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DE LA PUCE

Le genre Pace (Pu/ejc) appartenait 'à Tordre des Suceurs ou Siphonaptères de Latreille. Aujourd'hui on le rapproche des Diptères, malgré l'absence des ailes. Ce genre offre pour caractères : un bec infléchi j étroit, renfermant deux lamelles oii lancettes, et recouvert à sa base par deux écailles; des yeux au nombre de deux, peu saillants; un abdomen comprimé; des pieds au nombre de six, sauteurs.

1** La Puce ordinaire (4) (fig. 94) présente un corps ovale, coiiipriraé, revêtu d'une peau cornée, assez ferme, d'un brun marron luisant. Ce corps semble caparaçonné. Quand on écrase un de ces animaux, on entend un petit bruit qui provient de la résistance et de la rupture de sa peau. La Puce offre son plus grand diamètre du dos au ventre. Ces deux parties sont minces et tranchantes. Son corps est divisé en douze segments, dont trois composent le corselet, qui est court, et sept l'abdomen. La tête est petite, très com-

(i) Dermanysstis Dugcs (Araclinidcs).

(i) Omithomya Latr. (Insectes diplcres).

(3) Gamasui Latr. (Arachnides).

(4) Pulex homirUs Dugcs (P. irritam Linn., /'. viUgaris de (icor).

aîi EI>lZli.\lllt;> VIVANT SUR LA PEAL.

primée, airoadie en dessus, el formant un chaperOD saus spinules

ui en dessous, ni en arrière. Euavaut de ce dernier, se remarquent

des antennes peu lonf^es, presque cylindriques, et eomposées de

quatre articles (dont le second assez long, et le troisième large et

digité). Quand la Puce est en

mouvement, elle agite cmiti-

nuellement ces organes. Mais

en se reposant, elle les baisse

et les tient appliqoés contre

le devant de la tête (de

Geer) . Les yeus sont simples,

grands et arrondis. Derrière

chacun, se trouve une fos-

fig.H.—PuctC). sette où l'on découvre une

petite i»èce mobile appelée

opercule. Les Puce» ont des pattes longues et fortes, épineuses, avec

des tarses de cinq articles terminés par des crochets contournés.

Les deux anlérieures sont écartées des autres et insérées presque

sous la têle. Les postérieures sont les plus robustes. On sait que

ces insectes font des sauts (dantesques relativement à leur taille.

L'abdomen csl fort grand ; chaque segment est composé de deux

pièces, une supérieure et une iiÎFérieure, disposition très favorable

au grossissement énorme du ventre après la succion ou après ta

fécondation. L'avant-derniei' anneau {pygjdium) porte un certain

nombre de soies épineuses implantées au milieu d'autant de petites

aréoles.

Les Puces sont uniseiuées. Le. mâle est moitié plus petit que la femelle ; celleM^ a le dos plus çonveie. Dans l'accouplement, ces animauîi se mettent ventre à ventre, de manière que les têtes se regardent. Le mâle est dessous ()),

La femelle pond de 8 h M œufs ovoïdes, lisses, un peu visqueux, blancs. De Geer a surpris une Puce au moment de la ponte. Cet insecte n'attache pas ses œufs aux poils ou à la peau des animaux ; il les pend au hasard, les laissant tomber A terre (Rœsel). Ces œufs coulent comme des globules de mercure. C'est ordinairement dans les fentes des parquets, sur les vieux meubles, dans le linge sale et parmi les ordures qu'on les rencontre (2).

(1) t Femina in eoitu mcmdit in coiyvi nuirii. > (Leeunenlioek.) — ■ Mai mt ftmina janiilur: ■ (Linn.)

{!) On en ■ obwrvâ «oin lu ongka des fàeàSf miis e^fal une oiceptjon.

l'LCE. 2Î5

Avec les œufs, on trouve des grains d'un pourpre iioii-, luisauls, arroudis, aplaljs ou cylindroldes, quelquefois contournés. Ces graiusne sont pas les excréments de l'insecte, maisdu sang desséché, préparé à nos dépens et destiné à la nourriture des iarres. ^Defrance).

Au bout de quatre nu cinq jours, en été, et de onze, en Wser, on voit éclore les larves, petits vers allongés, cylindriques, divisés en b-eize anneaux garnis de poils. Elles ont une tële écailleuse jaunâtre, portant des antennules, et deux espèces de crochets à l'extréniiléposléricuredu corps. E^tes manquent de pattes (Leeuwenhoek, Rœsel); elles sont très vives; elles serpentent, se tordent, se roulent sur elles-mêmes, et marchent assez rapidement en élevant la tète (Defrance). Elles paraissent d'abord blanches, puis rougeâlres. Au bout de onze à quinze jours, suivant la saison, elles s'enferment dans unecoque soyeuse un peu oblongue, mince et blanchâtre, et s'y transforment en nymphes ; celles-ci «nt les pattes coUées contre le corps (Defrance).

Il faut de douze à quinze jours, à ces nymphes, pour qu'elles deviennent Piic«> parfaites.

i ' Appareil buccal (lîg. 96). — Le bec ou rosUllt de noire insecte est placé presque perpendiculairement, un peu recourbé en arriére, dansl'étatde repos, et caché entre les longues hanches des paUes antérieures. Ce bec est composé de trois sortes de parties:

1 " D'une lamelle foliacée {lèere ftg. ss. — Awanit bmeal (^. inférieure) oblongue, portant

deux palpes rapprochés et quadriarticulés, k second article très grand.

2* D'une gaine extérieure, articulée, recevant dans une goutdére, et soutenant par-dessous, dans leur action, les lancettes dont il va être question. Cette gaine est formée de deux pièces accolées ifMchoires) oblongues, concaves, portant chacune un palpe inséré

(*) A, tUa: — a, mlcholra liuctie. — i, lincellei on nunilibulei. -~ c, pilr< Ublal giuche. — rf, pilpei maiillilnH.— B, RMlelte iMvdopp*:— «,«, miclioirei inUtieurtt, chiwns inc son jnlpe. — 6|fr, liocellBi on miDilibuteg. — c. Km InUritun kïc ki dm pi1]i««. - C, eatinàU d'una linalte.

276 ÉPiZOAlUES VIVANT SUU LA PEAU.

très bas et composé de quatre articles, dont le premier assez grand.

3° De deux lamelles étroites, spadiformes, ou lancettes allongées, aiguës, à bords tranchants et denticulés. Ces lancettes sont les agents de la piqûre et de la succion .

2* Action sur l'homme, — Les Puces produisit une petite démangeaison désagréable, en se promenant sur les parties sensibles de la peau, et en s'appuyant sur les crochets de leurs pattes.

La piqûre de ces insectes (4 ) donne naissance à une sensation plus vive. Quand la Puce veut piquer, elle écarte les deux valves de la gaine qui protège ses lancettes, et enfonce ces dernières. Elle pompe aussitôt et se remplit de sang.

La quantité de sang absorbée est considérable relativement à ranimai. On peut en juger d'un côté par le volume de Tabdomen gorgé, et plus tard, par celui de Texcrément. Ce dernier est énorme, si Ton fait attention h la taille de Tinsecte. Il conserve même en partie la couleur du fluide sanguin.

La piqûre de la puce laisse, sur la peau, une petite taehe rougeâtre, vers le milieu de laquelle se voit un point microscopique plus foncé; chez les enfants, les femmes et les personnes à tissu cutané très délicat, il y a de plus une légère tuméfaction (Barthez). Rarement cette tuméfaction est suivie d'une phlyctène, et plus rarement encore d'un petit phlegmon.

2" Autres espèces. — Linné croyait que la Puce de Thomme et celles des animaux ne constituaient qu'une seule et même espèce. Dose remarqua ) le premier, que la Puce de la taupe et celle du renard présentaient une organisation un peu différente. Dugés a étudié les Puces du chien, de la souris et de la éhauve-souris ; il les a comparées u celle de l'homme, et a montré les caractères qui en faisaient autant d'espèces séparées. Ainsi le chaperon offre de noni' breuses spinules en dessous dans la Puce du chien, seulement quatre en arrière dans la souris, et deux à peu près en avant dans celle de la chauve-souris. Dans celle de l'honime on n'en rencontre pas. Les yeux sont grands dans cette dernière espèce, médiocres dans la Puce du chien, petits dans celle de la souris, et nuls dans celle de la chauve-souris.

(i) Mtn'sus piilicum. {$M\'ngcf)»

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