C A R A C T È R E S G É N É R A II X
lesquels les rapports avec le monde extérieur sont le plus varies, el leurs instincts sont supérieurs à ceux de tous les autres.
Les vertébrés de celte classe' sont généralement ovipares. Le plus souvent ils ne donnent aucun soin à leurs œufs. Ils se contentent de les placer dans des endroits appropriés à l’éclosion el les abandonnent à eux-mêmes. Dans la majorité des espèces, le mâle et la femelle ne se connaissent même pas. On cite cependant quelques poissons qui construisent de véritables nids. Les épinocbes de nos rivières sont dans ce cas (fig. -412).
Il y a des poissons qui sont ovovivipares, tels que les embiotoques, genre voisin des perches, qui habitent le golfe de Californie, les pécilies, de l’Amérique équinoxiale, quelques blennies et certains plagiostomes. Une espèce de ce dernier groupe est déjà citée comme telle par Aristote. Il avait remarqué, ce que les naturalistes modernes ont confirmé, que la vésicule ombilicale de ce poisson présente un développement spécial du système vasculaire, qui fonctionne à la manière d’un placenta. Ce plagiostome est une espèce d’émissole (genre Mustelus ); d’autres sont également ovovivipares.
Poissons électriques. — L’organisation des poissons présente une foule de particularités dont l’étude offre le plus grand intérêt sous-le double rapport de l’anatomie et de la physiologie. Une des plus curieuses est, sans contredit, la propriété que possèdent certains d'entre eux de dégager une quantité notable d’électricité, et de s’en servir pour foudroyer leurs ennemis ou arrêter la proie dont ils veulent s’emparer. Plusieurs genres de poissons appartenant à des familles fort différentes les unes des autres jouissent de l’aptitude d’être électriques.
Les torpilles, animaux voisins des raies, dont il y a des espèces sur nos côtes de la Méditerranée et sur quelques points de celles de l'Océan, principalement auprès de la Rochelle, sont de ce nombre. Leur appareil électrique consiste en une multitude de petits prismes d'une«struclure particulière, qui sont placés de chaque côté de la partie antérieure du corps et munis de nerfs provenant de la cinquième paire ainsi que du pneumogastrique. Le curare, ce poison terrible qui paralyse toute action musculaire sans anéantir la sensibilité, n’enlève pas aux torpilles leurs facultés électriques.
11 existe en Amérique des poissons produisant aussi de l’électricité. Ce sont les gymnotes, dits anguilles de Surinam, qui habitent les régions les plus chaudes du nouveau monde. Leurs décharges réunies sont assez fortes pour terrasser les chevaux qui entrent dans les immenses marécages qu’ils habitent, et, dans la chasse qu’on fait à ces quadrupèdes, on les pousse avec inLenlion dans la direction des gymnotes, afin de s’emparer d’eux plus aisément.
Les malaptérures, propres au Nil et à plusieurs autres grands neuves africains, sont des siluridés également électriques. Sur les bords du Nil, les Arabes les désignent par le nom de i'ciaschy signifiant ton-
POISSONS
nerrc ; ce qui montre qu’ils se font une juste idée de la nature élec- Inque des commotions que donnent ces poissons.
Classification des poissons. — Les espèces de celle classe ne sont pas moins nombreuses que celles des oiseaux. 11 y en a dans toutes les parties du globe, et les eaux douces ainsi que les eaux salées en nourrissent également. On les a réunies avec soin dans les collections
publiques et des ouvrages importants ont été consacrés à leur description.
Ces espèces, dont le nombre n’est pas inférieur à douze mille ont du être reparties comme celles des autres classes en genres, en familles et en ordres. Certains caractères empruntés à la nature osseuse ou cartilagineuse de leur squelette; à la conformation épineuse, c’esta-dire résistante et d’une seule pièce, ou au contraire molle, tlexible et multiarticulée, des rayons qui soutiennent leur nageoire dorsale : à la disposition des ouïes ou orifices respiratoires, qui sont simples ou multiples et garnis d’opercules ou, dans d’autres cas, dépourvus de ces moyens de protection ; à la forme des branchies ou à leur mode d insertion, ainsi qu’à quelques autres particularités non moins faciles à saisir, ont longtemps suffi aux ichthyologistes pour caractériser les groupes qu ils établissaient parmi ces animaux.
Cuvier a admis que l’on doit partager les poissons en deux sousclasses, suivant la nature osseuse ou cartilagineuse de leur squelette. La disposition des branchies, l’état épineux ou mou de la nageoire doi sale, et la position des membres abdominaux qui restent en arrière du ventre ou sont ramenés au-dessous de la gorge, lui ont ensuite permis d établir divers ordres, ce qu’Arledi avait déjà fait en partie. Le nombre total des ordres adoptés par Cuvier est de neuf: six pour les poissons osseux et trois pour les poissons cartilagineux.