‹ Éléments de zoologieChapitre 140 sur 184 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET CLASSIFICATION DES POISSONS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET CLASSIFICATION DES POISSONS

Caractères généraux. — Les poissons vivent exclusivement dans 1 eau, el ils respirent tous par des branchies; cependant il en est quelques-uns chez lesquels on trouve encore des espèces de poumons. En eflet, la vessie natatoire que présentent beaucoup d'espèces de cette classe ne saurait être considérée que comme un poumon réduit à ses parois membraneuses et affecté à des fonctions purement hydrostatiques. Chez quelques-unes, elle joue même un rôle dans la respiration, et ses parois ont une structure gaufrée qui rappelle les poumons des reptiles ou des batraciens, ce qui n’empêche pas les poissons chez lesquels on observe cette particularité d’être pourvus, comme les auties, de branchies véritables. Le caractère tiré de l’absence de poumons chez les poissons n est donc pas un caractère décisifet constant : d ailleurs, le ful-il, il ne suffirait pas pour séparer ces animaux de ceux de la classe des batraciens, avec lesquels ils ont de commun de

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

manquer de vésicule allantoïde et d’amnios pendant leur âge fœtal.

On doit cependant remarquer que la présence des branchies (fig. 82, etc.) est constante chez tous les poissons à quelque ordre qu ils appartiennent, et que dans aucun cas ces organes ne tendent a disparaître dans les vertébrés de cette classe, quelle que soit la forme que présente leur vessie natatoire. C’est donc un caractèiœ constant chez les poissons que d’être pourvus de branchies, meme lorsque leur vessie natatoire peut aussi servir à la respiration.

Cette dernière disposition, dont le lépidosirène nous a déjà montré un exemple (fig. 109), se retrouve chez les saccobranches (fig. HO et 111), ainsi que chez d’autres poissons de la famille des silures.

Les poissons se distinguent du reste des vertébrés par d’autres particularités. Leurs membres ne sont jamais disposés sous la forme de pattes ; ce sont des nageoires composées, le plus souvent, d’un nombre considérable de rayons, et qui diffèrentdes membres tels que nous les voyons chez les' vertébrés aériens. Les poissons ont en outre des nageoires impaires placées sur la ligne médiane du corps ; elles se voientau dos, à l’extrémité de la queue, et entre celle-ci et l’anus. Ces nageoires impaires sont soutenues par des rayons comparables à ceux qui forment les nageoires membrales. Dans certains cas, ces rayons sont fasciculés et multiarticulés sur leur longueur (rayons mous) ; dans d’autres, ils sont d’une seule pièce, rigides, sans articulations, et transformés en arêtes susceptibles de déterminer des piqûres souvent dangereuses (rayons épineux).

Le cœur des poissons (fig. 83, 87 et 116) répond à la partie droite de celui des mammifères. On n’y trouve qu’une oreillette et qu’un ventricule, lequel est suivi d’un bulbe artériel contractile pourvu d’un nombre variable de valvules. Les lépidosirènes, etc., sont les seuls poissons dont le cœur ait deux oreillettes (fig. 108).

Un autre caractère important est tiré de la disposition du squelette. Chez la plupart des poissons, il prend la consistance osseuse (fig. 158); chez d’autres, il reste au contraire cartilagineux (fig. 159) ou même fibreux; mais, lorsque les corps vertébraux se développent, ils sont concaves à leurs deux faces articulaires, et le crâne est en rapport avec la colonne vertébrale par une articulation simple, qui est ellemême concave comme un corps de vertèbre.

On ne peut signaler à cet égard d’autres exceptions que celles des lépisostées, qui ont les vertèbres convexes en avant et concaves en arrière, et de la fistulaire, dont le condyle occipital unique est convexe au lieu d’être excavé. Les raies et les squales, dont le squelette reste cartilagineux, ont deux condyles occipitaux comme les batraciens et les mammifères.

La bouche est en général susceptible de s’ouvrir largement pour assurer la préhension des aliments et donner accès à l’eau nécessaire à la respiration. Cette eau s’échappe par des ouvertures latérales appelées ouïes, qui sont habituellement au nombre de deux, une pour

POISSONS

chaque côté (fig. U2 et »3); toutefois, elles les plagiostomes et les cycloslomes, il y en a plusieurs paires (fig. 83, H5 et M6)

L’anus s’ouvre quelquefois à une très-faible distance delà bouche mais le canal digestif peut décrire dans la cavité abdominale un certain nombre de circonvolutions. Le plus souvent son orifice terminal est reporte plus en arrière, quoique séparé de la nageoire postérieure par une autre nageoire placée au-dessous de la queue proprSmen? dUe Les sens ont une délicatesse bien moindre que celle dont ils jouissent chez les premiers des animaux aériens. Cependant les narines pos-

sèdent un appareil knerveux bien développé, et les yeux, quoique manquant constamment de paupières, paraissent donner à ces animaux des sensations qui dirigent en grande partie leur vie de relation. Dans quelques espèces, la peau passe au-devant d’eux sans s ouvrir. Le cristallin est toujours de forme sphérique (fig. 219) L’organe de l’ouïe est réduit aux deux parties de l'oreille interne que l’on désigne par les noms de vestibule et de canaux demi-circulaires.

Il est probable qu’il perçoit plutôt des bruits que de véritables intonations (fig. 230).

Le cerveau est peu développé, et ses quatre paires de renflements sont moins différentes entre elles par leurs dimensions que chez les vertébrés des deux premières classes. Les raies et les squales sont les poissons qui ont le plus volumineux; ce sont aussi les poissons chez

Page 1