CIRE
Pour la purifier, on Taplatit et la met en rubans, ou bien on la fait fondre et on la verse toute liquide sur un cylindre de bois mû horizontalement dans Teau, qui la divise en grumeaux. On place les rubans ou les grumeaux sur des châssis de toile, et on les expose dans un pré à l'action de Tair et de la lumière, en ayant soin de les arroser tous les soirs. Petit à petit la cire perd sa couleur jaune, et blanchit. Le ruban ou le grumeau se décolore d'abord à la suiiace. Dans le commencement, quand on le ca&se, on le trouve jaune ou jaunâtre en dedans. Ce procédé a Tinconvénieut d'entraîner des délais plus ou moins longs. On lui a substitué, dans certaines fabriques, le blanchiment par le chlore. L'immersion des rubans ou des grumeaux dans une dissolution chlorique, ou leur exposition à l'action du chlore gazeux, produisent en peu de tempi^ ce que l'étalage sur le pré ne donne qu'à la longue. On réussit aussi avec d'autres agents chimiques.
On y mélange assez communément une petite quantité de suif pour lui rendre le liant qu'elle a perdu. Trop souvent on dépasse un peu les limites du mélange.
La cire tout à fait décolorée est dite cire vierge ou blanche, La cire vierge doit être solide, opaque, blanche, cassante, sans odeur ni saveur marquées. Elle se ramollit et devient malléable à une douce chaleur. Elle se fond vers -j- 65". Projetée sur des charbons ardents, elle s'enflamme et briUe.
Vue en minces copeaux sous le microscope, la cire blanche paraît comme une substance amorphe. Mais si on la fait fondre sur la plaque de verre du porte-objet, elle montre au contraire une structure cristalline. Cette structure devient plus manifeste, si on l'observe dans la lumière polarisée, et si l'on superpose une de ces lames minces de gypse que M. Biot nomme lames sensibles (Dujardin).
La cire est composée de trois principes particuliers, qui sont la cérine, la myricine et la céroléine. La cérine, ou acide cérotique, forme la plus grande partie du mélange ; elle fond à -|- 78°; elle se dissout dans l'alcool bouillant, qui la laisse reposer en se refroidissant. La myricine est blanche, inodore et insipide ; elle fond à + 72" ; il faut 200 parties d'alcool bouillant pour la dissoudre. La céroléine entre pour une faible proportion dans la constitution de la cire, environ 4 ou 5 pour 1 00 ; elle fond à + 28*», 5 ; elle est molle et très soluble, soit dans l'alcool, soit dans l'éther, même à froid.
La cire est une des bases des cérats. Elle entre dans un grand nombre de préparations onguentaires et emplastiques. On l'a même recommandée comme médicinale et proposée en électuaires, en émulsions et en pilules.
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Autres cires. — Certaines Cochenilles (fioccus) exsudent une matière cireuse qui offre un peu l'apparence du blanc de baleine, et dont on fait des bougies. Le Coccus Sinensis (Westw.) fournit la cire de la Chine, dont M. l'abbé Pemynous a communiqué dernièrement de très beaux échantillons. Le Coccus ceri férus (Fabr.), qui vit au Bengale, produit aussi une matière analogue. Dans la Cochenille ordinaire (4 ), principalement dans la variété grise ou jaspée, ou remarque sur les femelles une poussière fine, blanchâtre, qui n'est autre chose que de la cire.
g XII. ~ Hes poils et des antres parties cornées.
Les poils, les fanons et les plumes sont bannis, depuis longtemps, du domaine de la thérapeutique (2); cependant les parties cornées des animaux nous rendent des services importants.
On sait l'emploi des crins ou des poils pour les sommiers, les fauteuils, les vêtements et diverses sortes de tissus élastiques.
La bourre de Bœuf, préalablement calcinée, a été mise à profit, il y a quelques années, par M. Liance, dans un procédé de préparation du kermès minéral.
Je me bornerai à rappeler les usages nombreux auxquels sont appliqués les fanons des Baleines (3), espèces de lames cornées parallèles, longues de 2 à 3 mètres, attachées verticalement et un peu obliquement à la face palatine des os maxillaires (fig. 53). Ces lames
ont leur tranchant interne efOlé. et une grande quantité de crins ou barbes qui ne sont autre chose que l'extrémité libre des fibres qui composent chaque fanon. Quand la bouche s'est fermée sur Fig. hZ.—FanoM* une troupe de mollusques ou
sur un banc de petits poissons, Teau comprimée s'échappe d'abord a travers le chevelu des franges, puis par l'intervalle des lames. Ainsi, l'ensemble de ces franges forme, dans le cétacé vivant, un immense crible, lequel, eu tamisant l'eau, retient tout ce qu'elle contenait (Desmoulins).
Les plumes des Oiseaux sont recherchées autant que le crin ou la bourre ; on en fait des matelas, des coussins, des édredons,
(1) Veyci page 58.
(3) Voyez page 76;