SUR LA PEAU.

obtuse, susceptible de se dilater au sommet, et d'offirii* aloi^ de quatre à six petits rrochets pointus, dirigés un peu d'avant en arrière, dont 1a forme et la situation ont pour but évident de retenir le suçoir dans la peau.

Dans l'intérieur, se trouvent quatre soies capillaires, très pointues, rondes, appliquées les unes contre les autres.

Celte strucliire de l'appareil buccal des faux confirme, pour le dire en passant, l'opinion de Fabricius, qui regardait ces Fig. 0). — nofirïC). animaux comme des Hémiptères dégradés et privés d'ailes (Burmeister).

2* Action sur l'homme. — Les Poux piquent et sucent le cwîr chevelu à l'aide de l'appareil qui vient d'éb-e décrit. Hais on croit que les démangeaisons partictdiéres que causent ces insectes sont produites par l'aiguillon abdominal du mile, et non par le suçoir buccal des deuiseies. Pourquoi celte piqûre? L'animal perce-t-il la peau avec cet instrument pour y introduire ensuite son suçoir î Mais, dans ce cas, la femelle devrait aussi avoir un aiguillon. Suivant les auteurs, l'entrée du suçoir dans la peau ne détermine aucune sensation, à moins qu'il ne touche quelque nerf. Leeuwenboek en a fait l'expérience sur sa main.

Faut-il croire, avec Linné{1), que lorsque le temps devient pluvieux, ces insectes descendent sur les cdtës de la tète?

8° Pou DU CORPS (fig. 92). — Le Pou du eurps ou de» vêtement» (3) avait été confondu avec la première espèce. C'est de Geerqui a distingué ces deux insectes.

Ainsi que ses noms l'indiquent, ce Pou

Vig.oi. — Povdacorpt. ^ rencontre dans les diCTérente s parties du corps et dans les vêtements.

U est UD peu plus grand, moins coloré, et moins gris que le Pou

(1} 1 iBitantt pluïta, iemcndit ad lalera capi

(S) Ptdiaitai corporit de Geee (P. humanat, |

Uiiar 0\ten, P. cutimau Rup., P. vetlimmti Ki

, (Linn.)

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