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CHAPITRE PREMIER

CARACTERES DE L flOMME.

V Homme est le premier des êtres animés.

Buffon le regardait comme le seul anima/ bimane et bipède.

Blmncnbach lui donnait pour attributs : la station droite et la présence de deux mains (1).

D'autres ont réuni ensemble ces trois sortes de caractères, et ont dit de THomme : Situs erectus, manus duœ, pedes bini.

A cette diagnose principale , on a cru devoir ajouter plus tard d'autres signes moins tranchés et places en seconde ligne , mais qui acquièrent une certaine valeur par leur association : tels sont le défaut d'organes .de défense contre ses ennemis {inermis), l'absence d'une vestiture naturelle contre les intempéries des saisons (nudus), le menton saillant (2) , la contiguïté des dents ou série continue sans intervalle vide (3), et leur égalité, c'est-à-dire leur hauteur à peu près la même (4) , la verticalité des incisives inférieures (5),

{{) Erectut et himanus (Bltmi.).

(2) Mentum prominvlum.

(3) Dénies titrinque reliquis approœlniali.

(4) Pentes œquales.

(5) Incisores inferiorcs erecli.

MOÛ.-TAND, i

2 AxNTHRoroLOGlE.

les mains pourvues d'un pouce exactement opposable (\ ) , les pieds munis d'un la!on sailltint el l'oUtsIe (2) , des mamelles au nombre de deux et placées sur la poitrine (3), «n coccyx très court (4)

En combinant tous les caractères qui viennent d'être exposés , on peut dire que l'Homme possède un corps droit, inerme, presque nu, un menton saillant, des dents également rapprochées et à peu près de 11 même liAutelir (le» Incisives inférieures Verticalet»)) deux mains (aux membres supérieurs) parfaites, c*est4-<iire à pouce exactement opposable; deux pieds (aux membres inférieurs) plantigrades et ù talon saillant et robuste ; deux mamelles pectorales et un coccyx non saillant.

Mais tous ces caractères sont matériels. 11 en est d'autres d'un ordre bien supérieur qui mettent sans contredit entre notre espèce et l'animalité une distance à jamais incommensui*able. L'Homme se distingue surtout des êtres les mieux organisés par son intelligence (5), par sa perfectibilité, par la connaissance, de Diert , par l'idée de l'infini, par l'amour du beau et par le sentiment de la morale (6). Aussi, dans son Système de la nature^ le grand Linné, après avoir donné à l'Homme le nom de sapiens, n'a pas voulu for- Uiuler pour notre espèce de« caractères différentiels tirés du nombre, de la proportion ou de la forme des organes, comme il en donne à tous les êtres vivants* Il a dédaigné, avec juste raison, et les mains et les pieds, et les dents et les mamelles ; il s'est borné à écrire après le nom générique de HûrM (et II répéter après son nom spécifique) ces mots très significatiis et très profonds : Noscë te lt*sVM 1 (7).

(1) Mantium poUex plané oppositus.

(2) Calcaneum prominena et validum.

(3) Mammre pectoraleÈ, dn^.

(4) Coccyx abbrevUUns» — On a ajoiil<$ encore le dévdoi«pdineni Ju )Mk de l'oreille, tl la présence, Huns la femme, île rbynicn et des metistmes.

(5) « L'Homme surpasse en dignité tous les êtres matériels, par le rayon de la divinité qui ranime et qui récîaire. » (Daubenfon.)

(<J) « Kn hiy, «e tixwre religion, jnsAicc, prudence, piété, mo.lestic, clémence, vaillance, iNirdicsse, foy el telles Yortnt bien auUres et difitSrentes qui ne sont trouvées aux anima.ix. » (A. Paré.)

(7) « NosGË TE ipsirM gradtus est piimus aapientia:, dictumque Solonis, qiiondam Ècriplmnntteris aureis suprà Dianœ îemplnm. » (Lînn.) — Érxlcben ne donne les mots nosce te ipsum que comme cannctère spécifique-. Après le nom générique, Il croit devoir distinguer THomme par le^ attributs suivants : « Bentea pfim9f*et incinûreif, iuprà et infrà IV. Laniarii conici îongitudine œqualea. Maniis in palmis, non in pîantis. Mammœ pectoralea U. Cauda ntiUa. » — Voilà une diagnose bien complète et surtout bien philosophique I

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