‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 105 sur 144 · TIQUES · texte numérisé non relu

TIQUES

dernier une sorte de bec laiUcint court, tronqué et un peu dilaté au bout*

Les Tiques fréquentent les bois touffus, s'accrochent aux végétaux peu élevés par les pieds antérieurs, tenant les autres étendus (Latreille), Elles se jettent sur les mammifères et se fixent à leur peau.

Ces animaux pondent une quantité prodigieuse d'œufs. M. Ghabrier assure que ceux-ci sortent par la bouche.

40 Espèces. — Nous en avons en France deux espèces principales: 4 ' la Tique Louvette, 2** -la Tique réticulée.

La Tique Louwtte{\ ) est d'un rouge de sang foncé, avec la plaque écaiileuse antérieure plus obscure ; elle a les côtés du corps rebordés et un peu poilus.

Elle s'attache aux chiens.

La Tique réticulée {it) est cendrée, avec de petites taches et des lignes annulaires d'un brun rougeâtre. Elle a les bords de l'abdomen striés, et des palpes presque ovales.

E)lle s'attache aux bœufs, aux moutons et à plusieurs autres mammifères domesliques.

Parmi les espèces étrangères, je citerai le iVi'gua (3) et Vlœode de l'homme (4), arachnides encore très mal connues.

2" Appareil buccal. — Le bec ou rostre des tiques est obtus en avant. Il présente : <• un support formé d'une petite pièce écaiileuse reçue dans une échancrure du corselet, et servant de réceptacle à la base du suçoir ; 2"* une gaine de deux pièces fort courtes, écailleuses, concaves du côté interne, arrondies et même un peu plus larges à leur extrémité (chacune de ces pièces, vue à la loupe, paraît coupée transversalement) ; 3*" un suçoir placé dans cette gaine, composé de trois lames cornées, coniques, très dures, dont les deux latérales sont plus petites, et en recouvrement sur la troisième, qui est grande, large, obtuse au bout, un peu transparente et moins colorée : celle-ci porte, sur ses côtés et sur toute sa surface inférieure, un grand nombre de dents de scie très fortes ; elle oifre un sillon dans son milieu.

3* Action sur l'homme. — M. Raspail rapporte qu'il a trouvé plusieurs fois (depuis le mois de décembre 4 838 jusqu'au mois de

(i) Ixodes Ricinus Lalr. (Acarus Ricinus Linn., A. reduvius de Geer), vulgairement LouvettCt Tique, Pou des boit, PucemaUgne. Dans le bas Lanf^edoc, on l'appelle Litigdêta,

(2) Ixodes reticulatut Latr. {Acarus reduvius Schrank, Cynerhœstes pictut Herm.)*

(3) Ix. Nigua Guér. {Acarus Nigua de Geer, A. Americanus Linn.).

(4) Ix, hominisKwh.

280 ÉPiZOAIRES VIVANT SUR LA. PEAU.

mai 4 840), des Tiques jeunes, mais à huit pattes (ce qui prouve qu^elles étaient adultes), sur la tête de sa fille âgéer de trois à quatre ans. Les atroces démangeaisons éprouvées par l'enfant indiquaient suffisamment que le cuir chevelu était profondément piqué.

11 y a une vingtaine d'années, un jeune homme, revenant de chasser dans les environs de Melun, présenta sous le bras une petite saillie livide, du volume d'une grosse lentille, accompagnée d'une douleur assez vive : c'était une Tique énorme qu'il avait prise dans un bois.

Dans son avant-dernier voyage en Algérie (4 856), le docteur Ernest Cosson, se trouvant dans l'oasis d'Asla (province d'Oran), fut obligé de dresser sa tente près d'un village, sur un emplacement qui sert habituellement de marché aux moutons. Le lendetnain matin, son domestique se réveilla, portant sur le mamelon droit trois Tiques rapprochées, de la grosseur d'un pois. La présence de ces parasites lui causait beaucoup de mal.

Les Tiques enfoncent leur bec dans la peau comme on enfonce un trocart. Les petits crochets récurrents qui garnissent sa surface l'empêchent de sortir du point où il a pénétré. Le suçoir est engagé d'une manière tellement solide, qu'on ne peut l'en détacher qu'avec force et en arrachant une portion de la peaq qui lui adhère.

Ces arachnides sont très voraces ; elles absorbent une grande quantité de sang. Leur corps, qui est très extensible à la circonférence et en dessous, se gonfle et prend l'apparence d'une excrmssance plus ou moins livide.

On a vu une Tique pénétrer dans une petite tumeur du ventre d'une femme (Hussem). C'est par erreur qu'on en a signale une autre comme accooopagnant la dysenterie.

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