ANIMAUX RAYONNÉS : EMBRANCHEMENTS DES ËGHINODEHMES ET DES POLYPES
Les animaux rayonnés se reconnaissent à la forme de leur corps toujours divisible en plus de deux parties qui sont situées comme autant de secteurs autour du point central d’un même cercle, au lieu d’être, comme dans les embranchements qui précèdent, au nombre de deux seulement, et placées à droite et à gauche du plan médian.
l’iG. 547. — Spatangue.
Leur système nerveux forme autour de la bouche un anneau ganglionnaire d’où partent des fdets allant aux différents organes. Cette disposition a été plus particulièrement observée chez les échinodermes.
Les animaux rayonnés sont partagés par les naturalistes en deux catégories principales constituant deux embranchements distincts dont nous parlerons sous les noms (YÉchinodermas et de Polypes.
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Les Echinodermes doivent ce nom aux pièces dures, .assez souvent en forme de piquants, dont leur peau est hérissée. Ce sont :
1° spatangues (fig. 547), les elypéastres, les scutelles, les cida-
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ris (fig. 548), et les oursins de toutes sortes (fig. 549) formant la classe des F clan ides;
2° Les astéries ou étoiles de mer (fig. 243 et 550), les ophiures, les
Fie. 5 18. — Culans, vue en dessous.
euryales (fig. 551), les comatules (fig. 552) et les encrines (fig. 553), dont la réunion constitue les Stellérides;
Fig. 519. — Oursin.
Et 3° les Holothurides , divisés à leur tour en holothuries proprement dites (fig. 554), synaptes (fig. 557), etc.
La forme de ces animaux présente de singulières différences. Tantôt ils sont globuleux, comme les oursins (fig. 549), dont
certaines espèces portent les dénominations de melons de mei,
Fig. 550. — Astérie rougeâtre.
châtaignes de mer, etc.; tantôt ils sont aplatis et ressemblent à
Fig. 551. — Etinjale.
des écussons ou à des boucliers, ce qui a lieu pour les scutelles.
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Les astéries, ou étoiles de mer, doivent leur nom à leur apparence etodée, et les ophiures, qui s’en rapprochent, ressemblent à des queues de serpents qui seraient soudées autour d’un disque commun. De leur côté, les euryales sont remarquables par les nombreuses subdivisions de leurs rayons principaux. Quant aux encrines (fig. 553, elles ont l'apparence de Heurs apétales multiarticulés, et sont portées sur un pédicule mobile dont, les comatules sont aussi pourvues mais dans leur premier Age seulement (fig. 552). Les dernières explorations
des zoologistes ont montré que les encrines sont plus variées en espèces qu on ne le croyait autrefois. On en connaît maintenant qui appartiennent à différents genres.
Enfin, les holothuries sont allongées, et il est certains genres de cette catégorie qui pourraient être pris pour des vers, si l’on ne tenait compte de leur structure anatomique : les synaptes (fig. 555 et 557 sont plus particulièrement dans ce cas.
Malgré la diversité de leurs formes, les échinodermes sont faciles a caractériser. Leur peau est soutenue par des pièces dures, de nature calcaire, qui sont quelquefois serrées les unes contre les autres de manière à simuler une . sorte de marqueterie fort régulière envelop-
(*> Croupe de jeunes Comatules encore pourvues de leur pédicule, cl telles qu’on les a d’abord décrites, comme étant des Encrines, sous le nom de Pentacrinus eurofmus : a, plusieurs individus à différents états de développement ; — b et c, le calice ou partie centrale du corps.
ÉCIllNODER MES.
pant l’animal d’un véritable les! prolecteur. La surface en est à son tour hérissée de piquants. Les oursins nous présentent cette disposition d'une manière très-évidente, et leur test, ainsi que leurs piquants, qui sont plus développés dans certaines espèces que dans d’autres, fournissent d’excellents ca-
ractères lorsqu’on cherche à les distinguer entre eux.
Les piquants des cidaris (fig. 548) sont plus forts que ceux des autres échinidés.
On trouve fréquemment sur les bords de la mer des tests d’oursins. Ceux des espèces propres aux anciens âges géologiques ne sont pas moins faciles à reconnaître.
Les géologues les recherchent avec soin dans les terrains qui nous les ont conservés, et ils en tirent d’excellentes indications pour la classification chronologique de ces terrains.
La présence de semblables débris dans une roche est d’ailleurs une preuve certaine de son origine marine.
Le test des échinodermes .
est habituellement percé de trous disposés avec régularité, par lesquels sortent des cirres tentaculiformes, espèces de papilles douées de contractilité, dont la fonction la plus apparente est de servir d’attache à ces zoophytes, lorsqu’ils veulent adhérer à d’autres corps. Chez les échinidés, ces cirres ont
pour orifices les arnbulacres, nombreuses perforations dont l’ensemble forme cinq figures à peu près elliptiques, qui ressemblent à une rosace.
Us paraissent être aussi des organes de respiration ; mais l’eau aérée qui s’introduit dans l’intérieur du corps des échinodermes concourt également à oxygéner leur sang. Ces animaux ont des vaisseaux et quelquefois un organe contractile qu’on a comparé à un cœur. Leur tube digestif est complet.
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On a constaté la présence du système nerveux chez plusieurs
Fig. 55i. — Holothurie et son anatomie (*) .
(*) A, adulte; — 11, larve; — U, principaux viscères; — II, appareils digestif et respiratoire. = a, bouche entourée de ses tentacules; — glandes; />, tube digestif, — c, cœur; — (/, cloaque; — f, appareil aquifère naissant du cloaque, étendu.
(**) Plaquette cutanée et spiculé anchori forme.
(***) ,\ = larve mobile, grossie IG6 fois. - a, bouche ; — />, estomac; — c et d, inles-
POLYPES
d’entre eux. Il forme autour de la bouche un collier composé d’autant de petites masses ganglionnaires qu’il y a de divisions au corps. Chaque ganglion représente une sorte de petit cerveau duquel partent les fdets nerveux destinés aux différentes parties avec lesquelles ce ganglion correspond. Les étoiles de mer montrent à l’extrémité de leurs rayons des organes qui sont des yeux rudimentaires.
Les sexes des éehinodermes sont tantôt séparés, tantôt portés par
Fig. 557. — Synaple.
e même individu. Leur reproduction est habituellement ovipare et pendant leur premier Age ils ont une forme très-différente de celle
.. % in , — e, plaque calcaire appelée disque écliinodermique ; — f. oreanes riii/.» en..,. , ■ la natation et à la respiration ; peut-être les futurs ambulacres !- n Ta" Î' Zl " , eaircs servant de charpente au corps de l’animal. — B = larve ftsée de’iionv ’ r ^
Z"'- T ; - *• stomacale; - c, cm,,,,c mc„ ïc TT
tiges calcaires à peine développées. uestin’ (l> Ics
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qu’ils devront acquérir plus tard. Ces métamorphoses (fig. 558) ont été l’objet d’un examen attentif, et elles ont fourni le sujet de plusieurs publications pleines d’intérêt.
On mange quelques espèces d’oursins : ce sont les glandes génitales de ces animaux que l’on recherche. Le goût en est agréable et elles ont des qualités apéritives.
En Chine, une holothurie, nommée trépang , est aussi employée comme aliment; elle y est l’objet d’un commerce considérable. C’est surtout sur les côtes malaises qu’on la pêche.
En différents lieux on recueille les astéries rejetées par la mer, mais pour les utiliser comme engrais.
Embranchement des polype*.
Il existe dans presque toutes les eaux douces de l’Europe, particulièrement dans celles qui sont stagnantes, un petit animal fort singulier.
Il est mou et inarticulé; il n'a pour organes digestifs qu une simple cavité pourvue d’un orifice unique, lequel est entouré de tentacules
(*) R, bras très-grossi pour montrer les organes urlieants dont il est pourvu ; G, une îles capsules urticantes dont le fil suspcnscur n'est encore qu’en partie déroulé ; trèsgrossic ; — D, est un œuf hibernal de l’hydre; très -grossi.
POLYPES
(il I
contractiles. Ce petit animal se multiplie par bourgeons comme une plante, mais il produit des œufs. Quand on le coupe, chacun des morceaux qu’on en a faits devient lui-même un être semblable à celui dont il provient. Ses œufs sont surtout destinés à passer l’hiver au fond des eaux ou dans la vase, pour donner au printemps suivant naissance à de nouveaux sujets. Sa forme est rayonnée, et il a une structure anatomique fort simple. C’est le polype à bras (fig. 558, 1 et 559), décrit avec tant de soin par Trembley dans un ouvrage publié en 174-4, et dont on a formé depuis lors un genre distinct auquel Linné a donné le nom d'hydre Ç llydra ).
L étude suivie qu on en a faite a porté l’attention des savants sur une foule de productions marines ayant une analogie apparente avec les végétaux, mais dures et pierreuses, malgré leur structure orga-
Fig. 560.
FlabelUne (*).
msee, ce qui les avait fait appeler lithophytes. Ces productions, qu’on nomme aujourd’hui polypiers , sont dues à l’incrustation d’une portion des tissus de certains animaux assez semblables par la disposition de leurs organes mous cà des hydres, et de même pourvus de tentacules disposés radiairement; mais ces tentacules sont pleins au lieu d être creux comme ceux des hydres.
Réaumur, Guettard et les naturalistes contemporains de Trembley ont, a cause de cela, étendu la dénomination d e polypes, détournée par eux de la signification qu’elle avait chez les anciens, aux animaux dont proviennent les lithophytes, et les espèces de concrétions dues à ce' po ypes ont dès lors été appelées des polypiers. L’embranchement de< polypes reçoit aussi le nom de Célentérés.
!!** <les P0|ÏI»?- commo ■** «eHnies ou anémones de mer (fi- 231 et oM), qu. ne produisent pas de polypiers. La facilité avec laquelle".,,
H a, l’animal montrant scs tentacules et sa bouche • supérieure; — c., le môme, vu de côté.
— b, son polypier, vu par la face
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les transporte hors de l’eau sans qu’ils périssent permet de les expédier à d’assez grandes distances, et l’on s’en sert pour peupler les aquariums, dont ils sont un des principaux ornements.
Toutefois on constate de grandes différences entre les polypes comparés les uns aux autres; il y a non-seulement plusieurs genres, mais encore plusieurs ordres, peut-être même plusieurs classes parmi ces animaux.
Le corail (fig. 562) est un polype à polypier propre à la Méditer-
Fig. 562. — Structure cl développement du Corail (*)■
ranée, dont la partie calcaire, d’une belle couleur rouge ou rose, est depuis très-longtemps employée en joaillerie.
Les polypes du corail vivent en société, et un même rameau en porte un nombre considérable, qui se voient a la surface de sa partie corticale comme autant de petites fleurs qui seraient insérées sur l’écorce d’un arbre. Ils sont de couleur blanche et plus ou moins appa- (*)
(*) A branche de corail détachée du reste de la colonie. — a, l’axe du polypier constituant la partie rouge et solide employée dans les arts; — b, la couche des vaisseaux réticulés; — c, la couche des vaisseaux longitudinaux, placée entre la précédente et la partie solide intérieure. Les polypes, autrefois pris pour îles Heurs à cause de leur forme, sont en rapport direct avec l'enveloppe sarcoïdc ou corticale qui recouvre les deux couches b et c. Cette couche sarcoïdc, c’est-à-dire d’apparence charnue, est teintée en noir dans la présente figure. On y voit quelques polypes épanouis et d’autres contractés sur eux-mêmes en forme de mamelons. — B = larve ciliée du corail. — C = larve ayant déjà pris a forme de polype et prêle à se fixer. Elle est dès lors capable de donner naissance à une nouvelle colonie, en produisant par gemmation de nouveaux individusqui ne se sépareront pas d’elle et dont l’ensemble sera soutenu par la sécrétion pierreuse formant le polypier. Scs tentacules sont dirigés en bas. On\a placé le corail dans sa position naturelle.
POLYPES
rents, suivant qu'ils sont sortis ou rentrés dans la partie corlicale entourant le polypier durci dont on se sert comme objet d’ornement.
D’autres polypes, peu éloignés du corail, ne produisent pas de partie calcaire comparable à la sienne. Toute la substance de leur polypier est coriace ou simplement charnue; la masse en est habituellement soutenue par une multitude de petits corpuscules de formes très-variées, auxquels on donne le nom de spiculés.
Nous en avons des exemples sur nos côtes, et parmi eux les lobulaires ou mains de Dieu, les pennatules (fig. 563) ainsi que les vérétilles (fi g. 564). Les ombellulaires des côtes du Groenland ont une forme plus bizarre encore. Ces polypes-là sont voisins du corail, et ils ont de môme pour caractère principal d’avoir les tentacules festonnés. Dans certains de ces animaux, comme les alcyonidies, les cavités digestives des différents sujets composant un môme polypier entre elles (fig. 565).
La plupart des polypiers sont pierreux, mais s’ils sont en général
Fie. 5fi5.
Alcyonidie.
communiquent
mp
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grossiers pour servir aux mêmes usages que le corail, ils méritent toutefois de nous intéresser à d’autres titres. Dans les mers des pays chauds, il en existe une grande diversité, et les animaux qui les produisent pullulent avec une telle rapidité, qu’en certains endroits leur reunion forme des masses assez compactes pour qu’on puisse y tailler des matériaux de construction. Ailleurs ils sont l'origine de récifs
Fig. 566. — Madrépore
dangereux, et certains îlots d’une forme spéciale ne sont autre chose que des amas de polypiers simulant une sorte de couronne entourant des monticules sous-marins : on les appelle quelquefois des îles madréporiques, par allusion au genre madrépore (fig. 566), qui est une des principales formes de polypiers qu’on y trouve. Ces îles portent également le nom d’aftoles ; elles sont nombreuses dans l’Océanie.
Les millépores, les fongies (fig. 867), les astrées, les méandrines, les llabellines (fig. 560), etc., sont des polypes pourvus de semblables parties solides, c’est-à-dire de polypiers; leurs tentacules ne sont pas dentelés comme ceux du corail et des genres analogues. Ils constituent avec les actinies la classe des Zoanthaires.
Le mode de développement des zoanthaires, qu'ils possèdent un polypier ou qu ils en manquent, est assujetti aux mêmes règles
POLYPES
(fig. 568), et les caractères principaux de leur structure sont à peu de chose près les mêmes.
Ces polypes ont presque tous un genre de vie sédentaire; dans certaines localités, ils forment, au fond des eaux, des couches étendues rappelant des buissons ou des tapis analogues aux pelouses dont est garni le sol dans nos campagnes et dans nos prairies.
11 en est d’autres au contraire qui sont pélagiens, voguent dans la haute mer en nombre souvent considérable et nagent avec élégance pendant les temps calmes. La tempête disperse ou fait échouer sur la plage leurs colonies tlotlantes; nous les appelons des méduses, des vélelles, des physalies, des stéphanomies, etc. Dans la classification,
Fig. 567. — Fongle.
ces animaux singuliers ont été souvent associés aux béroés sous le nom plus général d 'Acalèphes. On les avait en effet réunis dans une classe différente de celle des polypes ordinaires. Ces acalèphes sont aussi des polypes; les observations dont ils ont été l’objet de nos jours en ont singulièrement élucidé l’histoire.
Ces zoophytes se propagent d’une manière analogue à celle que nous avons déjà signalée comme étant propre à certains vers intestinaux, tels que les ténias ou les douves, et dont plusieurs annélides sétigères nous ont aussi offert le modèle. Ils se reproduisent alternativement par œufs, et par gemmes ou bourgeons. Les méduses sont, comme les cueurbitins du ver solitaire, des moyens de reproduction, desquels naîtront bientôt les œufs destinés à fournir de nouveaux polypes; mais ceux-ci seront agames, c’est-à-dire privés de sexe. De même les fleurs des végétaux phanérogames auxquelles succède le fruit sont des individus sexués qu’engendrent par agamie, c’est-à-dire en dehors de toute fécondation, les rameaux verts des plantes, rameaux qui jouent dans le développement de ces êtres un rôle analogue à celui
animaux rayonnés.
<l0S j)ü,yPes «games. Les polypes agames sont en effet chargés d’engendrerdes acalephes pourvus d’organes sexuels, comme les rameaux leuules des arbres engendrent des bourgeons qui donnent des fleurs organes producteurs des graines fécondées.
Les acalèphes ne doivent donc pas être séparés des polypes dans la classification, puisqu’ils ne sont que l’état sexué de certains de ces
animaux, mais ils ne rentrent ni dans l’une ni dans l’autre des deux catégories de cet embranchement dont nous avons déjà parlé.
Voici comment les choses se passent en ce qui concerne les Méduses. Ces êtres, dont la consistance semble purement gélatineuse, et qui ont, dansbeaucoup d’espèces, une transparence égale à celle du cristal, affectent la forme d’une ombrelle surmontant des prolongements de même consistance, au milieu desquels est percée la bouche, ou qui possèdent eux-mêmes de petits orifices en communication avec des canaux d’une nature intermédiaire aux vaisseaux circulatoires et a 1 intestin. Au pourtour de l’ombrelle existent dans beaucoup de (*)
(*) Actinie equine : a, larve ciliée, sous son premier état, vue tic profil ; — b et c, plus avancée, vue eu dessus et de profil; — il, arrivée au moment où elle prend sa forme définitive. — Astroi le cahjculuire : e, larve sous son aspect vermiforme; — f et g, la meme commençant a changer de forme; — II, id., à un degré plus avancé encore; — i, forme definitive ; les tentacules ne sont encore qu'en partie développes. L'astroïdc est •lu groupe des zoantliaircs pourvus de polypier.