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III.-D

Animal. — Le Castor {^ ) appartient à l'ordre des Itongeurs et h la famille des Sciuridés.

Ce mammifère habite les contrées incultes du Canada et de la Sil>érie. On en trouve quelques-uns en Prusse, en Pologne et en

(1) Ca«tor F'ber lian.

tOO 7.00LOGIE »

France, où on les nomme Bièvres. On croil que la petite rivière de BièvTe,qiii se jette dans la Seine h Paris, doit son nom à ce qu'elle a été fréquentée par desCastors. Les derniers Castors observés en France ont été trouvés sur les bords du BbOne et du Gardon. Quelques auteurs regardent le Castor de France comme une espèce distincte du Castor de Canada,

LeCuslor(ri^. 36)ade 9 à12 décimètresde longueur, du museau a l'entrémilé de la queue, et 30 à iOcentimètres de largeur vers la poitrine ; son pelage présente deux sortes de poils : l'un serré, très fin et gris; l'autre plus long, grossier et brun. Sa tète ressemble h

celle d'une Marmotte ; elle est presque aussi longue que lai^e ; ses oreilles sont courtes; chaque mâchoire est garnie de dix dents, dont deux incisives sur le devant et quatre molaires de chaque cèté. Les incisives d'en bas sont longues de 27 millimèlres et plus ; celles d'en haut n'en ont que 23 ; toutes sont taillées en biseau de dedans en dehors et tranchantes, d'un jaune safrané extérieurement et blanches intérieurement. Les molaires paraissent directement opposées les unes aux autres, à couronne plate : on dirait un ruban osseux replié sur lui-même, de manière à otTrir dans les supérieures trois échancrures au bord externe et une au bord intérieur, et une disposition inverse dans les inférieures (Cuvier). Les mamelles, au nombre de quatre, sont placées deux entre les pattes antérieures près du cou, et deux sur la poitrine. Les pieds présentent cinq doigts courts, bien distincts et garnis d'ongles très forts aux membres antérieurs; ils sont plus longs et réunis par une membrane aux membres postérieurs. La queue est ovale, plate, épaisse et couverte d'écaillés. Cette queue est à la fois une rame et une

truelle ; Tanimal s'en sert habilement pour nager et pour gâcher la terre qu'U emploie à construire son habitation.

Les Castors ressemblent aux animaux terrestres par les parties antérieures, et tiennent des animaux aquatiques par les parties postérieures.. Ils vivent solitaires ou par couples pendant Tété, dans des terriers près des eaux. Aux approches de Thiver, ils se réunissent en grand nombre sur le bord de leur rivière ou d'un lac. Si Teau est tranquille et dormante, ils élèvent leurs cabanes sur les rives; si, au contraire, c'est une eau rapide et peu abondante, ils bâtissent d'abord au travers une forte digue, composée d'arbres renversés, de branches, de pierres et de limon, le tout crépi et revêtu d'un enduit solide. Cette digue est toujours perpendiculaire du côté du courant, et en talus ou en dos d'âne du côté opposé. Dès qu'elle est construite, les Castors y adossent leurs cabanes: celles-ci sont composées des mêmes matériaux, mais plus petits; elles ont plusieurs étages ; chacune est assez grande pour loger huit ou dix Castors, Tous ces travaux ont lieu seulement pendant la nuit et s'exécutent avec une rapidité surprenante. Cependant les Castors n'ont pour outils que leurs ongles, leurs dents et leur queue (4 ) . Lorsqu'ils ont construit leur digue et leurs habitations, ils s'approvisionnent d'écorces pour l'hiver et se renferment dans leurs maisons.

Appareil du castoréum (fig. 27). — Le castoréum est sécrété par deux grosses glandes placées dans le voisinage des organes sexuels. Les anciens prenaient ces glandes pour les testicules de l'animal.

Sous la queue du Castor, on remarque une poche commune, peu profonde, comparable au cloaque des oiseaux (Adanson), dans laquelle s'ouvrent l'anus et les parties de la génération. L'orifice anal paraît en arrière, tout à fait à la naissance de la queue. Vers le milieu, à droite et à gauche, sont les orifices de plusieurs petites glandes appelées anales, qui sécrètent une humeur huileuse jaune, désagréable, différente du castoréum. Ces glandes sont oblongues' lobées et accompagnées chacune d'une ou deux glandules accessoires. Tout à fait en avant de la poche commune se voit l'orifice génital; celui-ci communique avec le canal préputial. Ce dernier est cylindrique et couvert de petites papilles dirigées en arrière, pointues et noirâtres. C'est à droite et à gauche de ce fourreau qu'on rencontre les glandes du castm^éum. Ces glandes sont des espèces de poches obovées-oblongues ou pyriformes, inégales, qui s'ouvrent

(1) « Arehitectura in constniendo dmos ad ripas superat omnitm animalium excepta hominiê. » (Linn.) '

MOQ.-TAKD. g

iOi ZOOLOGIE MÉDICALE.

dans le fourreau préputial par deux lai^s orifices. CeUes de l'animal adulte altei(;nent au moins 8 centimètres de longueur; elles peuvent arriver jusqu'à 13 ; elles sont plus grandes que les testicules, et ne peuvent pas Être confondues avec ces derniers. On les observe, du reste, chez les femelles comme chez les mâles, mais elles y sont un peu moins développées. Leur surface externe est un peu onduleuse ; l'intérieure présente des replis membraneux déliés et vermiculés qui produisent le coaloreum.

Castoréum. — Dans l'animal vivant, te castoréum paraît comme une matière presque fluide, onctueuse.

Péj, Î7, — Appareil rfa enilaréttm ('J, Rg. 38. — Glandet du

d'une odeur forte, pénétrante, même fétide. Le castoréum du commerce est desséché dans ses deux poches, encore unies ensemble ù la manière d'une besace (fig. Î8). Ces poches sont pyriformes-

ver^ avec md ptépace paiticulier. — (f, i>uv«Hur« du canal pr^liaL — e>f, gUnifin rinfi^nnéo Aàtin ce reallctMnt, — k,k, nlandc» de Cowper. — t,lt vj^sicules a^minaleft. (") iT,o, «'■"<'«' li" culoréiiin il«<»^liéei. — A, fOMion do tuift pr^llal.

allongées, un peu comprimées et plus ou moins ridées, d'un brun noirâtre à l'extérieur et d'un brun fauve ou rougeâtre intérieurement. Si on les coupe en travers, le contenu parait comme une masse compacte, résineuse et entremêlée de membranes ou libres blanchâtres. Son odeur est très pénétrante, peu agréable, presque fétide ; sa saveur est acre, et amère.

Le castoréum varie en qualité suivant son ancienneté, suivant l'âge de l'animal qui l'a fourni et peut-être suivant que celui-ci était plus ou moins éloigné du temps de la reproduction. Il perd rapidement ses propriétés quand il a été conservé dans un endroit humide.

Linné croit que cette substance est meilleure chez les Castors qui se nourrissent principalement d'écorce de peuplier. M. Paul Gervais, ayant eu l'occasion de disséquer des Castors du Rhône, a été frappé de l'analogie qui existe entre l'odeur de leur castoréum et celle que répandent les pousses du satule oul'écorce de cet arbre en macération. Les substances végétales qui viennent d'être citées entrent pour une grande proportion dans l'alimentation de ces animaux.

On distingue deux qualités principales de castoréum: 1" celui à^Amérique, 2° celui de Russie. On a subdivisé le premier en castoréum du Canada, et castoréum de la baie d'Hudson.

Le castoréum contient de la castorine, de l'huile volatile, de la salicine, de l'acide phénique, de l'acide benzoïque, de l'albumine, une matière grasse, du mucus,' du carbonate d'ammoniaque, des sels de soude et de potasse.

IjSl castorine a été découverte par Brandes et Bizio ; elle cristallise en longs prismes diaphanes' et fascicules; son odeur est la même que celle du castoréum; sa saveur est cuivreuse. Elle est insoluble dans l'alcool froid et dans l'eau. Elle se dissout dans l'alcool bouillant et dans les huiles volatiles.

Le castoréum est falsifié de plusieurs manières : 1 " On fend les poches, on en retire la matière odorante et on la remplace par du sang desséché, par du galbanum ou par de la gomme ammoniaque. 2" On fabrique des poches artificielles avec des scrotums de bouc ou des vésicules biliaires de divers animaux, et dans ce cas on falsifie l\ la fois le contenant et le contenu.

On adnninistre le castoréum de diverses manières, en lavements, en potions, en pilules. On prépare avec cette substance une eau distillée, une teinture ordinaire, une teinture éthérée et un sirop.

ZOOLOGIE HEDICAI^.

S IV. — 1)« l'bTraeCDDi.

Amhal. — Le Daman du Cap (1) a été regardé par Pallas et Erxieben comme un Rongeur, et par Cuïier et llliger comme un Pachyderme. M. Is.Geoifroy Saint-Hilaire, se basant sur son organisation et sur ses mœurs, te considère comme formant le passage entre ces deui ordres. Ce mammifère présente h ses doigts des productionscornées et dissimilaires, en partie sabots et en partie ongles. Le Daman dn Cap habite le cap de Bonne-Espérance, l'Abyssinie et mSme le Liban. Il ne descend jamais dans les plaines.

Ce petit mammifère (fig. 29) est grand comme une Marmotte (Pallas). A la corne près, c'est un Bhinocéros en miniature (Cuïier). Il est lourd de formes, court et bas sur ses pattes.

Son pelage est composé de poils soyeui assez serrés, longs et doux, et de poils laineux, peu fournis et très fins; sa couleur ginéraleestd'ungris brun. Sa tête est épaisse et terminée ^^^ par un museau très

Fig. î9.— DoBion. obtus. Lcs. oreilles

sont peu élevées, rondesetbordéesdepoilstrèslins;lecouest court et plus haut que lai^e. La mâchoire supérieure a deux fortes incisives recourbées vers le bas, et dans la jeunesse deux très petites canines ; l'inférieure, un peu plus courte que la supérieure, a quatre incisives et manque de canines (Cuvier). On remarque à la lèvre supérieure de longues soies, roides et noires. Il y a aussi de grandes soies sous les sourcils et sous la gorge. L'abdomen paraît très dilaté. Tous les pieds ont la plante nue et revêtue d'une peau douce. Ceux de devant ont quatre doigts et ceux de dei-riére seulement trois; ces doigts sont terminés par de très petits sabots minces et arrondis, excepté le doigt interne de derrière, qui est armé d'un ongle oblique el crochu. Il n'y a

(1) Hyrax Cafouii Ehr. {Cavia Capeniii Patl.), vulgairemcnl BlaireaMdt rochtr (NÙfip-ilaai, Klip-du^e on Klip-iane] ou Marmalle du Cup.LeBAhjsainsIs nomoienl CiM, MUt*Dl Sbtvf, M AaMinKo, auivanl Bruco ; les Libanaii, Moultm d'itretl (Catmim UnHI).

pas de queue apj^rente ; le coccyx est réduit à un petit tubercule. Les mamelles sont au nombre de trois de chaque côté, l'antérieure axillaire, les deux autres inguinales.

Le Daman a beaucoup d'agileté et de propreté. Quoique sauvage et craintif, il s'apprivoise sans peine. Il est môme susceptible d'attachement. Sa nourriture consiste en fruits et en racines de plantes aromatiques ; il mange surtout le Cyclopia genistoides, élégant arbrisseau de la famille des papilionacées.

Origine de Vhyraceum. — Cette substance se rencontre en petites masses sur le versant des montagnes pierreuses, dans les fentes des rochers, dans des cavernes, et généralement dans les régions habitées par les Damans, Les paysans ramassent ces morceaux, quand ils sont encore frais, mous et en quelque sorte glutineux.

Sparmann, Thunberg, Burchell et Lichtenstein s'accordent pour regarder le Daman du Cap comme le producteur de r/iyraceiim.

Mais comment ce mammifère forme-t-il cette substance ? a-t-il des glandes particulières, un appareil spécial comme le Chevrotain porte^musc, la Civette et le Castor? L'anatomie de son appareil génital, que Pallasa publiée, «'oppose à cette conclusion.

Vhyraceum est-il simplement Turine desséché du Daman ? Au rapport de Sparmann et de Thunberg, les Hollandais désignent cette substance sous le nom de pissat de blaireati {Dassen-pissat ou dasjespis) ; ils croient que les Damans ont l'habitude de verser leur urine toujours dans le même endroit, et que cette urine dépose en se séchant une certaine matière qui se condense peu à peu, et finit par constituer l'/ii/raceitm. On verra plus loin que cette explication est vraie jusqu'à un certain point.

Krauss soupçonne que ce pourrait être le flux menstruel de ranimai. Rien ne prouve cette détermination.

Le docteur Edward Martiny considère Vhyraceum comme sécrété par des glandes préputiales, et probablement vaginales, très développées. Mais ces glandes n'auraient pas échappé aux dissections de Pallas.

Plusieurs auteurs modernes admettent, je crois, avec raison, que le produit dont il s'agit n'est autre chose que les excréments de notre petit mammifère mêlés à son urine, desséchés et déposés dans les trous de rochers et les cavernes fréquentés par cet animal (Pereira, Verreaux). L'examen physique de Vhyraceum (L. Soubeiran) et son analyse (Schrader, Reichel) confirment pleinement cette manière de voir.

Hyraceum, — C'est une substance solide, dure, pesante, d'un brun noirâtre, offrant, sur certaines parties plus claires ou plus

brillantes, l'aspect résinoïde. Elle se laisse entamer par le couteau et se ramollit entre les doigts. Elle ressemble un peu au bdellium de rinde et à la myrrhe noire (Guibourt). Exposée à Tair humide, elle se ramollit aussi et devient plus ou moins glutineuse. Son odeur est assez vive et assez mauvaise, un peu analogue à celle du castoréum, mais moins forte et légèrement urineuse. Sa saveur est amère et sensiblement astringente, même un peu acre.

Uhyraceum est très soluble dans Teau, qu'il colore en jaune, surtout quand on opère à chaud; il y laisse un résidu d'un jaune brunâtre assez clair. Il se dissout à peine dans Talcool et dans Téther, auxquels il donne une très légère teinte jaunâtre (L. Soubeiran).

Quand on l'examine au microscope, on y découvre des fragments de végétaux, par exemple des glumes de graminées, des débris de tissu cellulaire et fibreux, et des portions de trachées encore très nettement appréciables. On y remarque aussi des poils, des parcelles de sable siliceux et des granules d'acide urique (L. Soubeiran).

L'analyse chimique démontre que Vhyraceum est composé d'une matière jaune odorante, soluble dans l'alcool ordinaire et dans l'eau ; d'une matière brune, soluble dans l'eau ; de résine verte, soluble dans l'alcool ; d'une faible quantité de matière grasse et d*un résidu considérable insoluble, dans lequel se trouvaient des fibres végétales et du quartz (Schrader).

Uhyraceum du commerce arrive dans des boîtes c'ylindriques de fer-blanc, qui en renferment à peu près 450 grammes.

Cette matière a été proposée comme succédanée du castoréum ; elle a pu jouir d'une certaine vogue il y a quelques années, à une époque où le castoréum avait atteint un prix très élevé. Aujourd'hui on ne s'en sert que très rarement, et tout permet de supposer que, dans un avenir prochain, elle ira rejoindre ces nombreux produits qui, après avoir été vantés comme des panacées, sont relégués 'dans les collections de matière médicale (L. Soubeiran).

§ V. —De ranibre gris.

i° Origine de l'ambre gris. — On a émis bien des hypothèses relativement à' l'origine de V ambre gris,

Avicenne et Sérapion assuraient que c'est un baume qui croît sur les rochers, comme les champignons sur les arbres, et qui tombe ensuite dans la mer.

Cardan prétendait que c'est la bave desséchée des veaux marins.

Animaux habituellement employés en MÉDEcmE. 407

Fernandez Lopez le regardait comme les excréments de quelques oiseaux qui avaient mangé des herbes odoriférantes.

Pomet suppose que c'est un mélange de cire et de miel parfumé qui se cuit et s'ébauche au soleil; et qui se perfectionne dans la mer par l'agitation des flots et par Vesprit saM, Mais d'où viennent cette cire et ce miel, et queUe est la cause du mélange ?

D'autres ont considéré Y ambre gris comme une écume de mer condensée ou une graisse de terre endurcie, comme un bitume, comme une résine, comme une gomme, comme le sperme de la Baleine ou comme la fiente des Crocodiles

Virey admet que Vambre gris est une sorte d'adipocire, résultant de la décomposition spontanée de plusieurs Poulpes odorants de la haute mer. Ce qui semblait donner quelque vraisemblance à cette explication, c'est la découverte faite plusieurs fois, dans des morceaux d'ambre, de mandibules cornées offrant tous les caractères de celles qu'on observe chez les Céphalopodes.

Pelletier et Caventou, auxquels on doit un bon travail analytique sur Vambre gris^ présentent cette substance comme un calcul biliaire.

C'est à Serval Marel, bourguignon, qu'est dû l'honneur d'avoir reconnu le premier la vraie origine de la* matière odorante dont il est question. Elle est produite, suivant lui, par plusieurs grands! animaux de l'ordre des Cétacés. C'est un résultat de leur digestion, une sorte de calcul intestinal, un coprolilhe.

Cette assertion a été confirmée par Swediaur et par Rome Delile. On sait, du reste, que les Japonais appellent l'amdr^gfrt s, kuusura no fuu, c'est-à-dire, excrément de la Baleine (Kœmpfer).

Vambre gris se forme en boules dans le tube digestif des Cacha» lots (4), et il est rendu avec les excréments. Les uns pensent que tous les Cachalots produisent normalement cette substance ; d'autres supposent qu'elle est le résultat de certaine maladie, et par cons quent un produit accidentel.

Les Cachalots peuvent en fournir d'assez grandes quantités. Uii baleinier en retira 20 kilogrammes des intestins d'un seul individu^ et 52 de ceux d'un autre.

On trouve Vambre gm, tantôt flottant sur la mer ou déposé sur la plage parmi les excréments des Cétacés ; tantôt, comme je viens de le dire, dans les entrailles même de ces animaux. C'est sur les côtes du Japon, des îles Moluques, de l'Inde, de Madagascar et du Brésil qu'on récolte habituellement cette substance. Quand on ouvr^î

(i) Voyez page 74 et fig. 13*

les Cachalots, on découvre V ambre gris dans leur caecum, et jamais dans les autres parties du canal alimentaire.

La nourriture prise par les Cétacés semble influer sur la production de Vambre. Il paraît que ce sont les Poulpes musqués (Elédons), les Sèches et autres mollusques, même de petits poissons avalés et mal digérés, qui donnent naissance à cette matière. On sait que, parmi ces animaux, il en est un certain nombre qui exhalent une odeur musquée plus ou moins forte. Lorsque les pêcheurs américains découvrent V ambre gris dans un parage, ils en concluent aussitôt qu'il doit être fréquenté par quelque Cétacé.

Les uns ont cru que les Cachalots seuls peuvent donner de V ambre gris; les autres admettent, avec plus de raison, qu'il est fourni à la fois par les Cachalots et par les Baleines. Les principales espèces qui le produisent paraissent être le Cachalot microcéphale {\ ) et la Baleine franche (2).

2° Ambre gris {ambra cinerea). — C'est une matière solide, assez dure, grasse, cireuse, plus légère que Teau, susceptible de se ramollir à une faible chaleur, se fondant ensuite. Sa couleur est d'un gris noirâtre, un peu cendré, quelquefois jaunâtre ou brunâtre, souvent masquée par une efflorescence blanche qui se forme à sa surface et qui pénètre même un peu à l'intérieur. U ambre gris a une odeur douce, suave, susceptible d'une grande expansion et une saveur presque nulle. Il est plus ou moins soluble dans l'huile et dans l'alcool, selon sa pureté.

Uambre gris forme des masses irrégulières, composées tantôt de couches concentriques, comme superposées, à la manière des bézoards ou des calculs, tantôt de petits grains inégaux plus ou moins arrondis. On trouve quelquefois dans son intérieur des débris de mollusques et de poissons, tels que des mandibules, des écailles, dés arêtes. Ces masses pèsent habituellement de 50 à 500 grammes. On en trouve cependant de 5 à 4 kilogrammes. Un Cachalot échoué en 4 744 , près de Bayonne, présenta dans ses intestins un morceau d'ambre du poids de 5'*'', 30. On a cité des masses de 50 et même de 4 00 kilogrammes. La Compagnie des Indes orientales en avait une, en 4695, du poids de 73 kilogrammes. En 4721 , Vahnont de Bomare en vit un bloc de 4 00 kilogrammes. On a parlé d'un autre pesant 393 kilogrammes, ce qui paraît bien extraordinaire.

Uambre gris contient de l'ambréine, une substance balsamique, une matière soluble mêlée d'acide benzoïque et de sel marin (John).

(1) Voyez page 74 et fij. 13.

; (2) Voyez page 75 el fig. i4.

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