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DU ROUGET

Le Rouget, ou Lepte automnal (4), est encore un Acarien.

Comme les Arachnides présentent ordinairement huit pattes a l'état parfait, et seulement six à l'état de larve, M. de Siebold avait soupçonné que le Rouget, qui est hexapode, devait être un animal incomplètement développé. L'observation a démontré, en effet, que c'est une larve de Trombidion,

Le Rouget est assez commun en France ; il se tient sur les tiges des graminées et de quelques autres plantes peu hautes, sous les tas de feuilles sèches, dans les guérets et dans les bois; on l'observe aussi sur les petits arbrisseaux, par exemple sur les groseilliers et les

(1) Argas Persicus Fisch.

(2) Arg, Chinche Gerv.

(3) Arg. marginatusLAir.

(4) Leptuê autumnahs Latr. {Acants autumnalis Shaw), vu1;;aireinent, dan^ la CharciHârlnférieure, Yendangeron; dans la Haute-Garonne, Bête rouge^ et dans cr.iiitrcs ddparlemenls, B/'te d'août, Bec-d'août, Piqué-août.

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genêts. Defrance Ta souvent observée dans les jardins, au sommet des mottes de terre, au haut des échalas et sur les angles des caisses d'orangers, attendant probablement Toccasion de s'accrocher à quelque mammifère ou à l'homme. Il en a vu s'attacher aux oreilles des chiens, dans leurs sourcils et sous leur ventre. Ce parasite attaque aussi les chats, mais il ne paraît pas les tourmenter beaucoup.

i° Description. — Le Rouget est un animal très petit. H faut avoir l'œil bien exercé pour l'apercevoir à la vue simple, à moins qu'il n'y en ait plusieurs d'agglomérés. Cette arachnide présente un corps ovoïde et mou, un peu luisant, de couleur rouge écarlate ; elle a des palpes apparents, courts et quadriarticulés ; son corselet et son abdomen paraissent assez distincts. Ses pattes sont grêles, d'égale longueur et terminées par dés ventouses nidimentaires.

2** Appareil buccal. — D'après Shaw, le Rouget possède un suçoir ou rostre protractile. Cet organe est extrêmement petit; il paraît roide et pointu; je n'ai pas eu l'occasion de l'observer...

3<* Action sur l'homme. — Les habitants de la campagne, les enfants et les femmes surtout, connaissent parfaitement le Rouget. H commence h paraître ou plutôt à faire sentir sa présence vers la mijuillet, et cesse de se montrer vers la mi-septembre. Ces animaux sont plus communs les années de sécheresse et de grandes chaleurs (Defrance). •

Le Rouget se jette sur l'homme et s'insinue dans sa peau, à la racine des poils. Il attaque surtout les personnes qui ont la peau délicate. Il semble préférer les jambes, la partie interne des cuisses et le bas-ventre. Il se porte aussi sur les bras et sur le sein. Quand on traverse des jachères fréquentées par ces arachnides, ou bien quand on se dépouille d'une partie de ses habits, sans précaution, dans les bois ou dans les parcs, surtout lorsqu'on s'étend négligemment sur la pelouse, on ne tarde pas à être assailli par ces petites bêtes incommodes.

M. Dumérii a trouvé un jour à la base d'un cheveu, chez un jeune enfant, plus de douze Rougets vivants, agglomérés.

Ces animaux cheminent assez vite, car on les voit monter des jambes jusqu'à la tête, dans peu de temps. Ils se trouvent souvent arrêtés en route par les jarretières et les ceintures; alors ils se fixent à l'endroit de l'obstacle.

M. Dumérii présume que les Rougets s'attachent avec les ongles, et qu'ils insinuent leur suçoir sous 4'épiderme ; mais que ce sont principalement les mouvements des pattes et des ongles qui font naître l'irritation et l'inflammation que l'on éprouve.

L*analogie avec d'autres arachnides parasites me fait penser que le mal doit être produit par le bec ; peut-être la salive de l'animal présente-t^Ue un caractère particulier, car la douleur produite n'est guère en rapport avec l'organe microscopique que l'animal enfonce dans la peau.

La blessure du Rouget occasionne des démangeaisons vives, brûlantes, insupportables, qui empêchent de dormir. Latreille les compare à celles de la gale. La peau se gonfle et devient rouge, quelquefois même violacée. Il se forme des plaques irrégulières, assez grandes relativement à la taille du parasite. Les personnes attaquées se grattent avec force, jusqu'au sang, et augmentent toujours l'étendue et l'intensité inflammatoires.

Les ampoules occasionnées par le Rouget guérissent bientôt, si l'oji n'y touche pas ; mais si on les irrite plusieurs fois, elles finissent par suppurer.

John a observé un exanthème déterminé par cette cause. Moses cite aussi un cas d'inflammation papuleuse et vésiculeuse avec des démangeaisons insupportables, dans une famille, produite par le même animal. Le pourtour de l'acrimonie était couvert de taches rouges ; un examen microscopique fit voir que c'étaient des accumulations de Rougets,

La Chique et le Rouget forment la transition des Parasites cuticoles extérieurs aux Parasites cuticoles intérieurs, c'est-à-dire des Épizoaires vivant sur la peau aux Épizoaires qui habitent dans son tissu.

SECTION II

Les Épizoaires qui vivent dans la peau sont : i^ \e Sarcopte^ 2" VAcaropse, 3* le Démodex, i*** quelques autres Acariens imparfaitement connus.

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