SERPENTS ÉTRANGERS
sistent davantage. Un Crotale long d'environ- un mètre tua un de ces animaux au bout* de quinze minutes; un second au bout de deux heures, et un troisième au bout de trois. Quatre jours après, il piqua un chien, qui ne survécut que trente secondes, et un autre qui ne résista que quatre minutes. Trois jours après, une grenouillé' périt au bout de deux secondes, un poulet au bout de huit minutes, et un amphisbène blanc aussi au bout de huit minutes (Halm). M. Rousseau a tué rapidement des pigeons, en leur enfonçant dans les muscles pectoraux les crochets d*un Crotale mort depuis deux jours.
Ces animaux n'attaquent guère l'homme que lorsqu'ils ont été provoqués. Leur venin détermine la mort au bout de deux ou trois minutes. Mais si les remèdes sont employés à temps, il est po^sibfe de guérir. Suivant Ëverard Home, lorsqu'un doigt a été mordu, il tombe complètement en mortification. Dans les autres cas, les bords de la plaie se gangrènent, le tissu cellulaire est détruit, les muscles paraissent très enflammés. Suivant Laurenti, la morsure de ces terribles serpents détermine l'enflure du corps et le gonflement de la langue. La bouche devient brûlante, la soif vive, et le blessé meurt après quelques minutes d'une affreuse agonie. Chez l'infortuné Drake, mordu à la main et cautérisé un quart d'heure après, il y eut des syncopes, une respiration bruyante, un pouls presqu^nul et des évacuations involontaires. Les yeux étaient fermés, le^{)>itpilles contractées, le corps froid et les membres insensibles. U m&u> rut au bout de neuf heures (Pihorel). î i '• • '
Lorsqu'on a le bonheur d'échapper à li^ mort, on conserve '^uet' quefois toute la vie une infirmité plus ou moins désagréable. Le^ sueur, blessé à Timor, éprouvait à Paris, huit ou dix ans après, une grande lourdeur dans le membre qui avait été blessé.
M. Alfred Dugès fut mordu, le 24 août 4857, à Silao (Métique) par un jeune Crotale (4) long de 20 centimètres, à la face supérieure de la deuxième phalange -de l'index gauche ; il ressentit au moment même une douleur atroce: c'était comme un caustique violent versé sur une plaie récente. (Forte ligature et cautérisati<$â avep du nitrate d'argent.) Grande défaillance, sueur froide, anxiété précordiale insoutenable ; bouche extrêmement pâteuse. (Une heure après, seconde cautérisation avec du bromure de fer.) La main était déjà très enflée et le bras douloureux jusqu'à l'aisselle. (Cataplasmes et embrocations d'huile d'olive.) Le 22, l'index et le dos de la mam étaient volumineux et ne pouvaient supporter aucune
(i) C'était le Crotalut IHMrtoriM Wlepn., ^rMtë dn O. OuHfnit.
23^ TOXIGOZOAIRES A CROCHETS.
pression. Cet état' pouvait être comparé à une énorme engelure. Le 23, l'enflure et la douleur se calment unr peu. Le 24 et le 25, la main prend une couleur bistre ; elle est encore engourdie. Le 27, la couleur s'affaiblit, mais le malade éprouve encore de la peine à fermer le poing. (A. Dugès.)
3° LesBoTHkops, ou Feri-de-lance, appartiennent aussi à la famille des Crotaliens; ils se font remarquer par des fossettes creusées derrière les narines et par un petit aiguillon corné à Textrémité .de la queue. Ils ont des écailles carénées et n'offrent point de grandes plaques au-dessus de la tête, si ce n'est sur la carène qui va du nez aux sourcils et au-dessus des jeux. •
L'espèce la plus redoutée est le Fer-deAance proprement dit, ou Vipère jaune de la Martinique ( 4 ) .
Ce serpent habite la Martinique et Sainte-Lucie, En 4 826, dans ces îles, on crut devoir accorder une prime de 50 centimes par tête de serpent. Aux environs du Fort-Royal, on ei| tua 700 dans un seul trimestre (Rufz). Ce serpent est long de 2 mètres environ. Sa couleur varie du jaune clair au brun foncé. Sa tête est assez grosse.
La blessure du Fer-de-lance tue toujours les petits mammifères. Elle peut faire périr les plus grands, même les bœufs.
Les nègres qui travaillent aux plantations, et les soldats de service à la Martinique, sont souvent frappés par ce dangereux ophidien. M. Blot rapporte trois cas de mort (lin nègre, une négresse et un mulâtre) arrivés presque dans l'instant de la blessure. M. Guyon a vu périr plusieurs soldats. La mort arrive, en général, trois heures, douze heures, un jour, plusieurs jours après l'accident.
L'individu piqué ressent ordinairement une vive douleur; cette douleur est suivie d'une tuméfaction plus ou moins livide. Sa chaleur s'affaiblit et sa sensibilité diminue ou s'éteint. En même temps surviennent une forte lassitude et un malaise général. Le pouls et la respiration se ralentissent, les idées se troublent, le coma arrive, et une teinte plus ou moins bleuâtre se manifeste sur la peau. On éprouve quelquefois une soif ardente, des paralysies et, dans certaines circonstances, une congestion pulmonaire suivie d'une expectoration sanguine plus ou moins abondante. (Guyon.)
On trouve au Brésil un autre Fer-de-lance y le Jararaca (2), qui fait aussi beaucoup de mal aux indigènes.
{{) Bothrops lanceolatus Wagl. (Vipera laneeolata Daud., V. Megœra Shaw, Trigonoeephaliu lanceolatu» 0pp.), yulgairement Serpent jaune des Antilles. . (2) Bothrops Jararaca Dumér. (Cophias Jararaca Neuw.).
SERIANTS ÉTRANGErtS. 233
M. ledocleiirAHzonx a bien voulu me communiquer une tête préparée de ce dernier serpent, d'après laquelle j'ai dessiné la figure ci-contre (fig. 82).
i° Les NaïAS, ou Serpenta d lunette» (1), ont un corps élargi en avant et formant une sorte de disque, ce qui est dû & la singulière propriété dont ils jouissent d'écarter leurs premières paires de eûtes. Ces serpents appartiennent à la famille des Conocerques. Ils so rencontrent en Arabie et Fij. 8î. — cncmi [■).
dans les Indes.
L'espèce principale est le Serpent à lunettes proprement dit (2). Il présente sur son disque cervical une tache brune en forme d'une paire de lunettes.
Ce groupe renferme aussi le serpent Haje (3), qui paraît être le véritable Aspic de l'antiquité, célèbre par la luort de Cléopâtre.
Les Naïas produisent des piqûres dangereuses. La subtilité de leur venin est telle qu'il peut tuer en un instant.
Une poule mordue par un de ces animaux (qu'élevait un jongleur indien) vomit, roidit ses pattes et succomba au bout de dix minutes. Une seconde poule mordillée deux fois par le même individu mourut après huit minutes, (ftondot.)
Il y a quelques années, un gardien de la ménagerie de Reptiles, à Londres, fut blessé par un serpent de ce genre. Au bout d'une demi-heure il avait succombé. Un des phénomènes les plus remarquables qu'il offrit avant sa mort, fut une paralysie des muscles inspirateurs du thorax. (Quain.)
res pracédenl
(i) Haja Iripudlanâ Herrem IColaber Naja Linn.), tulfiireioeiil Ccifa dt ciT|ieII<>, Serftnt à eoijfr;, A'iila talttdimt.
(3) W#i Haje ScUef. {Colvber Ibije Linn.).
(*) Portion et I'«[î«bB lenimem du Balhrept Jararaca. — a, croclul. — S, aoi)
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t3i TOXICOZOAIRES A ANTENNBS-PINCES.