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DESCRIPTION DBS PRINCIPAUX GROUPES DE LA CLASSÉ DES POISSONS

§ I. — Ordre des Cinnoïdes.

Il a été dit plus haut que les genres lépisostée et polyptère, placés par Cuvier à la suite des malacoptérygiens abdominaux, à cause de la position de leurs nageoires paires répondant aux membres pelviens, différaient des autres poissons par leurs écailles à la fois osseuses et recouvertes d’émail. A ces deux genres est venu s’ajouter celui des calamichthes, récemment découvert au Vieux-Calabar (côte occidentale d’Afrique). On doit en rapprocher les amies qui sont américains, et les esturgeons, souvent classés parmi les chondroptérygiens.

Les ganoïdes ont le bulbe artériel pourvu de valvules multiples placées sur deux rangs, et leur intestin est disposé spiralement. Quelques autres particularités, non moins importantes que celles-là, montrent aussi qu’on les laisserait à tort parmi les poissons squamodermes. Force est donc de les en séparer, et d’en faire un groupe à part. C’est ce qu’a admis Agassiz lorsqu’il a donné à ces animaux le nom de Ganoïdes; mais il ne faut point leur associer, comme le proposait ce naturaliste, les ostéodermes, dont nous parlerons plus loin.

POISSONS

I1 Hliombifèi'CM.

Un premier sous-ordre de ganoïdes comprend les rhombifères [genres lepisostee, polyptère (fig. 114 et 414) et calamichthe], cités

StŒ! & ajouter un nombre considérable de poissons r ® " p\ “ °Ul P10fres aux formations secondaires et paléozoïques.

. , °nt/preçu leNs noms de Lepidotm, Sphærodus , Palœoniscus

Ambhjpterus (fig. 413), Pycnodus, Gyrodus , etc.

Par une exception singulière, la colonne vertébrale de plusieurs de ces anciennes espèces ne s’ossifiait que dans ses parties apophysaires et les corps vertébraux ne s’y développaient pas, l’axe des vertèbres restant celluleux et sous la forme indivise qui caractérise la corde dorsale chez les embryons des espèces propres à l’ordre des poissons osseux ordinaires. Ce caractère les laissait dans une condition évidente d’infériorité par rapport aux animaux du même ordre qui leur ont succédé.

*° Amimie*.

Leurs représentants actuels sont les amies (A»iïa), et ils comprennent un assez grand nombre de genres éteints.

3° Hlurioiiien*.

On trouve en partie les caractères des rhombifères et des amiades chez les slurioniens (esturgeons, scaphyrhynques et spatulaires), que

^PRINCIPAUX GROUPES

l’on peut regarder comme constituant un troisième sous-ordre des

ganoïdes. ,

Les esturgeons sont surtout nombreux dans les fleuves qui versent

à la mer Noire; il y en a également en Amérique.

Les sturioniens, qu’on prend aussi à la mer, atteignent en général une grande taille; leur chair est fort estimée; leur vessie natatoire donne une colle de poisson (ichlhyocolle) de première qualité, et Ion fait avec leurs œufs du caviar , aliment très-usité en Russie et dans certaines parties de l’Allemagne.

§ II. — Ordre des Oïpnés.

Ainsi que nous l’avons vu précédemment, les batraciens pérennibranches établissent une sorte de transition de la division des vertébrés à laquelle ils appartiennent vers les poissons, et il y a des

Fig. 41G. — Lépidosirène.

animaux de cette dernière classe qui, comme eux, ont à la fois des poumons et des branchies (fig. 108 et 109). Aussi, lorsque, en 1837, les naturalistes connurent l’animal du Brésil auquel on a donné le nom de lépidosirène (fig. 416), fut-il pendant quelque temps impossible de décider si ce singulier vertébré devait être classé parmi les batraciens, ou si c’était un poisson véritable.

Les dipnés ont plusieurs valvules au bulbe artériel; leur cœur a deux oreillettes (fig. 84), et leurs narines communiquent avec l'arrièrebouche. A ces caractères qui les rattachent aux batraciens, il faut ajouter qu’ils ont le condyle occipital unique comme les poissons, que leur colonne vertébrale reste à l’état de corde dorsale, que leurs nageoires impaires sont soutenues par des rayons squelettiques, et que leur intestin. est. spiral.

Le genre lépidosirène (fig. 416) et ceux des protoptères et des

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néocératodus ((Ig. «7) possèdent à la fois des poumons et des branchies. Le corps des protoptères a quelque chose de celui des anguiUes; ils présentent de même une nageoire dorsale et une ventrale* mais leurs membres se .réduisent à deux paires d’appendices nui ressemblent plutôtà des tentacules qu a des pattes ou à des nageoires et la structure intérieure de leur corps n’est pas moins bizarre.

Les lépidosirènes ne se rencontrent que dans l’Amérique équatoriale; c’est en Gambie que vivent les protoptères.

Le troisième genre a été récemment découvert en Australie, dans

Fig. 417. — Néocératodus d’Australie (*).

la province de Victoria; ses caractères paraissent très-analogues, sinon identiques, à ceux des cératodus qui sont fossiles dans les terrains du trias; nous l’appellerons néocératodus.

§ III. — Ordre «le» Tél«*o»técns.

Ce nom rappelle le caractère essentiellement osseux des genres auxquels il s’étend, et dont il existe deux catégories principales : les

(*) L’animal entier; — son squelette; — crâne, vu en dessus et en dessous; — cœur dont le bulbe artériel a clé ouvert.

PRINCIPAUX GROUPAS.*

squamodermes et les ostéodermes. Dans 1 une de ces divisions comme dans l’autre, les branchies sont habituellement pecliniformes et elles sont protégées par des opercules; il n’y a qu une paire d ouies ; la valvulve précédant le bulbe aortique est comparable à la valvule qui se rencontre entre le ventricule droit et 1 artère pulmonaire des \eitébrés supérieurs ; en outre, l’intestin n est pas de forme spiiale.

1° gquamodwmcs.

Les premiers léléostéens ont les écailles de forme ordinaire, soit cténoïdes, soit cycloïdes.

Les acanthoptérygiens de Cuvier, poissons a rayons dorsaux épineux; ses malacoptérygiens de toutes sortes, c’est-à-dire les poissons chez lesquels ces rayons sont mous et multiarticulés, peuvent être réunis dans une même division principale, sous ce nom de squamodermes. Ce sont de tous les poissons ceux dont l’aspect nous est le mieux connu; ils ont pour caractères principaux d’avoir les bran-

Fig. 418. — Perche.

chies en forme de peignes (fig. 94), l’intestin non spiral (fig. 71 et 72), et le bulbe artériel pourvu de deux valvules seulement (fig. 87 A), ce qui rappelle, comme il vient d’être dit, les valvules ventriculoartérielles du cœur des vertébrés supérieurs.

On peut distinguer comme tribus, parmi les poissons osseux de ce premier sous-ordre, les Acanthoptérygiens , ainsi que les Malacoptérygiens., ceux-ci partagés en subbrachiens , apodes et abdominaux.

1° Les Acanthoptérygiens, ou téléostéens à nageoire dorsale épineuse, sont les perches tluviatiles (fig. 418), les perches de mer, aussi appelées bars ou loups, les vives, les serrans, les trigles, lesépinoches (fig. 4f2), les maigres ou sciènes, les spares, les daurades, les chétodons, les maquereaux, les thons (fig. 419), les blennies, les labres, et les baudroies ou diables de mer.

Sauf la perche commune, la gremille, le chabot et quelques épinoches, ces poissons vivent tous dans nos eaux marines.

POISSONS

Le nombre des espèces alimentaires propres aux eaux salées que celle même tribu de poissons nous fournit est donc fort considérable, et plusieurs, comme les maquereaux, les thons, etc., sont l’objet d'une pèche importante.

I ai mi les especes utiles qui appartiennent aussi au crouDe des

naire de la Chine, qui a été acclimaté à Maurice et à Bourbon. Le transport de cette espèce en France a été essayé plusieurs fois, et dernièrement un habile pisciculteur de Paris en a obtenu la reproduction. Comme le Gourami a besoin d’une température supérieure à la

nôtre, il réussirait sans doute plus aisément en Algérie, dans les lies de la Polynésie, et partout où le climat se prête mieux à ses besoins que celui de l’Europe.

2° Les Malacoptérygiens sübbraciiiens sont ainsi nommés parce qu'ils ont la nageoire dorsale de nature molle, et que leurs ventrales sont placées sous les pectorales, par conséquent subbrachiennes. On y distingue des poissons à écailles cténoïdes, tels que les pleuronectes ou poissons plats, si recherchés comme aliments (sole, turbot, barbue, carrelet, flot, limande, etc.). Ces poissons ont les deux côtés du corps inégaux, I un décoloré cl plat, qui devient inférieur, l’autre

Fig. 419. — Thon.

Fig. 420. — Gourami ■

PRINCIPAUX GROUPES

légèrement convexe, qui semble être le dos; ce dernier porte les deux yeux. Cette déviation u’existe pas encore chez l’embryon.

D’autres subbrachiens ont les écailles cycloïdes. Ceux-ci sont les gades, dont la principale espèce est la morue (fig. 421), objet d une pèche extrêmement importante dans les parages de Terre-Neuve et sur les. côtes de l’Islande. Sur noire littoral les morues sont plus rares ; elles reçoivent le nom de cabéliaux.

Le merlan, l’aiglefin et d’autres espèces marines appartiennent aussi

Fie. 421. — Morue.

à la famille des gades ; la lotte, qui habite les eaux douces, est également un poisson de cette catégorie.

L’échénéis ou rémora s’en rapproche à quelques égards.

3° Les Malacoptérygiens apodes. Ils diffèrent surtout des gades par l’absence de nageoires abdominales. Ce sont les congres ou anguilles de mer, les anguilles ordinaires, les gymnotes ou anguilles électriques, et quelques autres.

Les anguilles ne frayent qu’à la mer, encore ignore-t-on dans quelles conditions. Chaque année, des légions innombrables de leurs jeunes, incolores et si minces qu’on les a comparés à des fds, entrent dans les embouchures des rivières. Elles vont s’établir au loin pour s’y développer. On connaît cet alevin d’anguilles sous le nom de montée. En le plaçant avec quelque précaution dans des paniers au milieu d'herbes et de mousses humides, il est aisé de l’expédier à de grandes distances pour empoissonner les étangs ou les pièces d’eau.

4° Les Malacoptérygiens abdominaux, ainsi appelés de ce que leurs nageoires ventrales sont placées au delà de l’abdomen, et par conséquent bien en arrière des pectorales, forment la quatrième division des poissons squamodermes.

Ils sont presque aussi nombreux en espèces que les acanthoptérygiens; mais, à l’encontre de ces derniers, ils vivent pour la plupart dans les rivières ou dans les étangs d’eau douce.

C’est à cette division qu’appartiennent les cyprinidés, dont le nom rappelle celui de lacarpè (genre Cyprinus). Ils comprennent, entre autres genres, les brèmes, les barbeaux, les tanches, les goujons, les ablettes, ainsi que beaucoup d autres compris sous le nom vulgaire de poissons blancs. Il faut y ajouter les poissons rouges, ou cyprins dorés,

POISSONS

importés de Chine au dernier siècle, qui sont maintenant complètement acclimatés en Europe.

Les cyprinidés constituent les espèces omnivores de la grande division des malacoptérygiens abdominaux; les brochets et les salmones en sont les carnassiers. Ces derniers comptent parmi les poissons les plus destructeurs.

Les salmones, dont le saumon est l’espèce la plus utile à l’alimentation de l’homme, comprennent aussi les truites, les ombres cheva-

Fig. 422. — Truite saumonée.

liers, les féras et les éperlans. Ces poissons pondent des œufs (fig. 238) en général plus gros que ceux des autres squamodermes, et qu’on peut faire éclore dans des appareils à l’entretien desquels suffit un simple filet d’eau courante. C’est sur cette pratique que reposent les grands essais de pisciculture entrepris il y a quelques années sous

Fig. 423.

la direction de M. Coste, et dont l’établissement d’Huningue, dans le Haut-Rhin, était le centre.

On expédiait chaque année d’Huningue des millions d'œufs de saumon, de truite, etc., fécondés artificiellement. Ils étaient placés dans des boites et entourés de mousse humide. A l’arrivée, on les mettait sur des appareils analogues à celui qui est représenté ici (fig. i23

PRINCIPAUX. CROUPES

et 4*4) C’est ainsi qu’il m’a été possible de faire éclore plus de cent mille saumons ou truites, que j’ai ensuite versés durant les années 18o7 à 1865 dans l'Hérault et dans les autres rivières du depaitemenl de ce nom, où ils se sont en partie développés, comme le prouvent es captures que l’on a continué à en faire de temps en temps. De,.sem-

Fig. 424.

blables essais ont été entrepris dans un -grand nombre d autres localités, et ils se poursuivent encore sur divers points.

L’acclimatation du saumon, espèce si commune dans les rivières qui versent leurs eaux dans l’océan Atlantique septentrional, a pu de la sorte être tentée, non-seulement dans les fleuves qui se rendent à la Méditerranée, mais aussi en Tasmanie (Australie), où 1 on a réussi à transporter des œufs de ce poisson en les conservant dans de la glace, pour en retarder l’éclosion pendant la traversée.

Le saumon et les truites saumonées doivent le caractère qui dis-

Fig. 425. — Alose.

lingue leur chair à une matière grasse particulière (acide salmonique) qui se trouve mélangée dans leurs muscles à de l’acide oléophosphorique. A l’époque de la ponte, une quantité considérable de ce principe est mise en œuvre pour la formation desœùfs,qui en prennent la teinte, tandis que la chair du poisson se décolore notablement et perd en grande partie sa saveur.

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Les salmones se reconnaissent à la présence sur le dessus de leur queue d une petite nageoire sans rayons, à laquelle on donne le nom d adipeuse.

Une autre famille fort utile de raalacoptérygiens abdominaux est celle des dupes, dont font partie les aloses (fig. 425), les harengs, les sardines, les anchois.

Les aloses ne vivent dans la mer que pendant une partie de l’année Chaque printemps elles remontent les neuves par bandes nombreuses et deviennent pour les riverains une précieuse ressource alimentaire. U s’en prend dans les rivières qui portent leurs eaux à l’océan Atlan- I i que et dans la mer du Nord, ainsi que dans celles qui versent à la Méditerranée. Aux Etats-Unis, on a réussi à en faire des éducations artificielles, comme nous le pratiquons en France pour les saumons et les truites.

Le haieng est un poisson exclusivement propre aux eaux salées, qui se montre chaque année par bancs immenses sur les côtes de l'Europe septenti ionale, et s étend jusque dans la Manche, où il apparaît en hiver.

On le mange frais et 1 on en fume, ou 1 on en sale une grande quantité ; il devient ainsi l’objet de transactions importantes. Des Hottes entières se livrent a cette pêche qui fournit à l’alimentation publique une denrée non riioins utile que la morue. Le commerce en porte de même sur presque tous, les points du globe.

On a aussi attribué à la division des malacoptérygiens abdominaux les Siluridks (silures, loricaires et malaptérures), poissons ayant des foi mes très -différentes de celles des autres, et qui vivent principalement dans les eaux douces des pays méridionaux, en Afrique, en Asie, dans l’Amérique et en Australie.

Le salut h ou wels {Silurus glanis ), de la région du Rhin, en est le seul représentant européen.

Les siluridés, quoique abdominaux comme les poissons précédents, mériteraient sans doute d être sépares de ces derniers pour former une tribu à part. Ils ne sont pas réellement squamodermes ; leur squelette présente plusieurs particularités qui ne se retrouvent pas chez les abdominaux véritables, et leur peau est en partie recouverte par des plaques osseuses.

U y en a de formes très-bizarres. Quelques-uns ont la vessie natatoire transformée en poumons; c’est en particulier le cas des saccobranches (fig. 1 10 et 111).

I” OM(<‘o<lcrniCM.

Ce souscordre résulte de la réunion desPleclognathes et desLophobranches de Cuvier. Au lieu d’être revêtus d érailles comme ceux qui précèdent, les poissons ostéodermes ont la peau ossifiée et leur corps est souvent renfermé dans une sorte de boite ou carapace osseuse.

PRINCIPAUX GROUPES

D’ailleurs, leur squelette et les principales particularités de leur cœur ainsi que de leurs intestins ne les éloignent que médiocrement des squamodermes. Leur queue est également homocerque. Mais ils ont souvent des formes très-singulières. Ces poissons ne sont d aucune utilité réelle à l’homme ; la chair de quelques-uns est même vénéneuse.

Ceux que Cuvier appelait Plectognathcs sont les diodons ou hérissons de mer, les tétrodons, les triodons, les moles ou poissons-lunes, les batistes et les coffres.

Ses Lop/iobranc/ics sont les pégases, les hippocampes ou chevaux marins (fig. 426), et les syngnathes. Ils ont pour principal caractère d avoir les branchies en forme de houppes.

§ IV. — Ordre «les Plagiostomes.

Les raies et les squales, réunis depuis longtemps et nommés en commun Plagiostomes ou placoïdes, et les holocéphales, vulgairement appe- . lés chimères, qui s’en rapprochent à tant d’égards, semblent supérieurs aux autres poissons par la disposition de leur système nerveux et par celle de diverses parties importantes de leur organisme. Ils ont aussi le bulbe artériel garni de nombreuses valvules (fig. 87, b), et leur intestin est également disposé en spirale (fig. 36); mais leurs branchies sont fixes (fig. 116), et leur peau se distingue par la présence de ces petits organes, à certains égards comparables aux dents, auxquels nous avons donné le nom de bondes (fig. 202). C’est ce dernier caractère qui les a fait appeler poissons placoïdes. Leur nom de plagiostomes est tiré de la position de leur bouche, élargie et inférieure à la tête, au lieu d’être terminale.

Les plagiostomes sont essentiellement marins. On en connaît un nombre assez considérable d’espèces, dont quelques-unes, comme les requins, sont fort redoutées à cause de leur férocité ; ils ont aussi fourni des espèces aux anciennes mers du globe.

Les requins sont des plagiostomes célèbres par leurs appétits carnassiers; quelques-unes de leurs espèces atteignent une grande taille, et l’époque tertiaire moyenne en a nourri une plus grande encore; c’est le Carcharodon megnlodon, dont on trouve les dents fossiles dans les terrains de molasse et dans les faluns.

Beaucoup de plagiostomes fournissent une chair susceptible d’être mangée sans inconvénient ou qui est même agréable au goût ; chaque

Fig. 426. — Hippocampe.

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jour on voit plusieurs espèces de ce groupe de poissons sur les marc liés de nos grandes villes. Les raies sont préférées à tous les autres plagiostomes ; mais divers genres de squales, tels que les lamies, les aiguillais et les roussettes, fournissent au?si un bon aliment.

§ V. — Ordre de» CycloNtomc».

Une -autre grande division des poissons est celle des cyclostomes, ainsi nommés de la ventouse circulaire dont leur bouche est entourée. Ces animaux ont le corps allongé et de forme cylindrique, plutôt comparable à celui des vers qu’à celui des autres vertébrés. On ne leur voit aucune trace de nageoires paires comparables aux membres des poissons ordinaires, mais seulement deux nageoires dorsales et une caudale. Presque tous leurs organes semblent être dans un état de dégradation si on les compare à ceux des autres poissons, et tandis que les plagiostomes peuvent disputer le premier rang aux poissons squamodermes ou aux ganoïdes, les cyclostomes doivent au contraire être placésaprès tous les autres animaux de la même classe; les branchiostomes seuls leur sont inférieurs.

Leur peau est nue et visqueuse; elle passe au devant des yeux sans y former d’ouvertures, et ces organes peuvent être tout à fait rudimentaires. Leurs oreilles sont encore plus simples que celles des poissons qui précèdent. Leurs branchies occupent des cavités en forme de sacs, et l’eau en sort par sept paires d’orifices latéraux ouverts sur les côtés de la partie antérieure du corps (fig. 83). Le squelette est en grande partie fibreux.

Les cyclostomes ont l’intestin disposé en spirale, comme les poissons de l’ordre précédent. Ils se nourrissent principalement de substances animales; leur ventouse leur sert à se fixer sur les êtres dont ils sucent le sang ou mangent la chair. Ils recherchent aussi les viandes en putréfaction, et on a recours à ces substances pour les pêcher.

Leur principal genre est celui des lamproies, dont une espèce, plus grande que les autres, vit dans l’Océan et dans la Méditerranée ; elle remonte aussi dans nos rivières. C’est la grande lamproie (fig. 115).

Les ammocèles, dont on faisait, il y a peu d’années, un genre à part, sont regardés maintenant comme constituant le premier âge des lamproies.

§ VI. — Ordre de» I.eplornrde*.

Après les poissons dont il vient d’être question, il ne nous reste plus, pour clore la liste des animaux de la même classe et celle des vertébrés envisagés dans leur ensemble, qu’à citer les Branchiostomes, ou Amphioxes, qui se rattachent aux cyclostomes par plusieurs de leurs caractères principaux.

PRINCIPAUX GROUPES

Les branchiostomes (genre Branchiostoma ou Amphioxus ) ont été décrits sous le nom de Limax lanceolata par Pallas, mais ce sont bien des vertébrés. Seulement ils ont le squelette fibreux, et, ce qui d’ailleurs a également lieu chez certains poissons du groupes précédent, leur axe rachidien reste à l’état de corde dorsale.

Leur système nerveux (fig. 177) est aussi fort dégradé, et la partie encéphalique s’y distingue à peine de la moelle épinière.

En outre, ils n’ont pas de cœur, mais simplement un point pulsatile placé là où se trouve le cœur des autres poissons, ce qui leur a valu le nom de leptocardes, signifiant qu’ils manquent de cœur proprement dit ; en plusieurs autres endroits du système vasculaire existent aussi de pareils centres d’impulsion; le point pulsatile principal est placé entre les veines caves et l’artère branchiale. Le sang reste incolore.

Certaines analogies que le branchiostome présente avec les ascidies, animaux mollusques de la classe des tuniciers, dont nous parlerons

Fig. 427.— Branclüoslome (*).

plus loin, ont fait admettre par plusieurs savants que ce poisson, si inférieur aux autres par son organisation, est voisin de ces mollusques, et qu’il constitue une transition entre eux et les vertébrés ordinaires, interprétation hasardée qui a donné lieu à de nombreuse* discussions dont nous n’avons pas à nous occuper en ce moment. Bornons-nous à rappeler que les leptocardes sont les moins parfaits de tous les vertébrés, et qu’ils représentent la forme la plus rudimentaire à laquelle s’arrête l’organisme chez les espèces de ce grand embranchement.

Leur étude présente, sous ce rapport, un intérêt spécial pour l’anatomie et la physiologie comparées ; c’est pourquoi les naturalistes se sont appliqués d’une manière tout à fait attentive à en faire connaître les principales particularités (fig. 177 et 427). A Al y ,

Le mode de développement des branchiostomes est tout aussi singulier, surtout si l’on tient compte des analogies qu’il présente de son côté avec celui des ascidies.

(*) La transparence du corps permet de voiries différents organes, savoir en allant d„ dos au ventre : la peau, les muscles, les arcs neuraux du système vertébral, le système nerveux encep ha o-raclnd.en (.su, de la fig. 177) donnant naissance à différents nerfs la corde dorsale (cl), le tube d.gcsltf précédé du sac respiratoire ainsi m,c de a cavi é buccale cl, autour de celte dernière, les tentaiules buccaux. Sous le ventre vrn e jutltcu du corps, est le pore ventral, et eu avant de, muscle» inférieurs de la queue

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