‹ Eléments de zoologie médicaleChapitre 71 sur 144 · ANIMAUX NUISIBLES COMME ALIMENTS · texte numérisé non relu

ANIMAUX NUISIBLES COMME ALIMENTS

Mais le plus grand nombre de Poissons dits vénéneux ne sont nuisibles que d'une manière intermittente, c'est-à-dire que lorsqu'ils ont mangé certains animaux, lorsqu'ils vont se reproduire, ou dans des circonstances tout à fait particulières. Tels sont la VieiUe (I), le Congre (2), le Maquereau (3), le Hareng (4)...

C'est surtout dans les pays chauds qu'on doit se tenir en garde contre les accidents produits par ces Poissons. M. Fonssagrives fait remarquer que les espèces dont il faut le plus se méfier abondent principalement dans les mers tropicales, et que celles déjà dangereuses dans nos climats acquièrent, au milieu de ces contrées, des propriétés encore plus funestes.

Les symptômes produits par les Poissons nuisibles sont d'abord un malaise dans la région de l'estomac, puis une douleur plus ou moins vive vers l'épigastre, accompagnée quelquefois d^oppression et de dyspnée, un resserrement à la gorge. Viennent ensuite des inquiétudes générales, des frissons irréguliers, des sueurs froides. La face se colore et se gonfle ; des plaques rougeâtres ou des éruptions vésiculeuses se manifestent sur le corps. Ces éruptions sont souvent suivies de démangeaisons plus ou moins fortes, parfois insupportables. Le malade éprouve des nausées, des angoisses, des vomissements, des coliques, des spasmes convulsifs, une sorte de choléra, la dureté de l'oiûe, l'obscurcissement de la vue, un état comateux et une insensibilité particulière. Quand la mort n'arrive pas, la convalescence est longue et difficile.

II. — Mollusques dangereux. — On a cité deux exemples d'empoisonnements produits par des Limaçons qui avaient été recueillis, les uns sur un pied de belladone, les autres sur unredott/(5). Mais de tous les Mollusques, ceux qui occasionnent les accidents les plus fréquents, ce sont les Moules (6) et les HuHres (7). On a été fort embarrassé pour expliquer ce genre d'action : on a accusé tour à tour la présence des pyrites cuivreuses dans les parages qu'elles habitent, leur séjour contre la coque des navires doublés de cuivre, de petits crabes qui se logent en commensaux entre leurs valves, le frai des Ëtoiles de mer ou de certaines Méduses qu'elles avaient

{i) Baliste* vetula Linn.

(2) Murœna Conger Linn.

(3) Scomber Scombrui lÀnn.

(4) Clitpea Harengus Linn.

(5) Coriaria myrtifolia Linn.

(6) Voyez paçe 147.

(7) Voyez pages GO, 444.

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