DE LA .CHIQUE
La Chique; ou la Puce-ckique (4), est un des parasites les plus incommodes que l'on connaisse.
ËUehabite l'Amérique interlropicale, particulièrement la Guyane et le Brésil. Elle se tient dans les bois, siu* les buissons et sur les plantes, particulièrement sur les herbes sèches. Il y en a quelquefois une si grande quantité, que, dès qu'on s'assied par terre ou sur un arbre abattu, on en a bientôt les habits et le corps couverts.
4° Description. — La Chique est plus petite que la Puce ordinaire, mais elle peut acquérir un volume considérable en se gorgeant de sang. Cet insecte présente une forme obovée; il est aplati et d'un rouge brunâtre, avec une tache blanche sur lé dos; sa peau paraît si coriace, qu'on a de la peine à la déchirer. Les jointures des pattes sont blanchâtres.
Les mâles sont plus petits que les femelles. L'abdomen de ces dernières est proportionnellement plus développé que dans l'autre sexe ; il se dilate en boule après la fécondation.
Les œufs sont ovoïdes, oblopgs et blanchâtres. Ils semblent attachés à la mère par une sorte de funicuLe assez court. On pense que lorsque ces insectes n'ont pas l'occasion de piquer l'espèce humaine, ils déposent leurs œufs par terre (Pohl, Koilar).
On n'a pas décrit encore la larve de la Chique,
2* Appareil buccal. — Cet appareil est mal connu; on sait seulement que l'animal possède un rostre long, roide et pointu, proportionnellement plus grand que celui de la Puce ordinaire.
3° Action sur l'homme. — Les Chiques attaquent l'homme, mais seulement après avoir été fécondées, dans le but de loger et d'alimenter leurs petits. Les mâles ne nous inquiètent pas. Ces insectes, se portent principalement sur les pieds; ils se glissent entre la chair et les ongles, ou bien sous la peau des talons. On les voit très rarement à la face dorsale de l'organe, sur ks mains et dans
(i) DtrmatophUuê pénétrant Guér. {Pulex pénétrant Lin a., Sarcoptytla pêne» trant Gaild.), vulgairement, à Saint-Domingue et à la Guy-ihc, Nigiia-f au Brc$iS Jatecuba, Mygor 6t Tunga. Les Espagnols qui arrivèrent les premiers en Amérique la nommèrent Chega et ChegOt et les Français Pique et CUique. — N'est^^e pas le Pediculutricinoidet de Linné? — « Habitat in America, pefies obambvJantium intrans, sangiiinem haurient, in iit ova deponentt ulcéra cacoethica cautant. » (Rolantler.)
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d'autres parties du corps. Les personnes qui voyagent sans chaussures y sont naturellement plus exposées que les autres ; celles qui transpirent beaucoup sont les moins assaillies.
L'introduction de la Chique a lieu sans aucune sensation douloureuse, malgré la longueur du bee de Tanimal, et sans changement de couleur à la peau, du moins dans .les premiers moments. En peu de jours, le parasite commence à se développer et à se rendre sensible par une démangeaison, d'abord légère, qui augmente graduellement, et finit par devenir insupportable. Quand la présence- de la CAtgrue est accompagnée d'une douleur appréciable, la moitié de son corps est déjà engagée dans le tissu. L'animal ressemble d'abord à un point brun ; ce point grossit peu à peu, il prend bientôt l'aspect d'une tumeur plus ou moins rougeâtre dans laquelle on a bien de la difficulté à reconnaître un abdomen.
La Chique atteint, en peu de temps, le volume d'un pois-chiche ou d'une fève. Son corps n'est plus qu'un sac énorme, pareil à un kyste, de couleur brunâtre plus ou moins livide, renfermant un pus sanieux. On observe, dans son abdomen » un nombre «onâdérable de globules agglomérés ; ces globules sont les œufs*
11 est difficile de faire lâcher prise à ces redoutables parasites. Le bec se rompt plutôt que d'abandonner le tissu dans lequel il est engagé. Quand on tire trop fort, le bec, la tête et les pattes restent en place et déterminent bientôt une fâcheuse inflammation ou un ulcère de mauvaise nature (4).
Les pieds sont quelquefois entièrement envahis et comme rongés par les Chiques, Lorsque l'animal vient de piquer, la peau présente une petite tache blanchâtre entourée d'un cercle inflammatoire. Plus tard le tissu se gonfle, se boursoufle, se déforme. Quand les parasites sont nombreux et rapprochés, le désordre peut acquérir une certaine gravité.
Les Chiques se rencontrent parfois entre les doigts des chiens, mais surtout à la partie inférieure du pied dés cochons ; on a même regardé ces pachydermes comme propagateurs de respèce. (J. Goudot.)