‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 21 sur 144 · DU RÈGNE HUMAIN · texte numérisé non relu

DU RÈGNE HUMAIN

Beaucoup de naturalistes ont regardé THomme comme un animal; à la vérité , ils le proclamaient le plus parfait , le premier des animaux !

Linné et toute son école (4) en faisaient un genre distinct, sous le nom de Homo. Ce genre était le premier de Tordre des Anthropomorphes {Anthropomorpha) ou Primates {Primates) y dans la classe des Mammifères {Mammalia) , qui est elle-même la première du règne animal (2).

Suivant Cuvier (4800), M. Duméril(4 806), Ch. Bonaparte (1839) et Lesson (4 840), l'Homme doit être isolé dans une famille particulière. Les deux premiers et le dernier désignent cette famille sous le nom de Bimanes, et le troisième sous celui de Hominides.

Selon Dugès (1 832), THomme forme un sous-ordre distinct {Honii" nidiens) (3).

D'après Blumenbach (4 779), Dliger (4 8 1 4 ) et Blainville (4 84 6),

* (1) Voyez entre autres Erxlebcn (1777), Graelin (1788), Fischer (1829).

(2) L'accusation suivante, portée par Chateaubriand contre Linné, est injuste et singulière. Il lui reproche d'avoir placé l'Homme parmi les Manifères (sic), entre le Singe et le Lé%ard ! !

<3) Dans sa Phytiohgie comparée (1836), il en fait un ordre {Hominiens).

rHoiiiffie compose un ardre; cet ordre est appelé inermis par le premier, erecti par le second, V Homme par le troisième.

D'après Zeuker (1828) et Carus(Î834), il constitue une classe ' à laquelle ces savants conservent le nom de Homo,

Un certain nombre de naturalistes philosophes ont regardé THomme, non plus comme le couronnement du régne animal, mais comme une des grandes divisions de la nature; mais ils n'ont pas encore appliqué le nom de règne à cette division. Tels sont Aristote, Albert le Grand, Néander (4 885), Ozanam (\e9\), Ch. Bonnet (1764), Adanson (4 772), Daubenton (1782), Herder (1784), Vicq

d'Azyr (1792), Geoffroy Saint-Hilaire (1794), Lacépède (1 799)

Voltaire parait être le premier qui a considéré l'Homme comme constituant un règne à part (1). (Is. Geoffroy Saint-Hilaire.)

De Brabançois (1816), Treviranus (1820) et Fabre d'Olivet (1 822), admettent ce règne ; mais ils le nomment, le premier, règne moral j le second, règne humain (Afenschenreich), et le troisième, règne hominal. L'abbé Maupied (1851) remplace tous ces noms par celui de règne social. La plupart des naturalistes et des anthropologistes modernes, français ou étrangers, ont adopté le règne moral^ humain ou hominal. Je me bornerai à citer MM. Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Grîmaud, Hollard, Horaninov, Longet, Lordat, Nées d'Esenbeck, Jean Raynaud, Runge, Serres

Considéré quant à son orgamsaHon, l'Homme est très rapproché des Mammifères; considéré quant à son intelUgnnce, il en est très éloigné. Il faut l'envisager sous l'un et l'autre point de vue, c'est-àdire eompîel, si Ton veut arriver à la connaissance de ses vrais rapports coologiques et au classement qui lui convient* Pascal disait avec originalité : t L* homme n'tst ni un ange^ ni une bêle, il tient de tous les éeux. »

En créant pour l'Homme un règne distinct, et en plaçant ce règne immédiatement avant celui des animaux, le roi de la création n'est plus confondu avec les bêtes , et cependant il est toujours dans le voisinage des mammifères, c'est-à-dire des vertébrés les phis parfaits.

le ne vois pas en quoi cette classification pourrait offrir un danger dans les facultés de médecine, ainsi qu'on l'a écrit tout récemment, et faire négliger ou méconnaître les relations organiques

(i) « Il <le f«bricaUur éternel) a doué aux bomoMi orgMisalion, seiUittient el intttUigenœt aux animaux sentineiil ei ce que nous i^ppelons mstioct; aux végétaux organisation seule. Sa puissance agil donc continuellement sur ces trois rsuies* a (Voltaire, édit PaUasot, Paria, 1793, t, XlUlVI, p^ 48S. — DM^wet M «UrelteM philosophiques t Soplironime et Adilos.)

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