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CHAPITRE II

DESCRIPTION ABRÉGÉE DE l'hOMME.

L'Homme présente un squelette intérieur osseui. Ce squelette ofire un axe ou colonne formée de 32 vertéJires, dont 7 cervicales 1 2 dorsales, 5 lombaires, 5 sacrées et 3 coccygiennes.

La tête se trouve à la partie supérieure de la colonne vertébrale : elle est composée du crâne et de la face. Dans le crâne il y a 8 os : 4 occipital, 2 temporaux, 2 pariétaux, 4 frontal, 4 ethmolde et 4 sphénoïde. Dans la face, on observe 4 4 os : 2 maxillaires supérieurs, 2 jugaux, 2 nasaux, 2 palatins, 4 vomer, 2 cornets inférieurs, 2 unguis et 4 maxillaire inférieur. Chaque mâchoire possède 4 6 dénis, savoir : 4 incisives tranchantes au milieu, 2 canines coniques à la suite, et 4 molaires ou mâcheHères tuberculées, 5 à chaque extrémité , divisées en feusses molaires et vraies molaires ; les canines sont peu pointues et dépassent à peine les bords des incisives et les tubercules des molaires.

L'Honmie a 4 2 paires de côtes articulées avec la colonne vertébrale, 7 paires supérieures ou vraies cètes, unies en avant au sternum par des prolongements cartilagineux, et 5 paires inférieures ou fausses côtes libres antérieurement.

Une partie de la colonne vertébrale , les côtes et un sternum aplati, circonscrivent la poitrine ou thorax, grande cavité conoïde qui occupe la partie antérieure et supérieure du tronc.

L'extrémité inférieure de la colonne vertébrale ou coccyx présente en dessus un grand os pyramidal et triangulaire appelé sacrum ; cet os s'unit, sur les côtés, avec les os iliaques ou coxaux.

Le coccyx, le sacrum et les os iliaques forment une autre grande cavité irrégulière, ouverte en haut et en bas, échancrée par devant et désignée sous le nom de bassin.

Entre le bassin et le thorax se trouve l'abdomen.

Les membres supérieurs ou thoraciques de THomme sont fixés sur les parties supérieure et latérales du tronc ^ et composés de Tépaule, du bras, de T avant-bras et de la main.

L'épaule est formée par la clavicule en avant et par Tomoplate en arrière. Le bras ne présente que Thumérus ; Tavant-bras offre en dehors le radius et en dedans le cubitus. La main est divisée en carpei métacarpe et doigts. Le carpe a 8 os, disposés siu* deux rangs, qui sont, pour la première rangée 9 et de dehors en dedans, le

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scaplioïde, le semi-lunaire, le pyramidal et le pisiforme ; pour la deuxième, et dms le même sens, le trapèze, le trapézoïde, le grand os et Tos crochu. Le métacarpe est formé par 5 os désignés par leur nom numérique, en comptant de dehors en dedans. Les doigts sont au nombre de 5 dans chaque main ; on les désigne sous les noms de pouce, index, médius, annulaire et petit doigt ou auriculaire, ou sous leur nom numérique, en allant de dehors en dedans ; ils sont tous formés de trois phalanges, excepté le pouce, qui n'en a que deux.

Les meinbres inférieurs ou abdominaux sont articulés avec les parties inférieure et latérales du tronc, et composés de quatre éléments, comme les membres supérieurs, Tos de la hanche, la cuisse, la jambe et le pied.

L'os de la hanche, analogue à celui de l'épaule, fait partie du bassin, dont il a été parlé plus haut. La cuisse n'offre qu'un seul os , le fémur. La jambe présente le péroné en dehors , le tibia en dedans, et la rotule en devant et en haut. Le pied se divise en tarse, métatarse et orteil. Le tarse est composé de 7 os, savoir : le calcauéuui, l'astragale, le scaphoïde, le cuboïde et les trois cunéiformes. Le métatarse est formé de 5 os disposés parallèlement les uns aux autres et désignés par leur nom numérique , en comptant de dedans en dehors. Les orteils sont au nombre de 5, appelés aussi par leur nom numérique et dans le même sens ; ils ont tous trois phalanges, excepté le premier ou gros orteil, qui n*en a que deux.

Dans l'Homme fait, l'espace compris entre la bifurcation du corps et la plante des pieds égale généralement la moitié de la hauteur totale. La distance du bout d'un doigt médius à l'autre, les bras étendus en croix, égale la hauteur du corps.

Quand le corps n'est ni trop gras ni trop maigre , sa hauteur égale cinq fois sa largeur.

La tête avec le cou constituent la sixième partie de tout le corps. La tète seule forme la septième portion et demie de sa hauteur. Le grand diamètre de la face en représente le dixième ; celle-ci égale la longueur de la paume de la main.

L'Homme est remarquable par la faiblesse générale de ses organes au moment de sa naissance, et par l'espace de temps exigé par son éducation physique. Il est partiellement nu et partiellement velu. Ses cheveux se font distinguer par leur longueur.

L'espèce humaine est surtout frugivore. L'Homme boit sans soif; seul il fait usage de boissons composées et fermentées. 11 prépare ces dernières, tantôt avec le fruit de la vigne, tantôt avec la canne il sucre, l'orge, le riz, les dattes, le fruit des cocotiers, les baies des

DESCRIPTION ABRÉGÉE DE l'HOMME. 5

genévriers, les sommités des pins el des bouleaux, la sévo de quelques arbres, le lait de plusieurs, mammifères

Son caractère frugivore est en rapport avec son système dentaire, son estomac simple et son tube digestif de longueur médiocre. On remarque dans son appareil alimentaire de gros intestins bien caractérisés et un appendice caecal rudimentaire . Son grand cpiploon pend au-devant des viscères abdominaux jusque dans le bassin. Son cœur est placé obliquement sur le diaphragme, la pointe répondant k gauche.

La tête humaine présente un angle facial qui varie entre 85 dogrés et 6i. Il est de 85 degrés au maximum chez TEuropéen civilisé (lig. \ ), de 75 chez le Chinois, de 70 chez le nègre, et de 64 seulement chez le Makoia (ïs. Geoffroy-Saint- Hilaire).

L'encéphale de THomme se fait distinguer par plusieurs caractères importants : le grand développement de ses lobes cérébraux antérieurs et du corps calleux, la multitude de ses circonvolutions et de ng. \ . — Tête d'Européen ses anfractuosités, ainsi que la profondeur de celles-ci, et par suite l'étendue considérable de la surface cérébrale ; on a calculé que le volume de son encéphale est à celui de son corps comme I esta 28 (4). Son poids ordinaire est d'environ \ 250 grammes (2). La partie postérieure des hémisphères cérébraux recouvre le cervelet.

L'Homme possède un vimge^his ou moins aplati (os sublime). Les animaux ont un museau plus ou moins allongé {os bestiale), La face humaine est petite relativement au volume du crâne , courte , verticale ou très peu oblique. Elle a un front plus ou moins avancé. Elle présente une physionomie où se peignent les moindres effets de la pensée et les plus légers mouvements de la passion.

(1) Chez le SatmtW, le rapport est comme i : 22; chez quelques Oiseaux, comme i : 20 : 18 : 46 : iS. Ce dernier chiffre nous est fourni parla Mésange. [U. Gcoflroy Saint-Hilaire.)

(2) Celui de Dupuytren pesait 1436 grammes. Ce chiffre est très probablement le maximum. On doil considérer comme exagéré le poids do 1829 (p'ammcs attribué au cerveau de Cuvier, et comme impossibles ceux do 2231 el do 2238 grammes, supposes aux cerveaux de Cromwell et de Byron.

(*) adc, angle facial formé par la rencontre des lignes ab, cd.

Les organes des sens sont très développés. Le toucher joait d'une grande finesse ; ce qui résulte principalement de la forme de la main, de la nature de sa peau, de sa mollesse, de sa mobilité et des difiTérentes positions que peut affecter le pouce (1). Le goût présente de la délicatesse. L*odorat perçoit a?ec la plus grande facilité les odeurs bonnes ou mauvaises. L'oreille distingue merveilleusement les intonations les plus diverses, et la vue, dont Tactivité ne dépasse pas une faible distance, se montre néanmoins très nette et très certaine. Elle s*exerce en avant et non des deux côtés; ce c|ui produit plus d'attention dans son exercice et plus d*unité dans son action.

L'Homme seul est cosmopolite ; seul il connaît l'usage du feu et seul il a des vêtements. Il apprécie les effets et recherche les causes. H observe le réel, conçoit le vraisemblaMe et doute du surnaturel (Bourdon). Il aime les distractions et le superflu ; il espère et se repent ; il rit et il pleure ; il possède l'admirable faculté d'exprimer les notions abstraites au moyen des sons. G*est d'elle que dépendent la mémoire et le raisonnement (Guvier). La différence que la raison seule met entre l'Homme et les animaux est si grande (St), que le Hottentot le plus stupide suffit pour conduire le plus parfait des mammifères, le singe le plus malin ou l'éléphant le plus exercé : il les commande , les force à Tobéissance et les plie à ses usages (Adanson).

L'Homme a été justement proclamé le souverain des animaux et le roi de la nature (3). Il n'a de maîtres que ses passions ou ses semblables ; il ne doit son pouvoir ni à la force de son corps, ni à la perfection de ses organes, mais aux facultés de son âme et aux combinaisons de son esprit (4).

Il a mesuré la course des astres et calculé leur retour. Il a inventé des signes pour donner un corps à ses idées, pour les transmettre et pour les conserver (5). Enfin, la multiplicité de ses industries est en rapport avec la variété de ses jouissances et avec rétendue de sa domination,

(i) Chez les Singeêt la paire d'extrëmit^ la mieux conformée pour la préhension est la postérieure et non Tantérieure (on supérieure), comme ches Tbomme.

(2) « Encore qu'il vienne nud sur terre... il est pour son fnmd profit et avanta^, armé d'entendement et vestu de raison. » (A. Paré.) — « L'iiomme est un animal philosophe. » (Virey.)

(3) « L'homme est plus excellent et parfait que toutes les bétes ensemble. » (A. Paré.)

(4) < Robur et vires in sapientia. » (Eustachi.)

(5) « 11 a rédigé par escrit les mémoires et spéculations des philosophes, tellement ' que, par ce moyen, nous pouvons maintenant parler et di«courir avec Platon, Arislole et

aultres anciens auteurs. » (A. Paré.)

DESCRIPTION ABUÉGÉE DK i/HOMME. 7

Le corps de THommo est organisé (K)ur la station verticalo. Sa rectitude est en partie le résultat de la position centrale do sou trou occipital (Daubenton) et d'une structure vertébrale qui est à bii et n*est qu'à lui (Serres). Son dos est moins velu ou, pour oiieux dire, plus nu que sa poitrine et que son ventre ; caractère qui ne se rencontre chez aucun mammifère (Blumenbach), Son pied large présente un talon renflé sur lequel porte verticalement la janibe, et il a les doigts qui peuvent à peine se ployer, ainsi qu'un pouce long, mais non opposable. Les muscles qui retiennent le pied et la cuisse dans Tétat d'extension sont très vigoureux et produisent un mollet et des fesses. Le bassin est lai'ge, tient les jambes écartées, et contribue à raffermissement de la station bipède et verli» cale. On a reconnu que notre espèce, quand même elle le voudrait, ne pourrait pas marcher commodément sur ses quatre membres. Les inférieurs , devenus postérieurs, seraient trop longs relative* ment aux supérieurs devenus antérieurs. Les cuisses, trop grandes, ramèneraient toujours le genou contre le sol. Les épaules, trop écartées, et les bras, portés trop loin de la ligne médiane, soutiendraient mal la partie antérieure du corps. Le talon n'appuierait pas sur le soi. La tète, lourde^ ne serait pas suffisamment soutenue. Les yeux seraient dirigés contre la terre et non en avant. Les artères qui se rendent au cerveau , ne se divisant pas comme dans beaucoup de quadrupèdes, et le sang nécessaire pour un organe aussi volumineux s'y portant avec trop d'aftluence, de fréquentes apoplexies seraient la suite de la position horizontale (Guvier).

L'attitude de l'Homme, droite et élevée, est celle du commandement. Sa tète regarde le ciel et présente une face auguste sur la^ quelle est imprimé le caractère de sa dignité (Adanson). On la dit avec justesse, sa rectitude constitue une des distinctions physiques fondamentales de l'Homme, comme son intelligence en constitue le symbole moral (Serres).

Le nombre à peu près égal des individus des deux sexes fait voir que la monogamie est la liaison naturelle à l'homme.

Son organe mâle ne renferme pas d'axe osseux ; il pend au-devant du pubis, le prépuce ne le retenant pas attaché à l'abdomen. Go dernier repli recouvre plus ou moins le gland et présente un frein particulier. Le scrotum paraît extérieur, lâche et fortement ridé.

La matrice est une poche simple et ovoïde ; à l'entrée du vagin se trouvent généralement un hymen ou des caroncules myrtiformes. Les mamelles sont placées sur la poitrine et répondent à la facilité qu'a la femme de soutenir son enfant sur ses bras (Guvier).

L'espèce humaine est ordinairement uniparc. Sur 150 à 200 ac-

couchements , il n'y en a qu'un double. Il est très rare d'en trouver davantage. La durée de la gestation est de neuf mois. Les enfants qui naissent avant le septième mois ne vivent pas en général .

Un fœtus d'un mois présente habituellement de 6 à 8 millimètres de hauteur; à deux mois, il en a de 30 à iO ; à trois mois, de 55 à 65; à cinq mois, de ^20 à 270; à sept mois, de 330 à 360; à huit mois, de 350 à 405, et à neuf mois, 470.

Les dents de lait commencent à paraître quelques mois après la naissance. Les incisives sont les premières. A deux ans, l'enfant qui n'a pas souffert possède 20 dents. Elles tombent successivement vers la septième année , et sont remplacées par d'autres dents. Des 12 arrière-molaires qui ne doivent pas tomber, il y en a 4 qui paraissent vers quatre ans, et demi, 4 vers neuf ans et 4 beaucoup plus tard. Ces dernières se montrent quelquefois vers la vingtièitie année. Les dents de sagesse se développent dans certaines circonstances passé l'âge de quarante ans.

Le fœtus croît davantage en s'approchant du moment de sa naissance. L'enfant croît de moins en moins a mesure qu'il s'en éloigne .

Lorsqu'il vient de naître, l'enfant pèse de 3 kilogrammes à 3 kilogrammes et demi. Il présente plus du quart de sa hauteur; h deux ans et demi, il en a atteint la moitié, et à neuf ou dix ans les trois quarts. Vers trente ans il cesse de croître.

La taille normale ou moyenne de l'Homme est de 1",642 (1). La taille est réputée ordinaire quand elle varie entre 1"',600 et 1 ",760. La femme présente un peu moins de hauteur. On dit la taille humaine petite quand elle est beaucoup au-dessous de 1"',600; on l'appelle grande quand elle est au-dessus de 1'",760. Les hommes qui n'atteignent pas un mètre sont des nains; ceux qui en dépassent deux sont des géants (2).

Les variétés humaines qui diffèrent le plus pour la taille sont les Boschimans et les Patagons. En laissant de côté les exagérations de quelques voyageurs , nous trouvons que le rapport de leur taille est comme 8 est à 27 (3).

Le poids moyen de l'Homme, abstraction faite de l'âge et du

(1) i",075 d'après Tenon, 4-, 057 d'après Lélut, i-,600 d'après Silbermann.

(3) L'hoiunic qui élève les bras en Tair arrive, avec le bout des doigts médiu;:, h une hauteur de 2 mètres; son ombilic est à i mètre de la plante des pieds (Silbermann t.

(3) On a calculé qu'entre le petit poney de Shetland et l'énorme cheval de brasseur des Anglais, le rapport est comme î ; 27. Ainsi les variations de taille £onl, dans l'homme, huit fois moins grandes que dans le cheval.

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sexe, est de 52 kilogrammes et demi. Pour Thomme , il est de 55 et pour la femme de 50 . L'Homme atteint le maximum de son poids vers quarante ans ; il commence à en perdre d'une manière assez sensible vers soixante. Le poids moyen du vieillard, dans les deux sexes, est à peu près celui de l'individu à dix-neuf ans.

Un enfant bien constitué commence à bégayer à l'âge de douze ou quinze mois, et les premiers sons , chez presque tous les peuples et dans presque toutes les langues, sont les syllabes &a, pa, ma y parce qu'elles sont les plus faciles à prononcer. Il est des enfants qui , à deux ans , articulent très distinctement et répètent tout ce qu'on leur dit ; mais la plupart ne parlent qu'à deux ans et demi et souvent plus tard (Adanson).

Lorsque le corps est parvenu au terme de son accroissement en hauteur, il commence à épaissir, il s'engraisse. Les différents vaisseaux s'obstruent graduellement, les solides se roidissent, et, après une vie plus ou moins longue , plus ou moins agitée et plus ou moins douloureuse , arrivent la vieillesse , la caducité, la décrépitude et la mort (Cuvier).

La durée moyenne de la vie, en France, d'après Duviilard ( 1 806) est de 28 ans et demi. D'après les recherches statistiques modernes elle est de 33,63.

Les hommes qui dépassent la vie moyenne parviennent ordinairement jusqu'à soixante et dix ans. Les individus qui arrivent à im siècle, ceux surtout qui vivent au delà, sont excessivement rares.

L'époque où l'Homme est capable de se reproduire est celle de sa puberté. Cette puberté se manifeste de douze à seize ans pour les garçons, et de onze à quatorze pour les filles. Toutes choses égales d'ailleurs , elle est plus précoce dans les pays chauds que dans les pays tempérés, et dans ceux-ci c[ue dans les pays froids.

La puberté est le printemps de l'Homme. Jusque-là la nature n'a fourni à l'enfant que ce qui lui était nécessaire pour se nourrir et pour croître. Sa vie était renfermée en lui-môme, il ne pouvait la transmettre ; mais au moment delà puberté, il a acquis tout ce qu'il lui faut, et pour exister, et pour communiquer son existence à d'autres (Adanson). Cette surabondance de vie, qui cherche à se répandre au dehors, s'annonce par plusieurs signes , tels que le changement de la voix, l'apparition de la barbe, la dilatation de la gorge, le développement des organes sexuels.

UOQ.-TAND. 1*

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