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CHÉIROPTÈRES ET INSECTIVORES

§ 1. — Ordre des Chéiroptères.

On désigne plus communément ces animaux par le nom de chauvessouris. Ils sont en général de petite dimension; cependant quelquesunes de leurs espèces deviennent assez grandes, et l’on trouve dans l’archipel indien des chéiroptères qui ont plus d’un mètre d’envergure. Ces grandes chauves-souris appartiennent à la famille des roussettes ; on mange leur chair.

Le caractère principal des mammifères de cet ordre réside dans leurs membres de devant, qui sont transformés en ailes par l’allongement des os qui les constituent, et dans laprésence entre leurs doigts antérieurs d’une membrane qui s’étend aussi sur les lianes, et le plus souvent jusqu’à la queue et aux jambes, qu'elle embrasse. Il en résulte qu'ils sont pourvus non -seulement d’un parachute comparable à celui des galéopilhôques, des écureuils volants ou des pétauristes, mais de véritables ailes à l’aide desquelles ils peuvent s’élever dans les airs et s’y mouvoir aussi aisément que les oiseaux le font avec les leurs. Ajoutons à ce caractère la position pectorale des mamelles, et une certaine ressemblance dans d’autres organes avec ce que l’on voit chez les derniers quadrumanes.

Les chéiroptères se nourrissent pour la plupart d’insectes, qu’ils prennent au vol, et sous ce rapport, ce sont des animaux utiles à l’agriculture; quelques-uns seulement vivent de fruits. Ceux-ci sont étrangers à nos pays : tels sont les roussettes et certains genres de la famille américaine des phyllostomes ou vampires, auxquels on donne le nom de sténodermes.

Presque tous ces animaux ont le cerveau lisse et ils ont peu d’intelligence.

Nous avons en Lurope plusieurs espèces de cet ordre, une quinzaine

Fig. 284. — Glossopliage.

Iules, les pipistrelles, les oreillards (fig. 226) et les myotis, dont on distingue plusieurs sortes, etc.

Le nombre des espèces de chéiroptères qui existent dans les autres parties du monde dépasse trois cents. On en connaît jusque dans

Fig. 285. — Desmode.

certaines îles de l’Océanie, qui ne possèdent aucun mammifère, par exemple à la Nouvelle-Zélande.

Plusieurs genres de chéiroptères américains sucent le sang de l’homme et celui des animaux; ce sont ceux qu’on désigne souvent par le nom de phyllostomes ou de vampires (tig. 211). Les artibées, les anoures, les phyllophores, les glossophages (fig. 284), les desmodes (fig. 285), les slénodermes, etc., sont aussi des animaux de celte famille, et ils ont les mêmes habitudes. Le système dentaire des desmodes présente une conformation très-différente de celui des autres.

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environ; elles appartiennent à différents genres, dont le plus facile à reconnaître est celui des rhinolophes (fig. 127), qui possèdent une feuille nasale. Les autres sont les sérotines, les barbastelles, les noc-

§ 11. — ordre des Insectivores.

Au lieu d’être organisés pour le vol, comme le «ont le.

Fig. 286.— Musaraigne étrusque.

aussi longs que ceux des gerbilles, genre de rongeurs > qu^“te 'll avec une extrême agilité, et les galeophiteques ont la faculté

V°Lef dents molaires des insectivores sont habituellement épineuses (fig. 58 à 60), ce qui est en rapport avec la nournluie te

ces animaux et se retrouve chez les chéiroptères dont le régime est

analogue. A .

T0US sont de dimension faible ou même petite; c est parmi eux

nue l’on observe les plus petits de tous les mammifères. De ce nombre -est la musaraigne étrusque (fig. 286), qui vit en Algérie, en Italie et dans le midi de la France. Son corps n’a que trente-cinq millimétrés, la tête comprise, et saqueue mesure vingt-cinq millimètres seulement. Des musaraignes, dont les dimensions sont également très-réduites, vivent au cap de Bonne-Espérance et dans l’Inde.

Il n’existe pas d’insectivores dans l’Amérique méridionale, si ce n’est dans l’ile de Cuba; mais les régions septentrionales du nouveau

MAM Ml F ÈRES.

monde en possèdent aussi bien que l'Asie, l'Europe et l'AMoué Ce ont, comme en Europe, des musaraignes ou genres voisins cl des animaux de la même famille que la taupe, mais ils sonl differents par

Fig. 288. — Taupe commune.

leurs espèces, quelquefois même par leurs genres, des insectivores de nos pays.

Les insectivores propres à l’Europe rentrent dans les genres hérisson, musaraigne et taupe. 11 faut y ajouter les desmans, qui

sont aquatiques et répandent une forte odeur de musc. On connaît une espèce de desman en Russie; une autre plus petite vit dans les Pyrenees ainsi qu’en Espagne (lig. 287); une troisième habile le

r.» 0,1 lon •‘encontre aussi plusieurs autres genres appartenant au meme ordre.

(*) Vue en dessous.

( ) A = patte anterieure. Il — patte postérieure.

INSECTIVORES

Les taupes (fig. 288 à 291), auxquelles ont fait une chasse assidue, sont moins nuisibles aux prairies et autres cultures qu on ne le pense, puisque, vivant d’insectes, elles s’opposent a la trop grande multiplication de ces animaux dévastateurs. Aussi quelques naturalistes ont-ils essayé leur réhabilitation, et ils proposeraient volontiers d’encourager leur multiplication ; mais on reproche avec raison aux

Fig. 291. — Galeries de la Taupe.

insectivores de ce genre de faire périr les plantes en déplaçant ou brisant leurs racines.

La conformation des taupes est des plus bizarres. Appelées à vivre presque constamment sous terre, elles ont les yeux fort petits, mais sans être privées pourcela du sens de la vue ; elles manquent d’oreilles externes ; leur museau est allongé en forme de groin, et leurs membres antérieurs, dont l’humérus (fig. 130) est court et large, constituent, de véritables rames (fig. 290, A), à l’aide desquelles elles remuent facilement la terre. Aussi les taupes construisent-elles des galeries souterraines très-étendues (fig. 291) et elles s’y meuvent avec une grande agilité.

MAMMIFÈRES

Le squelette de ces animaux (fig. 128) présente encore quelques particularités non moins remarquables, et le reste de leur organisation est aussi fort intéressant à étudier.

Les taupes passent leur vie sous terre, dans des galeries qu’elles praùquent près de la surface du sol et que décèlent de petites buttes faites avec la terre qui en provient. Chaque individu a son terrier particulier. Celui-ci se compose d’un long conduit ou boyau, à l'une des extrémités duquel est un cantonnement formé par de nombreux passages partagés en différents carrefours et que la taupe creuse chaque jour pour la recherche de ses aliments ; à l'autre extrémité sont aussi des galeries dont une lui sert de gîte. Elle n’en sort guère que deux heures le matin et deux heures le soir, pour se livrer à ses travaux dans la galerie de cantonnement. La taupe s’y meut avec vitesse,

et lorsqu’on la surprend, elle réussit habituellement à se soustraire aux poursuites dont elle est l’objet.

Des règlements prescrivent la destruction des taupes.

11 y a des gens qui exercent le métier de taupiers, et dont le talent consiste à appliquer à la capture de ces animaux quelques procédés dont ils font souvent un secret et qui leur permettent d'en opérer une grande destruction. On emploie aussi des pièges pour arriver à ce résultat, et des manuels spéciaux ont été consacrés à ce genre de chasse.

On trouve aussi des taupes au Japon et dans le nord de la Chine : elles ne sont pas de la même espèce que les nôtres.

L’animal d’Amérique qui ressemble le plus aux taupes est le scalops. Le condylure à museau étoilé s’en rapproche aussi à certains égards.

L’Afrique produit les chrysochlores, sorte de taupes très-différentes des nôtres, dont le pelage est irisé. Ces animaux se tiennent dans les régions sableuses; ils sont essentiellement fouisseurs.

Le hérisson est un animal de nos pays qui mange les insectes, les colimaçons, etc. Sous ce rapport il rend aussi des services. Sa dentition (fig. 292) est assez différente de celle des autres espèces du même

Fig. 292. — Dentition du Hérisson.

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