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DES ANIMAUX EMPLOYÉS EN PARTIE

Ces animaux sont ceux qui fournissent à la thérapeutique certaines parties, soit calcaires, soit cornées. On doit cltçr principalement : i"" les Pachydermes f 2*" les Sèches^ 3** les HuHreêt 4° les Coraux f 5*^ les Éponges,

g I. — t** Pttnyitrmt».

Ati nombre de ces animauï se trouvent les Eléplianls {Elfphas), ou

mammifères ù trompe, ilont les défenses sont formées d'une matière

osseuse connue sous le nom A'ivoirf.

• Il existe deux Étéphanti : celui des Indes (4), A télc oblongue,

h front concave el à oreilles petites, et celui A'Afrique {i), à tëtc

ronde, è front convexe et h oreilles grandes recouvrant toute l'épaule. Ces deux animaux Dortent des défensesimplantéesdans l'os incisif supérieur.

Ce sont deux énormes dents pointues , ai> quécs et creuses jitsqu'à la moitié de la longueur. Celles de V Éléphant d'Afrique (lîg. 11) sont heaacoup pliis dévelop- F\S.i\.— ÉUfhmtà-AfThiut. P^ÇS que celles de

VEtêphaiil (les Indes.

L'ivoire de l'une et de l'autre présente sur sa coupe transversale

des stries allant en arc de cercle du centre vers la circonférence,

pour former des losanges (3).

L'ivoire calciné à blanc était regardé comme absorbant, astringent

et anthelmintique; quelques ttiérapeutisles le désignaient alors sous

le nom de spêde (spodium); d'antres l'appelaient eaput niorlnuin.

I.es diverses préparations pharmaceutiques dans lesquelles on le

faisait entrer sont tombées en désuétude.

Le produit velouté et d'un beau noir qu'on obtient par la calcina-

tion en vase clos, est connu en peinture sous le nom de noir d'ivoire. On se sert des défenses d'Éléphant pour fabriquer des dents arti-

Hcielles. On en fait encore des tétines, des pessaircs et divers

instruments de chirurgie.

On emploie également dans la fabrication des dents artificielles

les dents des Hippopotames (4) et des Sangliers (5).

(I| EUphai Indicui Cuv. Plusieurs naturalistes diilingucnt dnix ffipècrs, YEltphai Asialiôai M l'CItp'ifli SumoIratiB».

(!) ElfTKtu Àfricatmi Cai. QuelquM aulcurs en roni !o ecnrc Lcxaâiia. (3) DmUë loniarit laperiertt «tipfwm exstrtt (ebur) flirii criipit (Linn.). (t) IlifpopBlainiii ampbititu IJnn.

(!>) Sui ScropAii Linn.

§ II. — Des Sécbeg.

Les Sèches sont des Mollusques céphalopodes décapodes qui constituent le genre Sepia établi par Linné et reformé par Lamarck. Ce genre a pour caractères : Un corps charnu, déprimé, contenu dans un manteau en forme de sac obtus postérieurement, et bordé de chaque côté d'une aile ou nageoire étroite longitudinale. La bouche est terminale et entourée de 1 bras garnis de ventouses, dont deux plus longs et pédoncules.

L'espèce ordinaire a recule nom de Sèche commune (1). Elle est assez abondante sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée.

La Sèche commune présente jusqu'à 50 centimètres de longueur. Son corps est ovoïde, large des deux côtés, marqué à sa face supérieure de petits points pourpres ou roussâlres et do lignes onduleuses, blanchâtres, sur un fond grisâtre et plombé. L'ouverture du manteau paraît légèrement trilobée; ses deux nageoires sont réunies en arrière. L'orifice buccal est circulaire, membraneux et plus ou moins frangé. On y observe deux mâchoires dures, cornées, qui s'emboîtent l'une dans l'autre et ressemblent à celles d'un bec de perroquet (Rondelet). Les yeux sont très gros. Les bras pédoncules paraissent presque aussi longs que le corps ; ils portent dans leur partie dilatée, c'est-à-dire vers le sommet, de nombreuses petites ventouses pédicellées. Les autres bras sont garnis, à leur face interne, de plusieurs rangées de verrues concaves.

Les Sèches dévorent les crabes, les squilles, les mollusques ; elles brisent leur carapace ou leur coquille avec le bec, et achèvent de les broyer dans leur estomac musculeux comme un gésier.

Dans le ventre, près du caecum, se trouve une vessie qui renferme une liqueur noirâtre, connue sous le nom d*encre de Sèche, Cette vessie communique par un petit canal avec l'anus. Lorsque la Sèche est poursuivie ou menacée par quelque ennemi , elle lâche une certaine quantité de liqueur noire, laquelle se répand dans l'eau et la trouble. L'animal profite de l'obscurité (2) qu'il a produite pour se dérober au danger. Avec cette liqueur noirâtre, on prf^pare une couleur désignée sous le nom de Sepia de Ronie, employée dans la peinture à l'aquarelle (3). On a prétendu que les Chinois composaient leur encre de Chine avec la liqueur noire de quelque espèce de céphalopode voisine de la Sèche. 11 paraît presque certain que celte encre est préparée surtout avec du noir de fumée.

(1) $epia offkinalis Linn.

(2) Alramenttim qiio se occultât (Linn.).

(3) Eo litterœ pinguntur (Linn.).

MOQ.-TAND. 4.

Les SècJies sont unisexuées et ovipares. Leurs œufs sontmousf d'un brun noirâtre et réunis en grappes rameuses (raisins de mer).

Leg Sèches renferment dans leur région dorsale un corps solide, désigné sous les noms à*os de Sèche^ de coquille de Sèche, de biscuit de mer (l). Blainville a proposé celui de sépiostaire. Ce corps est grand, elliptique, allongé, un peu plus large en arrière qu'en avant, déprimé, très poreux et très léger. Sa face supérieure est convexe et grenue; sa face inférieure un peu bombée, mais à bords tranchants, saillant au delà de sa convexité. Cette espèce de coquille se termine postérieurement par un bord cornéo-calcaire, évasé, aliforme, très mince, qui se relève en s'évasant et produit une cavité Urge et peu profonde. Tout à fait à l'extrémité, on voit une partie plus solide, en forme de crochet conique ou d'apophyse, tantôt droite, tantôt courbée. La masse du sépiostaire est composée de feuillets fibreux ou lames spongieuses, qui se recouvrent, de manière que la dernière ou la plus nouvelle cache la plus grande partie de toutes les autres. En s'accroissant et s'avançant ainsi» ces couches laissent leur bord postérieur à découvert. Elles sont composées en très grande partie de carbonate de chaux.

On employait anciennement Toa de sèche comme absorbant. Il entrait aussi dans la préparation de certaines poudres dentifrices,

g m. - Dffl Limaçoiis.

Les Limaçons (ou Hélices) sont des Mollusques gastéropodes ou céphalés du genre Hélix, Ils appartiennent à Tordre des Pulmonés et à la famille des Colimacés.

Cet animaux ont pour caractères : 4 '^ Un corps allongé ; un collier épais, sensiblement bilobé inférieurement ; quatre tentacules cylin* dracés; une mâchoire supérieure plus ou moins arquée, à côtes antérieures et à denticules ou crénclures marginales ; un pied ovale allongé ; un orifice respiratoire à la partie droite et supérieure du collier; un oriOce génital à droite, vers le sommet du cou, derrièro le grand tentacule. 2*^ Une coquille dextre, globuleuse ou subdéprimée, à spire généralement courte et à dernier tour le plus souvent grand ; un ombilic plus ou moins ouvert ou fermé ; une columelle droite ou spirale; une ouverture ordinairement moyenne, oblique, semi-lunaire, presque toujours échancrée par Tavant^ernier tour; un péristome épaissi, bordé ou réfléchi, ordinairement interrompu.

Les Limaçons se tiennent dans les haies, sur les plantes sèches, les troncs d'arbres, dans des trous de muraille, contre les rochers.

(1) Ot officinale, Linn.

ANIMAUX RARBHKNT KHPLOTltS IN MÉDECINE. HJ

Ils M nourrUtent principriement de «ubtlanceg végéUlei. Leur appareil génital est androgyne ; on y observe une poche copulntrice, un dard enrermé dans une bourse, des vésicule* mullitldeg ou verniiformes, et un nagelliim plus ou inoins développé. Au moment de la copulation, il sort de chaque verge un long spermatophore qui pénétre dans l'organe femelle de l'autre individu. Ces animaux sont ovipares et déposent leurs ceufs dans la terre humide,

A diverses époques, on a vanté l'usage de» Ltnuicons en médecine Vers le commencement de ce siècle, le docteur GhresUen (de Montpellier) a cherché A les remettre en honneur. Il les conseillait surtout en bouillon, ou bien crus, dépouillés de leur coquille. H'autres médecins ont recommandé de les saupoudrer avec du sucre, ce qui leur fait rendre une grande quantité de bave visqueuse qu'on administre aux malades.

L'espèce la plus connue est VHéliM vigneronne H) . Cette espèce (fig. 19) présente imc coquille haute de 45 millimètres, globuleuse.

PJg. lï. — Hélice vigturimnc (').

ventrue, obliquement bombée en dessous, A stries longitudinales, Gnes et inégales, asseï épaisse, très solide, glabre, à peine luisante, opaque, roussStre ou jaunâtre sale, avec trois ou quatre bandes fauves peu distinctes. Elle offre une spire composée de cinq à six tours très convexes, croissant rapidement, le dernier grand, non caréné; une suture profonde, un sommet très élevé, un ombilic oblique; une ouverture peu échancrée par l' avant-dernier tour, pourvue d'un rebord évasé, épaissi, et d'un blanc roussStre intérieurement. Pendant l'hiver, cette ouverture est fermée par une

(I) Hélix Pomafifl Linn.

(*) Anim.il dnni rnlenslsn, «I il mlcholrt t^ol^.

petite porte {épiphragme) convexe, épaisse, crétacée (4), d'un gris blanchâtre.

Ce mollusque vit dans les jardins, les vignes, les bois.

V Hélice vigneronne formait aijciennement la base d'un certain nombre de préparations pharmaceutiques. On composait avec ces animaux un bouillon, un mucilage, un sirop, une gelée, une pommade. Ces préparations sont loin d'être abandonnées. On conseillait aussi ces Limaçons dans les dartres; on les laissait ramper et baver, ou bien on les écrasait dessus (Adanson). Le docteur Gœlis (de Vienne) a vanté leur coquille pulvérisée contre Tépilepsie et contre les fièvres intermittentes (1815).

M. Oscar Figuier (de Montpellier) prépare une pâte d'escargots qui jouit d'une certaine réputation. Les espèces qui servent à la fabrication de cette pâte sont les Hélices chagrinée (2) et vermiculée (3). On pourrait employer aussi V Hélice vigneronne, dont il vient d'être question, et même V Hélice némorale (4); mais ces espèces, si communes dans la France tempérée et dans le nord, ne se rencontrent pas dans le midi.

D'après M. Soubeiran, cent Hélices vigneronnes y qui pèsent 2 kilogrammes, fournissent, quand elles ont été. privées de leur coquille et de leur tortillon, à peu près 600 grammes de chair musculaire ; cent Hélices némorales de moyenne grosseur ne donnent que 320 grammes de produit.

Il y a dans les Limaçons un principe mucilagineux mal connu, qui semble se rapprocher de la gélatine et du mucus. M. Oscar Figuier pense que les propriétés de ces mollusques sont dues en partie à une huile odorante sulfurée qu'il a extraite par l'éther, et qu'il désigne sous le nom d'hélicine. Il recommande de conserver, autant que possible, ce principe sans altérs^tion dans les préparations pharmaceutiques. D'après une analyse récente de M. Gobley, Vhélicine ne peut pas être considérée comme un principe immédiat; elle ne contient pas de soufre; elle est formée, comme le sang veineux de l'homme, d'oléine, de margarine, de cholestérine, de lécithine et de cérébrine (5).

Dans un travail présenté il y a quelques mois à l'Académie de médecine, M. Eugène Fournier a étudié les proportions de mucilage, d'iode, de soufre et de phosphore que contiennent \es Limaçons*, Il

(i) Cochlea terrestris gypso ohserata (Aldrov.).

(2) Hélix aspersa Miill.

(3) Hélix veitniculatayiiiW,

(4) Hélix nemoralia Linn.

(5) Le docteur Lamare a recomniaBdé tout récemment Vhélicine dans la phlhwie.

fait voir que ces proportions varient suivant les milieux habités par ces animaux et suivant leur alimentation. Il pense qu'on pourrait augmenter artificiellement les principes offerts par leur parenchyme, et même leur faire assimiler d'autres principes, par exemple des doses d'opium, de belladone, de digitale, d'arsenic... On sait que les mollusques peuvent manger sans inconvénient diverses substances qui exercent une action plus ou moins prononcée sur nos organes.

M. Chatin considère la Limnée stugnale (4) de nos étangs et de nos marais comme un succédané des Limaçons, pour les sirops et les saccharolés solides. Ce mollusque présente, il est vrai, un peu moins de mucilage, mais à poids égal il contient quatre fois plus d'iode.

Les Anglais recueillent, à l'île du Prince, une grande espèce d'Agathine (2), qu'ils envoient en Europe comme remède contre la phthisie pulmonaire.

§ IV. — Des Huttres.

Les Huîtres sont des Mollusques acéphales et conchiféres de la tribu des Monomyaires; elles appartiennent au genre Ostrea, qui peut être regardé comme le type de la famille des Ostracés.

Ce genre présente un animal ovale-oblong, aplati, souvent irrégulior, revêtu d'un manteau fort épais et frangé sur les bords. La bouche est médiocre et garnie de palpes allongés et lancéolés. H n'y a point de pied. Les branchies sont grandes, courbées, presque égales, les externes plus courtes que les internes.

La coquille est adhérente, bivalve, irrégulière, écailleuse, rude, généralement épaissie, à sommets écartés, très inégaux avec l'âge, à valve supérieure courte et plane, se déplaçant pendant la vie, et 5i valve inférieure plus grande et concave. La charnière n'a pas de dents. Le ligament paraît demi-intérieur; il s'insère de chaque côté dans une fossette oblongue.

Les Huîtres aiment à vivre sur les côtes, à une faible profondeur et dans une mer peu agitée. Elles se développent quelquefois en masses considérables; c'est ce que l'on appelle bancs d'huîtres. Il est de ces bancs qui ont plusieurs kilomètres d'étendue et qui semblent inépuisables. On en découvrit un, en 1819, dans une des îles de la Zélande, qui alimenta les Pays-Bas pendant un an, en si grande abondance, que le prix de ces mollusques était tombé à un franc le cent ; mais comme ce banc était placé presque au niveau

(1) lAmnœa stagnalis Lamk. {Hélix stagnalis Linn.).

(2) Achatina bicarinata Lamk. {Bulimns bicarinattis Mnxç^.),

70 ZOOLOGIE VÉDICAUS.

de la batita mer, Thiver étant rigoureux, il fût entièrement détruit (Deshayes).

Les ffuUres «ont peut-être, de tous les coquillages, ceux dont les facultés paraissent les plus bornées. Immobiles sur le roc ou sur les corps marins auxquels elles adhèrent, elles n'ont d'autre nourriture que celle que les flots leur apportent, et ne donnent d'autre signe de vie que leur faculté d'entr 'ouvrir et de fermer leurs battants. Cependant il paraît que, dans certaines circonstances, il ne leur est pus impossible de se déplacer.

Ces animaux sont androgynes, mais les organes mâles et femelles ne fonctionnent pas en môme temps. La liqueur séminale apparaît avant les ovules.

tes HuUr9ê naissantes sont logées dans le manteau de leur mère ; elles en sortent et nagent autour de celle-ci à l'aide de leurs cils vibratiles, et se réfugient, au moindre danger, entre les valves maternelles.

Les deux valves des Huîtres {Ostreorum conchœ) sont composées, comme toutes les coquilles, de carbonate et d'un peu de phosphate de chaux; on les a vantées anciennement comme un médicament absorbant des plus puissants, comme antiacides et même comme lithontriptiques. On les calcinait et les réduisait en poudre très fine. Aiyourd hui on les remplace par le sous-carbonate de chaux ou de magnésie. Cependant on les fait encore entrer dans la préparation de certaines poudres dentifrices.

Mais si les valves de ces mollusques sont à peu près délaissées pomme remèdes, l'animal est, au contraire, très recherché comme plimept; aussi les Huîtres sontrolles devenues, depuis quelques Années, une branche d'industrie et de commerce assex importante. Je reviendrai sur ces mollusques quand je traiterai de la chair des ftnim«ux,

g V. — Des coraux.

La Corail rouge (4) est une production marine, remarquable par sa dureté, par son poli, par le brillant dont elle est susceptible et par sa belle couleur rouge.

Le Corail ie trouve dans le fond de la mer, attaché aux rochers. On le rencontre dans différentes parties de la Méditerranée et de la mer Ronge ; il existe à diverses profondeurs ; il n'est jamais au-dessus de 3 mètres, ni au-dessous de 300.

On a regardé pendant longtemps le Corail comme une plante

(1) CoralUwn nobile (Gorgonia nobilit Ellis, Isis nobUU Linn., Corallinm rubntm ramk.}.

AKIMÂiJX tUaSMENT ^PiOVÉâ BK MÉDECINE. 74

marine ; on le considère aujourd'hui comme une réunion d'animalcules ou polypes Vivant en société. Observé dans la mer« le CoraH ressemble à un petit arbrisseau sans rameaux et sans feuilles*

Les parties centrales du Corail égalent le marbre en dureté ; leurgMF* face est plus ou moins striée, parallèlement et inégalement. Cq» axes sont recouverts d^me écorce molle, comme réticulée, formée do petites membranes et de rUameots déliés. Elle oifre des espèces d« glandes remplies d'un suc laiteux, qui semblent la lier à la partie calcaire, et des tubercules épars, clair-semés, à base large, présen« tant au sommet une ouverture divisée en huit parties. .

C'est dans l'intérieur de ces dernières cavités que sont logés les polypes. Qu'on se représente des animalcules composés d*une partie en forme de sac, enfermée dans la loge calcaire, et d'une partie extérieure libre, cylindrique, terminée par une bouche entourée d^ huit tentacules, qui rayonnent comme les pétales d'une corolle ; ces appendices sont larges, aplatis, subulés, garnis latéralement d'une rangée de petites saillies assez grosses, courtes, semblables è des cœcums.

Le Carail des côtes de France, mieux choisi peut-être que celui des autres pays, passe pour avoir la couleur la plus vive et la plus éclatante. Celui d'Italie rivalise en beauté avec le nôtre; celui de Barbarie est le plus gros et le moins brillant. Dans le commerce, on distingue cinq variétés de Corail auxquelles on a donné des noms assex bizarres : 1" V écume de sang, 2° la fleur de sang^ 3° le premier Mng, 4° le second sangf, 5° le troisième sang.

D'après Vogel, le Corail est composé d'environ les quatre cin* quièmes de son poids de carbonate calcaire ; on y découvre enqore de la magnésie et de l'oxyde de fer.

Anciennement le Corail était considéré comme une des ressources de la thérapeutique; il passait pour tonique et pour absorbant. Desbois de Rochefort prétend qu'il est tonique , parce que sa couleur est due à un principe martial^ c'est-à-dire à un sel de fer \ mais nous avons tant de manières plus ou moins efficaces d'administrer ce dernier métal, que les vertus prétendues toniques du Corail ou de sa couleur devaient être rapidement oubliées. D'ailleurs, il est démontré aujourd'hui que la coloration dont il s'agit n'est pas due au |er qui s'y trouve, mais à une matière rouge, azotée, semblable à celle qui oimô les coquilles, caractérisée par sa décoloration complète sous l'influence des acides les plus faibles (Fremy). Quant à sa vertu absorbante, il est si facile de trouver des corps qui en offrent une mieux caractérisée, que l'emploi du Corail, à ce second point de vuej ne pouvait pas durer longtemps.

li ZOOLOGIE MEDICALE.

Les anciens médecins conseillaient le Corail en poudre, en bol, en clectuaire, en potion, en teinture; on composait aussi un magistère de Corail assez renommé. Lémery le croyait propre à réjouir k eœur.

Aujourd'hui on se sert seulement du Corail pour nettoyer les dents. Il agit d'une manière mécanique. Il opère très peu comme absorbant, et encore moins comme martial.

Autres espèces. — On recommandait aussi, dans l'ancienne matière médicale, le Corail noir (1), et le Corail blanCy qui est un mélange d'Oc w/tnefs et de Cart/op/jî///e'es. La principale espèce parmi ces dernières était VOculine vierge (2).

On attribuait à ces Coraux les mêmes vertus qu'au Corail rouge.

Le Corail noir se fait distinguer du rouge par la nature cornée de ses axes, par leur flexibilité et par la faiblesse de ses stries.

Le Corail blanc en diffère encore plus ; ses axes sont pierreux, il est vrai, mais ses polypes sont logés dans des étoiles lamelleuses, et non dans des cellules corticales.

g VI. — Bes Éponges.

Les Eponges sont des agrégats d'animaux de la classe des Polypiers.

L'espèce la plus connue est V Eponge usuelle (3) ; elle habite dans

la mer, comme les coraux ; elle est très commune dans la Méditer-

f ranée, particulièrement autour des îles de l'Archipel grec. On la

trouve attachée aux rochers, dans les lieux les moins exposés aux

vagues et aux courants.

U Éponge usuelle se présente comme une masse de tissu résistant, léger, élastique, lacuneux (foraminulatus), de forme très variée et d'un brun rouge. Ce tissu est composé de fibres fines, flexibles, entrelacées, offrant un grand nombre de pores {oscules, Lamk.) et de conduits irréguliers communiquant les uns avec les autres. On découvre, dans ce tissu, des corps siliceux ou calcaires, grêles, simples ou tricuspides {acicules^spicules).

VÉponge usuelle, dans l'état vivant, est recouverte d'une couche muqueuse, d'une sorte de gélatine qu'on regarde comme animée. Les opinions les plus diverses ont été émises sur la nature des Eponges. Parmi les anciens, les uns les regardaient comme des plantes, d'autres comme des êtres mixtes, c'est-à-dire comme des

( I ) Gorgonia Antipathea Linii.

(2) Oculina virginea Lamk. {Madrepora virginea Linn.).

(3) Spongia uaitatissima Lamk.; \u\gm'cmcui Spongia oflîcinarum, chûmpîgnoji marin, fongus matin, nid marin, éponge fine douce de Syrie.

végétaux servant d'habitation à des polypes. Dioscoride, Pline et leurs commentateurs ont distingué lesEpmiges eu mâles et femelles. Rondelet, les deux Bauhin, Ray, Tournefort, Vaillant, Marsigli..., les ont placées dans le règne végétal; Nieremberg, Pey'ssonel, Tremblay, EUis, Lamouroux..., ont soutenu leur animalité. Cette dernière manière de voir est aujourd'hui généralement admise. Cinq hypothèses principales ont été présentées sur la nature de leur animalité : 1 ° La partie fibreuse et la couche mucoso-gélatineuse constituent un animal unique. 2° La substance mucoso-gélatineuse seulement forme ce dernier. 3** L'éponge est un être collectif, un agrégat des polypes, vivant dans la substance mucoso-gélatineuse enveloppante. 4" Ces polypes existent seulement dans les vacuoles de la masse fibreuse. 5° Ils se trouvent à la fois, et dans la couche mucoso-gélatineuse, et dans la masse fibreuse enveloppée. La quatrième hypothèse est la seule vraie.

Les animalcules de V Eponge sont des espèces de tubes membraneux susceptibles de s'étendre et de se rétracter. On les a comparés à des polypes sans tentacules et réduits à leur plus simple expression.

Les Eponges ont des œufs graniformes, jaunâtres ou blanchâtres, qui produisent des embryons non ciliés, dans l'intérieur desquels s'organisent des cellules contractiles, puis des spicules, et qui se couvrent enfin de cils vibratiles (Lieberkûhn, Bowerbank). Ces embryons se réunissent plusieurs ensemble pour constituer une colonie, dans laquelle, il faut le dire, leur individualité paraît assez confuse.

V Eponge est composée d'une matière animale qu'on a comparée à l'albumine et au mucus (/!6rotn^, Mulder). Elle est soluble dans les acides sulfurique, chlorhydrique et azotique, ainsi que dans la potasse. Ces dissolutions sont précipitées par la noix de galle. Outre le carbone, lliydrogène, l'oxygène et l'azote, elle contient de l'iode, du soufre et du phosphore. Elle renferme aussi du brome, du carbonate et du phosphate de chaux, du sel marin, des traces do silice, de magnésie et d'alumine.

Autrefois on calcinait fortement les Éponges, ou bien on lei§ torréfiait, puis on les réduisait en poudre; on s'en servait contre les goitres et contre les scrofules (Arnaud de Villeneuve). Ses propriétés étaient dues certainement à la présence de l'iode.

On emploie les éponges, en chirurgie, pour dilater certaines plaies ou certaines cavités naturelles. On les sèche, on les comprime, et on les maintient serrées à l'aide de la cire jaune fondue {éponges à la cire), ou en les entortillant avec une ficelle (éponges à la ficelle).

HOQ.-TAND.

Peyrillie résume en quelques mots les propriétés des Éponges : f Naturelles f elles sont pompantes; brûlées^ fondantes, et préparées, dilatantes. »

Tout le monde connaît Temploi des épofiges dans la toilette ; c'est peut-être leur principale utilité.

^ Autres espèces. — On a distingué aussi V Éponge commune ou EpongebrunedeIdarseille{^), V Éponge des Indes occidentales^ VÉpofige de Saloniquey VEponge géline de Barbarie, VÉponge blonde de VAr-chipel ou de Venise, VEponge blonde de Syrie, VÉponge fine dure ou grecque, VEponge fine douce de V Archipel. Toutes ces espèces ou variétés sont plus ou moins répandues (2).

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