CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
vague pesanteur ou une augmentation d'appétit, tantôt un malaise inexprimable ou une douleur violente ; on maigrit ; on a des coliques, des hémorrhagies, des inflammations lentes, des abcès. Ces désordres sont suivis de convulsions éclamptiques, de la chorée, de répilepsie, de Tamaurose, de l'apoplexie, d'une maladie analogue au tournis des moutons..., et, dans certains cas, heureusement fort rares, de la mort ! L'étude de ces divers désordres a été faite avec beaucoup de soin dans le livre ex professa, annoncé par M. Davaine, intitulé Traité des Entozoaires et des maladies vermineuses. Je ne saurais mieux faire que de renvoyer mes lecteurs à cet important ouvrage.
Cependant il ne faudrait pas exagérer l'action nuisible des Entozoaires. M. Dujardin a vu des exemples où ces animaux s'étaient développés par milliers, chez des individus en apparence bien portants.
La propagation de ces vers est d'autant plus rapide, en général, qu'elle arrive chez des sujets affaiblis, placés dans un lieu froid et humide, et déjà rendus malades par une cause différente (Grisolle). La mauvaise alimentation est aussi pour beaucoup dans l'apparition des Helminthes. Les viandes gâtées, les fruits verts, les légumes avariés, les sucreries, certaines eaux, influent considérablement sur leur développement. Toutes choses égales, d'ailleurs, l'enfance est la condition la plus favorable à leur apparition, peut-être à cause de la disposition iymphatique inhérente à la jeunesse (Bouchut). Il y a des familles qui semblent plus disposées que d'autres aux affections verminéuses. Il semble aussi que la constitution {helminthiase, Iteq.) y soit pour beaucoup.
Certs^ins Entozoaires sont endémiques dans plusieurs pays, par exemple le Ténia, en Allemagne et en Hollande, et le Bothriocéphale, en Suisse et en Russie (Boudin).
Les Helminthes sont des vers le plus souvent allongés et cylindnques. Il y en a qui ressemblent à des fils, d'autres à des rubans, ffuelques-uns à de petites feuilles. Certains ont le corps élastique, i:ev$tu d'un tégument résistant; d'autres sont mous, sans tégument distinct. Leur corps est strié transversalement ou nettement articulé, hlanc ou grisâtre, jaunâtre ou rougeâtre. Les matières qui remplissent l3ur tube digestif et leurs œufs influent souvent sur leur coloration.
Une partie des {Intozoaires possède un intestin complet, avec une bouche et un anus. Dans un petit nombre, la cavité buccale présente des parties dures. Certains ont un tube digestif ramifié avec un seul orifice. D'autres offrent des suçoirs buccaux, et n'ont ni orifice anal, ni intestin.
Le système nerveux n'existe que dans un petit nombre, et tou-
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jours à l*état de rudiment. Quelques-uns ont des ventouses ou des crochets a l'aide desquels ils peuvent se fixer.
Les anciens croyaient à la reproduction spontanée des Vers intestinaux. Les uns les faisaient naître des aliments mal digérés ; les autres des excréments en décomposition ; ceux-ci de la bile fermentée et viciée ; ceux-là des humeurs crues, épaissies et en fmtréfaction (4).
« Les vers se font, dit Âmbroise Paré, d'une matière grosse, vis- » queuse et crue, laquelle se corrompt en Testomach, puis descend > es intestins. »
L*hypothèse de la génération spontanée a été soutenue, de notve temps, par quelques savants physiologistes (2). Ob sait que Redi, Andry et Vallisneri s'étaient élevés fortement contre cette vieille théorie. Grâce aux travaux modernes de plusieurs naturalistes éminents (3), ce mode reproducteur ne peut plus être admis. Il est généralement reconnu, aujourd'hui, que les Ëntozoaires sont produits par des Ëntozoaires.
Les sexes de ces animaux sont séparés ou réunis. Les mâles por* tent généralement une verge ou spicule simple ou double. Leurs spermatozoïdes sont tantôt filiformes, tantôt globuleux, diaphanes et plus ou moins gluants. Il existe des Ëntozoaires ovfpares et des Ëntozoaires ovovivipares. Les larves d'un grand nombre diffèrent considérablement de l'état parfait. H y a plus, elles peuvent souvent se reproduire par gemmes ou bourgeons : ce qui coiïstitue des générations alternantes très curieuses. Enfin, on a constaté qu'à une ce^ taine période de leur vie, une partie de ces animaux font des migrations souvent très éloignées, pour arriver jusqu'à l'individu ou l'organisme où ils doivent résider définitivement.
Je diviserai les Helminthes de l'homme en deux séries : les cylindriques, pourvus d'une cavité viscérale, et les non cylindriques, privés de cavité viscérale. Les premiers vivent tantôt dans le tube digestif (4), ce sont les genres Ascaride, Oxyure, Trichocéphale et Ancylostome ; tantôt hors de ce tube, ce sont les genres' Strongle, Spiroptère et Filaire. Les seconds sont plats et se rencontrent hors du tube digestif, ce sont les genres Thécosome, Douve et Festucaire ; ou bien sont nibanés et habitent dans ce tube (5), ce sont les genres Ténia et Bothriocéphale. En tout douze genres. Voici le tableau de ces genres avec leurs caractères principaux :
(1) «Ex cimda crassaque materiapituitosaputrescente, » (Avicenne.)
(2) Bremser, Lamarck, Frey, Dugès, Dujardin, Bnrdach, Bérard, Poucliet, etc.
(3) Siebold, Yan Beneden, Kûchenmeister, Leuckart, Filippi» Claude Bernard, etc.
(4) Il s*agit de l'état parfait, car les larves de plusieurs vivent hors de ce ivbe, e( quelquefois même hors de l'homme.
(5) Leurs larves vivent toutes hors de l'homme et hors du tube digestif.