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DES PRODUITS ANIMAUX

Les produits animaux qui méritent encore quelque attention sont : 1 ° le blanc de baleine, 2° la bile, 3° les yeux d'écrevisse, i^ les toiles d* araignée,

g I. — Da hlttne de Iwlelne.

Le blanc de baleine {sperma ceti) est une substance qu^on retire de diverses espèces de mammifères cétacés, particulièrement du Cachalot macrocéphale. Il est fourni aussi par la Baleine franche,

i ° Le Cachalot macrocéphale (3) est un animal énorme (4) qui se rencontre dans presque toutes les mers. Anderson en a mesuré un qui avait à peu près 70 pieds anglais de longueur. Ce mammifère (fig. 1 3) est d'un noir bleuâtre, plus foncé siu* le dos ; il présente une tête renflée, surtout en avant. Sa mâchoire supérieure est sans dents ou n'en offre que de nidimentaires, coniques et cachées sous les gencives. La mâchoire d'en bas est étroite et plus courte d'un mètre environ que celle de dessus; elle porte de chaque côté de 20 à 30 dents cylindriques, un peu recourbées en arriére. L'évent est unique et non double, comme celui de la plupart des Cétacés. Les

(i ) Spongia communis Lamk .

(2) Dans l'ancienne thérapeutique, on employait aussi les alcyons brûlés, auxquels on attribuait les mêmes vertus qu'aux éponges. On se servait surtout de la Téthie orange (Alcyonium lyneurium Lamour., Tethia Lyncurinm Lamk, vulgairement Bourse de mer, Coing de mer, Orange de mer).

(3) Physeter macrocephalus Linn., vulgairement grand Cachalot, CacMlot à grosse tête,

(4) Longitudo sa^e sexaginta pedum (Llnn.)^

yeux sont saillants et placés sur des éniinences. La nageoire dorsale est réduite h une saillie calleuse. La queue est bilobéu et très mobile.

Le Cachalot nage ordinairenicnt \ fleur d'eau, luouErant le dos et l'éuiinence charnue qui entoure l'évcnt. Ses mouvements ne sont pas rapides.

2° La Baleine [ranche (i ), On regarde ce mammifère (fig. 1 i)conuiie le plus volumineux des Cétacés, et par coDséi|uent comme le plusgraud des animaux connus (3). Cependant sa taÙle a été singulièrement

Flg. It.— flafeiB*.

L'Aagéis'^e parles auteurs. Scoresby, qui a contribué ii la prise de 322 individus, n'en a vu aucun dépasser 20 mètres de loi^, et il n'est pas à sa connaissance qu'on eu ait harponné qui excédassent 21 mètres (3).

Les Baleines n'ont pas de dents, mais leur mâchoire inférieure en

(I) Balana Mvitictlut UoB.

(i) Haxlmai nntniun nnlinalium (LJnn.).

(3) Llnnà uaure r^u'cUet iltelgaeiil 100 pieja (iiepe 100 ptdmn).

présente des rudiments pendant le jeune âge (Geoffroy Saint-Hilaire). Leur mâchoire supérieure, en forme de carène, offre des deux côtés des lames transverses, minces et serrées, appelées /cwiohs (fig. 15). Ces lames sontjcomme effilées sur les bords. Leur langue est charnue

et fort épaisse. L'animal n'a pas de nageoire sur le dos.

La Baleine habite les régions arctiques. L'espèce de l'océan Atlantique diffère de la BçLleine franche; c'est la Baleine australe (1).

Fig. j 5. — Fanons. 3° Blanc de baleine. — Cette

matière se trouve dans le tissu cellulaire qui sépare les membranes de l'encéphale des Cétacés dont il vient d'être question. Toute la partie supérieure du crâne consiste en de grandes cavités recouvertes et séparées par des cloisons cartilagineuses. C'est dans ces cavités qu'est renfermé le blanc de baleine (2). La cavité qui loge l'encéphale parait petite relativement au volume de la tête. Camper a trouvé que, sur une tête de 1 8 pieds de longueur, cette cavité n'avait que 1 2 pouces de largeur, 9 de longueur et 7 de profondeur.

Le blanc de baleine est dissous, pendant la vie de l'animal, dans un liquide huileux; il se solidifie après la mort. On l'obtient pur en l'exprimant dans un sac de laine ; on le fait bouillir avec une lessive alcaline qui s'empare de la partie huileuse restante ; on le lave et on le fond.

Dans un Cachalot des Moluques, long de 4 9 mètres et demi, M. Quoy a calculé qu'il y avait 24 barils de blanc de baleine, contenant chacun 4 25 kilogrammes. Par conséquent, cet animal en a fourni 3000 kilogrammes.

Le blanc de baleine du commerce et des pharmacies est solide, blanc, doux au toucher, fragile; il se rompt par écailles brillantes, d'apparence onctueuse. Il fond à -|- 45°. L'alcool bouillant en dissout 7 centièmes.

Les chimistes ont regardé pendant longtemps le blanc de baleine comme une combinaison conjuguée, saponifiable par l'action de l'alcool, et analogue, jusqu'à un certain point, aux graisses neutres (3). M. Heintz a publié tout récemment un travail important, dans lequel il attribue à cette substance une composition plus compliquée.

(1) BaUena australis Klein.

(2) Sperma ceti e ventriculis cerebri (Linn.).

(3) Ghevreul, Dumas, Péligot, Lawrence, Smitli.

M. Chevreul a retiré du blanc de baleine un corps particulier auquel il a donné le nom de cétine. Ce corps est blanc et composé de lames brillantes, cassantes, insipides, fusibles à + 49° et sans action sur le tournesol. L'alcool bouillant en dissout 2 parties et demie.

Le blanc de baleine était usité autrefois dans plusieurs maladies des poumons et des reins. Aujourd'hui on n'en fait presque plus usage, si ce n'est pour la composition de certains cérats ou pommades usitées pour les crevasses du sein et les pustules de la variole ; il sert encore à fabriquer le cold-cream, pommade anglaise très onctueuse, employée par les dames pour adoucir la peau.

§ II. - De la bile.

La bile est une humeur sécrétée par le foie et reçue dans un organe particulier appelé vésicule du fiel, d'où elle passe dans le duodénum. Certains mammifères ne possèdent pas de vésicule ; alors l'humeur biliaire ne s'arrête pas dans l'organe hépatique, elle se rend immédiatement dans l'intestin.

La bile est liquide, visqueuse, limpide, plus pesante que l'eau, ordinairement colorée en jaune ou en vert, d'une odeur nauséeuse faible, laquelle, par une certaine altération, semble se rapprocher de celle du musc, d'une saveur à la fois amère et sucrée. On peut l'évaporer sans qu'elle se décompose.

La bile de bœuf est employée quelquefois sous forme d'extrait. Sa pesanteur spécifique est de 1 ,026 à + 6°. Quand on la chauffe dans des vaisseaux fermés, elle se trouble, devient écumeuse, s'épaissit et fournit une masse solide connue sous le nom A^extrait de fiel. L'eau et l'alcool s'unissent parfaitement avec la bile.

La bile renierme environ 7 pour 1 00 de matières solides; elle tient en suspension du mucus; elle est formée de deux savons azotés, sucrés et amers, le cholate de soude et le taurocholate de soude. Le premier {biline de Berzelius) est le plus abondant ; il contient un acide organique cristallisable qui ne compte pas le soufre au nombre de ses éléments. Le second est en petite quantité; son acide est incristallisable et sulfuré. On trouve en outre dans la bile les acides oléique et margarique, de la cholestérine, de la matière colorante et quelques sels.

Les biles de mouton, de chien et de chat diffèrent très peu de celle de bœuf.

g III. — Deii yeai d>écrevU§e.

La grande réputation dont jouissaient anciennement les yeux (Vécrevisse a bien déchu depuis le commencement de ce siècle.

VEcrevisse de rivière (1) est un Grustacé décapode qui habite dans un grand nombre de rivières ou de ruisseaux de l'Europe. Elle se tient sous les pierres, dans les cavités des berges. Elle ne sort guère que pour chercher sa nourriture qui consiste en cadavres de quadrupèdes submergés, en poissons, mollusques, larves d'insectes, vers et matières animales corrompues.

UEcrevisse de rivière est un animal allongé dont la couleur varie, suivant les localités, du brun verdâtre au brun clair ou au vert noir. Elle présente une tête confondue avec le corselet, qui est uni. Ils forment ensemble une carapace demi-cylindrique atténuée en avant en un rostre pointu, tronquée en arrière et marquée au milieu d'un sillon transversal. Le rostre paraît denté latéralement et possède une double dent à la base supérieure. Ses quatre antennes sont presque sur la même ligne, minces et sétacées, les extérieures très grandes et portées par un pédoncule formé de trois gros articles, les intérieures courtes et bifides. Les yeux sont demi-sphériques et d'un diamètre qui ne dépasse pas cekii de leur pédoncule. La bouche est garnie de six paires de membres atrophiés ; la première paire porte le nom de mandibules, et la dernière celui de pieds-mâchoires. L'abdomen (improprement nommé queue) est grand, formé de six articles et recourbé en dessous. Les pieds thoraciques de la première paire sont plus forts que les autres, inégaux, chagrinés et bordés intérieurement par des dentelures très fines ; ils portent une serre ou pince très robuste, enferme de tenailles, dont le doigt externe est fixe et l'intérieur plus petit, mobile. Les quatre dernières paires de pieds sont minces et à peu près égales ; la seconde et la troisième offrent encore de petites pinces ; mais ici ce n'est plus le doigt intérieur, mais l'extérieur qui est mobile. Les pieds abdominaux ou fausses pattes, au nombre de cinq paires, sont destinés à la natation. La queue se compose de cinq grandes lames élargies, arrondies et ciliées, les extérieiu'e s divisées en deux pièces distinctes par une suture transversale.

liCs Ecrevisses muent à la fin du printemps. Ces Crustacés s'accouplent ventre à ventre. Deux mois après, la femelle fait sa ponte. Ses œufs, au nombre de 20 à 40, sont rassemblés en tas et collés aux fausses pattes, à l'aide d'un petit pédicule flexible, élargi à la

(1) Astacus /luviatilis Gronov. {Cancer Astactu Linn.).

base. Ces œufs sont sphériques et d'un rouge brun. Les femelles portent ces espèces de grappes jusqu'à la naissance des petits.

A Tépoque de la mue, on trouve dans l'estomac des Écrevisses deux corps pierreux, calcaires, logés dans des poches latérales. Ces deux corps sont désignés sous le nom A'yeux d'écrevisse (I). Ils disparaissent après la mue. Réaumur a découvert qu'ils servent à la formation et au durcissement de la nouvelle peau. Il paraît, en effet, que les poches stomacales dont il vient d'être question, sécrètent un peu avant la mue les sels calcaires qui sont en excès dans le sang, et produisent ces deux calculs. Plus tard, ces pierres se dissolvent peu à peu, et leurs éléments vont encroûter et solidifier la nouvelle enveloppe.

Les concrétions dont il s'agit (fig. 16) sont des corps arrondis, un peu convexes d'un côté, légèrement aplatis de l'autre, comprimés, minces à la marge, marqués sur une face d'un sillon circulaire. Ces pièces sont dures, lisses, blanches, formées de couches superposées, composées de carbonate calcaire et d'une certaine quantité de mucus.

C'est leur forme et leur sillon

circulaire qui les ont fait Fig, iQ.^ Yeux d'éerevisse.

nommer yeux d*écrevisse.

Leur diamètre varie de 9 à 18 millimètres, et leur poids de 5 à 15 décigrammes. M. Guibourt fait observer que ces concrétions plongées dans l'eau bouillante prennent une couleur rosée qui est une dégradation de la couleur que revêt le test de l'animal quand on le soumet à la même influence.

Les pierres d'écrevisse les plus estimées venaient d'Astrakan. On les prescrivait à titre d'absorbants dans les aigreurs d'estomac. On les réduisait en poudre, on les lavait, on les porphyrisait avec un peu d'eau, puis on les mettait en pâte, et Ton en formait des trochisques qu'on faisait sécher. C'est ce qu'on appelait yeux d'écrevisse préparés. On se servait de ces trochisques dans une foule de combinaisons pharmaceutiques aujourd'hui abandonnées.

On a remplacé les ye,ux d'écrevisse par d'autres substances qui produisent les mêmes effets, et même des effets plus sûrs, par exemple par la craie et par la magnésie.

Quelques dentistes font encore entrer les concrétions dont il s'agit dans certaines poudres dentifrices.

(1) Pkn*es d'écrevl99e, concrenienta hu calculi cancrorum.

§ IV.~ Des toiles d'aralvnée.

Les Araignées, ou, pour mieux dire, les Aranéides, constituent une tribu nombreuse de la classe des Arachnides. Linné les comprenait toutes dans son genre Aranea, et les plaçait parmi les Insectes. 11 y en a plus de 200 espèces aux environs de Paris.

Ces animaux ont la tête réunie au corselet, et l'abdomen distinct, porté par un pédicule court. L'abdomen est très développé, surtout chez les femelles; il a une peau molle et flexible. Les Araignées possèdent 6 ou 8 yegx lisses, espèces de tubercules hémisphériques qui brillent dans l'obscurité comme ceux des chats. Leurs pattes, au nombre de 8, sont très longues et terminées, chez les mâles par deux ongles dentelés, et chez les femelles par un seul. Les organes générateurs du premier sexe sont placés à droite et à gauche de la bouche, à l'extrémité des palpes {bra^ de quelques auteurs), dans un petit bouton en forme de massue. Ceux de la femelle se trouvent vers le milieu de la partie inférieure de l'abdomen et près de son origine. Ces animaux sont très farouches et très cruels. L'époque même des amours ne les adoucit pas. Aussi les mâles, qui sont un peu plus petits et moins forts que les femelles, ne communiquent-ils avec ces dernières qu'avec une extrême méfiance. « Un jour, raconte De Geer, j'ai vu un mâle s'approcher doucement de sa femelle, placée tranquillement au centre de son filet, et cela avec les précautions ordinaires, reculant d'abord à plusieurs reprises comme de frayeur., . Enfin, il l'accola et s'appliqua dessus pour se joindre à elle, mais ce fut pour son malheur, car dans l'instant la femelle eut la cruauté de le saisir avec ses griffes qu'elle n'eut qu'à fermer ; et d'abord elle l'enveloppa de soie et se mit à le sucer. J'avoue que ce spectacle me saisit d'une espèce d'horreur et d'indignation. »

Certaines femelles portent leurs œufs sous le ventre. D'autres, quand leurs petits viennent d'éclore, les placent sur le dos.

La plupart des Araignées peuvent filer, soit pour tendre des pièges à leur proie, soit pour entourer leurs œufs d'un tissu protecteur.

Tout le monde connaît les toiles des Araignées, La soie qui les compose est sécrétée par des grappes glanduleuses irrégulières (Treviranus). De ces grappes partent 9 paires de canaux plus ou moins entortillés, qui se rendent, après s'être coudés et recoudés 5 ou 6 fois, dans de petits réservoirs en forme de fuseau ou de larme de verre (Réaumur), dans l'intérieur desquels la matière de la soie se perfectionne (Rœsel). Les trois paires de réservoirs centrales sont les plus grandes ; les deux moyennes se trouvent placées très obH-

quement; celles qui viennent après sont presque transversales. Les canaux excréteurs des trois paires centrales paraissent comme droits et parallèles; ceux des six autres sont plus étroits et plus ou moins tortueux. Tous convergent vers la partie postérieure de l'abdomen.

Au-dessous de l'anus se remarquent des renflements charnus, au nombre de six, rapprochés, disposés par paires, cylindriques ou coniques et percés à l'extrémité d'une infinité de petits trous. Ce sont là les filières. Les deux renflements supérieurs sont les plus grands, les deux inférieurs les plus petits, et ceux du milieu les moins saillants.

La matière de la soie n'est, dans le corps de l'animal, qu'une liqueur visqueuse. Cette matière se transforme en fil d'abord gluant, auquel un certain degré d'évaporation ou dessiccation donne bientôt de la solidité.

Chaque fil, quoique d'une ténuité extrême, est composé cependant d'autant de brins qu'il y a de mamelons à la filière et de petits trous à chaque mamelon.

Certaines Araignées fabriquent avec leurs fils une toile pleine et horizontale, plus ou moins triangulaire, avec une chambre tte tubuleuse dans un angle. D'autres composent un réseau lâche et vertical au milieu duquel elles demeurent immobiles. Il y en a qui revêtent un trou de mur ou de rocher d'une tenture soyeuse parfaitement unie. Quelques-unes forment un lacis très rare et très délicat, auquel elles restent suspendues. Quelques autres traînent après elles un fil plus ou moins long. Il est des Araignées exotiques qui ourdissent une toile assez forte pour arrêter les petits oiseaux, même pour opposer à l'homme une certaine résistance.

Je n'ai nullement l'intention de répéter tout ce qui a été écrit de merveilleux sur l'usage thérapeutique des toiles d'araignée. Anciennement on en préparait des cataplasmes contre l'hystérie. On les administrait en pilules dans les fièvres. On en retirait par distillation les fameuses gouttes de Montpellier, recommandées contre l'apoplexie Aujourd'hui tout cela est complètement oublié.

Si l'on emploie encore les toiles d'araignée, c'est seulement pour arrêter les hémorrhagies capillaires ; c'est un succédané assez imparfait de l'agaric (1).

(1) La Fourmi bi-épineuse {Formica hitpinosa Oliv., F. fungosa Fabr.) de Cayenne, construit, avec la bourre qui accompagne les graines d'un fromager (probablement le Bombax globoêum Aubl.), un nid fongueux, sorte de feutre extrêmement fin, à fibres entremêlées, très courtes et d'une couleur rousse plus ou moins foncée, dont on se sert avec un étonnant succès pour arrêter les hémorrhagies. (Lescalier.)

MOQ.-TAND. 5.

SECTION III

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