‹ Éléments de zoologieChapitre 143 sur 184 · II. Poissons caiitii.aginf.ux ou Chondroptérygicns · texte numérisé non relu

II. Poissons caiitii.aginf.ux ou Chondroptérygicns

fl, Branchies libres; une seule paire d’ouïes : 7° Sturioniens (esturgeon).

b, Branchies adhérentes par leurs bords ; plusieurs paires d’ouïes.

* Mâchoire inférieure mobile: 8" l'iagioslomes ou Sélaciens (raie, squale)

'* Mâchoires. soudées en cercle: !)’ Cycloslomes (lamproie).

CLASSIFICATION

L. Agassiz, lorsqu’il a voulu étudier plus complètement qu’on ne l’avait fait avant lui les poissons propres aux anciennes époques géologiques et les comparer avec les espèces actuellement vivantes, a eu spécialement recours aux écailles (fig. 202), ce qui l’a conduit à distinguer les poissons en quatre catégories principales.

Les écailles, des carpes et celles de la plupart des poissons rangés par Cuvier parmi les malacoptérygiens, que ces malacoptérygiens soient abdominaux, comme les carpes elles-mêmes, les brochets, les harengs ou les truites, qu’ils soient au contraire subbrachiens comme les merlans et les morues, ou bien apodes, comme les anguilles, sont formées de zones concentriques et restent à peu près circulaires. Elles ont été appelées écailles cycloïdes (fig. 202, b et c ).

Au contraire, celles des perches et de la plupart des poissons que Cuvier rangeait avec elles dans son ordre des acanthoptérygiens, à cause de la nature épineuse des rayons antérieurs de leur nageoire dorsale, ont le bord libre comme denticulé ou pectiné, ce qui constitue une seconde forme, celle des écailles cténoïdes (fig.. 202, a): les pleuronectes, ou poissons plats de l’ordre des malacoptérygiens subbrachiens, et quelques espèces de labroïdes sont aussi dans ce cas.

Les genres lépisostée et polyptère, associés à tort par Cuvier aux malacoptérygiens abdominaux, ont les écailles autrement conformées. Elles sont rhomboïdales et constituent, par leur ensemble, une sorte de cuirasse enveloppant le corps plutôt qu’une écaillure véritable. Ces écailles, en grande partie osseuses, sont recouvertes par une couche luisante comparable à l’émail des dents ; de là leur nom d’ écailles ganoïdes , qui rappelle cette apparence (fig. 202, d et d').

Chose remarquable, les poissons cycloïdes et cténoïdes, aujourd'hui si nombreux dans les mers ou les eaux douces des différentes régions du globe, sont de plus en plus rares à mesure qu’on descend dans la série des formations géologiques, et l’on cesse d’en trouver des représentants dès le milieu de la période jurassique. Au contraire, les ganoïdes, tels que nous venons de les définir, plus particulièrement ceux qui appartiennent au même groupe que le lépisostée et le polyptère, ne sont aujourd’hui représentés que par ces deux seules familles auxquelles répondent les trois genres lépisostée, polyptère et calamichthe, tandis que le nombre de leurs espèces augmente dans les faunes anciennes en même temps que celui des cténoïdes et des cycloïdes diminue. Dans les étages les plus anciens, ceux qui constituent, par exemple, les dépôts jurassiques et paléozoïques, ces ganoïdes sont aussi nombreux en espèces que variés dans leurs formes génériques. On en distingue même de plusieurs familles particulières.

Une quatrième sorte de productions cutanées caractéristiques des poissons es celle des boucles : ce seul des plaques ou pE des bulbes ayant leur enveloppe solidiliée, comme on en voit à In peau

des raies et des squales. Ces productions oui reçu le nom dVcLfcs placoides (fig. 202, e, e\ e "). ecaïues

POISSONS

Elles on! une forme très-différente de celle des écailles cycloïdes et cténoïdes, ainsi que de celle des écailles ganoïdes. La peau des requins et autres squales doit à leur présence le caractère rugueux qui la distingue et qui la fait employer comme chagrin ou galuchat; c’est également à cause de ce caractère que certaines raies ont reçu l’épithète de raies bouclées. 11 y a des poissons placoïdes dans toute la série des formations fossilifères: leur groupe a donc apparu très-anciennement; mais au lieu de diminuer en espèces comme celui des ganoïdes, il a remplacé, par des espèces plus parfaites et plus nombreuses, celles qu’il a successivement perdues. Les raies et les squales, si variés dans leurs formes, sont les représentants actuels les plus connus de cette importante catégorie de poissons ; on doit aussi y rapporter les chimères.

Dans ces derniers temps on a encore indiqué comme pouvant fournir des documents utiles à la distribution naturelle de la classe qui nous occupe quelques particularités de la structure anatomique de ces animaux, qui méritent en effet d’être prises en considération: telles sont principalement la disposition des valvules du bulbe artériel (fig. 87) et la forme spirale ou non de l’intestin. J. Müller a insisté sur la nécessité d’attribuer une valeur considérable, à ces derniers caractères.

Ainsi, sans être aujourd’hui définitivement arrêtée, la classification des poissons a fait de rapides progrès, et elle est déjà loin du point où l’avaient portée les efforts successifs d’Artedi, de Linné, de Lacépède, de Duméril et de G. Cuvier. *

Nous admettrons six ordres de poissons :

1° Les Ganoïdes,' qui sont osseux ou cartilagineux, ont le bulbe aortique pourvu de nombreuses valvules, possèdent un intestin spiral. n’ont qu’une seule paire d’ouïes, mais ont le corps protégé par des écailles osseuses souvent recouvertes d’une couche d’émail. La forme de leur queue est également différente de celle des poissons ordinaires par l’inégalité de ses deux lobes (queue hétérocerque). Nous parlerons de ces poissons sous les noms de Rhombifères , d Amiades et de Sturioniens.

2° Les Dipnés, qui ont des poumons et des branchies; leur corde dorsale est persistante et leur intestin spiral.

3U Les Téléostéens ou poissons osseux,- à branchies le plus souvent pectinées, et n’ayant qu’une seule paire d’ouïes. Les Squamodennes en constituent un premier sous-ordre. Ils ont les écailles de forme ordinaire, que ces écailles soient cténoïdes ou cycloïdes. Leur bulbe artériel a deux valvules principales (fig. 87, a).

Les Ostéodermes , dont les caractères principaux offrent la même disposition que ceux des squamodennes, mais qui ont la peau habituellement endurcie par (les pièces osseuses, forment la seconde division de cet ordre. Ils ont d’ailleurs le squelette osseux, et leur intestin ifesl pas non plus de forme spirale.

4° Les Plagiostomes ou Placoïdes, qui joignent à plusieurs caractères importants, tels que des valvules multiples (fig. 87, b) et un in-

PRINCIPAUX GROUPES

testin spiral, d’avoir le corps garni de boucles endurcies, ont le squelette cartilagineux et possèdent plusieurs paires d’ouïes; en outre,

leur queue est de forme hétérocerque.

Peut-être devraient-ils, à cause de la supériorité de leur structure

anatomique, être classés avant tous les autres poissons.

5° Les Cyclostomes, dont les lamproies constituent le gemo e p u> connu. Ils ont plusieurs paires d’ouïes, et forment par 1 ensemble de leurs caractères un type inférieur par sa structure à tous ceux qui précèdent; leurs branchies ont l’apparence de sacs; leur bouche est entourée d'un disque circulaire, et leur squelette est cartilagineux ou même en partie fibreux.

6'’ Les Leptocaudes, qui sont les moins parfaits de tous les poissons. Les branchiostomes ou amphioxes (fig. 177 et 426), auxquels est venu dernièrement s’ajouter le genre épigonichtliys, méritent d être considérés comme constituant un ordre à part, bien qu ils se î attachent aux cyclostomes par plusieurs caractères d’une grande valeur. Le nom de Leptocardes , qui veut dire privé de cœur, vient de ce que leur centre circulatoire est un simple point pulsatile et non un cœui véritable formé d’une oreillette et d’un ventricule, comme cela a lieu pour les ordres précédents.

Page 1