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DES HUILES DE FOIE

Depuis quelques années, les huiles de foie de poisson sont fréquemment administrées ; aussi leur fabrication et leur commerce ont-ils pris, dans ces derniers temps, une assez grande extension. On assure que, sur la côte du Malabar seule, en 1854, l'exportation s'en est élevée à 721 095 gallons anglais, estimés, dans les documents officiels, .à 5i 7 1 67 francs.

g I. - De rbuiie dé foie de Morne.

1° Morue. — U huile de foie de morue ou de gode (1) est fournie principalement par la Morue proprement dite (2).

Ce poisson bien connu appartient à la tribu des Malacoptérygiens subbrachîeiis et à la famille des Gadoïdes.

11 habite toutes les parties de l'Océan septentrional comprises entre le 40'' et ïe 70* degré de latitude. On en trouve tous les ans un nombre vraiment incalculable sur une montagne sous-marine nommée banc de Terre-Neuve, laquelle occupe, en avant de l'île du même nom, un espace de 150 lieues. Le commerce anglais emploie près de 1 000 hommes à la pêche de ce poisson. On sale en moyenne, annuellement, à peu près 36 millions de Morues, Un seul homme en prend quelquefois jusqu'à 300 ou 400 dans un seul

(1) Oleum jecmns Morrhuœ, ou oUum Aselli majoris des anciens. (3) Gadus Morrhua Linn. {Mon^hiia vuJgaris H. Gloq).

jour, en ne s'occupant, du matin au soir, qu'à jeter la ligne et à retirer la Morue prise. Ce poisson est, du reste, extrêmement fécond. Leeuwenhoek a calculé que chaque femelle peut porter environ 9 344 000 œufs. Ces œufs fournissent une sorte de caviar appelé vogues ou raices.

La Morue (fig. 1 7) présente de 1 00 à 1 30 centimètres de longueur et 30 centimètres environ de largeur; elle pèse de 7 à ÎO kilogr. Elle a un corps fusiforme, lisse, d'un gris jaunâtre, tacheté de brun sur le dos, blanchâtre sur le ventre, avec une ligne blanche de

Fijr- l'ï. — Morue.

chaque côté. Sa tête est forte et comprimée, sa bouche grande et sa mâchoire inférieure pourvue d'un petit barbillon. Elle possède trois nageoires dorsales et deux anales. Les thoraciques sont grêles et pointues; la caudale n'est pas fourchue.

La Mwue est un animal vorace : elle se nourrit de poissons, particulièrement de harengs; elle mange aussi des crustacés et des mollusques.

2° Huile. — Le foie de la Morue est très volumineux et fournit une grande quantité d'huile.

On employait anciennement cette huile pour l'éclairage et pour la chamoiserie; mais elle était loin d'être pure, c'est-à-dire fournie exclusivement par des Morrhua vulgaris. On la retirait indistinctement des Requins, des Thons, des Congres et de beaucoup d'autres poissons. Depuis que ce produit a été recommandé pour l'usage médical,. on s'est un peu inquiété de l'avoir sans mélange. Indépendamment de la Morue ordinaire, on peut retirer l'huile dont il s'agit de plusieurs autres poissons placés autrefois dans le même groupe, lesquels présentent des caractères et des propriétés analogues.

Le genre Gade (Gadus) de Linné ayant été" démembré parles ichthyologistes modernes, ce nom a disparu mal à propos de la science. On aurait dû le conserver pour le groupe auquel appartient l'espèce type.

Quoi qu'il en soit, voici les autres Gadoïdes qui fournissent prin-

cipalement Vhuik de morue, ce sont : le Dorsch (4), VEglefin (2), le Capelan (3), la Merluche (4), le Merlan (5), le Merlan noir (6), la Lingue (7), le Brosme (8) et la Lotte (9)... En général, la chair (le ces espèces est estimée, soit à Tétat frais, soit à l'état salé.

U huile de foie de morue arrive de Dunkerque, d'Ostende, d'Angleterre et de Hollande. On en fabrique beaucoup à Bergen en Norwége (Jongh), ainsi qu'aux îles Lofodes et à Saint-Jean de Terre-Neuve (Hogg). On a retiré de cette dernière localité, seulement en 4 823, 44 5 000 kilogrammes d'huile, et en 4 828, 4 395 000 kilogrammes.

On a distingué pendant longtemps trois variétés d'huile de foie de morue : 4* V huile blonde, 2° V huile brune, T V huile noire. La première est couleur de vin de Madère ou fl'un jaune d'ocre ; elle a une odeur très faible. La seconde est couleur de vin de Malaga ou d'une teinte d'ocre brune ; elle a une odeur un peu marquée ; elle offre plus de consistance que la première. La troisième est couleur de chocolat clair ou d'un brun plus ou moins foncé ; elle a une odeur très forte ; elle est encore plus épaisse que la seconde.

Vhuile blonde est celle qu'on obtient la première, par le simple tassement des foies rassemblés dans une cuve ou un tonneau {charnier) percé inférieurement d'un grand nombre de petits trous ou muni d'un robinet, ou bien dans une sorte de cage à parois garnies d'une toile grossière (cajaï)\ elle forme environ la moitié du poids des orçanes employés. Le sang et les sérosités se précipitent au fond, tandis que l'huile vient à la surface.

V huile brune est celle qui se sépare plus tard, lorsque le parenchyme hépatique commence à s'altérer. On favorise quelquefois son écoulement par une compression graduée.

U huile noire est celle qu'on obtient en faisant bouillir dans l'eau, et en pressant jusqu'à la dernière goutte, la matière plus ou moins putride qui a fourni les deux huiles précédentes.

Toutes ces huiles ont supporté pins ou moins Taction de la fermentation, et, dans k. dernier cas, celle d'une chaleur plus ou moins forte.

(1) Gadus Callarias Linn. {Monhua Callarias Cuv.). (3) G. /Egleflnus Linn. {Morrhua jEglefinus Cuv.).

(3) G. minului Mull. {Morrhxta minuta Cuv.).

(4) Merliuiitis vulgarir Cuv. {Gadtis Merlucius Linn.).

(5) Uerlangus vulgaris Cuv. {G, Merïangus Linn.).

(6) Merlangiu Carbonarius Cuv. (G. Carbonarius Linn ).

(7) Molva vulgaris Cny. (G. MolvaUan.).

(8) Brosmiu^ vulgaris Cuv. (G. Brosme Miill.).

(9) KotavulgnrisCxw. {G. LotaUnn.).

n existe dans le commerce une quatrième qualité à'huile de foie de morue, dite pdle en Angleterre, et blanche en France. Cette huile est jaunâtre, comme le vin de Champagne ou comme le vin blanc clair; elle présente peu d'odeur et peu de goût; elle n'a pas été obtenue au moyen du feu ; elle est le résultat spontané du premier travail de désagrégation que subissent les foies, sous Faction seule de la température, dans Tintervalle de la pêche à l'extraction. Mais cet intervalle est quelquefois de plusieurs jours, et ce temps est plus que suffisant pour déterminer un commencement de décomposition.

Il y a peu d'années encore, les quatre sortes d'huiles dont il vient d'être question, les trois premières surtout, se trouvaient chez les droguistes sans aucune modification, c'est-à-dire plus ou moins troubles, épaisses et dégoûtantes à boire (Guibourt). Aujourd'hui on les clanlie, on les décolore par des procédés chimiques, on les rend plus limpides et moins désagréables, on leur fait perdre une partie de leur odeur caractéristique, et probablement aussi une partie de leurs propriétés; on les mélange avec d'autres huiles. Aussi plusieurs des huiles blanches ou blanchies du commerce sont souvent très peu médicinales.

Le docteur Fleury fait observer avec raison que tous les procédés d'extraction, rapportés plus haut, sont fondés sur la fermentation putride des foies, et que c'est là la source de la couleur foncée, de l'odeur nauséabonde et de la saveur repoussante de ce produit. Il propose en conséquence un nouveau mode de préparation qui fournit une huile plus claire, moins odorante, d'une saveur plus supportable, et surtout plus abondante. Ce mode consiste à prendre les foies frais, à les laver, à les égoutter et à les jeter dans une bassine où on les fait cuire au bain-marie. Au bout de vingt minutes, l'huile commence à surnager. L'opération dure environ trois quarts d'heure. Il reste dans la bassine une sorte de magma qu'on met dans une chausse de flanelle ou de toile serrée, et l'on reçoit dans un vase l'huile qui s'en sépare peu à peu. On peut presser légèrement cette chausse.

M. Hogg prépare aussi V huile de foie de morue avec des foies frais, mais il emploie une bassine à double fond, et il échauffe son appareil non pas avec de l'eau, mais avec de la vapeur d'eau fournie par une petite chaudière. Son huile est plus pâle, plus limpide, plus transparente et moins jaune que l'huile dite blanche. Elle présente une odeur de poisson frais ; sa saveur est presque nulle. On la désigne sous le nom d'huile vert dort de Hogg (Jongh).

Enfin le docteur Delattre (de Dieppe) a eu IVxcellente idée d*isoler les foies de Tinfluence atmosphérique pendant Textraction de rhuile. A cet effet, il a imaginé un appareil composé de très grands ballons de verre, moitié enterrés dans un vaste bain de sable chauffé par un thermo-siphon. Tous ces ballons sont mis en communication avec un réservoir d'où s'échappe un courant d'acide carbonique qui en expulse Tair. Le bain de sable n'est chauffé qu'après la sortie complète de ce dernier. Avec cet appareil, on évite la formation des acides oléique, sulfurique et phosphorique.

M. Delattre distingue cinq variétés d^ huile de foie de morue ; 1° la vierge, 2° la jaune-paille, 3° la blonde, 4° la brune, 5° la noire. Il a bien voulu déposer dans les collections de la Faculté de médecine des échantillons authentiques et choisis de ces cinq variétés.

V huile vierge s'obtient en traitant, par une chaleur sèche de + 40 degrés, les foies aussitôt qu'ils sont extraits des poissons frais. Les huiles jaune et blonde se tirent des foies, la première à + 50 degrés, et la seconde de 60 à 70 degrés. V huile brune \ieni des foies ayant trois ou quatre jours de pêche, et la noire de ceux qui en ont de dix à quinze.

Suivant M. Delattre, V huile brune est la seule qui devrait rester médicinale. La vierge ne serait qu'un objet de luxe. La jaune et la blonde ne valent pas mieux que la brune, et la noire, contenant des acides cholique et acétique, présente une âcreté désagréable qui doit la faire repousser.

V huile de foie de morue, quelle que soit sa nuance, doit avoir une odeur bien caractérisée de sardine et une saveur franche, sans âcreté; elle doit marquer 392 degrés à + 45 degrés à l'oléomètre de Lefebvre. En en mettant quelques gouttes sur un carreau de verre placé sur un papier blanc, et y versant une très petite quantité d'acide sulfurique concentré, il se produit une teinte de carmin, inclinant à la couleur de cachou (Gobley) .

L* huile de foie de morue est composée d'oléine, de margarine, de chlore, d'iode, de brome, de soufre, de phosphore et de divers acides; on y trouve aussi un peu de chaux, de magnésie et de soude, et un principe particulier désigné sous le nom de gaduine,,,

La gaduine est une matière colorante, jaune d'abord, et qui prend une teinte de plus en plus foncée sous l'influence de l'air. Elle est soluble dans les alcalis.

•Divers auteurs ont voulu expliquer les propriétés médicinales des huiles de foie de morue par la présence de l'iode, c'est pourquoi on a cherché avec soin les proportions de ce corps. Suivant M. Bertho,

il existe 31 centigrammes d*îode par kilogramme d'huile. D*apres les analyses les plus récentes, la proportion serait de 327 milligrammes, mais cette quantité varierait suivant les huiles et suivant l'époque de Tannée. Ce chiffre serait celui de l'iode dans l'huile jaune. On en trouverait 322 milligrammes dans Thuile blonde, 310 dans l'huile brune, et seulement 301 dans l'huile noire (Delattre). On aurait constaté de plus que, pendant certains mois de l'année, l'iode pouvait manquer complètement.

Quelques médecins pensent que le brome et le phosphore sont aussi pour quelque chose dans l'action de ce produit. Soubeiran fait observer qu'une grande part de sa vertu thérapeutique revient au corps gras lui-môme et aux éléments aromatiques et sapides qui s'y trouvent.

^ § H* — De l'iiolte de foie de raie.

Plusieurs médecins ont proposé de remplacer l'huile de foie de morue parcelle de rate. Ils ont même insisté sur la supériorité de cette dernière, dans Fusage médical ; mais cette supériorité était en partie fondée sur ce que V huile de foie de raie, préparée avec soin, répugnait beaucoup moins aux malades que celle de foie de morue du commerce, qui était trouble et noirâtre (Guibourt). On croyait aussi que Vhuile de raie contenait plus diode que celle de morue. L'expérience a démontré le contraire.

1° Raies. — Les Raies sont des poissons sélaciens de la tribu des Rajides ; elles se reconnaissent à leur corps aplati horizontalement et semblable à un disque, à cause du grand développement des nageoires pectorales qui se joignent l'une à l'autre en avant et s'étendent en arrière des deux côtés de l'abdomen jusqu'à la base des ventrales. Les yeux sont à la face dorsale du disque; la bouche, les ouvertures branchiales et les narines, à la face abdominale.

Vhuile de foie de raie se retire principalement de la Raie boucléey de la Raie blanche, de la Pastenague et de V Aigle, Voici les caractères abrégés de ces espèces :

/ sans dard.

ni.PiiA» nn« (aiguiUonné i. Raie bouclée.

Uueuej U08. . . ( j^^^^^^ 2 Raie blanche.

lavec un dard,} r^^'^' l' p*".'' ^î^/'^^^"'*

( très longue .... 4. Raie Aigle.

La Raie bouclée ou clavelade (1 ) de nos côtes méditerranéennes (i) Raja clavata Linn.

s s ZOOLOGIE H

est brunâtre, tachetée de blanc et de noir. Son corps atteint jusqu'à 4 mètres de longueur (iig. 1 3).

La Raie blanche, cendrée ou lisse (I), offre la forme d'un losange. Son dos est rude. Elle est plus grande que la précédente. On en a pSché qui pesaient plus de 40 kilogrammes. Son foie produit une huile abondante.

La Pasienague commune (2) n'est pas rare dans la Méditerranée ; elle a une tête en forme de cœur. Son corps est d'un brun ou d'un gris livide en dessus et blanc en dessous. Elle ne pèse guère que 2 à 3 kilogrammes.

h'Aigle (3) possède des nageoires pectorales qui ne s'étendent pas au pourtour de la tête, laquelle demeure libre, et une queue semblable à un fouet. Cette espèce se trouve dans l'Océan et dans la Méditerranée.

2" Huile. — L'Au/te de foie de raie est d'un jaune clair ou légèrement doré ; quelquefois orangée ou bien un peu rougeâtre. Elle présente du reste la même densité que celle de morue, mais une saveur moins forte.

Cette huile se fabrique sur les côtes de la Normandie. Lorsqu'elle est pure, on la désigne, dans le conunerce, sous le nom d'kuile de Rouen. On la mêle quelquefois à l'huile de morue.

L'/iui'le rfe foie de raie pourrait être.préparée par le pharmacien. Deux procédés sont conseillés. Dans l'un, on doit faû-e bouillir les

(1) Bûja Balâ Unn.

(S) R. railttuca Linn.

(3) R. AiuilaUmi.

foies dans Teau et recueillir Thiule qui surnage; dans l'autre, dû à M. Gobley, il faut couper les foies menu et les chauifer dans une bassine, jusqu'à ce que l'huile se sépare. On passe ensuite le liquide obtenu à travers un tissu de laine en pressant légèrement. Il me semble qu'il vaudrait encore mieux préparer cette huile, comme celle de morue, soit au bain-marie parle procédé Fleury, soit à la vapeur parle procédé Hogg, en ayant soin, comme le fait M. Delaltre, d'employer des ballons de verre à la place des bassines.

MM. Girardin et Preissier ont comparé ensemble les caractères des huiles de foie de raie et de morue, La première conserve sa teinte jaune normale, dans un courant de chlore, même après une demi-heure d'action, tandis que la seconde se colore rapidement en brun foncé. V huile de raie se teint en rouge clair par l'acide sulfurique froid, et le mélange, agité, acquiert, après un quart d'heure de contact, une belle couleur violette foncée, tandis que l'huile de morue prend rapidement une teinte noire. Ces caractères sont bien loin d'être constants.

D'après M. Personne, V huile de raie est plus faiblement iodée que l'huile de morue. Un litre d'huile de rate préparée par l'action directe du feu a donné à M. Gobley 25 centigrammes d'iodure de potassium. Ce chimiste n'a pu y découvrir de traces de phosphore. D'après les analyses récentes de M. Dolattre, il résulte : 4*» que la proportion d'iode de Vhuile de foie de raie est moindre de moitié que celle de morue ; 2° que celle du soufre est d'un quart environ en moins ; 3" que celle du phosphore est, au contraire, d'un tiers en plus.

Vhuile de raie blanche est très douce, et les enfants d'un mois la supportent parfaitement (Delattre).

§ m. — De rballe de fote de re<|otn.

Le docteur Collas a pubUé dans la Revue coloniale une note intéressante sur l'emploi médical et chirurgical de cette huile dans les établissements français de l'Inde.

4* Squales. — Les Squales ou Requins appartiennent, comme les Raies, à l'ordre des Sélaciens.

Le genre Squale (Squalus), assez nombreux en espèces, se distingue par un corps allongé et une grosse queue charnue. Le museau est soutenu par troi^ branches cartilagineuses qui tiennent à la partie antérieure du crâne. Les ouvertures des branchies répondent aux deux côtés du cou et non au-dessous du corps ; les yeux sont aussi sur les parties latérales de la tête ; les nageoires pectorales sont de médiocre grandeur.

Ces animaux acquièrent quelquefois des dimensions considérables ; ils sont extrêmement voraces ; leur appétit glouton leur fait rechercher avec avidité les proies vivantes.

La plupart sont ovovivipares ; quelques-uns pondent des œufs à enveloppe cornée.

Le genre Squale faisant partie, comme le genre Raie, de la tribu des Poissons cartilagineux, il semble logique d'admettre à priori que l'huile retirée de leur foie doit offrir des vertus identiques avec celle que nous fournit ce dernier groupe. Mais en supposant que Vhuile de foie de squale soit inférieure à celle qu'on retire deg autres poissons, il n'en est pas moins important de savoir que ce produit pourrait, au besoin, remplacer celui que nous fournissent les Raies ou les Morues (Collas).

Les Squales sont des poissons assez communs et d'une capture facile ; ils fréquentent les atterrages et rarement la haute mer. Cependant, entre les tropiques, ils semblent s'éloigner de la terre. On dit que, dans les baies, ils vivent quelquefois par troupes.

Les espèces qui peuvent fournir de l'huile sont nombreuses. Le docteur Delatlre (de Diej)pe) eu a retiré de V Aiguillât (fig. 19) (1),

Fig. i9, — Aiguillât.

du Rochier (2), de VHumantin (3), de VAuge{i), de VÉmissole (5)

et du Reuard (6)

2° Huile. — Le docteur Collas indique le procédé suivant pour l'extraction de Vhuile de foie de squale. Après avoir lavé ce foie avec soin et rejeté la vésicule, on le coupe par morceaux que l'on fait bouillir avec de l'eau dans un grand vase de terre pendant à peu prés une heure. 11 faut que le feu ne soit pas trop vif. On agite

(i) Squalu8 Acanthias Lïnn.

(2) 59. Catulus Linn.

(3) Sq. Centrina Linn.

(4) Sq. Sqtuitina Linn.

(5) Sq. Mustelus Linn.

(6) Sq. Vulpe9 Gmsl.

constamment le bouillon avec une spatule de bois. Quand Thuile vient à flotter sur Teau, on l'enlève. On laisse alors reposer le bouillon pendant deux jours, dans un vase non couvert. On fait encore bouillir le foie et Ton retire de nouveau l'huile qui vient de surnager. On filtre ces huiles pour les priver des corps étrangers qui altèrent leur pureté.

V huile de foie de squale présente une belle couleur ambrée, qui ressemble à celle de Teau-de-yie vieille. A la température moyenne de 4* 30", 6, elle est parfaitement limpide. Son odeur et sa saveur rappellent l'huile de foie de morue. Par le repos, elle laisse précipiter, à la langue, une quantité considérable de stéarine, qui paraît sous la forme d'une matière grumeleuse blanche. Le docteur Collas désigne cette matière sous le nom de squalin, pour la distinguer de la stéarine du commerce. 11 croit que cette matière pourrait être utiUsée dans le traitement des plaies et des ulcères. Il la recommande comme excipient pour certains topiques usités dans le traitement des maladies de la peau. Le squalin ne paraît pas rancer comme l'axonge. Il a, d'ailleurs, beaucoup plus de consistance que cette graisse, qui devient tout à fait fluide à la température habituelle de Pondichéry, et qu'il faut mélanger de suif pour lui donner la consistance que doit avoir une bonne pommade.

Suivant le docteur Delattre, les principes actifs sont en plus forte proportion dans l'huile de foie de squale que dans l'huile de foie de morue ; elle est plus riche en iode et en phosphore, mais elle contient un peu moins de brome et de soufre. L'accroissement de l'iode serait double de la perte en brome.

Comparée à l'huile de raie, elle renferme deux fois et demie plus d'iode et seulement un cinquième en moins de phosphore.

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