‹ Éléments de zoologieChapitre 170 sur 184 · PO L Y I> ES · texte numérisé non relu

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cas des filaments de formes diverses, et l’on y observe aussi des or-

ganes spéciaux de sensibilité (yeux et oreilles). Sur le dessus de leur corps se voit une rosace constituée par l’appareil reproducteur, mâle ou femelle, suivant les individus.

On a cru longtemps que ces animaux formaient des espèces à part, distinctes de toutes celles qu’on avait classées parmi les polypes. C’est ainsi que les considérait Rondelet, savant naturaliste de Montpellier, qui a publié vers le milieu du xvi* siècle un ouvrage rempli de faits curieux relatifs aux animaux marins; c’est aussi l’opinion qu’en avaient conservée Cuvier et de Blainville.

Mais des observations plus récentes ont montré que les méduses naissent de certains polypes décrits d’abord comme des polypes ordinaires sous les noms de campanulaires (fig. 570), de tubulaires et de corynes.

Si l’on met un de ces polypes dans un aquarium, on ne tarde pas à voir apparaître des méduses, celles-ci n’étant autre chose que les capitules qui couronnent les rameaux

Kiu. 570. — Campanulaire.

de ces polypes détachés, de-

( ) a, Scyphislome ; b, id., en partie segmenté; - c, Strobile, dont les articles ont commencé & se séparer ; - d, un de ces articles constituant la première phase médusaire de la forme dite Médusa aurita (genre Aurélie); vu de profil; - d', id., vu en dessous.

ANIMAUX RAYONNÉS

venus libres et parvenus à leur phase reproductrice (fig. 57t, c).

Qu’on se représente les fleurs des végétaux se séparant des parties vertes au moment de la fécondation, comme cela a d’ailleurs lieu poulies fleurs mâles des vallisnéries, qui sont des plantes aquatiques propres au midi de l’Europe, et l’on aura une idée exacte du mode suivant lequel les méduses prennent naissance. La partie sédentaire des polypes dont elles se détachent pour aller au loin produire des œufs continue à s’accroître par bourgeonnement, ou, comme on ditaujour-

Fig. 571. — Synconjne (*).

d’hui, par génération agame, absolument comme le font les rameaux feuillés des plantes, c’est-à-dire les parties de ces dernières issues des bourgeons ordinaires. Les méduses, ou individus libres et pourvus de sexes, naissent au contraire de la même manière que les boutons à fleur, et sont destinées au même rôle que les fleurs ellesmêmes. Ce sont en effet les individus sexués de la colonie dont elles font partie.

Les polypes (fig. 569), d’apparence hydrairc, que Sars, savant naturaliste suédois, a d’abord décrits sous le nom de Scyphistome , et qui, dans leur deuxième âge, constituent ce qu’il avait également pris pour un genre à part, appelé par lui Strobile , ne sont, ainsi que des recherches nouvelles le lui ont démontré, que des phases successives (*)

(*) «, une colonie de polypes de ce genre; — l>, groupe d'individus tirés de cetlccolonie et grossis; — c. une méduse qui s'en est détachée; — rf, partie terminale de l'un de ses bras, très-grossie.

POLYPES

d'une méduse (Médusa aurita ), type du genre aurélie (fig. 5G9 et 572). Les capitules des campanulaires se détachent du polypier de ces animaux pour former des méduses d’un genre différent, celui des aurélies (tig. 572), et la formation de corps reproducteurs de celle sorte n’est pas moins évidente chez beaucoup d’autres. Leur état médusaire répond à des genres décrits depuis longtemps sous des noms particuliers.

On connaît des méduses de formes très-différentes les unes des autres et dont on a même fait plusieurs groupes. Celles de nos côtes

rentrent dans les genres aurélie (fig. 572), pélagie, cyanée, chrysoare, rhizostome (fig. 573), etc.

Le cordylophore (fig. 574) est un polype voisin des corynes et des Syncorynes (fig. 571), mais qui vit dans les eaux douces; arrivé à la phase sexuée il ne fournit pas de méduses et ressemble sous ce rapport aux hydres. Ce polype s’observe en France el dans d’autres parties de l’Europe; on l’a également signalé aux États-Unis.

L’histoire des Siphonopkores n’est pas moins curieuse. Ces animaux, que Cuvier appelait des acalèphes hydrostatiques, flottent en pleine mer comme les méduses, mais ils ont une forme bien différente. Ce. s°nl (Ies espèces de guirlandes comparables aux passementeries les plus délicates ; on les dirait faits avec du cristal et des pierreries asso-

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ciés sous les formes les plus élégantes. Dans certains parages, on les voit, par les temps de calme, flotter à la surface de la mer. Les eaux du golfe de Villefranche, près de Nice, en possèdent des espèces fort curieuses, appartenant à plusieurs genres.

Ce ne sont plus, comme les méduses, des animaux isolés; ils forment au contraire de véritables colonies, et l'on a reconnu que chacune de ces guirlandes animées se compose d’individus de plusieurs sortes. Les uns, placés à la tôle de l’association, sont destinés à lui

Fig. 573. — Méduse du genre Rliisostome.

servir de flotteurs : leur forme est vésiculaire. Les autres, munis d’organes urticants, semblent préposés à la défense générale. D’autres encore sont chargés de nourrir la communauté, et il en est dont la fonction uniquement est de produire les œufs ou d’en assurer la fécondation.

De ces œufs vont naître de nouvelles associations, dans lesquelles les diverses sortes d’individus qui viennent d’être énumérés apparaîtront par bourgeonnement en arrière des individus vésiculifères fonctionnant comme flotteurs.

POLYPES

Les physalies (fig. 576), les vélelles (fig. 575), les porpites (fig. 577), les stéphanomies, les prayas (fig. 578), les physophores (fig. 579) et

les dipliyes (fig. 580) sont les principaux genres de cette classe de polypes.

Les béroés (fig. 581 et 582) se rapprochent aussi très-notablement des physophores, et on les classe en général parmi lesacalèphes. C’est aussi à ce groupe de radiaires que l’on rapporte les callianires, les cestes, etc., malgré la symétrie binaire de leur forme extérieure.

Mais nous devons nous contenter de citer ici ces animaux, sans entrer à leur égard dans aucun détail étendu.

Classification des Polypes. — 11 résulte des données précédentes qu’il y a plusieurs catégories bien distinctes de polypes.

I. — Une première répond à peu près à -la classe des Acalèphes de Cuvier, et comprend les Cténophores, les Siphonophores , les Polypoméduses, les Sertulaires et les Hydres.

1° Les Cténophores sont des acalèphes vivant isolément, dont le corps est garni à l’extérieur de plusieurs rangées de cils disposés verticalement; leur apparence générale et quelques-uns de leurs caractères principaux les rattachent à certains tuniciers pélagiens au nombre

i*) a , une colonie de polypes de cette espèce; — b, quelques individus grossis; — c et (/, appareil mâle; — e, e’,f,g et h, phases diverses du développement des œufs.

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desquels nous avons déjà cité les barillets, efc-à d’aulres égards aux

échinides. Ce sont les cestes, eallianires, béroés, etc. (fig. 58i et 582)

2° Les Siphonophores forment des colonies composées d’individus de plusieurs sortes, et sont flottants au sein des mers. Exemple: les

POLYPES

physalies (fig. 576), les vélelles (lig. 575), les porpites (fig. 577), les prayas (fig. 578) cl les phÿsophores (fig. 579).

3» Les P olypo -méduses sont d’abord fixés et rameux. Sous cet élat, ils constituent les animaux auxquels on a donné les noms de campanulaires (lig. 570), de syncorynes (fig. 571), de corynes, etc., lesquels donnent ensuite naissance par génération agame aux méduses, phase durant laquelle ils sont pourvus de sexes, et se détachent des colonies

Fig. 578. — P raya. .

au sein desquelles ils ont pris naissance, pour nager librement. Il existe des formes très-différentes parmi ces méduses ; on en a fait des genres assez nombreux dont nous avons cité les principaux, mais il est encore impossible de les rattacher exactement pour la plupart aux polypes campanuliformes qui les fournissent.

4° Les Sertulaires sont d’autres polypes qui paraissent conserver la forme de polypes rameux à tous les âges à la manière des condylophores.

5° Quant aux Hydres ou polypes des eaux douces (fig. 558, 1 et 559), elles se rapprochent à plusieurs égards des méduses, mais, semblables aux sertulaires, elles n’accomplissent pas de métamorphoses, et leurs colonies ne possèdent qu’une seule sorte d’individus.

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Jir""0 sronde c'asse ost àos polypes qu’on a nommés **"T ,l,ls,ne subissent pas do transformations analogues à celles des acalephes proprement dits.

* Fig. 57'J. — . Physophore hydrostatique.

On les partage en actinies, madrépores el autres polypes mous ou a polypiers pierreux, dont nos mers fournissent un nombre d’espèces bien moindre que celles des pays chauds. Leurs tentacules sont toujours nombreux, lisses et filiformes.

POLYPES

Los polypiers produits par les zoanlhaircs ont joué et jouenl

En;. 583. — Tubipore musique (*).

™<,rc un rôle important dans la formation de certaines roches.

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