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LÉMURES

L’indri proprement dit a la queue très-courte; son corps est plus élancé que celui des makis et ses jambes de derrière sont fort longues. Les Malgaches le recherchent à cause de son éducabihle. Le piopithèque et l’avahi, l'un et l'autre pourvus d’une longue queue, appartiennent à la même tribu.

Les makis (fig. 281 et 282) sont très-agiles. Ils vivent par troupes ; leur voix esUme sorte de petit grognement. Il y en a de plusieurs

Fig. 282. — Crâne et dentition de Maki.

espèces, dont- quelques-unes, plus petites que les autres, offrent certaines particularités dans leur dentition et dans la forme de leur crâne, ce qui les a même fait regarder comme des genres à part.

Les galagos et les pottos ou pérodictiques sont deux genres delémures propres à l’Afrique. Les premiers se tiennent de préférence dans les grandes forêts de gommiers.

Les loris et les tarsiers habitent l’Inde et quelques-unes de ses îles.

Cqéiromys. — On a rapproché des lémures un genre fort bizarre, chez lequel les caractères principaux de ce groupe sont déjà sensiblement altérés. Il constitue une famille à part ; c’est le genre chéiromys, spécial à l’île de Madagascar.

Sa dentition rappelle celle des rongeurs, et il a de même, du moins dans l’âge adulte, une barre à L-u place occupée par les canines chez les autres quadrumanes (fig. 283).

Géograpiiik zoologiquc. — Il est remarquable que les singes, qui sont les plus parfaits des mammifères, soient soumis, sous le rapport do leur répartition géographique, à des règles aussi précises, et que leurs espèces propres à l’ancien continent diffèrent de celles de l’Amérique par des caractères justifiant la distinction parmi eux de groupes d’une valeur supérieure à celle des genres, c’est-à-dire de tribus ou sousfamilles, répondant à chacune de ces deux grandes parties du monde. Ce fait avait déjà été constaté par Buffon.

Ainsi que nous le verrons, d’autres familles ou tribus de la même

Fig. 283. — Crâne de Clieiromys.

RI AM MlFÈItES

c!asse S0”L aussi flans ce cas. Les véritables makis et, les indris ne vivent qu a Madagascar, pays singulier par ses productions zoologiques et qui, bien que voisin de l’Afrique, ne possède aucune espèce de singes. Les roussettes sont des chéiroptères communs à l’ancien continent et à la Nouvelle-Hollande, mais il n’y en a pas en Amérique. Lest au contraire dans le nouveau monde que vivent les différents genres de chauves-souris composant la famille des phyllostomidés. bes paresseux, les tatous et les fourmiliers ne se rencontrent aussi qu en Amérique ; tandis que les mangoustes, les civettes et genres analogues, les éléphants, les rhinocéros (1), les pangolins, etc., n’ont de représentants qu’en Afrique et dans l’Asie méridionale. Les marsupiaux australiens possèdent aussi des caractères propres, qui ne permettent pas de les réunir dans une môme famille avec les sarigues ou marsupiaux de l’Amérique, et c’est uniquement à la Nouvelle-Hollande que se trouvent les monotrèmes, c’est-à-dire l’ornithorhynque etl’échidné.

On constate au contraire que certaines autres familles font simultanément partie delà population animale du nouveau continent et de celles de l’Asie, de l’Afrique ou de l’Europe; quelques-unes, appartenant aux chéiroptères et aux rongeurs, ont même des- représentants sur tous les points du globe, et on peut les regarder comme étant cosmopolites. Il est vrai que pour chaque grande circonscription géographique, leurs espèces sont différentes, et qu’elles sont associées à des genres, parfois même a des tribus ou à des familles exclusivement

propres a chacune de ces circonscriptions.

C’est là ce qui a fait dire qu’il y a des centres ou plutôt des aires de population distinctes les unes des autres, et l’on constate que les espèces qui leur sont propres sont d’autant plus différentes entre elles par leurs caractères, que la distance ou les obstacles naturels qui séparent ces aires d’habitat sont à leur tour plus considérables ou existent depuis une époque plus ancienne.

Nous trouverions des différences plus grandes encore, si nous comparions les mammifères marins aux espèces terrestres, soit confinentales, soit insulaires, dont il vient d’être question.

Des exemples analogues, mais qui n’ont pas toujours le même caractère d'évidence, sont fournis par les autres classes d’animaux, que l’on envisage leurs espèces propres aux continents el aux îles qui dépendent de ces continents, ou celles qui sont particulières aux grandes régions maritimes.

L’examen de ces faits et les conséquences curieuses que l’on en tire forment une branche de l’iiisloire naturelle des mammifères, à laquelle on a donné le nom de géographie zoologique ; elle conduit, lorsqu’on étudie les autres classes, à (les remarques non moins curieuses. Une semblable étude, faite à propos des plantes, constitue la

(I) Cependant il y a ou dos éléphants on Amérique pendant l’êpoquo quaternaire, et à mie époque plus reculée des rhinocéros vivaient sur ce continent.

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